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lundi 27 juin 2016

LES ETOFFES BAYADERES SUITE

UNE ETYMOLOGIE SURPRENANTE
Le mot bayadère est d'origine portugaise : de balhar danser.  Cependant  il y a ambiguité avec  le mot baller qui en vieux français exprime aussi  l'idée de bouger, se remuer, se balancer.  Baller vient du bas latin ballarer = danser qui donnera le mot bal=réunion dansante. En poussant un  peu  plus loin on trouve ballein que l'on peur rattacher à une racine indo- européenne que l'on retrouve dans le sanskrit Le mot bayadère a par conséquent de nombreuses correspondances  dans plusieurs langues européennes.
Bajadere en allemand, bayadera en espagnol...

QUEL RAPPORT ENTRE LES DANSEUSES SACREES INDIENNES ET LES PORTUGAIS?
Rappelons nous que l'économie européenne prospéra  grâce à une politique de colonisation. Les portugais(Goa), les hollandais(Madras) et les français (Pondichery, Chandernagor, Mahé...) établirent dès  XVIIeme siècle des comptoirs commerciaux en Indes.
Les portugais présents dans l'ouest de l'Inde découvrirent les Devâdâsi officiellement "servantes de Dieu"  communément appellées "natch" c'est à dire danseuses. Ce mot fut traduit  en portugais de donna  balhaderia.  Après quelques modifications balhaderia se transforma en bayadère forme  adoptée unanimement par les occidentaux.

BAYADERE : UN LUSITANISME
Au XVIIeme siècle le Portugal était devenue une puissance internationale, et portugais était  une langue de communication largement utilisée entre les peuples au même titre que l'anglais aujourd'hui.  
Si les anglicismes sont connus et font partie  dans notre langue, les "lusitanismes" sont présents mais  moins décelables. (Lusitanie= ancienne province romaine devenue le Portugal) Il s'agit de l'emprunt d'un mot en usage dans la langue portugaise transposé dans une autre langue 
Voici quelques lusitanismes : sagouin, roupie, bambou,aniline..ectc

LES BAYADERES  : DANSEUSES ET COURTISANES
Lorsque l'on parle de Bayadères il faut imaginer les  Devadâsi  "esclaves de Dieu" plutôt que des" servantes de Dieu" comme on se plait à dire. Ces jeunes filles étaient vendues aux temples, elles  y venaient rarement de leur plein gré. A la fois courtisanes et danseuses dans les temples hindous, elles recevaient une bonne éducation tout en se perfectionnant dans la danse et le chant. Certaines demeuraient  leur vie durant dans l'enceinte des temples, alors que d'autres parcouraient le pays en dansant et chantant lors des processions .
Devadâsi dans un temple indien



LES DANSEUSES SACREES INDIENNES EN TOURNEE EN EUROPE
En 1838  il y eut une tournée des Devadâsi. C'est ainsi que leur art  fut découvert par les européens . Elles apportaient au public occidental une part du mystère de l'Orient et on les appela désormais les "danseuses bayadères". Pléonasme bien sûr, puisque bayadère est synonyme de danseuse.

Cette troupe donna 28 représentations à  Paris. Parmi les spectateurs, Théophile Gautier et Gerard de Nerval  furent séduits par une de ces danseuses. Tous deux publièrent des articles élogieux dans différents journaux mettant en vedette une  bayadère nommée Anamy.

LAST BUT NOT LEAST : LE  COSTUME DES  BAYADERES EST A L'ORIGINE DES ETOFFES BAYADERES
Les robes  très colorées étaient agrémentées de ceintures de couleurs vives, les bras des danseuses étaient couverts de bracelets, leur cou paré de colliers. Tous ces accessoires formaient des bandes  dont l'effet visuel était  exacerbé par les couleurs franches des tissus

                                                                        
les bijoux forment des bandes horizontales qui rythment les surfaces colorées des robes
Ainsi le tissu bayadère  par la présence de bandes colorées est un rappel du costume des danseuses sacrées indiennes. Notons qu'en matière textile, le terme  bayadere est  employé comme adjectif généralement accolé aux mots tissu, étoffe ou vêtement. 

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