degillestissus@free.fr

Messages les plus consultés

profil

profil
mes tissus

vendredi 29 août 2014

LA CIGALINE

A PEINE UN SOUPIR
Ne vous attendez pas à entendre chanter les cigales en taillant une robe dans un métrage de cigaline.  Pour les plus attentifs, en froissant un morceau de cette étoffe du bout des doigts il est possible de percevoir  un léger bruissement, tel un crissement semblable à un soupir qui s'éteint dès que l'étreinte cesse et que la cigaline retrouve sa liberté.

QUAND LES FIBRES CHIMIQUES ENTRERENT DANS LES COLLECTIONS HAUTE-COUTURE
Dans les années cinquante, les grands noms de la haute couture furent d'une audace extrême en faisant entrer dans leur collection une étoffe en fibre synthétique. Dior et Balenciaga adoptèrent cette étoffe créée par la maison lyonnaise Bucol. Un ovni dans la cour des grands couturiers, et puis avec le temps l'emploi de fibres chimiques s'est banalisé. L'exception est peut être aujourd'hui l'utilisation de fibres naturelles parce que dans les défilés Haute Couture, les fibres synthétiques sont toujours présentes et, à mon avis, peut être un peu trop au dépend des fibres naturelles. Bien sûr, ici je joue perso et bien que je reconnaisse un talent fou aux fibres chimiques, j'aime avec passion les fibres naturelles.

LA CIGALE ET LE TISSU
Un voile de nylon cloqué, une mousseline reliefée, un tissu à la fois léger et aérien doté d'une structure gaufrée qui autorise des formes construites. La technique se rapproche de celle du seersucker : le tissage est obtenu avec des fils de nylon de retrait différents.



Une page de publicité pour la cigaline de Bucol dans les années 60
La cigaline se différencie d'une mousseline de soie par une présence plus forte, un maintien à la fois arachnéen et une illusion colorée. Difficile à décrire parce qu'elle ne ressemble à rien d'autre. Les premiers tissus chimiques n'avaient pour but ultime que de coller au plus près de la réalité, voire de la dépasser. On touche ici à la perfection. Aller plus loin est possible aujourd'hui ; on n'imite plus, on crée, on surcrée, on dépasse le rêve, on s'éloigne, on s'enfonce dans un monde technique… Mais laissons un peu de place à la poésie textile, aux infimes imperfections que les machines gomment à jamais. Un tissu hésitant, une étoffe avec quelques goutes d'humanité est-ce encore possible? Oui, si tel est le désir des consommateurs.

UN JOLI SOUVENIR
 Devenu un collector, ce tissu n'est plus fabriqué. Malgré son délicieux nom, il ne nous  reste que son souvenir et encore... On peut encore trouver sur le marché textile des nylons cloqués mais ils n'ont pas cette finesse, cette subtilité dans les coloris qui firent le succès de la cigaline. Chez De Gilles il reste encore quelques mètres de cette première mouture. Un jaune tirant sur le vert, mais pas vert anis ni jaune citron, non, une couleur sortie d'une palette de peintre, un fantôme de pantone....

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire