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mardi 24 mars 2020

COMMENT LES HOMMES DECRYTAIENT LES TISSUS DANS LES ANNEES 50

Confinement oblige, voici un petit exercice qui n'a d'autre but que de vous distraire un moment.
Voici d'après la gazette de Matignon du 11 de mars 1953 un aperçu du langage des tissus vu à travers l'imaginaire des hommes, un musée textile imaginaire en quelque sorte. 
Alpaga : fraîcheur
Mousseline : transparence ,  Mme Tallien
Brocart : la marquise de Pompadour
Nylon : jambes
Cotonnade : aventures à Bali
Organdi : première communion (la fille)
Crêpe : souplesse
Organza : première communion (la mère)
Dentelle : sensualité
Piqué : soleil
Drap : soyons sérieux
Poil de chameau : luxe
Ecossais : bag-pipers
Rayonne : prix abordable
Faille : orgueil
Satin : sex-appeal
Fil à fil : petit homme
Taffetas : frou-frou
Flanelle : flirt matinal
Toile : en Vacances 
Foulard : peau fraîche 
Tricot : abandon
Gabardine : invitation au voyage
Tulle : premier bal
Gaze Aléoutienne : volupté exotique
Tweed : Week end aux champs
Grain de poudre : netteté
Velours : somptuosité
Imprimé : jardins 
Velours côtelé : le pantalon du charpentier
Jersey : les seins
Moire : barcarolle
Lamé  : mille et une nuits

Par curiosité faites ce test autour de vous, il vous réservera des surprises....et puis vous aurez ainsi l'occasion de prendre des nouvelles de vos amis (es) et prenez soin de vous.









vendredi 13 mars 2020

N°3 DECRYPTAGE DES APPRETS TEXTILES N°3



                      

LES TRAITEMENTS ANTI BACTERIENS- ANTI FONGIQUE, LE TRICLOSAN
Le but est d’empêcher les bactéries de se développer sur un support textile. 
Cet apprêt trouve toute son utilité dans le secteur médical : vêtements professionnels et linge en milieu hospitalier. Il est moins impératif pour tout un chacun d’avoir des sous vêtements traités. 
Il y a deux méthodes pour éviter la prolifération des micro organismes et des parasites sur les tissus : la première limite leur développement la seconde les détruit. Un point essentiel : cet apprêt doit résister aux lavages. Les principes actifs contenus dans les bactéricides sont des dérivés d’arsenic, des phénols et autres substances toxiques.
Les textiles antibactériens fabriqués en Europe doivent respecter la directive « biocide 98/8 EC » qui concerne la mise sur le marché européen des molécules biocides. Ces normes ne concernent pas les articles importés. Le « made in E.U.» est alors une sécurité.
Les principes actifs (triclosan perturbateur endocrien avéré, chitosan) sont, soit incorporés aux fibres pendant le filage par pulvérisation, soit appliqués sur la surface textile ou des fils par imprégnation ou par enduction ; cette dernière méthode présente une efficacité limitée par le lavage. 
Les articles les plus soumis à ce traitement sont les collants, les bas, les chaussettes, les slips et culottes ; ils sont étiquetés traitement anti-odeurs, anti transpirant. Les labels fleurissent sanitized®,  actigard®, utilisent un pesticide le acidenzolar-S-méthyl. Sa résistance au lavage laisse à désirer. C’est pour cette raison qu’il s’applique sur les articles comme les matelas ou les oreillers
Des marques comme Bryener ont mis au point des traitements antibactériens à base de produits naturels comme les huiles essentielles. Greenfirst est labélisé Oeko Tex Standard 100. Mis à part pour les traitements labélisés, le nom des substances actives qui détruisent les micro organismes n’est pas mentionné sur les étiquettes, il ferait fuir le consommateur.
Conseil :  en cas de doute, s’abstenir.  Il est préférable de laver ses chaussettes et ses sous-vêtements plus souvent.
Ces apprêts sont cependant d’une grande utilité dans le linge médical et, bien qu’il ne soit pas parfait, il permet de limiter les inconvénients liés aux développement des bactéries en milieu hospitalier.

LES TRAITEMENTS EASY CARE- SCOTCHGUARD –  ANTI TACHE - 
Ce sont des apprêts à base de silicone ou de résines fluorées qui confèrent des qualités hydrophobes qui n’aiment pas l’eau et oléophobes qui n’aiment pas l’huile et autres substances grasses.
Easy Care® = entretien facile.  Les fils sont enduits de silicone et, coucou le Teflon, bien connu pour  ses propriétés anti-adhésives mais beaucoup moins sympathique sous sa véritable identité tétra-fluoroéthylène et ses conséquences néfastes pour la santé.
De la cuisine, il passe à la buanderie. La semelle du fer à repasser ne rencontre plus d’obstacle, elle glisse avec agilité sur la surface des tissus, mais le téflon à encore de la ressource, il est aussi anti tache. Ce traitement s’applique essentiellement sur les fibres cellulosiques : le linge de lit et les chemises.  

Scotchguard® fonction anti-tache. Une barrière est alors mise en place empêchant la pénétration de l’eau ou des produits gras qui restent en surface sans altérer l’aspect du tissu. Il suffit de les éliminer avec une éponge, ou de à l’aide d’un chiffon.
Les tissus d’ameublement sont souvent traités Scotch Guard® ce qui est très appréciable et sans conséquences sur la santé. Un canapé taché, c’est désolant ! Alors oui pour le fauteuil, les rideaux, les coussins ; un tissu anti taches surtout appréciable lorsqu’on a des enfants en bas âge ou des animaux. Mais pour le linge de table, je suis dubitative. 
Ce traitement facilite la vie : on peut renverser du vin sur la nappe, ce n’est pas plus un souci. Dans cette logique, il faudrait manger dans des assiettes en carton pour éviter d’avoir à les nettoyer et, tant qu’on y est, pourquoi faire la cuisine, les plats cuisinés c’est simple et rapide. C’est une question de confort psychique ; autant protéger la table avec une belle toile cirée qui ne se cache pas qu’utiliser la pale imitation d’une toile de lin. Le régime vestimentaire ne s’arrête pas au dressing.


N°2 DECRYPTAGE DES APPRETS TEXTILES

LA MERCERISATION
Au début du 19e siècle, Persoz s’aperçut de la grande affinité entre la fibre de coton et la soude caustique. Mais ce n’est qu’un 1851, que Mercer fit breveter le procédé dit de mercerisage qui avait pour but d’obtenir un fil de coton plus solide et plus facile à teindre.
Après quelques expériences et des années plus tard, le mercerisage, procédé chimique, fut appliqué industriellement aux fibres cellulosiques conférant ainsi au coton l’aspect brillant d’un fil de soie. Le mercerisage ne s’effectue que sur les fibres longues, donc de belle qualité, le prix du produit fini est élevé.
Pour merceriser les fibres cellulosiques (coton ou viscose), les rendre soyeuses, brillantes, lisses, souples, on fait agir sur la fibre de la soude concentrée (encore elle). La fibre absorbe la soude caustique, gonfle et sa section se transforme : de plate elle devient circulaire, ce qui facilite la teinture et donne un aspect lustré mais ce traitement implique un retrait notable du tissu. Le procédé mis au point par Mercer fut amélioré au début du XXe siècle. L’agressivité de soude caustique est en cause, c’est un produit très corrosif lorsqu’il est en contact avec la peau, ses utilisations sont multiples, notamment pour déboucher les canalisations et cela devrait vous mettre la puce à l’oreille. 
Afin de limiter le rétrécissement, l’opération a lieu sous tension, le fil de coton est étiré dans une solution concentrée de soude. Il semble évident que ce n’est possible que sur des étoffes stables, donc impossible de merceriser une maille. C’est pourquoi le mercerisage s’opère sur le fil. On trouve dans le commerce du fil à broder en coton mercerisé.
L’ammoniac peut remplacer la soude ; dans ce cas, la brillance obtenue est plus faible.
Les articles les plus courants en coton mercerisé sont commercialisés en maille comme les chaussettes, les polos, les T-shirt, et se portent souvent à même la peau. Le coton perlé ou le coton à broder mercerisé est aussi utilisé pour crocheter des vêtements pour bébé (chaussons, brassières). Si j’avais lu ce livre plus tôt, je n’aurais certainement pas crocheté des petits chaussons verts et blancs en coton perlé pour mon fils, j’aurais choisi un fil de coton plus naturel.

STABILITE DIMENTIONNELLE
Pour prévenir d’éventuel rétrécissements lors du lavage, les fibres sont enrobées de résine à base d’urée formaldéhyde.

TRAITEMENT ANTI FROISSE.
Vous gagnerez du temps au repassage, votre pantalon aura toujours un pli impeccable, la chemise en coton lavée le soir sera opérationnelle le lendemain matin, mais les résines employées sont responsables d’un grand nombre de réactions d’intolérance et du manque de confort ce qui est moins dangereux mais très désagréable.
Les fibres sont gainées avec un produit qui les rend infroissables, elles sont figées, parallèles, un  peu comme la peau du visage après quelques lifting « le doigt sur la couture » c’est-à-dire qu’elles ne se cassent plus mais, comme les roseaux, gagnent un peu en flexibilité enfin, juste un peu.
Le tissu, souvent un coton perd sa souplesse, une chemise en popeline traitée « no iron » c’est-à-dire sans repassage, n’a plus vraiment de raison d’être, autant acheter une chemise en polyester.
Ce qui est malin de la part des distributeurs, c’est de considérer cet additif comme une qualité supérieure, un plus pour votre satisfaction, donc vous perdez sur tous les tableaux, le prix du vêtement est plus élevé, le confort est moindre, et son contact avec la peau peut engendrer des irritations.
Et voilà que l’on reparle du formaldéhyde.  Les fibres de coton sont traitées avec des résines urée/formol, substance dangereuse dont l’interdiction a été décidée dans les produits d’entretien et dans les bougies d’ambiance. Volatiles, ces particules sont susceptibles d’être inhalées. C’est un allergène qui, outre les irritations de la peau, est responsable de nausées, de saignement de nez…
Certains articles haut de gamme, c’est-à-dire plus chers, sont traités anti froisse avec de l’ammoniaque, moins pire que le formaldéhyde, mais pas vraiment inoffensif.
Même si le tissu est traité, un coup de fer est parfois nécessaire, alors régler le fer sur soie et non sur lin.
Wash and wear, littéralement laver et porter, sans intermédiaire. La finalité ? Faciliter la vie, simplifier l’entretien, gagner du temps. La technique wash and wear consiste à gainer les fils avec une résine thermoplastique qui évite la permanence des faux plis, qui sont de vrais plaies s’ils apparaissent sur sa jupe droite préférée.
Les fibres chimiques synthétiques sont dotées de pouvoirs magiques. Cela se vérifie avec les fibres de polyester qui ne se froissent quasiment pas mais, si d’aventure un pli était marqué par une malencontreuse manipulation du fer à repasser vapeur, il serait très difficile à faire disparaître.
C’est doublement magique par ce que le plissage permanent n’est justement possible que sur les tissus contenant au minimum 50% de fibres polyester. Un mélange laine et polyester est une bonne pioche. Le confort de la laine, la capacité du polyester à maintenir le plissage.


A SUIVRE

N°1 DECRYPTAGE DES APPRETS TEXTILES



LE BLANCHIMENT
Toutes les fibres contiennent plus ou moins d’impuretés qu’il convient d’éliminer avant la teinture ou la mise en vente des tissus : graisses, sucs, matières colorantes, pailles, colle.
Le blanchiment industriel a pour but de rendre la matière textile uniformément blanche et de faciliter la teinture. Cet apprêt peut être réalisé sur le fils, le tissu ou la maille.
Ce traitement concerne les fibres naturelles d’origine animale et végétale. Les procédés varient en fonction de la nature de la fibre et des matières à éliminer.
Pour que la laine devienne blanche ou qu’elle puisse se teindre dans des couleurs claires, le blanchiment doit éliminer le suint qui donne une teinte jaunâtre à la laine. On utilise soit l’ozone, le peroxyde de sodium, le permanganate de potasse ou encore le soufre ; le tétrachlorure de carbone et le trichloréthylène font aussi partie de la panoplie des industriels.
Pour la soie qui n’est pas naturellement très blanche, on utilise l’ozone, l’eau oxygénée, le peroxyde de sodium, le permanganate de potassium et un gaz sulfureux.
Pour les fibres cellulosiques comme le coton, on obtient un vrai blanc avec le chlore ou l’ozone, le peroxyde d’hydrogène, le chlorite de sodium qui sont des substances polluantes et dangereuses, et endommagent la fibre.
L’eau oxygénée est largement utilisée dans le blanchiment industriel, le blanc est stabilisé et plus persistant.
Pour le lin : eau oxygénée ou permanganate de potassium.
Pour le chanvre, le blanchiment est généralement partiel, un chanvre « blanc optique » n’existe pas.
Pour la ramie, la couleur naturelle est claire, un simple lessivage suffit.
Pour le jute, le blanchiment est difficile, on emploie du bisulfite ou encore de l’hypochlorite de sodium mais, comme le chanvre, jamais de jute blanc optique, ni même blanc.
L’azurage : on obtient un tissu très blanc dit blanc optique. Mais pour ce faire, le traitement chimique est à base de dérivés de benzazol et de pyrazoline.  Des produits qui ne sont pas amis de notre peau. Vous voulez blanchir un vêtement, mettez du bleu dans l’eau !
Les lessives « intelligentes » qui ont des agents blanchissants peuvent provoquer des démangeaisons ou des rougeurs sur les peaux fragiles, notamment celle des enfants
Conseils : pour détacher un article en laine ou en soie vous pouvez utiliser de l’eau oxygénée ; de préférence sur un vêtement de couleur claire autrement, gare à la décoloration. Jamais d’eau de Javel.
Donc, si vous avez un terrain allergique, une peau fragile… Ne recherchez pas des articles textiles blancs optique (draps, serviettes, vêtements de nuit, sous-vêtements, chaussettes). Il est vrai également que, dans un autre chapitre, je vous conseille d’éviter certaines couleurs ce qui réduit drastiquement le choix, mais c’est pour une bonne cause.

IGNIFUGATION TRAITEMENT -ANTI FEU- RETARDATEURS DE FLAMME
L’incombustibilité des étoffes est une préoccupation ancienne de l’homme.
Au XIXe siècle, Louis XVIII chargea Gay Lussac d’étudier la manière dont on pouvait rendre incombustibles les décors de théâtre.  La seule matière naturellement ignifugée est l’amiante.
Les premières tentatives industrielles sérieuses ont été pratiquées au début du XXe siècle.
Les savants avaient alors conscience des dangers pour le consommateur.
« Les meilleurs ignifuges sont donc le chlore d’ammonium, le phosphate et le sulfate d’ammoniaque. Parmi les autres produits, les suivants ne sont souvent pas pratiquement utilisables : l’acide borique, en raison de son prix élevé, l’alun à cause de sa réaction acide, le chlorure d’étain trop instable, les chlorures de calcium et de zinc sont hygroscopiques et le sulfate de zinc est vénéneux » (Les apprêts textiles encyclopédie industrielles 1914).
En réalité, aucune formule magique n’a vraiment été mise au point depuis, qui s’opposerait réellement à la combustion des étoffes. La seule chose tangible, lorsqu’un tissu est traité, est le retardement de la propagation des flammes. Les fibres sont alors moins inflammables mais pas incombustibles. L’idéal est d’obtenir des tissus qui s’éteignent d’eux-mêmes sans propager de flammes. La laine possède naturellement cette qualité.
Exercice : prenez un morceau de tissu en pure laine ou un brin de fil à tricoter. Approchez une allumette et essayez de l’enflammer ? Vous n’y parvenez pas, la flamme s’éteint immédiatement, le brin de laine se recroqueville et il reste un résidu noir, friable, dégageant une odeur de poil brulé. Faites la même expérience avec un cheveu... La laine est un matériau naturellement quasi ininflammable.

Bien que ces techniques qui retardent l’action de la flamme tombent en désuétude du fait de la concurrence de fibres ininflammables comme le Kevlar, le Nomex ou les modacryliques, on trouve encore dans le commerce des articles traités non-feu.
Les substances les plus couramment utilisées pour conférer aux textiles la capacité de résister au feu sont le sulfate de magnésium, le phosphate d’ammoniaque, le borax, le titane et le sulfate d’ammoniaque. Comment ce dernier réagit il sous l’action de la chaleur ? Il se volatilise et se dissocie en formant avec les gaz combustibles des mélanges ne pouvant plus brûler. 
Pour le traitement non feu des fibres polyester, on utilise le TRIS BP.
Lorsqu’il s’agit d’un rideau de scène ou des tissus recouvrant les fauteuils d’une salle de spectacle, c’est une sécurité nécessaire et obligatoire, mais lorsqu’il s’agit de vêtements de nuit pour enfants, il faut protester et boycotter le produit. Des pyjamas et des vêtements pour adultes traités avec ce produit ont été retirés de la vente, mais des tenues professionnelles sont encore traités non feu de cette manière, hélas pour les pompiers, les personnels médical, les ouvriers qui travaillent sur de nombreux sites industriels. L’amiante étant interdite, il ne reste pas d’autres alternatives pour l’instant.
Le pire est à venir parce que ce traitement, censé ralentir les flammes, s’avère beaucoup plus dangereux dans le cas d’un contact avec la chaleur. Malheureusement, les articles incriminés par le TRIS étaient des pyjamas pour enfants. Aujourd’hui, ces articles sont en principe interdits à la vente, mais il y a toujours une incertitude. Pour se rendre à l’évidence et renoncer à cette technique, des accidents ont été nécessaires.
Vous n’êtes pas convaincus du danger ? Alors encore un peu de courage et je pense que cette fois votre opinion sera faite.
Ne lavez pas un vêtement destiné à être en contact direct avec la peau s’il est en polyester ignifugé : le lavage élimine une partie du produit, mais le cœur de la fibre continue à diffuser vers l’extérieur le reste du TRIS, que la peau va s’empresser d’absorber.
Les études ont démontré qu’un contact quotidien peau/tissus contenant du TRIS peut entraîner la stérilité des hommes. Le TRIS n’est pas stable et une infime quantité peut se libérer des fibres. Il se crée une réaction chimique au niveau des molécules avec les enzymes de la peau et voilà le poison absorbé.
Le traitement non feu des cotons.
Le THPC, utilisé pour rendre ininflammable le coton est un vrai poison car les fibres ainsi traitées dégagent, lorsqu’elles sont mouillées, du formol et du chlore. L’association de ces deux substances forme l’éther chlorométhyl, substance cancérigène. Cette mutation se produit au cours des lavages. Autre danger : en cas d’incendie, il y a risque de formation de dioxine. Les industriels cherchent des produits moins toxiques.
Le traitement non feu des fibres de chimiques artificielles comme le tri acétate commercialisé sous la marque Arnel® : elles sont imprégnées d’une solution organique du bromure de phénol et subissent le même traitement pour la teinture.
Le phénol est un autre poison largement utilisé dans l’ignifugation des tissus, dans la fabrication des solvants, des teintures et la fabrication des fibres polyamides.
Un contact de la peau avec le phénol entraîne des dermatites.
Si le produit pur peut être accidentellement en contact avec la peau, ce qui peut se produire dans les usines ou les laboratoires au cours de manipulations, la douleur n’est pas immédiate mais la peau se ride, devient plus douce, une sensation de brûlure se fait sentir suivie d’une anesthésie locale puis d’une gangrène.
La vigilance est de mise : évitez de porter un vêtement ignifugé à même la peau. Par contre, les vêtements professionnels de protection sont encore la meilleure solution tant que rien ne les remplace.

A SUIVRE

mercredi 29 janvier 2020

CURIOSITES TEXTILES ETHIOPIENNES : NETELAS ET DES GABIS

De l'Ethiopie, on ne connait finalement pas grand chose si ce n'est probablement le berceau de l'humanité. La vedette ou les vedettes de cette contrée africaine juchée  au nord sur des hauts plateaux approchant souvent les 3000 m ? La reine de Saba et Lucy ! A part cela les extraordinaires églises monolithiques dont les murs sont couverts de peintures marouflées. Et puis il y a cet étrange costume à la fois léger lorsqu'il s'agit du nétela et pesant lorsque l'on pense au gabi... Mais qui n'a jamais entendu parler de ces éléments vestimentaires? Il faut avoir sillonné le pays, assister aux fêtes de Timkat pour s'imprégner du langage textile de cette  mystérieuse civilisation
Le nétela est une longue écharpe en gaze de  coton blanc portée par les femmes. Le tissage est donc lâche ce qui le fragilise . Le fil est relativement rustique lorsqu'il est filé à la main, il est plus régulier lorsqu'il est fabriqué industriellement.
La couleur blanche est  traditionnelle, mais les deux extrémités sont soulignées par une bande tissée et colorée rouge, jaune, vert ou bleu.
Parfois dans les qualités inférieures, c'est un galon clinquant qui est cousu aux deux bouts. Je penses que cette bordure a une double utilité : elle est décorative  au premier abord mais elle donne du poids à l'écharpe qui est aussi légère que transparente. Drapée sur les épaules elle à tendance à se soulever au moindre souffle de vent, et pour l'avoir utilisée, je me suis aperçue qu'il faut à maintes reprises la remettre en place. Mon geste n'est pas aussi élégant que celui des éthiopiennes pour qui c'est habituel, mais il est répété  maintes fois tout au long de la journée. Alors pour faire simple je l'ai utilisé à la mode de chez nous


 et puis pour faire fonctionnel j'ai détourné le foulard en coiffe et ce fut une excellente idée

Le nétela se porte en éthiopie aussi de plusieurs manières selon les occasion : sur les épaules, et rejeté en arrière, il peut couvrir le torse, la tête



ou encore  couvrir la tête et le  bas du visage afin de se protéger de la poussière car les routes ne sont pas toujours asphaltées même en ville et les éthiopiens sont habitués à marcher beaucoup et longtemps....










Le gabi est l'élément vestimentaire traditionnel le plus courant , il est porté par les hommes et les femmes. Il s'agit d'un rectangle de gros coton blanc qui se drape sur le corps, les femmes s'enveloppent dedans alors que les hommes le porte sur les épaules, les pans rejetés en arrière. C'est un peu l'équivalent des kilts, le gabi sert à la fois de couverture à l'intérieur des habitations et de protection contre le froid, des matinées et des soirées.










Et si le titre de ce post vous étonne voici le poursquoi du comment
Lors des grands rassemblements, lors des processions des fêtes du Timkat, la foule vêtue de gabi et de netela   envahie les rues et les places formant une vague blanche qui déambule au son des chants, des prières des tambours et des trompettes.






 

Pour plus de détails sur ce merveilleux voyage, vous pouvez aussi aller sur ma page facebook (catherine goldman)












































samedi 7 décembre 2019

UN JOUR UN TISSU : LE BOUTIS


Nous avons là encore une étymologie obscure : boutis = bouter. Le sens donné au mot boutis en vieux français était un choc et en Italien on retrouve le mot buttare = lancer . Or il y a similitude entre le choc d'un coup de boutoir et l'action de lancer l'aiguille nommée boutis entrainant avec elle une mêche de coton qui remplie les espaces laissés libres entre les piqûres.
C'est une technique de matelassage emprunte donc son nom à l'aiguille qui sert à sa fabrication. Le boutis est un travail qui se situe entre la broderie et le piqué_. Le décor est formé lors du travail de piquage de deux épaisseur de tissu, mais car il y un mais, l'ouvrage se complique ensuite par le rembourrage (ouate ou mêche de coton) de l'espace crée entre les piqûres. Le boutis ou plus exactement la broderie au boutis est caractérisé par des motifs en fort relief C'est une production localisée en Provence.
Contrairement au piqué, pour le boutis on utilise de préférence une étoffes unies pour l'endroit (taffetas de soie ou coton) de façon à mettre en valeur le travail d'aiguille, qui serait contrarié par un imprimé trop présent, et un tissu basique pour la doublure. Les opérations préparatoires sont identiques à celles du piqué_ : un métier en bois pour tendre les deux épaisseurs de tissu, l’ouvrière, car c’est souvent une femme qui exerce ce métier, suit le trait du dessin reporté en bleu sur le tissu extérieur en faisant des points simples qui relient les deux épaisseurs, la difficulté_ ou la spécificité apparait à ce stade de la fabrication : avec une aiguille spéciale ou boutis, on "bourre" les espaces crées entre les piqûres avec des mèches de coton. Ce travail délicat et long, demeure un _élément traditionnel du costume populaire provençal : les pièces importantes jupons, corsets, et même articles de layette étaient réservés aux grandes occasions (mariages, baptêmes..) Au XIXe siècle, on bourre avec de la ouate et non plus des mèches ce qui donne un relief beaucoup plus prononcé et plus rond

vendredi 6 décembre 2019

UN JOUR UN TISSU : LA MOIRE

MOIRE

Moire est la déformation du terme anglais « mohair » lui même issu du mot  arabe
"moiacar"ou "moacar" qui désignait des tissus en poils de chèvre. On retrouve dans le mot « hair » au sens de poil en allemand et en anglais. Moire  entre dans la langue française au XVIIe siècle avec le sens détoffe chatoyante sans préciser  la matière utilisée.
Le moirage est un apprêt spécial que l'on donne à certains tissus à gros grains serrés comme lottoman , la faille ou le gros de Tours,  afin de leur octroyer un aspect changeant et chatoyant. 
Leur surface est ondée au moyen d'une calandre qui écrase  partiellement le grain de la trame . La déformation de la surface  provoque sous l'effet de la  lumière des  surfaces planes  réfléchissantes. Les rayons lumineux  donnent suivant l'inclinaison de la surface du tissu, et la matière textile des reflets  plus ou moins métalliques.
Lorsque lapprêt est factice, cest à dire quil sagit dun motif imprimé sur un support textile lisse,  il peut soit sestomper soit disparaître au contact de leau.
C'est d'Angleterre que vient la méthode pour "moherer" nous dit Savary  Jusqu'en 1754 l'industrie du moirage des étoffes était une technique exclusivement anglaise.
Sous le règne de Louis XV la moire fait son apparition dans la décoration murale. C'est 1754, que le gouvernement fit des offres avantageuses à un fabricant  anglais: Jean Badger qui les accepta et s'installa à Lyon afin de mettre au point un procédé pour exécuter les étoffes moirées.  En contre partie il eut la jouissance de l'établissement nouvellement crée. La ville tira également un bénéfice de cette installation,  au niveau de sa réputation de ville soyeuse.
La moire antique ou moire anglaise
Elle était réalisée au moyen d'une forte masse de pierre dont le fond était formé de lourds plateaux pesant de 3 à 4 tonnes chacun , agissant sur une plate forme solidement ancrée dans le sol. Mais comme on peut l'imaginer, les proportions incroyables de cette machine entrainaient de nombreux inconvénients. Sur la demande  de plusieurs fabricants  Vaucansson  fut chargé  par le gouvernement d'améliorer cette invention  afin de faciliter son utilisation et ce fut la création de la calandre cylindrique dans la forme d'un  laminoir composée de deux cylindres métalliques creux et lourds, munis intérieurement d'une barre de fer rougie (remplacée au fur et à mesure de la déperdition de chaleur)  
La moire française
Vaucanssson, "mécanicien" de génie en utilisant ce  dispositif de cylindre métalliques ou laminoir pour produire une pression suffisante qui écrase le grain du tissu obtint un  résultat ne fut pas identique à celui produit par la machine Badger, le dessin de la moire de Vaucanson ressemblait plutôt aux cercles concentriques, ronds et doux qui se propagent à la surface de l'eau lorsqu'on y lance un caillou, ce motif deviendra la caractéristique de la moire française : on dit que la moire est française lorsqu'elle présente des effets réguliers, circulaires dont on a préparé le tracé avec les dents d'une règle avant de laminer les deux pièces cousues l'une sur l'autre, entre deux cylindres chauffés en opposition à la première moire de Badger dite moire antique. (qui sera ensuite obtenue par une presse hydraulique) dont le dessin est aigu, comme les sommets déchiquetés des alpes  
En ce qui concerne la moire antique on devait replier le tissu sur lui même et coudre les bords de manière à maintenir chaque trame superposée à elle même. La moire est antique lorsque les effets sont dus au hasard sous la pression d'une énorme calandre et que sur plusieurs pièces de tissu ainsi traitées, aucun dessin n'est semblable(nuages, lignes brisées, ondulations.) La moire française offre les mêmes effets : formes arrondies donne le nom de moire ronde (imitant le contour que l'on remarque sur la partie intérieure de troncs d'arbre)
Il faudra attendre le milieu du XIXe siècle pour que l'utilisation de plateaux à pression artificielle irrégulière permit une fabrication rationnelle C'est en 1854 que deux apprêteurs moireurs lyonnais les frères Vignet  aidés d'un mécanicien monsieur Barbet réalisèrent une machine dans laquelle les masses de pierre de la machine Badger et les cylindres de Vaucanson furent remplacés par des plateaux mobiles entre lesquels devaient être placés les rouleaux de tissu . Ces plateaux étaient destinés  à exercer sur les rouleaux à l'aide d'une vis une pression mécanique pouvant être augmente ou diminuée, au lieu d'une pression résultant de leur propre poids.
La moire musique
Le décor peut aussi être préparé pendant le tissage, par une suppression locale du parallélisme des trames obtenu par le peigne du métier dont les dents étaient mobiles. Le mouvement de chacune des dents était commandé par un cylindre gravé de motifs en relief (fleurs ou des dessins géométriques) ce qui entraine une déformation de la trame à chaque insertion de trame Ce procédé bien que donnant des résultats étonnants, et une richesse de décor inégalé par les nouvelles technologies, est aujourd'hui obsolète, car lent et ne s'appliquant qu'à une étoffe en petite largueur (0,70 m) il reste une démarche artisanale, que l'industrie ne peut prendre à son compte. C'est la similitude entre ce système de création d'une moire et celui d'une boite à musique qui a donné son nom à la moire musique
La moire galoche
Elle était obtenue par un ingénieux procédé d'enroulage. C'est aujourd'hui le nom générique qui désigne toutes les étoffes ayant subies ce traitement : soie mais aussi coton ou tout autre matière. On nomme aussi moirette un tissu léger à  reflets moirés.
Bien que le calandrage et le moirage s'obtiennent par des moyens similaires il est convient de différencier ces deux opérations :  le calandrage n'a d'autre but que de conférer une tension au tissu afin n'en aplanir sa surface alors que le moirage confère à un tissu uni originellement, des effets qui augmentent sont aspect décoratif.
Aujourd'hui bien que l'on continue à fabriquer des moires par calandrage, on peut très facilement "imprimer" le motif à l'aide de cylindres gravés de dessins imitant l'aspect d'une moire. Cela dit on peut se douter du subterfuge lorsqu'une moire présente une surface entièrement plate.


Parfois l'habit fait le moine, voir l'évêque et même le cardinal ... Qui ne pense pas à Richelieu peint par Philippe de Champaigne dans sa tenue d'apparat : robe de soie moirée rouge cardinal ? Le ruban des différents ordres de Chevalerie sont également en moire, ainsi que  lordre  national du mérite, en bleu céleste
  Au XVIIIe siècle, la moire était tendue sur les murs, recouvrait les lits. Sous l'Empire et la Restauration la moire fut largement   utilisée en ameublement.
Dans certains palais, les murs tendu de soie moirée et peinte, étaient à la mode au XVIII e_siècle. Ensuite, le tissu fut imprimé. Et le succès commercial aidant, les motifs  moirés furent appliqués au papier peint .
Dans notre conception moderne de la décoration, les tissus moirés restent toujours liés à  une décoration de style. Cependant, les effets superbes de la lumière en font de magnifiques rideaux : si ce sont des tissus synthétiques blancs, ils peuvent remplacer des voilages ; la lumière passe à travers irrégulièrement et 'effet est étonnant . Parfaitement adapté à un intérieur contemporain. Il ne faut pas systématiquement  se désintéresser de ce qui est beau sous prétexte que c'est  démodé,  trop connoté "style". A vous d'ouvrir  les possibilités, de proposer de nouvelles utilisations et de lancer une autre mode.