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lundi 1 octobre 2018

BLOG /CONSO N°1 : UN REGIME VESTIMENTAIRE VEGAN

PREAMBULE
C'est à la suite d'une rencontre avec une  adepte du véganisme qui cherchait du tissu, mais pas n'importe lequel que l'idée de ce post  m'est venue.
Tout d'abord le mot végan d'où vient il? Il fut inventé  en 1944  à partir du mot VEGetariAN par Donald Watson co-fondateur de la vegan society. pour se démarqué de l'ovo-lacto-végétarisme 
Elle cherchait un tissu qui ne contenait ni laine, ni soie, en fait une étoffe qui n'aurait aucun lien avec le monde animal. Curieuse, comme  à mon habitude, je  lui demandais quelle était la raison de cette recherche spécifique : d'ordre médical?religieux? ou simplement par gout? Mon interlocutrice m'expliqua brièvement qu'elle était végane, le véganisme étant un mouvement  implanté aux USA depuis longtemps et qui prend de l'importance en France. C'est ainsi que je découvris les codes qui régissent le mode de vie  des adeptes du véganisme.  Le premier et plus important point étant la condamnation  de la consommation de tout produit issus des animaux qu'il s'agisse d'aliments, de vêtements ou d'accessoires Nous parlâmes  des difficultés qu'elle rencontrait  pour trouver les bonnes matières textiles.
Le but de ce post est d'aider les véganes à se  constituer un vestiaire à la fois confortable, élégant, fonctionnel, écologique si possible mais toujours en  respectant les fondamentaux du véganisme. J'espère apporter ma pierre à l'édifice en élargissant  le choix des matières plus rares, plus étonnantes, moins connues, insoupçonnées,  artisanales ou industrielles.

UN VESTIAIRE RESPECTUEUX DES INTERDITS
Un des problèmes à résoudre pour les personnes qui observent les règles du véganisme au quotidien, se situe au niveau de l'habillement. Certes les interdits vestimentaires sont  énoncés avec moult précisions mais il est parfois difficile de savoir comment et avec quoi sont confectionnés les articles textiles que l'on trouve dans les commerces traditionnels. Les matières colorantes  peuvent être obtenues à partir de tout ou partie de corps d'animaux. Ainsi  le E 124 colorant rouge ponceau ou rouge cochenille, colorant alimentaire et textile est obtenu par le broyage de petits animaux, les cochenilles qui vivent sur les cactus au Pérou et au Mexique. Les étiquettes  précisent  rarement et même jamais l'origine des teintures, et pourtant de nombreuses personnes sont allergiques à des produits utilisés dans les colorants. Le cuivre peut provoquer des rougeurs, des démangeaisons.Trouver les produits dans la fabrication desquels n'entre aucune substance animale, ni dans les fibres ni dans les teintures  peut  s'assimiler à la quête du Graal. Il existe des sites, des boutiques en ligne ou des magasins traditionnels qui  proposent une sélection d'articles adapté à une demande particulière, et spécialement pour les végétariens et les végans.

EXIT LAINE, LANITAL,  SOIE NATURELLE ET CUIR, VEGETAL OU PAS.
Après avoir écarté de votre armoire les articles en  laine provenant pour la majorité de la toison des moutons, les article en lanital, fibre chimique à base de proteine animal(caseine du lait),  le cuir  obtenu avec les peaux tannées de vache, boeuf, mouton, chèvre...etc, la soie matière première qui constitue les cocons des vers à soie,  il vous reste les fibres végétales, minérales et les fibres chimiques (artificielles et synthétiques) pour votre garde-robe.
Prêtez une attention particulière aux fournitures, examinez à la loupe des détails qui de prime abord ne se voient pas, mais qui sont souvent indispensables pour la fabrication d'un vêtement. La doublure d'un vêtement haut de gamme  est parfois en soie (pongée), les entoilages classiques sont en laine et poils de chèvres, les surpiqûres, les boutonnières et les boutons peuvent  cousus avec des fils de soie. Et pour terminer cette liste,  il y a les boutons qui eux se voient. Eliminez  les boutons  en corne, en cuir, l'ivoire ou en nacre puisque tous issus du monde animal.(coquille, peau, corne)
Préférez le corozo (obtenu à partir du fruit d'un palmier) ou encore le tagua autrement appelé ivoire végétal, et sans controverse cette fois puisque la matière provient de la noix d'un palmier qui pousse dans la foret amazonienne. Au Pérou, en Equateur, en Colombie ou encore en  Bolivie  cet ivoire végétal est largement utilisé,  il est  aussi exporté dans de nombreux pays pour fabriquer des boutons, des bijoux, des manches de parapluie, des peignes. C'est une matière intéressante à plus d'un point, Lisse, douce, si sa teinte originelle est le blanc cassé, elle se teint très bien, et son prix est très très accessible...Plus d'ivoire végétal cela implique une diminution du braconnage et de la mise à mort des éléphants et des rhinocéros.  N'oubliez pas que les matériaux utilisés pour fabriquer les boutons sont très variés : verre, pâte de verre,  bois,  métal,  liège, porcelaine, résine, acrylique et bien sûr  plastique.

WELCOME FIBRES CHIMIQUES 
La chimie dans les placards : bien sûr  le recours aux vêtements en fibres chimiques est essentiel pour les végans. Ces fibres se plient à tous vos désirs ou presque des sous vêtements aux vêtements de protection en  par les accessoires, chaussures, sacs, ceintures...etc.
Les fibres chimiques aujourd'hui se sont adaptées aux besoins des consommateurs. Se protéger de la pluie, du vent, du froid, ce sont des choses que les fibres fabriquées par la main de l'homme peuvent faire et avec en prime un coté esthétique qui parfois n'envie rien aux fibres animales.
Sachez ce que vous aller  acheter et ce que vous pouvez attendre des différentes fibres chimiques
Fibres synthétiques :
Le polyester (Tergal)  crée à l'origine pour remplacer les lainages.  Les tissus sont secs, lourds, mats, solides. Ils sont parfait pour les plissés, attention ils sont souvent mélangé à la laine (poly-laine) pour augmenter la chaleur. Ils se présentent sous des poids et des aspects très variés, en fonction de leur destination Mais les finitions, la grosseur des fils peuvent changer l'aspect du tissu. Les microfibres sont des polyester.
Le polyamide (nylon) pour sa légèreté, sa solidité, son imperméabilité. Les toiles de nylon légères et imperméables vous protègent de la pluie, avec les célèbres articles K- Way, vous êtes frileux alors passons à la version vêtement de protection avec les doudounes en polyamide, doublées en polyester légères et chaudes, et les chaussures  qui vous sont proposées dans quelques boutiques et surtout sur internet  sans cuir mais avec des matières synthétiques, parfois du caoutchouc recyclé ou pas pour les semelles.l
Les chlorofibres (Rhovyl) pour ses qualités : ininflammable, bon isolant thermique, résistant aux bactéries. Ces fibres sont commercialisées en France sous la marque Rhovyl et proposées en produits finis(sous -vêtements), par Damart  "froid? moi jamais!" une pub qui a marqué une génération. Le thermolactyl est le produit phare de la marque. Cette fibre entre dans la composition de caleçon, t-shirt, et autres sous-vetements avec la promesse de soulager les rhumatismes. 
Les fibres chimiques sont de plus en plus performantes tant au niveau du confort que de l'efficacité. La technologie entre dans le vêtement. Sous le soleil de l'été il est de bon ton de porter des t-shirts anti uv,
pour les personnes qui transpirent énormément des pieds des chaussettes anti-odeur sont désormais commercialisées...et les progrès ne sont pas près de s'arrêter, les recherches continuent dans les laboratoires. L'homme n'a de cesse de copier la nature, voire de la dépasser.
Acrylique (Crylor,Orlon)  , le toucher est doux proche de celui de la laine , l'aspect des "mailles" acryliques est proche  du mohair ou de l'angora,- Les articles sont  légers et chauds, la fibre sèche rapidement.
Le PVC ou polychlorure de vinyle. C'est une matière plastique souple, (composée de sel et de pétrole)
Largement utilisé pour fabriquer des articles imitant le cuir. Le skaï est une marque déposée.
Quant à  l'Alcantara il s'agit également d'une marque déposée, qui est une imitation en fibres de polyester   du daim. Ce tissu ne possède pas d'envers, les deux faces sont identiques, il est imperméable et  lavable. Idéal pour les vêtements et l'ameublement (sièges)

Fibres artificielles
viscose fibre chimique qui se rapproche de l'aspect de la soie Tencel, Lyocell, acétate Arnel, cupro Bemberg, modal... Les fibres artificielles permettent d'obtenir des tissus brillants, souples, soyeux.
Ce qu'il faut savoir au sujet des tissus de bambou. Il s'agit généralement d'une viscose dont la base est la pulpe de bambou. Si les fabricants allaient au bout de leur raisonnement on pourrait parler de tissus de bois ( la viscose classique ayant pour base la pulpe de hêtre) Il faut donc être plus rigoureux dans les appellations, mais un consommateur averti saura distinguer le bon grain de l'ivraie.

LE CUIR VEGETAL: UNE APPELLATION TROMPEUSE.  CUIR VEGAN : UN VRAI BON PRODUIT VEGAN
 Il existe de nombreux sites surtout anglo-saxons qui proposent sur le net des accessoires comme des chaussures, des sacs et des ceintures véganes  c'est à dire fabriquées en matières synthétiques( imitation cuir, caoutchouc de synthèse). Il est fait  référence à une matière curieuse : le cuir végétal. Cela m'a intrigué , et je suis allée voir sur ce site marchand quel était ce produit étonnant. En fait de cuir végétal, il s'agissait de chaussures en matière synthétique ( semelle, doublure et extérieur). Le terme cuir végétal est mal choisi ou plûtot trop bien choisi, mais trompeur. Le terme cuir végétal s'applique  à la méthode de tannage de la peau qui est végétale par opposition au tannage traditionnel de l'industrie qui est minéral et plus polluant. Donc attention les végans d'obédiance Tom Regan ne tombez pas dans le piège le cuir végétal n'est pas fabriqué à partir de feuillage ou de sève, non c'est simplement une peau d'animal tannée d'une manière moins polluante, mais il s'agit tout de même de cuir.
Les sites spécialisés vendent des accessoires  en "cuir vegan" ou vegan leather" c'est à dire en imitation cuir parfois doublés en coton comme le propose la marque anglaise Vegetarian shoes. Pas de problème les articles sont  en adéquation avec les idées des végans . La marque canadienne Matt et Nat s'engage à sauvegarder   la nature,  et assure la protection  des droits des animaux. Ces marques sont respectueuses de ces idées et surfent sur une vague qui milite en faveur des produits bios, naturels et recyclés très en vogue outre-atlantique. Lorsque l'on parle de cuir végan ou vegan leather, on ne parle pas de cuir mais d'un article composé de matériaux recyclé (bouteilles plastiques, pneus réchappés). On peut ainsi  dire que le mot cuir est usurpé dans un but commercial. Il semble que proposer des produits en matière synthétique à des prix plutôt élevés serait moins vendeur, l'image serait moins sophistiquée, et dans l'esprit du client le terme cuir est rassurant, concret, alors que le terme synthétique est abstrait, un mot "fourre-tout" et n'importe quoi. Chaussures en cuir végétal végan ok mais pour l'hiver. Choisissez  pour l'été les chaussures, les sacs et les ceintures en fibres végétales  et caoutchouc naturel. Le mélange chanvre et coton est idéal pour les espadrilles, un produit hors mode et fort confortable.

 A SUIVRE : QUELLE ALTERNATIVE  POUR LES VEGANS "VERTS"?  LES FIBRES VEGETALES, MINERALES, LES FIBRES INEXPLOITEES A DECOUVRIR, FAITES ENTRER LA NATURE DANS VOTRE DRESSING ...ETC.

LA FARANDOLE DES FOURNITURES OUBLIEES

MON PETIT MUSEE A MOI
Laissez moi vous  entrainer dans mes souvenirs d'enfants. Je me suis fabriqué un petit musée personnel de fournitures pour tailleurs. de mots magiques . Je les ai connus "vivants" et aujourd'hui ils  sont considérés comme des ovnis  et se révèlent sans utilité, ou plutôt les fabricants s'en passent
Petit à petit ces termes techniques , désuets, abstraits, peu ou plus utilisés disparaissent des pages des dictionnaires.  Alors avant qu'ils ne disparaissent corps et bien, je vais  vous les présenter tour à tour,   sous-titre à l'appui.

LA FARANDOLE DU PETIT TAILLEUR
Poltaise, talonnette, mignonnette...Comme ils chantent, comme ils résonnent à mes oreilles ces noms
Une farandole joyeuse, des mots mystérieux mais chargés de souvenirs.
Dans les années 70 ces fournitures étaient encore  vendues dans des boutiques spécialisées notamment celle de mon père rue des francs bourgeois à Paris. Il y avait les  grossistes  chez qui  les tailleurs venaient s'approvisionner et quelques merceries proposaient  un choix restreint d'articles  nécessaire à la fabrication de vêtements pour  les clients particuliers et les couturières.
Moi je jouais avec les boutons comme les autres enfants jouaient avec des cubes. J'adorais l'ambiance de la boutique de mes grands parents rue de Sévigné à Paris, le bruit des ciseaux, des maîtres en bois que l'on posait sur le comptoir,  les mots lancés brièvement et qui étaient pour une enfant indéchiffrables, comme bougran, percaline...La sonnerie stridente du téléphone en bakélite noire,  le toucher de la toile en poils de chèvre "capella" qui piquait mes petits doigts, la douceur des doublures satin que j'aimais caresser..  Dans ce magasin  de vente en gros de  fournitures pour tailleurs il y avait tout cela et bien plus encore, une atmosphère indescriptible, fondement de mes souvenirs. Ces mots  je les entends, voltigeant entre les comptoirs en bois  :  deux boites de craies tailleurs blanches,  cinq rouleaux de ceintures de pantalons, trois pièces de  percaline grise par ici, 100 mètres de bougran  gris d'accord, 25 rouleaux de toile tailleur, de la capella oui monsieur! Mon apprentissage commença ainsi, par  les fournitures pour tailleurs. C'est avec un sentiment  à la fois de  bonheur et de nostalgie  que je me replonge dans cet univers.

Ce qui me chagrine c'est que l'on oubli qu''un vêtement, un vrai est avant tout un montage de divers éléments, un puzzle qui comporte un certain nombre de pièces, si ce nombre est revu à la baisse,  le motif  sera pas incomplet, ce qui est un comble pour "un complet". Pour un vêtement si le compte n'y est pas, l'équilibre est rompu, "il y a comme un défaut"  Bien sûr  le prêt à porter ne peut pas rivaliser avec un produit réalisé sur mesures, voire de la semi- mesure, mais il n'en demeure pas moins que le client a droit à un minimum, ce qui n'est pas toujours le cas.
Des articles  jadis indispensables pour fabriquer un véritable vêtement, ayant du corps, de la tenue, de l'allure, un vêtement fait  pour durer.
Ces fournitures sont aujourd'hui oubliées dans la confection industrielle, mais  préservées  dans le domaine du luxe, du sur-mesure, réduites à un rôle de figurante dans la demi mesure,
Tout doit aller vite depuis la fabrication du vêtement jusqu'à sa  durée de vie. On constate que malgré les progrès de la technique, les industriels  négligent pour le moins les fournitures pour tailleurs traditionnelles. Elles sont  remplacées par des matières de substitution, moins couteuses, plus faciles  à travailler, plus rapide à poser. Cette simplification a pour conséquences la disparition d'une main d'œuvre spécialisée
 Les maîtres tailleurs anglais et italiens  perpétuent la tradition avec succès, en France cela me semble beaucoup moins évident.
 Avant de vous offrir ce bouquet de mots délicieux je ne peux pas ignorer un fait qui aujourd'hui plus que jamais résonne très fort. Pourquoi ces fournitures, étaient des  "outils" indispensables aux tailleurs et rarement utilisés  par les couturières ...? J'ai une réponse mais elle ne me satisfait pas vraiment.  Les hommes ne changeaient pas de costume tous les ans, la mode leur permettait  de conserver ce vêtement plusieurs années, donc les costumes étaient fabriqués pour durer plusieurs saisons. La mode féminine était et est toujours plus changeante, et c'est sans doute  ce qui justifie la différence de conception du vêtement et des prix. Si l'on compare un manteau féminin et un pardessus masculin, il y a déjà une différence au niveau du vocabulaire, mais également au niveau du poids. Un pardessus réalisé dans les règles de l'art est beaucoup plus lourd qu'un manteau, on retrouve cette différence dans les vestons et les vestes


LE MEMO DU TAILLEUR


PERCALINE ou LUSTRINE  : doublure de qualité ordinaire,  fortement apprêtée et quelque fois lustrée sur l'une des faces.  Utilisée pour les poches de vestons.  Elle avait une fâcheuse tendance à rétrécir au lavage. Une fois décatie,  elle pouvait servir de pattemouille Elle se vendait en laize de 0,70m. A l'occasion,  la percaline était utilisée  pour faire des robes ou des chemisiers.
…"sa robe de percaline lui venait de son père câlin"…in Idylle philoménale. Paroles de Yves Montand

LA TALONNETTE OU EXTRAFORT
Elle se coud  au bas des jambes des pantalons afin d'éviter l'usure provoquer par le frottement du tissu sur la chaussure. Cet accessoire  est nécessaire surtout pour les tissus légers, il plombe le bas des pantalons. Pour les étoffes plus lourdes, il suffit de poser la talonnette sur l'arrière, protégeant ainsi la partie en contact avec la chaussure.

LA POLTAISE
Un coton ou coton / polyester solide, qui sert de fond de poche  pour pantalons et pour veston. La gamme de couleur est restreinte, gris, beige, blanc cassé ou noir. Longtemps les vêtements pour hommes évitèrent la couleur.


LA MIGNONETTE
C'était une doublure utilisée pour les manches. La plus classique était blanche avec des rayures bleues.  Cette doublure en satin de coton ou en acétate/viscose était plus glissante que les autres, ce qui évitait que les manches des chemises ne s'accrochent.

TOILE TAILLEUR
Ce métier n'est que patience, savoir faire, expérience et tradition. Savil Row à Londres est toujours la capitale de ces faiseurs qui tiennent boutique dans cette avenue légendaire.
Je me souviens de celle que vendait mon grand père, il y avait le dessin d'une chèvre parce que elle était tissée avec un mélange de laine de mouton et de poil de chèvre. La marque ?capella c'est à dire petite chèvre!,Certes elle piquait, mais c'était une très belle toile utilisée pour renforcer les devants des pardessus .
Le tailleur construit un vêtement, aujourd'hui le vêtement n'est qu'un squelette, sans consistance qu'une machine commandée par un ordinateur qui se contente d'assembler pièce par pièce. Il faut connaitre le passé pour juger du présent. Qui n'a pas eu entre les mains un costume d'homme des années 50 ne peut pas comprendre.
Comme une recette de cuisine, chaque tailleur avait ses secrets, la grandeur du point, la coupe de l'entoilage, les fournitures


Ce n'était certes pas mieux avant c'était différent. Mais tout de même le savoir- faire de ces artisans découlait d'un long apprentissage, et ces faiseurs étaient  des artistes, ils savaient construire une veste, choisir la bonne étoffe, adapter  la forme à la morphologie du client. C'était un métier.
 Jusqu'au vocabulaire qui change,  se vêtir ou s'habiller versus se saper ou se fringuer...
  Ne croyez pas que je sois passéiste, je suis plutôt perfectionniste.

Quand c'est trop, c'est TROPICAL

Je sais cette phrase tirée d'une publicité pour une boisson française sucrée date un peu, bien qu'aujourd'hui   la marque Tropico  fait la une de l'actualité économique , puisqu'elle a été rachetée par le géant du soda "coca-cola" en septembre 2018. C'est grâce à cette soudaine mise en lumière que j'ai fait le rapprochement entre  Le tropical et le tropico. Tiré par les cheveux? Non je dirais tiré à quatre épingles, british style of course. Tropico était du pur années 80 et c'est précisément ce qui nous amène à ce tissu nommé tropical.
Les britanniques expatriés dans leurs colonies situées dans les zones tropicales s'habillaient pour dîner,  lorsqu'ils le pouvaient,  afin de maintenir la tradition et de se sentir proche du pays. On imagine que le climat chaud et humide inciterait  à faire tailler les vêtements dans des cotonnades ou du lin. Mais les britanniques sont intraitables lorsqu'il s'agit de faire bonne figure. Le tropical lainage léger était alors la référence pour les costumes masculins. Infroissable, léger, de belle tenue,  il rendait le costume supportable sous toutes les latitudes.
 En fait le tropical vous ne le trouverez plus dans les boutiques de tissu. En effet c'est l'ancêtre du tonic des années 80, de la cool wool qui vient quelques décennies plus tard et des désormais classiques  super 100,120, 150 etc..
De plus en plus de légèreté voilà la demande d'une clientèle masculine désireuse d'associer élégance et confort.
C'était un tissu en laine peignée à deux brins sur-tordus Il était commercialisé en.uni, prince de galles ou chiné. La fraîcheur de cette étoffe était étonnante. J'utilise l'imparfait puisque le tropical ne se fabrique plus. Afin d'accroître le lustre il y eu un tropical mohair /mérinos. Ce dernier connu un grand succès. Les fabricants continuèrent à innover proposant des draperies comme le fresco. Ce dernier, était tissé avec un fil de laine à trois brins, donc un peu plus lourd que le tropical mais plus léger que la plupart des articles classiques.

mardi 25 septembre 2018

De fil en aiguille... une histoire de l'aiguille

Bonjour à tous, voilà une nouvelle saison qui s'annonce, et c'est avec un grand plaisir que je je me remets à l'ouvrage un temps délaissé pour cause de voyages...Merci à vous qui me suivez malgré ces absences.
L'aiguille vous connaissez   mais ce petit morceau de métal allongé et troué à son extrémité arrondue a une longue histoire que vous allez découvrir dans ce post
Des objets ressemblant à nos aiguilles furent  retrouvées dans des fouilles de sites préhistoriques en Amérique du Sud ; il s'agissait d'épines d'origines végétales, généralement les piquants des cactus. Mais dans d'autres régions du globe pour assembler des morceaux de peaux on utilisait des os très effilés, des piquants de porc-epic, des silex bien taillés ou encore des morceaux de bois. Bien sûr ces "outils" étaient rudimentaires ils ne comportaient généralement pas de chas, et on utilisait aucun fil, ils avaient pour mission de percer les peaux. Ensuite les morceaux étaient assemblés par laçage. Cependant en 2016 lors de fouilles entreprises sur le site de Denisova en Sibérie les archéologues découvrirent une aiguille à chas, taillée dans un os d'oiseau. Cette découverte témoigne de l'agilité des hommes préhistorique puisque cet outil  aurait plus de 45 000 ans c'est à dire du paléolitique du grec palaios = ancien et lithos = pierre
Ce n'est qu'à l'age du bronze c'est à dire entre -2200-800 que les aiguilles sont  trouées en leur centre afin de permettre le passage d'un fil. Cet orifice est le chas, mot dont l'étymologie ne nous apprend pas grand chose  en anglais le mot qui désigne ce trou situé à l'extrémité non pointue de l'aiguille est plus simple c'est tout simplement l'œil de l'aiguille.
Au Moyen Age les premières aiguilles fabriquées en métal ressemblaient d'avantage à des clous troués, nous sommes loin de la finesse de l'aiguille de Dénisova
Dans la région de Tolède en Espagne dès le XIe siècle les maures fabriquent des aiguilles à chas non pas pour la couture, mais pour effectuer des actes chirurgicaux notamment pour les points de suture. Au XVe siècle  ils quittent l'Espagne, non sans avoir transmis leur savoir faire sur l'art et la manière de travailler le fer et le cuivre aux artisans locaux. Des gisements importants se trouvant  à proximité de la ville permettent l'approvisionnement  d'une manufacture d'armes.  Vers 1500  les artisans commencent à fabriquer de belles aiguilles en acier poli.
Cet objet restera jusqu'au XIXe siècle un article de luxe dont il fallait prendre grand soin. Elles devaient rester lisse et pointues et les couturières avaient à leur disposition un pierre pour les aiguiser et un morceau de toile émeri pour les polir et retirer d'éventuelles tâches de rouille. Conserver les aiguilles piquées dans un morceau de flanelle empêche l'oxydation du métal, un truc de grand-mère  qui marche bien.
L'industrialisation de la fabrication des aiguille débute au XIXe siècle, les grands centres se trouvent alors  en Allemagne et en Angleterre  à  Redditch. L'usine Smith & Son produit des aiguilles à coudre de qualité depuis 1835 Les productions sont  importantes et alimentent l'Europe La rareté de cet objet est vite oubliée et l'aiguille demeure un objet utile mais devient commun. La perforation automatique  permet d'accroitre la production et de baisser le prix de revient Notez que les progrès réalisés dans  fabrication industrielle des aiguilles vont permettre de développer  un autre outils indispensable aux couturières  l'épingle. En France en 1868  Benjamin Bohin un industriel normand décide de mettre fin au monopole anglo-saxon Il fera venir du laiton et du fer de Franche Comté car la qualité du fer normand pourtant en quantité dans la région  ne convient pas à la fabrication des aiguilles. En 1906 c'est dans l'usine Bohin de Saint Sulpice sur Risle  que la première machine à fabriquer  en continu un aiguille est  utilisée.
Les variétés des aiguilles sont nombreuses, permettant ainsi de s'adapter aux différentes matières. Cuir, soie, jersey, toiles Les numéros désignent leur diamètre et leur longueur  Plus le chiffre est grand plus l'aiguille est fine et courte, plus le numéro est petit plus l'aiguille est grosse et longue. Les numéro vont de 1 à 12
Je vous confie encore un autre truc de grand-mère qui fonctionne . Si vous n'avez pas d'enfile aiguille si votre fil est sombre et si le chas est réellement petit, placez l'aiguille au dessus d'une feuille blanche, vous verrez plus aisément le trou et l'enfilage n'en sera que plus aisé. Faites le avec une feuille foncée si le fil est clair
Après ce post , je vous souhaite une belle couture.

vendredi 29 juin 2018

VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE


Un voyage au centre de la terre? Je l'ai fait, je suis allée dans les entrailles de notre planète... Jules Verne l'avait imaginé, moi je l'ai réalisé. 

A quelques kilomètres de Reykjavik, le volcan Thrihnukagigur est le seul endroit dans le monde où l'on peut descendre au coeur de la chambre magmatique. En général quand l'activité d'un volcan cesse, la lave froide reste à l'intérieur du volcan et bouche la cheminée, ou bien il s'effondre sur lui même lorsque la lave se retire ,Ici rien ne s'est passé comme prévu et c'est pourquoi il est possible de descendre dans ce trou béant de plus de 120 m. 

Rien à voir avec les puits creusés dans les mines, la main de l'homme n'est pas intervenue ici, c'est la nature à l'état brut, et une nature brute s'il en est. Les couleurs sont extraordinaires, de véritables œuvres d'art, des tableaux qui pourraient prendre place dans les plus grands musées du monde. Le cuivre offre des nuances d'orangé, le fer des veines gris vert, le souffre jette des particules jaunes qui illuminent les violets et les noirs...

 Une palette magique qu'un artiste peintre aurait eu de la peine à recréer. Je reste incrédule devant cette nature cachée enfouie des siècles durant, une création inhumaine si artistiquement agencée.
Mais avant de descendre le plus difficile c'est d'arriver jusqu'au volcan. Près de trois kilomètres sur un chemin caillouteux, dans le froid, le vent et le brouillard affublé d'un imperméable fluo

.... Une véritable expédition, et sécurité oblige, casque et cordon de sécurité, Mais la magie opère, tout est oublié, un pied "distroy" les mains glacées, le nez rougit, les yeux larmoyants...

 L'exploit il est là j'y suis arrivé .
Je pensais volcan= chaleur or à l'intérieur il faisait froid, j'imaginais me sentir confinée, oppressée, mais non rien de tout cela, la lumière de ces journées sans nuit filtrait tout en haut de ce tunnel vertical et me rassurait, et sur les parois je voyais défiler des tableaux abstraits, figuratifs,

expressionnistes. Des textures apparaissent aussi, des velours par endroit ou la pierre est lisse et brillante, des laines cardées qui grattent lorsque la matière est  ébouriffée par des explosions, tordue par la chaleur , des mousselines transparentes à travers lesquelles suintent des gouttes d'eau et ces bruits assourdis des pas, des paroles échangées entre nous,
tout cela ne fut pas qu'un rêve ce fut une belle expérience pour terminer ce voyage  en Islande  

OVIS ARIES - ISLENSKA SAUÔKINDIN-LOPI WOOL-MOUTON ISLANDAIS

Chose promise chose due. Retour d'Islande je suis en mesure de vous parler des moutons et de cette laine si particuliere la lopi wool
Ovis aries ou moutons islandais, une race de moutons acclimaté au région du nord de l'Europe, trapu, de taille moyenne à queue courte. 

 Ce qui est exceptionnel avec ces animaux c'est leur pureté, car des siècles durant ils n'ont eu aucun contact avec d'autres races de mouton du fait de  l' isolement de ces terres peu accueillantes
.Ces animaux  sont élevés pour leur viande, les islandais les surnomment gigot à pattes et leur laine on pourrait aussi les surnommer lopapeysa, littérrallement "pull en laine" de lopa laine et peysa pull) articles iconiques de cette île depuis le milieu du XXeme siècle, traditionnellement tricotés en rond à la main avec du fil lopi et des motifs autour de l'encolure




les pulls colorés comme celui ci sont destinés aux touristes, les autochtones préfèrent les couleurs naturelles entre le gris, le noir le beige et le blanc

En Islande le tricot fait partie de la vie quotidienne. Chacun ou presque tricote ou à tricoté, homme femme ou enfant. Jadis c'était un moyen de se vêtir en utilisant la production de laine locale, aujourd'hui c'est devenu une "industrie". Les machines sont évidemment mises à contribution, car s'il y a plus de moutons que d'habitants, il y a bien plus de produits tricotés que pourrait en fournir la population. Cependant dans les campagnes dans les bourgs et les bourgades, l'hiver est long, les jours sont courts et les nuits sans fin ou presque alors le tricot demeure une occupation rémunératrice. Les articles bonnets, gants, chaussettes ou pulls q sont pas utilisés par les membres de la famille sont sont vendus dans des boutiques sortes de coopératives. Ils sont mis en commun et un membre de la communauté est chargé de la vente. Chaque article porte une étiquette mentionnant le nom et le prénom de la personne qui l' a tricoté. C'est charmant, authentique mais les modèles sont disons rustiques, peu de choix dans les tailles et à mon grand regret trop grand dans les tailles femmes et trop petit dans les modèles enfants... Je suis donc restée sur ma faim à la fin du voyage. Cependant ma curiostié n'ayant pas été émoussée par le froid, la pluie et les jours sans fin, je me suis demandée ce qui pouvait bien différencier cette laine des autres laines. La réponse est venue d'une vendeuse, qui m'a expliquée la spécificité de la lopi. La toison des moutons islandais comme celle de beaucoup d'animaux vivant dans un climat extrême est double, elle se compose d'un manteau externe le Tog poil long brillant imperméable et solide et d'un sous manteau le Bel ou duvet léger souple et isolant. Ces  deux types de laines sont utilisés à pour des produits différents. Le poil couvrant est plus épais, plus raide il entre dans le tricotage de produits qui réclament à la fois de la solidité et un pouvoir isolant comme les tapis et le feutre,  le duvet, plus fin et plus souple permet la fabrication d'articles qui seront en contact avec la peau, type sous-vêtement
Mais en mélangeant le Tog et le Bel, le poil et le duvet on obtient le lopi. 
Au toucher le brin est hirsute, il n'a pas la douceur d'un cachemire et  l'association du tog et du bel est visible, l'ensemble est peut être léger si la maille est aérée ou bien plus dense comme pour les plaids, articles industriels tricotés à la machine 

Cette laine étonnante pleine de qualités n'a cependant pas la douceur de la laine du Qiviut que j'ai trouvée au Groenland. 

Touriste consciencieuse et vigilante je me dois de dévoiler un point qui me met en colère et qui malheureusement se retrouve sur tous les continents : le tourisme est une manne,  les touristes des cibles faciles à duper  en leur proposant des articles sans intérêt ;  les rayon des  magasins des grandes villes comme des petites villes proposent des articles en maille d'aspect laineux, mais lorsque l'étiquette de composition porte la mention polyester ou polyester and wool c'est se moquer du monde en tous cas des clients potentiels. C'est vraiment dommageable pour l'image d'un peuple qui vit dans un pays où la laine matière première naturelle de qualité est à portée de main, dans un pays où l'on apprend dès le plus jeune âge à respecter l'environnement, dans un pays où la nature dompte les hommes. 

mardi 12 juin 2018

LA LOPI WOOL

Mon prochain voyage, c'est l'Islande... les volcans, les geysers et bien entendu le lopapeysa en lopi wool, la magnifique laine des moutons islandais. Alors à bientôt pour en savoir plus sur le lopapeysa