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vendredi 1 avril 2016


CUISINE ET INDEPENDANCE
 Les nouvelles tendances culinaires redonnent vie aux légumes oubliés. Les grands chefs étoilés ne sont plus les seuls à proposer des potages de topinambours ou des mousses de rutabagas. L'univers culinaire citadin s'enrichit avec l'apparition de la bistronomie, contraction entre bistro et gastronomie. Ces établissements proposent une cuisine que les amateurs d'aventures culinaires et de mélanges des genres prennent plaisir à déguster avec, en prime, une addition modérée.

TENDANCES :  MOI MOCHE MAIS DELICIEUSE
Certains maraîchers se sont engouffrés dans cette aventure de la slow culture, plus authentique, plus proche du consommateur, moins productive mais tellement plus goûteuse. Ils "élèvent" avec passion des légumes hors normes : les tomates ne sont plus calibrées, les carottes ne sont plus lavées mais vendues "sablées", les concombres tordus sont les bienvenus.

 Le but est de manger des produits récoltés au bon moment,  qui ont le juste goût,  à la bonne saison et avec un circuit court. 
J'ai eu le plaisir de rencontrer monsieur Asafumi Yamashita et de visiter  en sa compagnie un potager de rêve.  A l'écart de Paris, dans un coin de campagne des Yvelines, il fait sortir de terre des produits magnifiques extérieurement et intérieurement .

Pour chaque légume, il a une attention particulière : un regard bienveillant sur la floraison de son cerisier, il semblait comblé par la belle couleur que prennent les courgettes, s'inquiétait de la présence d'une chenille sur les feuilles de ses petits pois. Il a l'œil, rien ne lui échappe, c'est son métier et il le fait bien. Monsieur Yamashita ne cultive pas n'importe quoi pour n'importe qui. Ses productions alimentent les plus belles tables parisiennes. Loin de la ville, il cultive son jardin avec passion et savoir faire. Une émotion comme la sienne se transmet aussi dans le produit. La dégustation qui suivit mit mes papilles gustatives en émoi. Un simple morceau de carottes craquant sous la dent développait un arôme délicat, une feuille de salade se révélait être un morceau de bravoure et son fameux navet juteux et savoureux, exquis comme un bonbon. La saveur sucrée et tendre des petits pois, je l'avais oubliée. Et si tout cela n'était pas qu'un rêve ! Pas du tout. L'aventure de cet homme est bien réelle. Pour moi, la tomate ou le navet de ce maître artisan maraîcher, qui fait du sur mesure, du cultivé main, des pièces quasiment uniques, quelques dizaines de navets tout au plus et quelques unités de melon, est l'équivalent de vêtements Haute Couture. Alors, sacrilège ou pas, Monsieur Yamashita pourrait- il être un "Grand Maraîcher" comme Monsieur Dior fut un Grand couturier ?
Soutenir l'artisanat, c'est permettre la transmission d'un savoir faire magnifique que l'on trouve dans tous les domaines et sur tous les continents.

ETOFFES NON FORMATEES
Pour moi, la frontière entre la consommation des aliments et celle des articles textiles est à peine perceptible. Je ne mangerai pas tous les jours un pull en cachemire ou un pantalon en coton, je ne m'habillerai pas davantage avec une laitue pour jupe ou une robe en chocolat ; l'enjeu est plus sérieux que cela.
Remettre en scène les fibres naturelles délaissées au profit des fibres chimiques n'est pas vouloir supprimer le progrès mais diminuer les effets nocifs de la mondialisation. Il est possible d'établir une cohabitation entre la nature et la technique ! Saviez-vous que les fibres végétales ou animales sont bien plus complexes que bon nombre de fibres chimiques ? 

fibre de laine


A DEUX PAS DE CHEZ NOUS

Bio ou pas, les fibres végétales ou animales sont à bien des égards parfaitement adaptées au climat dans lequel elles se développent. Autrement dit, porter du coton en Alaska ou du polyester à Madagascar c'est comme manger des cerises du Chili à Paris au mois de novembre. Si l'homme voulait faire un petit effort et réfléchir avant de consommer, ce serait un immense progrès. Vivre en osmose avec  les saisons, s'alimenter  avec intelligence et en pleine conscience, se vêtir au moins au quotidien avec des produits mieux adaptés au climat et à la morphologie de chacun.
  
Cherchez l'erreur : robe d'été et bottes en cuir !

DIVERSIFIER LES PRODUITS
Si aujourd'hui le consommateur aime la diversité, s'il recherche le goût véritable, s'il privilégie l'authentique dans l'alimentation, pourquoi passer sous silence nos racines textiles ancestrales. Un retour aux fibres naturelles délaissées, insoupçonnées ? Une quête improbable ? Peut être pas ! Le mélange des genres est aussi bénéfique en matière de textile.



L'originalité d'un vêtement tient non seulement à la forme, mais aussi à la matière ce que l'industrie oublie trop souvent. Une aubaine pour les boutiques qui commercialisent des articles textiles hors normes et un formidable avenir pour les artisans qui travaillent des tissus que l'industrie délaisse.

DECRYPTAGE
Les mots perdent de leur puissance. Ce qui était vieux devient ancien, ce qui est millésimé est désormais baptisé vintage. 

Ce terme fourre tout désigne aussi bien un objet de décoration, une voiture de collection, un bijou  ou  un vêtement.
Bien que ce terme soit plus vendeur que fripe, en ce qui concerne les articles textiles, n'est pas vintage qui veut. 

A SUIVRE

LA POSSIBILITE D'UNE FIBRE : L 'ERIOPHORUM VAGINATUM, LA TOURBE, L'HINOKI, L'APOCYNE......

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