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dimanche 31 mai 2015

N°1 LA MODE : DEUX OU TROIS CHOSES QUE JE SAIS D'ELLE

UN, DEUX, TROIS...
La doudoune, un cocon protecteur ; les crocs®, des sabots magiques dont le confort est, paraît-il, fabuleux ; les UGG® pour les pieds frileux : trois articles qui reflètent un certain art de vivre ou de survivre au XXIème siècle.

HIER L'HOMME A MARCHE SUR LA LUNE ,  AUJOURD'HUI IL MARCHE SUR LA TÊTE !
Depuis des siècles, le non-sens règne en maître dans l'univers vestimentaire. Aujourd'hui comme hier, les lanceurs de mode frisent souvent le ridicule, mais pas autant que ceux qui relèvent ces défis et qui, volontairement, s'accoutrent de la sorte. Jadis taxés d'excentriques, ils étaient avant-gardistes ou réactionnaires, aujourd'hui on ne les remarque plus. Des incongruités manifestes bousculent les codes vestimentaires. L'expression populaire triviale "cul par dessus chemise" est assez juste pour qualifier le manque de discernement des aficionados de la mode. Le bon sens est soumis à bien des tortures.  Il suffit de jeter un coup d'œil autour de vous pour avoir la réponse.

MODE ET SAISON : LA RUPTURE
Une constatation m'est apparue un matin où j'étais installée à une terrasse de café sur les champs Elysées. Impossible de deviner la saison en regardant simplement les gens dans la rue. Les silhouettes sont parfois très couvertes tantôt pas suffisamment, le bermuda côtoie le pantalon, la chemisette, la doudoune, les crocs®, les UGG®.  
Il semblerait que l'homme soit insensible au climat, ou plutôt que la mode soit en rupture totale avec les saisons.

JAMAIS SANS MON SAC (à dos, en bandoulière ou à main).
Les variations climatiques sont si nombreuses qu'on peut sortir le matin en robe bain de soleil et avoir besoin à midi de s'acheter un gros pull pour ne pas geler sur place. Sinon, il y a ce que jadis on nommait le baise-en-ville. Il contient le nécessaire pour survivre en milieu urbain une journée si ce n'est une nuit à savoir : produits de beauté, boisson, vêtements, chaussures…

 SOUS LES PAVES LA PLAGE OU SON SOUVENIR ?
Certes les vacances peuvent se prolonger simplement avec le style vestimentaire, mais faut-il à tout prix  emporter le souvenir du sable chaud en glissant ses pieds dans ses crocs pour parcourir les rue asphaltées de nos villes ? Est-il raisonnable de transporter sa doudoune au fond de son sac  en toute saison, simplement au cas où, Porter des bottines en peau de mouton et un short est-il  esthétiquement compatible?

LA DOUDOUNE
En doudoune quatre saisons, avec ou sans manches, avec ou sans capuches  il n'en demeure pas moins que ce vêtement fut à l'origine une idée de montagnards ...
LES CROCS®
En crocs ® sur l'asphalte alors qu'elles furent crées pour circuler sur les bateaux de plaisance
LES UGG®
Les UGG originellement fabriquées pour réchauffer les pieds des surfers australiens 
 "Il n'y a plus de saison ma bonne dame depuis qu'ils ont envoyé des spoutniks dans l'espace !"
Cette idée à fait flores dans les années 60, mais aujourd'hui, s'il n'y a plus de saison dans la mode, c'est justement à cause de la mode.


 LES SECRETS DE TROIS PIECES A SUCCES

Aussi curieux que cela puisse paraître, ces réussites commerciales ne furent pas programmées, elles tiennent souvent du hasard, parfois de rencontres fortuites, de  la confrontation d'un groupe d'individus à des conditions économiques périlleuses,  quelque fois l'idée vient de l'implication d'ingénieux bricoleurs. Pour mener ces projets  à bien,  on note la présence de  fortes personnalités souvent étrangères au monde de la mode.
Ce qui est certain c'est que des hommes et des femmes se sont lancés dans des aventures, ils  ont osé, parfois par obligations parfois volontairement, et  sont sortis vainqueur. Pour ces trois produits devenus des  icônes combien sont restés dans l'ombre à l'état de projet, combien de prototypes oubliés , combien de brevets  jamais  exploités, combien de désillusion, de deception, sans doute plus que de réussites?
Ces trois articles indispensables au vestiaire de toute personne désireuse de suivre les tendances du moment sont des succès commerciaux mondiaux, et pourtant, qui connait leur véritable histoire ? Après avoir lu ce post vous pourrez dire : "Moi je sais".

LA DOUDOUNE : UN VETEMENT FONCTIONNEL MAIS PAS SEULEMENT
Un produit phare universel, un must have des années 2000. Incontournable des collections automne/hiver, bien que présent dans les collections printemps/été. Et pourtant au départ ce vêtement court, matelassé, chaud et léger fut imaginé par des montagnards.
Il me semble qu'en 2015, la doudoune est devenue un produit de première nécessité au même titre que le portable ou la tablette. Ce sont des articles nomades, ils nous accompagnent partout, comme le doudou de notre enfance.
La doudoune nous sécurise, nous protège, nous infantilise ; c'est un contact virtuel avec le vrai monde. 
La doudoune se roule en boule au fond du sac à main ou de voyage, d'ailleurs ne sont-elles pas vendues bien pliées dans un petit pochon en nylon. 


Le croquis est une invitation à l'art de l'origami, mais pour les non initiés quelle épreuve ! Pour ma part, je constate que, généralement, ma doudoune encore humide se retrouve en boule et rarement pliée comme il faudrait dans cette enveloppe. Manque de temps, de savoir faire ou de patience.
Sa présence nous assure une protection en cas de coup de vent ou d'averse imprévue.

JAMAIS SANS MA DOUDOUNE : UN PHENOMENE DE SOCIETE
 La doudoune en voyage c'est-à-dire en dehors de chez soi, c'est un "au cas où". Autrefois, ce "au cas où" était constitué par le minuscule parapluie pliant qui avait toujours sa place au fond de notre sac ou dans une poche "au cas où" il pleuvrait. Mini parapluie, petit blouson. Notre univers devient compact,  les voitures citadines rétrécissent, les cafés se font ristretto, les légumes version mini ont un franc succès, les studios deviennent des studettes... Question d'habitude ! Alors oui, la doudoune est désormais un vêtement quatre saisons. La mode à ses raisons que la raison ne connait pas.


On peut légitimement s'étonner de cette addiction à une doudoune. Les industriels ont trouvé une solution judicieuse. Les heureux possesseurs d'une doudoune en hiver virent d'un mauvais oeil arriver l'été qui les obligent à ranger leur doudoune. Ils sont  dépendants de cet accessoire. Le marketing d'une efficacité redoutable imagine des modèles saisonniers. A prix identique, on vous en donne moins l'été mais qu'importe ! On peut  conserver cette protection douillette quelque soit le climat.
Demandez le menu : l'hivernale dans les tonalités sombres avec la capuche et un grand pourcentage de duvet qui transforme une silhouette sylphide en bibendum plus ou moins rembourrée de duvet naturel ou synthétique avec une forme cintrée, ou pas de forme du tout, mais qui devient le hip pour les citadins branchés.
L'estivale avec ses couleurs nacrées, fruitées, sans manches, sans col, presque sans rembourrage, qui remplace l'étole l'élégance en moins. 
Une version light ; en somme un substitut à la manière du vapoteur pour les fumeurs : on garde l'idée mais vidée de sa substance.
Le client est toujours responsable quoique pas coupable. Responsable d'acheter, responsable de porter. Son addiction est confortée par un marketing très poussé. On ne peut plus se passer du light. On voyage light le poids des valises étant restreint, on mange light pour garder la ligne, on s'habille light parce que c'est plus confortable mais, en contre partie, cet allègement à tout va se paie plus cher.
C'est absurde mais c'est la mode ! On peut relativiser les choses, essayer de comprendre ces mouvements, mais il est parfois des subtilités qui me dépassent.

POUR LA PETITE HISTOIRE
Au début fut l'anorak dont le nom vient de anoré qui signifie vent en inuit. La parka a la même origine. A la différence des doudounes que nous connaissons, anorak ou parka étaient fabriqués avec les produits locaux, c'est-à-dire en peau et en fourrure. Leur poids étaient un handicap mais ces vêtements permettaient aux hommes de survivre dans des régions très inhospitalières.
Les chinois, depuis des siècles, rembourraient leurs vestes, non pas de duvet mais de déchets de soie ou laine, pour vaincre le froid hivernale. 

En Uzbekistan, les artisans perpétuent cette technique : rembourrage avec des déchets de soie, de laine ou de coton entre deux épaisseurs de tissus. Ikat de soie sur l'endroit, toile de coton sur l'envers. Je vous assure qu'avec ce vêtement vous pourrez affronter des températures négatives sans soucis. Des matières naturelles et, en plus, un vêtement qui n'est pas formaté.



Des montagnards sont à l'origine de ce vêtement léger, douillet, gonflant, matelassé que nous nommons doudoune. Son invention est revendiquée par la France, l'Australie et les USA mais tous sont d'accords pour dire que c'est le duvet qui servit de rembourrage lors des premiers essais.

Commençons par l'ordre chronologique
En Australie

  1920 Finch dans une doudoune rudimentaire, mais avec un potentiel thermique exploitable

 Les australiens peuvent revendiquer la primeur de la doudoune version artisanale, puisque c'est un australien George Ingle Finch qui eut l'idée de fabriquer un vêtement similaire à sa couette. Il voulait avoir aussi chaud dehors que dans sa maison. Alors, il entreprit de fabriquer un manteau/couette. Il récupéra le rembourrage de sa couette qu'il glissa dans sa veste en coton entre la doublure et le tissu. Pas vraiment esthétique, mais idéal pour affronter les températures polaires.
En 1922, vêtu de ce manteau hors norme, il fit partie de l'équipe qui  tenta l'escalade du mont Everest. La première tentative échoua à 8000 mètres. Bien que le sommet ne fut pas vaincu par les membres de cette expédition, ils sont entrés dans le livre des records puisqu'il furent les premiers à atteindre cette altitude. Monsieur Finch ne fera pas carrière dans l'industrie textile, mais son nom reste tout de même lié à cette innovation vestimentaire.



A SUIVRE

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