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dimanche 31 mai 2015

N°2 LA MODE : DEUX OU TROIS CHOSES QUE JE SAIS D'ELLE

La doudoune aux USA 
En 1947, Klaus Obermeyer, un bavarois installé à Aspen dans le Colorado eut l'idée de transformer un simple blouson en une doudoune. Moniteur de ski, il réalisa que ses clients passeraient plus de temps sur les pistes si leurs vêtements étaient plus chauds. Il avait à sa disposition une couette remplie de duvet d'oie, que sa mère très prévoyante avait mis dans ses bagages lorsqu'il quitta l'Europe. Il tailla donc très sommairement un vêtement dans cette couette.  
Le modèle n'avait rien de séduisant,  la silhouette était bouffie, gonflée, un vrai bonhomme Michelin, mais le vêtement tenait chaud.  Klaus fut le premier utilisateur. Bien sûr il pouvait skier avec un pull en laine et une veste en  tweed comme les autres, mais lorsqu'il fallait descendre, le poids devenait un handicap, les mouvements étaient entravés, et le froid traversait les épaisseurs d'étoffes. Avec son prototype il se sentait libéré, léger, et il ne sentait plus le froid.  Un de ses riches élèves offrit à Klaus de lui acheter sa parka pour  350$ une véritable fortune comparé au prix du  forfait journalier des remontées qui était de 4$. La saison d'hiver terminée  il revint en Europe . Il se rendit à Munich où l' un de ses amis  avait une entreprise de linge de lit (oreiller, édredons..) Il lui exposa son projet : fabriquer des parka en duvet. Il avait économisé suffisamment d'argent pour faire fabriquer 75 pièces. Mais son ami demeura intransigeant, il fabriquait des couettes et des oreillers, faire des parkas ce n'était pas son métier. Klaus emmena son ami boire une bière, ce furent des bières. L'opération fut une réussite, le fabricant accepta l'offre de Klaus, à une condition celui ci  lui fournisse les fermetures à glissières et le bord côte pour les bas de manches. Le résultat était plus élégant que prévu, le vêtement n'avait plus rien du bibendum.



De retour à Aspen  ses 75 doudounes  se vendirent comme des "petits pains" Adopté par de nombreux skieurs de la région,  Obermeyer se voit dans l'obligation d'accélérer la fabrication . Il crée Obermeyer Sports. Dès lors les parkas seront fabriquées industriellement sur le sol américain. C'est ainsi que naquit la légende de la doudoune made in USA. La société  Obermeyer Sports existe toujours,  son fondateur   96 ans  voit avec bonheur prospérer son entreprise . C'est une belle histoire  
  


La doudoune en France
La légende voudrait que ce fut évidement un français qui en eut l'idée. 
La société Moncler, installée depuis 1952 à Monestier de Clermont (d'où le nom Moncler) non loin de Grenoble fabriquait du matériel de camping mais aussi des tentes et des sacs de couchages rembourrés de duvet d'oie. Les ouvriers qui travaillaient dans les ateliers avaient des vestes matelassées rembourrées de duvet d'oie qu'ils portaient sur leur combinaisons de travail lorsqu'il faisait très froid. La société Moncler équipait plusieurs champions de ski et fournissait le matériel nécessaire aux grands exploits sportifs dans les régions froides du globes (ascension des plus hauts sommets, expéditions en Alaska...).

                                 
Lionel Terray, client de la société, remarque les vêtements des ouvriers et imagine une gamme plus large d'articles de protection (gants, combinaison, vestes, pantalons). Sous l'impulsion de Lionel Terray, Moncler décline une collection Moncler pour Lionel Terray® composée d'articles matelassés utilisant évidement le duvet d'oie. La marque, qui équipe les alpinistes, profite commercialement de leurs succès. Des équipes habillées par Moncler  réussissent l'ascension du  K2  8611m,  puis celle du mont Makaru 8481 m situés dans le massif de l'Himalaya.

La doudoune française Moncler, née en 1954, était désormais une sorte de "trésor national" qui avait peut être contribué au succès de ces expéditions. 
1968 et les jeux Olympiques de Grenoble est une aubaine pour la marque qui habille l'équipe de France. Encore un sportif Jean Claude Killy  champion olympique portera haut et fort l'image de Moncler. Mais la route est chaotique pour la société qui n'a pas su saisir l'air du temps de la mode 
 Il y eu cependant encore quelques  succès  commerciaux comme par exemple en 1972 ; la doudoune change de look, elle mincit, elle s'allège, elle se colore, elle se féminise, elle se citadine, et si elle est toujours vendue dans les magasins d'articles de sport, on la trouve également dans les magasins de mode. En nylon brillant  le modèle "népal" est un vrai succès.

C'est une renaissance temporaire pour la société, ce sont les italiens qui rachètent Moncler. La mode version italienne accompagnée positionnement différent épaulée par un marketing intélligent et revoilà la doudoune Moncler mais cette fois dans les rayons des boutiques de luxes. 

ELLE PERD SES MANCHES MAIS SE FORGE UNE  FORTE PERSONNALITE
Les paninari bousculent la mode et les montagnards qui furent à l'origine de ce vêtement seraient bien étonnés de voir les citadins arborer fièrement une doudoune même avec une température bien supérieure à zéro. En effet,  , dans les années 80, les paninari, des fashionistas, sont descendus  sur leur Vespa dans les rues de Milan vêtus de confortables "gilets" en nylon matelassé remplis de duvet d'oie inopportuns dans les avenues milanaises. Et pourtant le succès était au rendez vous.
Il suffit parfois de quelques personnes influentes pour donner le signal d'un "must have". Ce fut le cas de ces jeunes gens prêt à tout pour se faire remarquer. En bousculant les habitudes vestimentaires ces mangeurs de "sandwich" sont entrés dans la légende de la doudoune citadine. Des pentes neigeuses aux avenues embouteillées, la doudoune sans manche portée sur un pull est l'uniforme de ces paninari qui déambulent en scooter dans les rues de Milan. 


Aujourd'hui les doudounes Moncler arborent toujours le logo tricolore représentant un coq stylisé, et deux montagnes qui forme le M de Moncler. Si l'image de la marque reste française,  
.


la société est passée de l'autre coté des Alpes. Elle fut un temps italienne avant de redevenir en partie française en 2015 lorsqu'un fond d'investissement français entra dans le capital . Alors cocorico oui mais en toute discrétion.

 La doudoune Moncler italienne ou franco italienne est devenue un article de luxe. 


LES CROCS® UN OBJET TRANSGRESSIF
Crocs®(crox) est une  marque déposée. La véritable Crocs possède des atouts cachés, que les copies qui inondent le marché international ne proposent pas. De Crocs elles n'ont  qu'une similitude de  forme, parfois de couleur, mais guère plus. 

Des escrocs pour les crocs il y en a beaucoup trop. Attention aux imitations pour enfants, leurs pieds sont encore fragiles et supportent mal les malfaçons. Les finitions laissent à désirer. 


AU DEBUT FUT LE SPA
En 1995 Marie Claude Billy et Andrew Reddyhoff ingénieurs chimistes de formation sont à l'origine de la création d'une matière baptisée Croslite.
Ils ont déposé le brevet d'une technologie baptisée  XL EXTRALIGHT® qui permet de fabriquer des produits par injection de mousse polyoléfine expansée. C'est une matière plastique différentes à bien des égards de ce qui existait sur le marché à cette époque. C'est la création d'un matériau révolutionnaire le Croslite®. Le couple fonde une société la Foam Créations
Le but était de fabriquer des accessoires de spa comme les coussins, des matelas, puis il y eu une diversification vers le nautisme avec la fabrication de   dossiers de kayaks plus souples plus résistants plus confortables que ceux proposés sur le marché. 
Dans les années 2000  Marie Claude et Andrew Reddyhoff sur les conseils d' amis imaginent des sandales  pour la plage et le nautisme à partir de leur matériau fétiche.  Les premiers essais furent  découpés sommairement dans le Croslite. Les prototypes avaient  des formes simples pouvant s'apparenter à une sorte de sabot. 
La production artisanale est un succès,  et devant la demande la fabrication passe à la vitesse supérieure c'est à dire industrielle. Ce produit est  fabriqué et commercialisé dans la région de Quebec uniquement, donc avec un marché somme toute réduit. Ingénieurs chimistes les créateurs de Foam créations ne sont pas des commerciaux émérites, mais il se forcent à rencontrer de potentiel client pour couvrir un territoire plus large. C'est ainsi qu'en 2003 il à l'occasion d'une foire commerciale dans le Colorado, où Reddyhoff expose ses sandales, trois américains Lydon Hanson, Scott Seamans et Georges Boedecker  remarquent les articles en Croslite®. Ils achètent tout le stock. Dans un second temps après avoir testé le produit auprès de leur clientèle et devant le succès des ventes, ils décident d'acheter la compagnie. En 2004 le brevet est racheté par les américains et  Foam Créations devient Crocs Inc.


Le modèle "hype" est baptisé cayman. Le logo est un crocodile… Voici l'origine du nom Crocs.

Après quelques modifications apportées au modèle d'origine, notamment la bride arrière qui maintient le soulier, un investissement dans la communication et une belle campagne marketing, le mythe Crocs était né. Aujourd'hui l'entreprise  CROCS INC est une valeur sûre cotée en bourse.





QU'EST QUE LE CROSLITE® Les véritables Crocs sont en croslite®, une résine qui permet de fabriquer des produits légers et épais, résistants.  Toutes les chaussures de la marque Crocs MC sont fabriquées en Croslite MC une résine à alvéoles fermées, brevet déposé par  Crocs Inc
Le croslite® est un matériau thermo-formable, c'est-à-dire qu'il se déforme sous l'effet de la chaleur. Ainsi avec le temps, votre croc prendra la forme de vos pieds en utilisant la chaleur qu'ils dégagent.
Le confort est assuré car le matériau est également antibactérien. Ce traitement évite le développement des bactéries à l'origine des mauvaises odeurs.

CE QUI FAIT LA DIFFERENCE ENTRE LES CROCS® ET LES CROCS
Le prix bien entendu mais également les performances. Ces sabots furent conçus  pour faire du bateau, marcher sur le pont sans glisser, sans laisser de traces sur le bois humide grâce à la semelle alvéolée. De plus l'épaisseur de la semelle permet de marcher longtemps sur des surfaces irrégulières puisqu'elle absorbe les chocs, un pas de plus vers le confort.  La surface de la chaussure n'est pas trouée fortuitement, ces petits trous ont une utilité : l'eau et l'air peuvent circuler librement dans  ces chaussures portées pieds nus. L'ex président G. Bush commet ici une erreur impardonnable : crocs® et chaussettes sont incompatibles



juste navrant!




 Les Crocs® sabots de luxe devenus emblèmatiques d'une époque. Leur succès  est assurément transgénérationnel et quasi mondial.
s
Une ministre  sur le perron de l'Elysée en Crocs®. Provocation irrévérencieuse mais elles sont si confortable! 



A SUIVRE










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