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samedi 18 novembre 2017

DES TAILLEURS, DES MOTS, DES SOUVENIRS


Les artisans tailleurs sont de moins en moins nombreux, et  ceux qui partent emportent dans leurs bagages, leurs souvenirs et les mots de leur quotidien.
Des mots oubliés derrière lesquels il y avait de vrais produits aux utilisations codées. 
Ce vocabulaire aujourd'hui désuet résonnaient dans la boutique de fournitures pour tailleurs de mes grands parents rue de Sévigné à Paris et résonnent encore dans ma tête aujourd'hui.
Le gros grain pour la ceinture de pantalon, le bougran pour renforcer les dos de gilets ou pour donner de la tenue au  bas de manches, la cingalette pour faire des patrons, la poltaise pour fabriquer les poches, la mignonnette rayée en bleu et blanc pour doubler les manches, et la fameuse toile tailleur "Capella" en poils de chèvre qui grattait et piquait tant, même à travers le tissu. Je n'oublie ni  les boutons en corozo avec lesquels j'ai appris à compter en les regroupant par grosse (1 grosse = 12 douzaines, soit 144 boutons) ni les boites rectangulaires en bois brut, pleines de sciure qui se répandait sur le sol lorsqu'on les ouvrait et qui contenaient les craies tailleur, grises, jaunes ou rouges. Une fois vide, j'y rangeai mes crayons de couleurs. J'ai  grâce à  ce petit univers de quoi alimenter le grenier de mes souvenirs textiles
Voilà aussi pourquoi je pars si souvent en croisade contre le minimalisme du prêt-à-porter. Afin de    simplifier le montage d'un vêtement, on se prive de certains détails qui avaient une réelle importance., plus de doublure ou si peu, rarement un bouton de rechange ou de contre bouton, la talonnette est un article oublié. La confection gomme les détails.
Si demain nous ne voulons pas être fringués ou fagotés été comme hiver, dimanche et jours de fête, sachons nous en donner les moyens. Et pour que demain nous puissions encore nous habiller, nous pârer, nous vêtir et non plus uniquement nous saper, apprenons les mots  pour faire exister les fournitures qui donnent corps à un vêtement.

mardi 14 novembre 2017

ALEXANDRE SACHE : UN TEXTILE DESIGNER


ALEXANDRE SACHE (1902-1981) : TEXTILE DESIGNER

Ce siècle avait deux ans lorsque naquit Alexandre Sache qui sera un acteur muet de la grande époque de la Haute Couture. Entre 1930 et 1973, ses foulards et ses étoffes imprimés ont été présents dans la plupart des collections Haute Couture de Schiaparelli à Dior, de Givenchy à Balenciaga.
collection "marine" pour Dior 

Un créatif inspiré, son milieu familial fut sans doute propice à ce mode d’expression. Artiste entouré d’artistes : un frère peintre : Gabriel Spat, un autre sculpteur : Numa Patlagean, et aujourd’hui un petit fils, Jean-Jérôme, pianiste.
L’art fait décidément partie de cette famille.

Monsieur Sache, comme l’appelaient ses employés et ses clients, fait ses études de chimie à l’école polytechnique de Lausanne, puis il intègre l’université de Genève et poursuit des études de dessin. Ceci explique non seulement la diversité de ses activités mais aussi le haut niveau de qualité de son œuvre.
Il puisait son inspiration dans ses souvenirs autant que dans son quotidien. Un rien, une rencontre, un paysage, un griffonnage, une parole qui aurait été sans importance pour quiconque pouvait lui inspirer un sujet de collection.»

  
Il transposait sur les étoffes les fleurs qui poussaient dans son jardin de la vallée de Chevreuse, la végétation luxuriante et le bleu azur de la mer dans la région d’Antibes, ou la vue sur la place Vendôme depuis la fenêtre de son bureau.

« C’est à Monsieur Sache que l’on doit cette saison les robes du soir de Dior « griffonnées » de la tête aux pieds.  Après avoir passé trois semaines dans une clinique et pris le temps, il a crayonné quelques traits sur un morceau de papier. Marc Bohan a trouvé cette idée sublime de naturel. Et voilà la naissance d’un imprimé exclusif que Sache baptisa Crayonnage. » (in le journal : La Suisse, mars 1974).

Alexandre Sache eut de multiples occasions d’exercer ses talents. Il fut tour à tour :
- caricaturiste : pour des journaux des années 20 : Bonsoir, le Canard Enchaîné, le Herald Tribune, le Courrier Cinématographique. Il fut notamment l’ami de Louis Delluc.



- illustrateur de nouvelles dans des revues telles que Harper’s Bazar ou Vanity Fair.
- sculpteur : il exécute en 1927 le buste de Charles Lindbergh en 33 heures, course contre la montre, soit le même temps exactement que la durée de la traversée de l’Atlantique par l’aviateur : un exploit partagé.


SES PREMIERS PAS DANS L’UNIVERS DE LA MODE
Il s’intéresse à la mode dès les années 30. Il est considéré comme l’un des pionniers de ce qui allait devenir la création artistique d’imprimés pour la Haute Couture.

 Ses imprimés font partie des collections des Maisons Callot, Lucien Lelong, Augusta Bernard, Worth, Redfern, Mainbocher, Patou.
 Patou imprimé sur crêpe de chine


Il rencontre Cristobal Balenciaga avec qui il engagera une longue collaboration, travaille aussi pour Molyneux et Schiaparelli.

imprimé  pour Molyneux sur crêpe marocain 

Après les années sombres de la guerre, la Haute Couture parisienne reprend des couleurs. Les grands couturiers mènent le jeu et Sache travaille avec eux et pour eux : Balenciaga toujours, mais aussi Dior, Saint Laurent, Givenchy, Chanel…

Sa réussite est due, sans aucun doute, à son savoir faire tout autant qu’à la façon qu’il eut de s’adapter à chacun de ses clients, qu’il s’agisse de Jean Patou ou de Hubert de Givenchy.

Il crée l’atelier BEAUCLERE à Montrouge, au service de couleur sur mesures, il ouvre place Vendôme une boutique, BRUMAIRE  point de vente de ses carrés de soie imprimés, non loin de la première boutique de Schiaparelli.



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vendredi 10 novembre 2017

N°1 REGIME VESTIMENTAIRE VEGAN

C'est à la suite d'une rencontre avec une  adepte du véganisme, venue acheter du tissu dans ma boutique, que l'idée de ce post  m'est venue.
Elle cherchait un tissu qui ne contenait ni laine, ni soie, en fait une étoffe qui n'aurait aucun lien avec le monde animal. Curieuse, comme  à mon habitude, je  lui demandais quelle était la raison de cette recherche spécifique : d'ordre médical? religieux? ou simplement par goût? Mon interlocutrice m'expliqua brièvement qu'elle était végane, le véganisme étant un mouvement  implanté aux USA depuis longtemps et plus récent en France. C'est ainsi que je découvris les codes qui régissent le mode de vie  du véganisme. Le premier et plus important point étant la condamnation de la consommation de tout produit issu des animaux qu'il s'agisse d'aliments, de vêtements ou d'accessoires. Nous parlâmes des difficultés qu'elle rencontrait pour trouver les bonnes matières textiles.
Le but de ce post est d'aider les véganes à se constituer un vestiaire à la fois confortable, élégant, fonctionnel, écologique si possible mais toujours en  respectant les fondamentaux du véganisme. J'espère apporter ma pierre à l'édifice en élargissant le choix à des matières plus rares, plus étonnantes, moins connues, insoupçonnées, artisanales ou industrielles.

UN VESTIAIRE RESPECTUEUX DES INTERDITS
Un des problèmes à résoudre pour les personnes qui observent les règles du véganisme au quotidien, se situe au niveau de l'habillement. Certes les interdits vestimentaires sont énoncés avec moult précisions mais il est parfois difiicile de savoir comment et avec quoi sont confectionnés les articles textiles que l'on trouve dans les commerces traditionnels. Les matières colorantes peuvent être obtenues à partir de tout ou partie de corps d'animaux. Ainsi, le E 124 colorant rouge ponceau ou rouge cochenille, colorant alimentaire et textile est obtenu par le broyage de petits animaux, les cochenilles qui vivent sur les cactus au Pérou et au Mexique. Les étiquettes  précisent  rarement et même jamais l'origine des teintures, et pourtant de nombreuses personnes sont allergiques à des produits utilisés dans les colorants. Le cuivre peut provoquer des rougeurs, des démangeaisons.Trouver les produits dans la fabrication desquels n'entre aucune substance animale, ni dans les fibres ni dans les teintures,  peut  s'assimiler à la quête du Graal. Il existe des sites, des boutiques en ligne ou des magasins traditionnels qui  proposent une sélection d'articles adapté à une demande particulière, et spécialement pour les végétariens et les végans.

EXIT LAINE, LANITAL, SOIE NATURELLE ET CUIR, VEGETAL OU PAS.
Après avoir écarté de votre armoire les articles en  laine provenant pour la majorité de la toison des moutons (sachez que le feutre et non le feutrine, est fabriqué avec des poils d'animaux), les articles en lanital, fibre chimique à base de protéine animale (caséine du lait), le cuir obtenu avec les peaux tannées de vache, bœuf, mouton, chèvre. la soie matière première qui constitue les cocons des vers à soie, il vous reste les fibres végétales, minérales et les fibres chimiques (artificielles et synthétiques) pour votre garde-robe.
Prêtez une attention particulière aux fournitures, examinez à la loupe des détails qui de prime abord ne se voient pas, mais qui sont souvent indispensables pour la fabrication d'un vêtement.  Dans les vêtements de protection style doudoune, ecarter tout article qui est rembourré avec des plumes ou du duvet, et choisissez les vêtements rembourré de polyester, peut être moins chaud, mais végans.   Pour avoir plus chaud en période très froide n'oubliez pas que la meilleur solution reste la "pelure d'oignon" c'est à dire la superpositon de couches textiles par exemple un sous vêtement, plus un chemisier ou un sous pull, plus un gros pull, et ensuite le manteau, ou la veste ou la doudoune. Selon la température intérieur/ exterieur vous retirez   vous en rajouter un article, et ainsi vous serez toujours au top, ni trop chaud ni trop froid. 

La doublure d'un vêtement haut de gamme est parfois en soie (pongée), le feutre utilisé pour donner du maintien au col (costume d'homme) est composé de brins de laine agglomérés, les entoilages classiques sont en laine et poils de chèvre, les surpiqûres, les boutonnières et les boutons peuvent être cousus avec des fils de soie. Et pour terminer cette liste, il y a les boutons qui eux se voient. Eliminez les boutons  en corne, en cuir, ivoire ou en nacre puisque tous issus du monde animal (coquille, peau, corne).
Préférez le corozo (obtenu à partir du fruit d'un palmier) ou encore le tagua autrement appelé ivoire végétal, et sans controverse cette fois, puisque la matière provient de la noix d'un palmier qui pousse dans la forêt amazonienne. Au Pérou, en Equateur, en Colombie ou encore en  Bolivie, cet ivoire végétal est largement utilisé; il est  aussi exporté dans de nombreux pays pour fabriquer des boutons, des bijoux, des manches de parapluie, des peignes. C'est une matière intéressante à plus d'un point. Lisse, douce, si sa teinte originelle est le blanc cassé, elle se teint très bien, et son prix est très très accessible. Plus d'ivoire végétal cela entraîne une diminution du braconnage et de la mise à mort des éléphants et des rhinocéros.  N'oubliez pas que les matériaux utilisés pour fabriquer les boutons sont très variés : verre, pâte de verre,  bois, métal, liège, porcelaine, résine, acrylique et bien sûr, plastique.


WELCOME FIBRES CHIMIQUES 
La chimie dans les placards : bien sûr  le recours aux vêtements en fibres chimiques est essentiel pour les végans. Ces fibres se plient à tous vos désirs ou presque, des sous-vêtements aux vêtements de protection en terminant par les accessoires, chaussures, sacs, ceintures, etc.
Les fibres chimiques se sont adaptées aux besoins des consommateurs. Se protéger de la pluie, du vent, du froid, ce sont des choses que les fibres fabriquées par la main de l'homme peuvent faire et avec en prime un côté esthétique qui parfois n'envie rien aux fibres animales.
Sachez ce que vous aller  acheter et ce que vous pouvez attendre des différentes fibres chimiques.

Fibres synthétiques :
Le polyester (Tergal)  créé à l'origine pour remplacer les lainages. Les tissus sont secs, lourds, mats, solides. Ils sont parfaits pour les plissés. Attention, ils sont souvent mélangés à la laine (poly-laine) pour augmenter la chaleur. Ils se présentent sous des poids et des aspects très variés, en fonction de leur destination, mais les finitions, la grosseur des fils peuvent changer l'aspect du tissu. Les microfibres sont des polyester.
Le polyamide (nylon) pour sa légèreté, sa solidité, son imperméabilité. Les toiles de nylon légères et imperméables vous protègent de la pluie, avec les célèbres articles K- Way. Vous êtes frileux ? passons à la version vêtement de protection avec les doudounes en polyamide, doublées en polyester légères et chaudes, et les chaussures qui vous sont proposées dans quelques boutiques et surtout sur internet  sans cuir mais avec des matières synthétiques, parfois du caoutchouc, recyclé ou pas, pour les semelles.
Les chlorofibres (Rhovyl) pour ses qualités : ininflammable, bon isolant thermique, résistant aux bactéries. Ces fibres sont commercialisées en France sous la marque Rhovyl et proposées en produits finis (sous-vêtements) par Damart "froid? moi jamais!" une pub qui a marqué une génération. Le thermolactyl est le produit phare de la marque. Cette fibre entre dans la composition de caleçons, t-shirt, et autres sous-vêtements avec la promesse de soulager les rhumatismes. 
Les fibres chimiques sont de plus en plus performantes tant au niveau du confort que de l'efficacité. La technologie entre dans le vêtement. Sous le soleil de l'été il est de bon ton de porter des t-shirts anti uv.
Pour les personnes qui transpirent énormément des pieds, des chaussettes anti-odeur sont désormais commercialisées et les progrès ne sont pas prêts de s'arrêter, les recherches continuent dans les laboratoires. L'homme n'a de cesse de copier la nature, voire de la dépasser.
Acrylique (Crylor, Orlon), le toucher est doux, proche de celui de la laine, l'aspect des "mailles" acryliques est proche du mohair ou de l'angora. Les articles sont  légers et chauds, la fibre sèche rapidement.
Le PVC ou polychlorure de vinyle. C'est une matière plastique souple, (composée de sel et de pétrole).
Largement utilisé pour fabriquer des articles imitant le cuir. Le skaï est une marque déposée.
Quant à l'Alcantara, il s'agit également d'une marque déposée qui est une imitation du daim en fibres de polyester. Ce tissu ne possède pas d'envers, les deux faces sont identiques, il est imperméable et  lavable. Idéal pour les vêtements et l'ameublement (sièges).

Fibres artificielles
Viscose, fibre chimique qui se rapproche de l'aspect de la soie, Tencel, Lyocell, acétate Arnel, cupro Bemberg, modal... Les fibres artificielles permettent d'obtenir des tissus brillants, souples, soyeux.
Ce qu'il faut savoir au sujet des tissus de bambou. Il s'agit généralement d'une viscose dont la base est la pulpe de bambou. Si les fabricants allaient au bout de leur raisonnement on pourrait parler de tissus de bois (la viscose classique ayant pour base la pulpe de hêtre). Il faut donc être plus rigoureux dans les appellations, mais un consommateur averti saura distinguer le bon grain de l'ivraie.
          Faites entrer la nature dans votre vestiaire en  choisissant des articles en fibres végétales ou                 minérales. Cherchez aussi les fibres naturelles méconnues, inexploitées   comme l' abaca,  la ramie,    le chanvre ou encore la soie marocaine (issue d'une plante)

LE CUIR VEGETAL : UNE APPELLATION TROMPEUSE, MAIS UN VRAI BON PRODUIT VEGAN
 Il existe de nombreux sites surtout anglo-saxons qui proposent sur le net des accessoires comme des chaussures, des sacs et des ceintures véganes, c'est-à-dire fabriquées en matières synthétiques (imitation cuir, caoutchouc de synthèse). Il fait référence à une matière curieuse : le cuir végétal. Cela m'a intrigué au plus haut point, et je suis allée voir sur ce site marchand quel était ce produit étonnant. En fait de cuir végétal, il s'agissait de chaussures en matière synthétique (semelle, doublure et extérieur). Le terme cuir végétal est mal choisi ou plutot trop bien choisi, mais trompeur. Le terme cuir végétal s'applique  à la méthode de tannage de la peau qui est végétale par opposition au tannage traditionnel de l'industrie qui est minéral et plus polluant. Donc attention les végans d'obédiance Tom Regan, ne tombez pas dans le piège, le cuir végétal n'est pas fabriqué à partir de feuillage ou de sève, c'est simplement une peau d'animal tannée d'une manière moins polluante, mais il s'agit tout de même de cuir.
Les sites spécialisés vendent des accessoires  en "cuir vegan" ou vegan leather" c'est-à-dire en imitation cuir parfois doublés en coton comme le propose la marque anglaise Vegetarian shoes. Pas de problème, les articles sont en adéquation avec les idées des végans . La marque canadienne Matt et Nat s'engage à sauvegarder  la nature et assure la protection  des droits des animaux. Ces marques sont respectueuses de ces idées et surfent sur une vague qui milite en faveur des produits bios, naturels et recyclés très en vogue outre-atlantique. Lorsque l'on parle de cuir végan ou vegan leather, on ne parle pas de cuir mais d'un article composé de matériaux recyclé (bouteilles plastiques, pneus réchappés). On peut ainsi dire que le mot cuir est usurpé dans un but commercial. Il semble que proposer des produits en matière synthétique à des prix plutôt élevés serait moins vendeur, l'image serait moins sophistiquée, et dans l'esprit du client le terme cuir est rassurant, concret, alors que le terme synthétique est abstrait, un mot "fourre-tout" et n'importe quoi. Chaussures en cuir végétal végan ok mais pour l'hiver. Choisissez  pour l'été les chaussures, les sacs et les ceintures en fibres végétales et caoutchouc naturel. Le mélange chanvre et coton est idéal pour les espadrilles, un produit hors mode et fort confortable.

Aujourd'hui vous êtes de plus en plus nombreux à modifier votre alimentation et votre vestiaire ; les offres s'affichent désormais dans les boutiques traditionnelles d'alimentation, des restaurants "végan" s'ouvrent dans les grands villes. En France la mode est en passe de suivre ce mouvement, et déjà des marques de chaussures et de vêtements répondent à une demande de plus en plus spécifiques.

"A SUIVRE

  ALTERNATIVE  POUR LES VEGANS "VERTS" : LES FIBRES VEGETALES, MINERALES, LES FIBRES INEXPLOITEES A DECOUVRIR, FAITES ENTRER LA NATURE DANS VOTRE DRESSING . 
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N°2 QUELS TISSUS POUR S'HABILLER VEGAN?


QUELLE ALTERNATIVE POUR LES VEGANS "VERTS"?
Pour tous ceux et celles qui vivent en harmonie avec la philosophie végane mais qui ne supportent pas le contact des fibres chimiques sur leur peau, qui pour des raisons médicales (allergies, rougeurs) ne peuvent porter de vêtements en fibres chimiques, qui ne trouvent pas dans ces articles le confort qu'elles attendent,  ou bien qui ne souhaitent pas participer à  la pollution de l'environnement du fait des différentes phases de transformation du produit d'origine ( bois, pétrole, charbon..) en produit textile,  il  existe une alternative  : ce sont les fibres végétales largement présentent dans le commerce, et minérales plus rares et plus onéreuses (or, argent, cuivre).
L'été optez pour  les espadrilles, semelles en chanvre et dessus en coton, et pourquoi pas les sabots en bois, de plus en plus légers et tendance pour les citadins.


FAIRE ENTRER LA NATURE DANS VOTRE DRESSING
 Les étoffes en  fibres naturelles  ne vont pas à l'encontre des convictions des végans. Ce régime vestimentaire mérite non seulement une  attention  particulière mais dans l'idéal il devrait être varié  dans les formes, les couleurs et dans le choix des matières. Toute une garde- robe en fibres  synthétiques ou artificielles cela manque de fantaisie  et s'habiller peut devenir ennuyeux. Je comprends que la facilité guide parfois le  choix des consommateurs,  et puisque l'industrie  qui produit des fibres chimiques  n'utilise ni laine, ni soie, ni cuir  en un mot pas de risque de se tromper dans la selection des articles, vêtements ou accessoires proposés. Mais d'un autre coté, cette industrie est très polluante alors si vos convictions vous entrainent vers une diminution de la  pollution environnementale pourquoi ne pas vous tourner aussi vers les produits textiles comme le coton le lin  ou le chanvre ? Cependant il faut être conscient que les fibres végétales non issues de l'agriculture biologiques ne sont pas sans répercussions sur la pollution des eaux, de l'air, et sur la santé des ouvriers qui  travaillent dans   les champs de coton, puisque  pour accroitre le rendement il faut utiliser des défoliants et quantité d' engrais chimiques. Donc à moins de vivre nu, notre vestiaire textile aura un impact sur l'environnement, mais on peut imaginer qu'en faisant des choix intelligents les répercussions négatives seront minimisées. Le choix est contraignant, mais le choix existe.

UNE PROPOSITION HONNETE
Vous ne trouvez pas ce qui vous plait dans le commerce, rien ne vous va dans le prêt à porter "vegan" alors  mettez vous ou renouer avec la couture plaisir. Sinon  cherchez quelqu'un dans votre entourage qui pourrait faire vos vêtements. Ensuite il vous restes à choisir  le modèle et le tissu en adéquation avec votre engagement et à votre gout.

LE BIO PEUT ETRE,  MAIS PAS LES YEUX FERMES
Le bio n'est pas la panacée il faut être attentif, et lire entre les lignes des étiquettes. Exit les produits contenant du E 124, exit le cuir végétal même avec un tannage naturel, exit les mélanges laine/lin, coton /soie....etc

MISER SUR LES  TECHNIQUES ANCESTRALES
Commençons par les articles imperméables. Une toile de coton, un peu d'huile de lin et voila un coton huilé, qui vous protégera des intempéries. La marque Barbour,  propose depuis longtemps des vêtements de protection (pluie, vent)  en coton huilé. La gamme s'élargie  à chaque collection, pour homme, femme, enfant avec une jolie palette de couleurs pour les vestes, les blousons, les trois-quart, ou encore les gabardines
Si vous voulez confectionner votre vêtement,  De Gilles Tissus vous propose des cotons huilés. Si vous voulez imperméabiliser un vêtement  il est possible de le faire avec un produit  en aérosol ou avec de "l'huile de coude" et  de l'huile  de lin ou bien vous pouvez acheter de la cire prévue à cet effet dans les boutiques Barbour ou la commander sur le net.. La marche à suivre est largement expliquée sur les sites internet. N'oubliez pas une bonne doublure en coton gratté, ou pilou et vous voilà à l'abri des frimas.

LE COTON GRATTE POUR L'HIVER
On imagine le coton réservé aux périodes chaudes,   sachez qu'un coton gratté celui qui est utilisé pour fabriquer des" sweat" est tout à fait adapté à l'hiver.  Pour doubler un manteau utilisez du molleton de coton placé entre le tissu extérieur et la doublure, chaleur assurée. Les fibres entremêlées vont conserver la chaleur, former une sorte de barrière entre l'extérieur et vous.

LES TOILES DE COTON POUR L'ETE
C'est  l'occasion de porter à même la peau, en sous vêtement par exemple des articles en coton. Les chaussettes, les nuisettes, les slips, les soutien gorge en coton sont indiscutablement plus confortables et plus hygièniques que les articles en microfibres ou seconde peau, car il est possible de les laver à l'eau chaude voir de les faire bouillir ce qui est fortement déconseiller avec les fibres chimiques.
Ce n'est pas parce qu'il faut surveiller la composition des étoffes qu'il faut passer outre sur votre confort.

UNE FIBRES MAGIQUE ET NATURELLE : LE CHANVRE
Pour vous messieurs et pour vous mesdames n'oubliez pas cette fibre magique qu'est le chanvre. Pas de pollution des sols, pas d'engrais ou de pesticides et surtout une étoffe qui se porte été comme hiver, avec autant de bonheur. Le chanvre est une matière isotherme, qui n'engendre aucune allergie. C'est idéal pour les chemises, vestes, pantalons... C'est sans interdits, alors à essayer dès que possible

LE SABRA UNE "SOIE" VEGETALE
Dans un autre registre  voici un produit peu banal, une soie végétale venue du Maroc : le sabra. C'est avec les fibres contenues dans les feuilles de l'aloe vera que les artisans marocains tissent de magnifiques étoffes, qu'ils teignent avec des colorants issus du monde végétal et minéral.  Pour des vêtements habillés, féstifs, élégants, soyeux,  c'est vraiment une fibre qui permet des tissages décoratifs  pour donner de l'éclat, de la couleur et un peu de naturel dans les  appartements (rideaux, coussins, plaids...)

DES FIBRES A REDECOUVRIR
PENSEZ A LA RAMIE
Une fibre végétale, sorte d'ortie, qui ressemble au lin. Le tissage de  cette fibre donne  un tissu plus ferme que le lin, plus brillant et souvent plus fin . C'est une petite merveille pour l'été. Vous la trouverez le plus souvent  en maille (t-shirt)  mélangée ou pas avec du coton et plus rare mais  si vous la chance de trouver des chemises, des pantalons ou des robes, n'hésitez pas c'est vraiment une belle matière. Le lin est frais l'été, la ramie est froide c'est pourquoi  la ramie tout comme le lin peut être utilisée pour les draps ou les taies d'oreiller.  La ramie est une fibre qui réclame beaucoup de travail pour la transformer en fil,  la mode ne la mentionne quasiment pas,  sa vente est confidentielle,   ce qui  explique que son prix soit plus élevé que celui du lin ou du coton

LA TOURBE
La tourbe est la grande oubliée de notre société.. Cette matière est extraite d'un charbon naturel : la tourbe. Les tourbières sont nombreuses dans le monde en Europe on les trouve essentiellement  en Irlande,  dans les pays scandinaves. Les autochtones s'en servent de combustible comme nous nous servons du bois ou du charbon. Mais ce produit est à usage multiple, on peut extraire de certaines tourbes des fibres qui sont suffisamment longues pour être filées et ensuite mélangées à du coton on peut obtenir des textiles très étonnants et bourrés de qualités
 Longtemps elles furent utilisées pour leur capacité à absorber l'humidité ambiante donc la transpiration humaine, mais aussi pour leur pouvoir isolant très important. Jusque dans les années 1930 les hommes portaient des ceintures de santé en flanelle ( mi laine mi tourbe ou mi coton mi tourbe). La tourbe textile se mélange  au coton, au lin, au chanvre, permettant d' améliorer le pouvoir calorifique des fibres végétales. Une autre qualité que possède la tourbe c'est de capter les odeurs. Il semblerait qu'en Finlande on utilise encore cette fibre dans le domaine textile. Aujourd'hui son potentiel n'est pas exploité à sa juste valeur. Seule l'industrie papetière l'utilise en quantité.


DES FIBRES ANECDOTIQUES

LE SASAWASHI
Les japonais sont très fort dans le domaine des textiles naturels et dans la fabrication du papier contrairement à ce que l'on peut croire, en voyant toutes ces étoffes techniquement très élaborées qui sont fabriquées au pays du soleil levant.
J'aime l'idée de ce tissus fabriqué avec l'herbe des ours, ou kumazasa une sorte de bambou nain qui pousse sur l'ile d'Hokkaido ; son nom suffit à faire voyager il s'agit du  sasawashi.
Pourquoi l'herbe des ours? Parce que avant l'hiver, avant leur hibernation les ours vont se gaver de cette herbe, qui va leur permettre de passer ces quelques mois tranquillement grâce aux propriétés anti-bactériennes, anti allergiques  de cette plante. Mais quel rapport entre les ours et le tissu?
Simple, les fibres du kumazasa sont  transforméesf en une "nappe" de papier(washi) qui sera découpées en fines et longues lamelles qui seront twistées avec un fil de  coton, de lin ou de chanvre et le résultat est une étoffe solide, originale, naturelle, lavable, et qui conserve toutes les propriétés du kumasaza, contrairement au tissu dit "bambou" qui ne possède plus aucune des qualités intrinsèque du végétal puisque la fibre à subit une série d'opérations chimiques avant d'être transformée en fil, puis en tissu.
La fabrication du sasawashi  n'entraine ni déforestation (le kumazasa pour très rapidement, sans aucun angrais) et il n'entre aucun produit chimiques dans la fabrication de cette étoffe. Toutes ces qualité en font un tissu qui est adapté pour les serviettes de toilette, les chaussettes et les vêtements.

Les tissus ethniques fabriqués artisanalement  sont  de véritables trésors. Les artisans travaillent des matières premières locales
A Madagascar on peut trouver un tissage hybride mais entièrement végétal :  en chaine des fils de coton et en trame  des racines de vetiver. Un peu rigide pour du vêtement, mais en décoration, posé sur une fênetre il se transforme en pare-soleil et en plus il parfume délicatement la pièce où il se trouve.

En Birmanie  on file et on tisse la fibre de lotus royal. Si vous aimez le toucher du lin et la rusticité de la bourette alors le tissu en fibre de lotus, venu du lac Inlé  est fait pour vous.

Au Pérou  le coton biologique est un produit très répandu. La majeure partie de la production est exportée. Ne regrettez rien car  sur place les modèles ne sont pas toujours très afriolants, pour être plus explicite, ils ont souvent l'air de sacs à patates, mais il est toujours possible d'acheter la matière première et de faire faire vos vêtements en choisissant votre modèle.

Aux Philippines Carmen Hijosa,  a développée une industrie de transformation très originale. A partir des feuilles d'ananas qui poussent en très grande quantité dans la région elle obtient un simili cuir. Sacs, chaussures, vestes tout est possible désormais avec cette matière qui ressemble au cuir, qui m'a t on dit en a la solidité et la souplesse. La société s'appelle Pinatex.
La fibre d'ananas est utilisée aux philippines depuis le XVIIeme siècle , filée et tissée la fibre est utilisée pour la confection des "barong tagalog", chemises que les hommes portent pour les grandes occasions. Pour fabriquer un mètre carré de cuir d'ananas il faut 16 ananas.


LES TISSUS A MEMOIRE DE FORME
A employer avec modération.Pourquoi,  modérer votre engouement pour ces tissus? Pour deux raisons, la première est le poids et la seconde c'est le prix. Mais pour les curieux, c'est vraiment étonnant.
Ces étoffes sont fabriquées avec des fils de coton et de métal, c'est le métal qui permet de former, de déformer, de donner un mouvement à un vêtement, puis de l'annuler, on gomme, ou  plus exactement on repasse et on recommence autre chose ; c'est un peu le principe de la pâte à modeler,  amusant, et qui se plaindrait  de faire de la mode un jeu?
Il existe des tissus métal/coton ou lin plus légers, plus souples presque fluides qui ne transformerons pas votre veste en armure. Un fil de coton ou de lin en chaîne et fil de métal en trame. et le tour est joué C'est permis pour le régime vestimentaire végan. En robe, manteau, gilets ou accessoires ceinture ou sacs....l'effet est assuré et l'originalité en prime.


DES IDEES POUR L'ETE
Les fortes chaleurs n'incitent pas vraiment à porter des articles en fibres chimiques. Les fibres végétales sont plus adaptée à ce moment de l'année pour constituer votre garde- robe. Testez le lin, mais aussi la ramie et le chanvre. Le surseecker, un coton et polyester qui ne se froisse pas, qui se lave en machine, c'est super. L'organdi, un coton apprêté léger et fin qui à une tenue exceptionnelle pour des vêtements très structurés.

PEUT ON FAIRE UNE EXCEPTION AVEC UNE SOIE QUI NE MALTRAITE PAS LES ANIMAUX ? OUI SI  J'EN CROIS SINGER NON SI  J'EN CROIS  REGAN
Connaissez vous la soie sauvage? Rien  à voir avec la soie naturelle, les chenilles Antheraea vivent à l'état sauvage, elles ne sont pas nourries par l'homme, elles ne sont pas élevées par l'homme.  Elles vivent leur vie sans avoir besoin de la présence de l'homme, se nourrissent des feuilles de chênes , la chenille se fait chrysalide puis papillons. Le cocon est percé par l'animal  qui sécrète un produit qui dissout la fibre de soie dont est fabriqué le cocon, lorsque le papillon est fin prêt à s'envoler.  Ces cocons  abandonnés par les animaux sont ramassés au pieds des chênes nourriciers et  puisqu'ils sont percés ils ne peuvent pas donner un fil continu et régulier comme ceux des bombyx du mûrier . Le tissage de ces fils discontinus et moins fins donne des étoffes moins brillantes avec une surface "accidentée". Les articles ainsi réalisés sont plus rustiques, mais la soie sauvage possède les qualités intrinsèques de la soie. Il ne faut pas confondre douppion de soie,  et soie sauvage autrement appelée tussor  ou tassar en Indes. Si ce tissu s'est développé en Inde alors qu'en Chine et au Japon  ce sont des élevages de bombyx du mori qui sont  plus importants, c'est parce que des religions comme le Jaïnisme et le bouddhisme prônent la non violence ce qui implique le respect aussi des animaux. Les vaches sacrées en sont peut être l'exemple le plus célèbre. Ce sont donc avec des préceptes religieux qui ne sont pas éloignés des règles de vie du véganisme que le tissage de soie sauvage c'est développé dans cette région du monde.  
Ainsi donc si la vie de ces animaux n'est pas mise en cause, que la liberté est au bout de leur métamorphose  peut être vous est il permis d'utiliser cette étoffe si vous faites partie des réformistes, et que vous vous sentiez plus en adéquation avec l'approche philosophique de Peter Singer qu'avec l'approche abolitionniste de Tom Regan et Gary Francione.

Cette liste n'est pas exhaustive, mais elle vous permettra de piocher en fonction des saisons et des occasion, dans l'univers textile plus  varié qu'il n'y parait.

mardi 7 novembre 2017

DES PARTICULES METALLIQUES DANS LES FIBRES TEXTILES POUR DIMINUER LE STRESS DES AVOCATS

En 1997 Pierre Cardin innova une fois n'est pas coutume, dans le domaine de l'habillement.
 La maison Bosc spécialisée dans la fabrication des robes d'avocats et avocates depuis , fit appel au célèbre couturier pour  moderniser sa collection.
 Le projet visait à moderniser le costume. Exit le noir remplacé du bleu marine. Le défi était aussi d'alléger le poids du vêtement é car 5 m de tissu sont nécessaires à sa réalisation, chose faite avec l'utilisation d'un crêpe de laine, une matière souple, légère et  peu froissable.Un autre point critique était le boutonnage, les 20 boutons furent supprimés, cédant la place à une bande de vingt boutons pressions.

 L'innovation la plus étonnante fut sans conteste l'ajout  de particules métalliques dans la fibre textile. Techniquement le métal assure l'évacuation de l'électricité statique,  source de stress.
L'utilisation du métal pour éliminer l'électricité statique et supprimer ses effets perturbants n'est pas nouvelle. Ce principe était déjà utilisé pour minimiser son impact sur les avions lors de leurs vols  Des balais ou tresses de fibres métalliques sont fixés sur les extrémités des ailes  à ne pas confondre avec  des antennes.


L'idée  d'appliquer cette technique aux étoffes était une réelle nouveauté.
Mais  les détracteurs eurent gain de cause,  puisque  l'usage de cette étoffe ne fut pas approuvée par l'ordre des avocats. La maison Bosc abandonna  donc rapidement cette fabrication. Le stress des avocats ne se dissipera donc pas en revêtant leur robe. Dommage pour eux.
 

dimanche 5 novembre 2017

EN PREPARATION

DICTIONNAIRE D'UNE AMOUREUSE DE TISSUS...
C'est toute une histoire et pleins d'histoires. L'ouvrage avance rapidement, mais ce qui manque évidemment c'est encore et toujours un éditeur. Pour que cette aventure se transformer en livre il faut trouver soit un mécène, soit un éditeur passionné par le sujet...Si cette personne existe, alors 'ai avec votre aide, j'ai la conviction que nous la trouverons.  

samedi 4 novembre 2017

LES COULISSES DU CHANDAIL

 

En cette fin d'automne les  soirées sont fraîches , et c'est le moment de sortir les gros pulls, les gilets, à moins d'être    adepte des doudounes ultra-minces.  Le confort d'un article en laine est inégalable, j'ai essayé la version "Uniqlo", mais c'est chaud certes, mais tellement froid au toucher et si impersonnel que lorsque je suis à la campagne  je porte  toujours  mon gros chandail qui me réchauffe depuis des décennies, même un peu défraichi, raccommodé à certains endroits puisque, même les mites l'adorent! A chaque attaque de ces animaux,  je le sauve, difficile de m'en séparer, nous partageons tant de souvenirs. Je fais mienne cette citation de  Diderot  à propos de sa vieille robe de chambre de Diderot, "elle est à moi et je suis à elle" 


LE CHANDAIL
Gros pull, que l'on enfile par la tête sans bouton, à manches longues ou sans manches , col montant, qui s'arrête aux hanches, tricoté en grosses mailles

Gilet, pull -over, veste ou chandail  bien que tous ces articles aient des formes différentes, ils  ont un point commun : le tricot. Seul le mot  chandail possède une étymologie pour le moins originale.
Le mot est un aphérèse, c'est à dire une figure de style qui ampute un mot d'une syllabe en général la première. Ainsi le marchand d'ail réduit sa voilure pour devenir le chandail.
Mais quel rapport entre un colporteur d'ail et ce vêtement ? Eh bien voilà. L'histoire commence dans le ventre de Paris au XIXeme siècle, c'est-à-dire  dans les Halles de Baltard.


Cette fois encore plusieurs hypothèses circulent à propos de l'origine du mot.
Je vous en  livre deux, ensuite libre à vous de choisir celle qui vous semblera la plus plausible.

N°1
La vente des produits de bouche débute dès l'aube et l'hiver le froid oblige les marchands à se couvrir. Les maraîchers adoptent de gros pulls en laine, confortables et amples qui n'entravent pas leurs mouvements, le plus souvent tricotés par leurs épouses. Ces vendeurs de légumes sont appelés marchands d'ail, et pour cette raison, par métonymie, on nommera leurs tricots des "marchandail" qui dans le langage populaire deviendra chandail.
N°2
Dès l'aube la foule est là, le bruit résonne sous ces vastes halles, le vacarme est assourdissant et pourtant il faut s'annoncer, se faire entendre pour vendre sa marchandise. Pas encore de sono, pas de micro, alors il faut hurler. C'est ce que font les vendeurs d'ail. Leur rengaine n'est pas marchand d'ail mais simplement chandail ! La première syllabe se perdant sans doute dans le brouhaha ambiant. Peut être que certains  lecteurs de ce post se souviennent des cris des marchands ambulants qui résonnaient encore dans les rues de Paris dans les années 50 :  ainsi le vitrier avec son fardeau de vitres sur le dos criait-il  viiiitrier pour annoncer sa présence. 

LE CHANDAIL ARTISANAL, TRICOTE MAIN
C'est  donc par analogie, que l'on nomma chandail le tricot épais porté par les maraichers et spécialement les marchands d'ail. 

  LE GAMSOU DE GAMARD : UN CHADAIL INDUSTRIEL
Mais qu'est-il donc arrivé entre le gros pull sans bouton, à manches longues, à col montant, qu'on enfile par dessus la tête, tricoté en grosses mailles de fabrication artisanale et le chandail fabriqué industriellement ?
Le chandail à suivi à peu près le même chemin que le marcel, maillot de corps des forts des halles qui devint le marcel commercialisé par les établissements Marcel.
Le chandail va, lui aussi, devenir un article incontournable, porté à la campagne ou dans les villes. Vers 1880, monsieur Gamard, industriel amiénois, décida de produire industriellement un modèle de tricot copié sur celui que portaient les maraichers :  un tricot sans bouton, assez ample, que l'on enfile par dessus la tête.

LA RECETTE : UN PEU DE GAMARD, UN SOUPCON DE SWEATER
Si la commercialisation rencontre un vif succès, ce n'est pas le cas du nom donné au produit : Gamsou. L'industriel voulant rester dans la course, utilisa les trois premières lettres de son nom et la première syllabe du mot anglais sweater (souiter en français suer). L'idée était bonne, le sweat-shirt est un vêtement   très populaire. Généralement en coton gratté sur l'envers, la transpiration est ainsi absorbée, procurant un certain confort à celui qui le porte sportif ou non. Ce fut un produit "première génération"  le vêtement pouvait gratter, il séchait lentement. Ces inconvénients sont aujourd'hui oubliés, le marché  propose quantités d'articles  de plus en plus techniques, respirants, légers, anti u.v, imperméables et chauds...etc sans compter les innovations à venir.
L'idée de Monsieur Gamard de mêler son nom à un mot venu d'Amérique, était du point de vue de l'image du produit  très en avance. En effet  l'association du tricot paysan avec le sweat utilisé par la jeunesse sportive d'outre Atlantique donne au  chandail plus de modernité et surtout,  dynamise les ventes en diversifiant  la clientèle.
Mais le gamsou ne restera pas dans l'histoire. Monsieur Gamard  reviendra à une conception moins avant gardiste et plus commerciale  en reprenant le nom de chandail.  Aujourd'hui le mot est désuet,  au point  qu'on  en oublierait  son origine paysanne. Il a fait son entrée officielle dans la langue française en 1894.

LE SPORTWEAR ADOPTE LE CHANDAIL
Au début du XXeme siècle, les activités de plein air, le vélo et les jeux de ballons, réclament un vêtement adapté à ces loisirs. Ce sont les prémices de ce que l'on nomme aujourd'hui le sportswear. La maille était et demeure un atout, la laine, le coton étaient les principaux matériaux utilisés, hygiéniques, confortables et fonctionnels. 
Jusque dans les années 50, les articles en maille envahissent les rayons des magasins, et les armoires (normandes) le tricot est pour un grand nombre de femmes, une nécessité. L'hiver les gros pulls sont utiles voir indispensables, le chauffage des maisons n'est pas  parfait loin s'en faut. Bien sûr, parfois le tricot est une manière plus économique sinon ludique d'habiller toute une famille. Qui ne se souvient pas d'un maillot de bain tricoté avec amour par une tante ou une grand mère? L'élasthanne, caoutchouc de synthèse,  nous a sauvé de bien des situations périlleuses. Le tricot en tant que loisir viendra plus tard .

IL N'Y A QUE LA MAILLE QUI M'AILLE
 La nouveauté dans ce domaine c'est l'introduction dans une société aisée d'un article issu du milieu populaire. La sophistication du chandail passe par  la Haute Couture qui mise sur ces produits nouveaux et confortables.
Avant la première guerre mondiale, Coco Chanel propose une collection osée tout en tricot. Le tout Deauville joue le jeu et c'est le succès. Plus tard les pulls  imaginés par Schiaparelli et tricotés par de" petites mains" vont connaître eux aussi un grand succès.   
Le chandail va ainsi passer d'un monde à l'autre, de la campagne à la ville sportifs, du monde paysan au monde bourgeois. Mais le mot aussi suit la mode et ses pérégrinations, le chandail s'embourgeoise et devient  tour à tour pull, gilet, cardigan, maillot. Les vêtements en maille apparaissent dans les tribunes des champs de courses ou sur les courts de tennis .
Dans la seconde moitié du XXeme siècle, la reine de la maille fut sans conteste Sonia Rykiel.  

Au XXIeme  siècle, le changement est radical., Certains diront que c'est gràce au "progrès"  que les fibres chimiques de plus ou moins haute technicité ont remplacé les  fibres naturelles dans le domaine du sportwear. 

Moi je l'aime toujours et encore mon chandail, désuet ou pas, il me réchauffe lorsque je sors les matins d'hiver pour jardiner alors que le brouillard est encore présent, et que le vent souffle à travers les branches dénudées des arbres , il me réconforte lorsque je rentre   me blottir dans un fauteuil près du radiateur;  il me cajole je le dorlote, je n'ai pas peur de le salir, de le malmener parce que je sais que je le sauverai coute que coute. C'est un peu un doudou dont on ne se sépare jamais vraiment.