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mardi 26 avril 2016

N°2 LA MODE : UN ETAT DES LIEUX


RETOUR VERS LE FUTUR

Reprendre les vieilles recettes, c'est se cacher dans les jupes de notre passé. Ce manque d'inspiration est désolant. Posons nous la question du succès des friperies.  Lorsque l'on circule dans les rayons des grands magasins les baby boomer  ont vraiment l'impression de retrouver leur  vestiaire de jeunesse ...  j'ai conservé quelques vêtements de mes 20 ans,  pour le fun pour des soirées déguisées, mais je crois que  si ma  petite fille les portait aujourd'hui dans la rue, elle ne serait pas démodée. Les rayons des dépôts d'Emmaus rivalisent avec ceux des magasins  traditionnels
collection Monnoprix  début avril 2016. 
Pourquoi chercher dans les souvenirs alors qu'on devrait se tourner résolument vers le futur?

Est ce par désir de revivre une période heureuse, insouciante celle des "30 glorieuses"que les industriels veulent transmettre à nos enfants et petits enfants? Le flower power, même revu et corrigé n'est  que factice  dans les défilés des grands  noms de la couture...On voudrait y croire, mais voilà c'est du surcyclage, tout au plus de la customisation sans spontanéité ni émotion bref sans sentiment. Si l'on fait un parallèle avec l'alimentation la mode aujourd'hui c'est comme un produit surgelé,  n'a pas la saveur d'un produit frais.

 ELLE du 27 mars 2016
Cette saison, les jeunes filles se sapent comme des grands-mères et les octogénaires deviennent icônes du style. Décryptage d’une tendance transgénérationnelle
PRECURSEURS ET SUIVEURS
Nous vivons dans un monde où l'apparence compte, mais l'espace de liberté n'est qu'illusoire pour les adeptes de la mode. Il faut avoir la volonté d'aller à contre courant de la tendance, oser détourner des diktats au risque d 'être mis au ban d'un groupe, imposer sa personnalité à travers le vêtement, trouver son style et le conserver ce n'est pas jouer la facilité. Dans l'histoire de la mode, quelques  fortes personnalités ont pu exprimer à travers le vêtement le peu de cas qu'elles faisaient de la mode ou bien conscientes de leur pouvoir elles sont devenues des lanceurs de modes

Quand l'audace des uns devient le quotidien des autres


Picasso en 52


    

Pub pour Petit bateau 2016









 LE COSTUME TRADITIONNEL EN PASSE DE DEVINIR UNE PIECE DE MUSEE

Au niveau de l'habillement et de l'alimentation la mondialisation est un phénomène qui   qui uniformise le style, qui gomme les différences, mais elle permet aussi à un grand nombre de terriens de se vêtir plus facilement
 Les grandes enseignes qui se partagent  le marché au niveau planétaire lancent des collections qui bousculent les  codes et les traditions. 
La présence d'Uniqlo, de H et M ou de Zara de Pékin à Strasbourg, la possibilité de faire ses achats sur internet avec livraison à domicile,tout cela facilite le commerce et les échanges mais modifie l'équilibre des  habitudes vestimentaires. Le costume traditionnel se transforme en habit folklorique revêtu pour les fêtes ou pour faire plaisir aux touristes. Il sent la naphtaline. L'authenticité n'est plus à l'ordre du jour. La transmission d'un certain patrimoine culturel est remise en question  
des costumes  de pacotille juste  pour la photo avec les touristes : à Salvador da Bahia Brésil

LE CHAMBOULEMENT
 C'est un gâchis monumental. Le jean  et les baskets sont ils responsables de tout? Non bien sûr c'est une question de priorité et de comportement individuelle. La liberté de choisir son vêtement autorise le mélange des genres, mais attention à la  perte de repères. Bottes en été, pulls en coton et viscose dans les collections d'hiver, blouses en polyester pour le printemps...

Les vases communicants est un phénomène qui touche l'univers de la mode.
Le costume ethnique que les uns délaissent  au profit de l'uniforme occidental jean, baskets et t-shirt, les autres le reprennent au nom d'une certaine éthique.
Mais si l'erreur est humaine, ici elle est d'abord culturelle. L'adoption  d'une tradition  vestimentaire sans ces racines, sans le mode d'emploi c'est un détournement sans âme  Alors qu'a l'origine l'usage de certains codes vestimentaires revêtaient un sens quasi sacré.  Le tourisme à désacralisé bien des traditions.

L'HABIT UN PASSEUR DE TRADITIONS
Un produit local à besoin de  son écrin pour briller s'il est déplacé de son contexte  il perd son pouvoir de séduction. 

Il en va de même pour un vêtement.  Un écossais peut porter un quilt (avec ou sans caleçon) en ville avec une certaine élégance, le même article porté par un gallois devient ridicule. Les costumes  sont des coutumes, des habitudes, et quand ils changent de main ils s'adaptent avec difficultés. 

Je fais souvent le parallèle entre vêtement et alimentation et cette fois encore je trouve une certaine cohérence ou plutôt incohérence  qui colle avec le sujet traité

Les tramezzini dégustés à Venise n'auront jamais la même saveur que des tramezzini trouvés à Paris. Un sombrero à du charme à Mexico, il paraitrait déplacé sur la croisette, et pourtant il protège du soleil dans les deux cas. Pour concocter une bonne collection il faut de bon ingrédiens, et surtout un bon timing, ni trop en avance ni trop en retard, être au bon endroit au bon moment.


Les habits des uns deviennent "hits" pour d'autres, mais généralement ils sont livrés vide de sens. Combien de fois avez vous rapporter en souvenir d'un voyage un vêtement ethnique que vous n'avez jamais remis une fois rentré chez vous? Il servira un jour pour une soirée costumée. C'est une belle idée, organiser un bal costumé dont le thème serait :" habillez vous avec vos souvenirs de voyages...!" 


On frise le ridicule,  mais c'est voulu Dominique Lavanant dans Les bronzés
un habit d'emprunt



`` 
       l'emprunteur et l'emprunté : toute la différence

De Timphu à Otavalo, on remarque la similitude des  tenues vestimentaires.
Au Bouthan, dans la région de Timphu le jean pour le touriste et pour l'autochtone 

Sur le marché d'Otavalo en Equateur,  le jean est l'uniforme moderne  
Quelques exceptions confirment la règle, mais elles sont de plus en plus rares
Une famille indienne en 1998
en costume traditionnel 
Des parisiens en habits du dimanche 2007


Deux jeunes filles japonaises en promenade
en 2010




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