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lundi 30 juillet 2012

ASBESTOS, AMIENTOS, AMIANTE : BOULEVARD DU CREPUSCULE


POURQUOI CE POST,
Parce que ce sujet me semble sous- traîté, non pas tant dans le domaine textile qui m'occupe généralement mais dans celui de notre imaginaire.
Fibre mystérieuse, magique et toxique, l'amiante est un délicieux poison, un produit enjôleur qui cache son jeu en exécutant des tours de passe-passe.
Objet d'admiration pendant des siècles, objet démoniaque depuis quelques années à cause de la découverte des problèmes de santé liés à son exploitation et à son utilisation industrielle. 


Mais il est presque trop facile de penser que les résultats de ses méfaits sont apparus récemment. En effet, si  Pline l'ancien (1er siècle ) était déjà fasciné par les propriétés des tissus d'amiante, il n'en faut  pas moins affligé par l'état de santé désastreux des esclaves chargés de filer et de tisser l'amiante. Leurs voies respiratoires étaient visiblement affectées par l'inhalation des poussières d'amiante. Cette constatation ne suffit pas à enrayer la maladie ni à stopper la production. La prévention avait encore bien des progrès à faire.
Pline succombera sans doute à cause de sa curiosité scientifique, puisque c'est en allant sur le Vésuve en 79 au moment de l'éruption qu'il sera asphyxié par le gaz sulfureux émis par le volcan.
Il est vrai que les écrits au sujet de l'amiante sont innombrables, les articles pullulent dans les médias, il fait partie des brèves de comptoir mais, que savons-nous exactement à son propos ? En faisant des recherches pour cet article, je me suis rendu compte que, finalement, je découvrais une substance célèbre mais inconnue.


UNE RENCONTRE HORS DU COMMUN
Cette fois-ci,  je vous  propose d'aller à la rencontre d'une matière qui aurait pu se contenter d'émerveiller les enfants, de fasciner les crédules, de susciter les commentaires de savants, d'intriguer les scientifiques, d'être un sujet de conversation de salon. 
Mais voilà, l'homme est davantage mercantile que soucieux des conséquences néfastes de sa conduite. Il a exploité à outrance le filon de l'amiante, jusqu'au désastre.  Soyons magnanimes et imaginons que ne sachant pas que l'inhalation des fibres d'amiante était hautement toxique pour les voies respiratoires, les industriels étaient simplement responsables mais pas coupables. Cependant, maintenant que l'on connaît les tenants et les aboutissants du problème, ceux qui continuent à travers le monde à commercialiser ce poison sont, à la fois, responsables et coupables. 


UN CONSTAT NAVRANT
Le marché de l'amiante a encore de beaux jours devant lui, les pays emmergeants étant demandeurs de matériaux de construction à faible coût. On observe ainsi que la priorité des uns n'est pas toujours celle des autres.
Aujourd'hui en France,  le coût du désamiantage des bâtiments publics et privés est exhorbitant, mais c'est le prix à payer pour les inconséquences de quelques uns.
Bien que des mesures de sécurité "dites" drastiques aient été mises en place dans les gisements miniers, il n'en demeure pas moins que tout danger n'est pas écarté.
Le constat est navrant et toujours le même : l'expérience des uns n'a aucun effet sur celui qui ne veut pas entendre

UNE PIERRE, UNE FIBRE, UN MYSTERE

Un pierre qui à l'aspect du bois, une fibre que ressemble à une chevelure blonde, voilà  une matière que certains ont voulue mystique et que d'autres ont qualifié de mystérieuse.

Le parcours de l'amiante blanc est exceptionnel et son histoire passionnante. On remonte le temps, on traverse le monde, on transcende la matière, on s'immisce dans les travaux des scientifiques, on plonge dans l'univers des encyclopédistes, on découvre le pouvoir extraordinaire de la matiere sur l'homme. J'espère que votre curiosité sera satisfaite en parcourant à grandes enjambées l'existence mallicieuse de l'amiantos.


L'AMIANTE JOUE COLLECTIF
L'Amiante est un terme collectif qui désigne un groupe de minéraux constitués de silicates fibreux incombustibles. On devrait donc dire les amiantes car il existe plusieurs qualités, chacune d'elles ayant ses spécificités

Il existe deux groupes minéralogiques d'amiante :
- le groupe des  roches serpentines qui présente une seule variété, la chrysolite ou amiante blanc, la plus commercialisée dans le monde et la seule utilisée pour le textile.  

Le mot chrysolite vient du grec et signifie cheveux car les fibres sont longues, flexibles,  semblables à des cheveux blancs. Seule cette catégorie d’amiante peut être filée et tissée offrant des débouchés pour l'industrie textile.
- le groupe des amphiboles est largement représenté par l' asbeste un silicates de composition variable. Les quatre autres variétés des amphiboles sont moins courantes.  L'asbeste se distingue par une coloration vert de gris, par des fibres courtes, raides.

Chrysolite ou amphiboles, ces matériaux ont en commun d'être réfractaires, c'est-à-dire insensibles au feu d'un foyer.

QUELQUES GOURMANDISES TECHNIQUES

Les amiantes proviennent de la décomposition de roches métamorphiques.  
L'amiante blanc se présente sous forme de filaments nacrés, longs, blancs et soyeux, alors que l'amiante d'amphibole ou l’asbeste est vert de gris, friable, les fibres plus courtes sont agglomérées.

C'est un minéral filamenteux composé, soit de silicates hydratés de calcium et d'oxyde de fer, soit d'alumine et de chaux. L'extraction et le broyage provoquent de la poussière qui est très nocive pour les voies respiratoires.


LES CHERCHEURS D'AVENIR

Les chercheurs de la NASA ont mis au point une fibre technique qui aurait les mêmes qualités que l'amiante : la fibre de carbone. Bien que son prix de revient soit plus élevé, elle possède des qualités assez similaires à celle de l'amiante. Mais cette similitude a un inconvénient majeur puisqu'elle aussi pourrait être à l'origine de cancers du poumon.


UNE MISE AU POINT
Le mot amiante est, contrairement aux apparences, du genre masculin. Donc, ne voyez pas de faute d'orthographe ou d'accord là où il n'y en aurait pas.

L'AMIANTE, UNE FIBRE PATHOGENE ?
Au début du début, l'eau fut source de la vie, donc bénéfique pour l'homme. Des millénaires plus tard, l'homme décida que l'eau était maléfique alors, plus question de tremper son corps dans ce liquide, encore moins ses vêtements. Enfin, l'homme compris que l'hygiène n'était pas un danger si grand, et l'eau redevint  fréquentable. Entre temps, il y eut une rencontre magique entre l'homme et l'amiante. Le feu, qui longtemps fut purificateur de l'âme, du corps, des choses, des mauvaises pensées, des vilains gestes, des salissures, trouva un adversaire à sa mesure : l'amiante. Pourtant un lien étroit unissait ces deux compères : le feu nettoyait les tissus d'amiante sans passer par l'intermédiaire de l'eau. Dans un combat d’égal à égal, ils étaient tous les deux vainqueurs.
Ce sont les caractéristiques de l'amiante : ininflammabilité, incombustibilité, imputrescibilité, qui firent son succès. Durant des siècles, il fut employé avec parcimonie, par des initiés. Les riches romains possédaient des nappes en amiante, largement utilisées lors de leurs banquets.
Ce n'est qu'à partir du XIXe siècle, avec le développement de l’industrie, que son exploitation à grande échelle débuta. L'extraction, la transformation en fil, en poudre ou en pâte .
Malheureusement, les conséquences néfastes pour la santé des ouvriers qui étaient en contact permanent avec ce produit furent découvertes bien trop tard. Le mal était déjà fait. Ainsi, après la gloire, la catastrophe : le poison de l'un empoisonna l'autre. L'amiante est une fibre dite pathogène, du grec qui signifie "donne naissance à la douleur",  puisqu’elle est à l'origine d'une maladie aujourd'hui reconnue : l'asbestose.
Les problèmes liés à l’amiante sont aujourd’hui bien connus. L'asbestose, cancer des poumons est une maladie qui touche un grand nombre de personnes ayant été en contact direct avec de l'amiante, ou ayant travaillé dans une atmosphère chargée de poussière d'amiante. 
Si le danger est permanent sur les sites d'exploitation, il se manifeste plus insidieusement avec les produits finis. En effet  lorsque la matière vieillit,( panneaux isolants, plafonds, tissus...) elle s'effrite libérant dans l'air des particules minuscules 
Cet air vicié lorsqu'il est  inhalé peut provoquer des maladies au niveau des voies respiratoires. Cependant la maladie ne se déclare pas immédiatement et parfois c'est 40 ans après avoir été exposé à l'amiante qu'une personne peut développer la maladie. 

MIRACLE, MAGIE ET SORCELLERIE OU PHYSIQUE /CHIMIE?
Parce que  l'on ne peut pas passer son temps à se demander comment font les magiciens pour réussir leur tour, on accepte sans comprendre bien des choses.
Des siècles durant, l'amiante fut considéré comme un produit miraculeux parce que, comme souvent, la réalité dépasse la fiction, les peuples n'y virent que du feu!
Les sorciers étaient les magiciens des temps anciens. Les populations prenaient pour de la magie, voire des miracles, ce qui s'expliquait par des propriétés physiques et chimiques spécifiques.
Dans la vraie vie on ne peut pas avoir du linge propre sans un peu d'huile de coude ou sans l'aide d'une machine à laver, alors on accepte et on réclame sans chercher à comprendre ce qui facilite le quotidien. Nos ancêtres  ne purent résister à ce tissu magique, pas plus que nous lorsque, dans les années 1960, on nous vantait les mérites d'une fibre résistant au feu, aux acides qui, associée à une fibre végétale, protège nos mains de la chaleur,  notre corps du feu...Supercherie ? Magie ?  Sorcellerie ? Non, ignorance.

UNE ENIGME POUR LES INTELLECTUELS, UNE RÉALITÉ POUR LA SCIENCE
Durant des siècles, ces tissus incombustibles furent des énigmes sans réponse. Alors, les hypothèses les plus farfelues circulèrent.
Pline ne savait pas d'où provenait cette matière hallucinante. Il émis quelques idées à ce sujet. La plus bizarre pour nous qui, aujourd'hui, possédons le "secret de son origine", fut celle-ci : c'est une matière qui vient d'un pays chauffé par un intense soleil, et elle a pris l'habitude de résister à cette chaleur torride. Au Moyen-Age, en Occident, on les disait tissés avec les poils de la salamandre.

UN TISSU INDESTRUCTIBLE OU PRESQUE
Une fois transformé en fils puis tissé, l’amiante devenait un tissu "magique" qui servaient lors de cérémonies religieuses. Salis, ils étaient jetés dans le feu et ressortaient propres, blancs et en très bon état. Dans certaines congrégations religieuses, le corps des défunts était incinéré, enveloppé dans un suaire tissé avec des fils d'amiante, ce qui permettait de conserver les cendres du mort sans qu’elles soient mélangées aux cendres du bois utilisé pour le bûcher. Le pouvoir de l'officiant ou du sorcier n'était pas mis en question, au contraire. 

L'AMIANTE : UN INTRIGANT INCORRUPTIBLE
Aujourd'hui, nous savons pourquoi l'amiante "renaît de ses cendres". C'est un silicate de magnésium qui a des propriétés réfractaires, c'est pourquoi il résiste sans se dégrader à un feu ordinaire, mais dans un feu violent et continu, la matière à tendance à se vitrifier, à se solidifier.
La magie disparaît laissant place à la science. Si le peuple était laissé dans l'ignorance, certains surent mettre à profit les qualités étonnantes de l'amiante. 


PLUSIEURS NOMS POUR UNE FIBRE
La dénomination asbeste, asbestose en vieux français qui vient du latin asbestos qui signifie incombustible. C'est le vocable encore utilisé dans les pays anglo-saxons alors qu'en France on préfère le mot amiante.
Amiante, nom emprunté au latin amiantus pris au grec amiantos, c'est-à-dire incorruptible, est une substance fibreuse, réfractaire, qui résiste à l'action du feu.
Sous sa forme friable, l'amiante du groupe des amphiboles, fut un temps désigné par le mot Salamandre
Les noms qui lui sont attribués sont en rapport avec son aspect. Puisque la toile d'amiante ressemble à une toile de lin, avec ce grand plus, d'être résistante au feu, on la retrouve sous le nom de linum asbestinum, c'est-à-dire lin incombustible.
Parfois, on la retrouve sous le nom de lapis amiantus ou pierre d'amiante probablement à cause de sa ressemblance avec une pierre
Chrysolite et amphibole sont les noms les plus courants utilisés pour différencier  les deux groupes de minéraux.

UN PASSE GLORIEUX  ET UN PRESENT DRAMATIQUE
 Les chinois, les égyptiens, les  grecs et les romains connaissaient ces capacités à résister au feu,  et  la chrysolite fut utilisée sou diverses formes : étoupes, rembourrage ou tissus. Des traces d'amiante sous forme de textile ont été retrouvé datant du 1er siècle avant J.C.
L'utilisation de produits contenant de l'amiante est interdite  en France et en Europe. Depuis quelques années les constructions susceptibles de contenir de l'amiante sont soumises à des contrôles et lorsque que présence d'amiante est avérée, les bâtiments publiques  sont "désamiantés" souvent  avant d'être démolis.

MYSTERE ET CURIOSITÉ
Les grands esprits de l'Antiquité à la Renaissance ont été à la fois intrigués et émerveillés par cette fibre presque immortelle.
Strabon, géographe grec, écrit dans sa Géographie Universelle : "à Carystos en Eubée, on trouve une espèce de pierre qui se carde et se tisse : on en fait des essuie-mains qu'on jette dans la flamme pour le nettoyer".
Pline décrit les toiles d'amiante comme des articles de luxe :" le lin vif (c'est-à-dire l'amiante) valait autant que les plus belles perles.
Marco Polo dans le "devisement du monde" note : "on en fait des étoffes, lesquelles étant jetées dans le feu ne sauraient être brûlées.[…] On trouve sur cette montagne certaine mine de terre qui produit des filets ayant aspect de laine, lesquels étant desséchés au soleil sont pilés dans un mortier de cuivre ; ensuite on les lave, ce qui emporte toute la terre ; enfin ces filets ainsi lavés et purifiés sont filés comme de la laine, et ensuite on en fait des étoffes. Et quand ils veulent blanchir ces étoffes, ils les mettent dans le feu pendant une heure ; après cela, elles en sortent blanches comme neige et sans être aucunement endommagées. C’est de cette manière aussi qu’ils ôtent les taches sur ces étoffes, car elles sortent du feu sans aucune souillure. »
Le professeur américain Berthold Laufer qui s'est intéressé à l'étude économique de la Chine ancienne évoque dans une étude (1919) l'anecdote suivante située dans la Chine du Ve siècle
..."le roi de Kashgar aurait envoyé à l'empereur de Chine une tunique ayant appartenue à Bouddha, mesurant six mètres de long. L'empereur la fit plonger dans un feu violent pendant une journée entière, mais la tunique ne se consuma pas. Tous les témoins muets de surprise crurent à la puissance miraculeuse de Bouddha.

UNE AUBAINE POUR LES INDUSTRIELS
L'amiante est un produit d'origine minérale. Il existe de nombreux gisements et  mines d'amiante  à travers le monde. Tous ne sont pas en activité. Si en  Europe, l'exploitation des gisements d’amiante est aujourd’hui interdit,  d'autres pays passent outre les dangers potentiels liés à l’extraction et à l’utilisation de l'amiante et continuent l’exploitation des gisements qui se trouvent sur leur territoire.
 Ainsi, les gouvernements de la Chine, du Canada, de la Russie, du Brésil continuent-ils à commercialiser cet «or blanc », conscients des dommages pouvant être occasionnés.
Chrysolite ou amphibole ces fibres ne furent exploitées à grande échelle qu'au début de l'ère industrielle en Europe, c'est-à-dire au XIXe siècle.
L'industrie du bâtiment  trouva avec l'amiante  le matériau idéal. Produit bon marché, présent dans de nombreux endroits sur terre, gisements accessibles, aisément exploitables, il permit de renforcer les ciments (fibrociment), d'augmenter les pouvoirs isolants des murs et des plafonds dans la construction 
Le matériau, une fois broyé étaient utilisé en vrac, en poudre, et servait au bourrage, rembourrage, calorifugeage. Les problèmes de santé causés par l'amiante sont davantage liés au groupe des amphiboles  car les fibres courtes et rigides n’ont aucune cohésion entre elles et peuvent se détacher avec l'usure les unes des autres, surtout lorsqu'il s'agit d’un flocage. 
Quand le bâtiment va tout va, dit on, mais lorsqu'il ne va plus, rien ne va plus!
Les anciens utilisaient l'amiante pour consolider les poteries, confectionner des linceuls et, suivant cet exemple, les industriels du BTP utilisèrent l'amiante pour renforcer le ciment, et inventant le "fibrociment" ou isoler les plafonds et insonoriser les murs des bâtiments.
L'industrie textile misa sur les qualités extraordinaires de cette fibre. Les tissus résistants au feu trouvèrent des applications  pour les vêtements professionnels qui devaient  protéger de la chaleur, des projections d'acides...On trouve ainsi les pompiers, les coureurs automobiles, les ouvriers sidérurgistes, métallurgistes, travaillant dans les hauts fourneaux.
L'industries automobile et aéronautique ne furent pas en reste. Certaines pièces comme les garnitures de freins étant soumises à de fortes chaleurs ou à des frottements répétés devaient résister à ces contraintes ; le matériau idéal était tout trouvé.
Le marché des particuliers, des ménagères en particulier, fut des plus lucratifs.
Les maniques, les gants, les housses des tables à repasser avant l'apparition du silicone, contenaient de l'amiante, qui servait d'isolant.
Si l'amiante est pris en sandwich entre deux épaisseurs de tissus, les risques encourus par l'utilisateur sont minimes, mais il ne faut pas utiliser ces articles lorsque des marques d'usure commencent à apparaître ;  car en se dégradant l'amiante se fragmente et les particules nocives se détachent et  se retrouvent dans l'air ambiant. Bien sûr si on respire cet air il n'y a pas un grand danger, car les quantités de particules sont minimes . Le danger est donc écarté pour les ustensiles de cuisine. Aujourd'hui, il doit subsister bien peu de ces articles, remplacés par des gants et des maniques en silicone. Les produits techniques qui font partie de notre quotidien doivent être utilisé avec précautions. Les casseroles et autres poeles en teflon méritent également votre attention, et lorsqu'elles sont usées, ébréchées, rayées, la meilleur solution est de s'en séparer.
L'amiante est commercialisée sous diverses formes : en vrac, en nappe, en fil, tissée, en bande, en panneaux rigides, en feutre.
La liste des produits utilisant ou ayant utilisé des fibres d'amiante n'est pas exhaustive. Citons encore les vêtements des pompiers, le sous-vêtements des coureurs automobile. Au début du XXe siècle, l'armée utilisait l'amiante pour en faire des sachets à poudre. Dans la marine, il y avait des tapis d'amiante pour remplacer le linoléum qui brûlait au contact des débris incandescents. On confectionna, toujours à la même époque, une gamme de produits spécifiques pour les hôpitaux : des draps, des bandes de pansement utiles en cas de maladie contagieuse car pouvant être stérilisés par le feu. Le progrès aidant, les  produits jetables sont tout de même plus performants et plus fiables.



Agglomérées, les fibres d'amiante étaient employées pour la fabrication de joints, de feutres de fibrociment, de plaques pourdes pièces pour les appareils de chauffage .

UNE FIBRE SANS AMOUR
Si la matière première était bon marché, son extraction réclamait une main d'œuvre considérable. Les opérations de préparation en vue de rendre cette fibre opérationnelle se font mécaniquement avec des machines performantes dans les pays occidentaux. Dans les pays plus pauvre, le matériel est moins sophistiqué et les opérations sont manuelles. Le travail est pénible et  le danger plus important.
Broyage des roches, lavage et séchage des fibres qui sont  transformées en une masse blanchâtre, laineuse et volumineuse. 
Les fibres sont triées par longueur, les plus longues sont destinées à la filature, les plus courtes sont agglomérées pour obtenir une pâte qui sert à la fabrication de carton d'amiante, isolant.
Comme les fibres d'amiante sont inertes, elles n'ont ni ressorts ni crochets, il n'existe aucune adhérence entre les fibres, les techniciens les appellent fibres "sans amour ". Il existe d'autres fibres qui, pures, sont difficilement filables : l'angora en fait partie. Les poils d'angora s'éparpillent dans l'air et ces poussières peuvent entraîner des allergies respiratoires. Un conseil de grand mère : afin d'éviter d'avaler ou de respirer les poils de votre pull en angora tout neuf  enfermez le dans un sac plastique, et déposez le dans le bac à légumes de votre réfrigérateur pendant 24 heures) Le kapok, léger, imputrescible n'est jamais tissé, mais utilisé sous forme de bourre (dans les anciennes bouées de sauvetage par exemple).
Le filage des amiante était difficile et les moyens rudimentaires augmentaient cette difficulté Les fibres même les plus longues étaient encore trop courtes pour obtenir un fil solide, alors elles étaient  mélangées à un fil d'une autre nature destiné à lier l'ensemble. C'est le lin ou la laine qui s'y prêtaient le mieux. Le pourcentage d'amiante était toujours supérieur à l'autre matière afin que le fil  d'amiante puisse exister sans "béquille". En effet, la suite est intéressante. Une fois le tissage terminé, le tissu est jeté au feu pour faire brûler la laine ou le lin et ne restent que les fils d'amiante. Ce principe à été repris pour certaines broderies rapportées. Le motif est brodé sur un support textile, puis collé au fer sur un autre support textile et la chaleur du fer détruit le support éphémère du motif et le tour est joué.
Le tissage de l'amiante pur se révélant techniquement complexe, les mélanges avec d'autres fibres se sont généralisés : amiante et coton, amiante et chanvre, jute...

FIBRE UTILE PAS FUTILE
L'homme trouva bien d'autres destinations à cette fibre étonnante.
Les égyptiens utilisaient un tissu à base d'amiante pour les linceuls, mais d'autres civilisations ont utilisé ce tissu "d'asbeste" en linceul pour son incombustibilité, cela permettant de conserver les cendres des corps incinérés sans qu'elles soient mélangées aux cendres du bûcher
Plus proche de nous, le fil d'amiante mélangé à une autre fibre était employé dans les salles de théâtres pour recouvrir les fauteuils et pour la réalisation de rideaux ; les règles en matière de sécurité étant strictes surtout au niveau de la lutte contre le feu.  
Les tissus non feu vendus aujourd'hui sont  inignifugés c'est-à-dire rendus ininflammables,  par l'imprégnation d'un apprêt chimique. En fait ce procédé retarde l'apparition des flammes. Un produit non feu fut mis sur le marché américain il y a quelques décennies : un tissu conçu pour fabriqué des pyjamas pour enfant, non feu. Mais le remède fut pire que le mal. Les vapeurs dégagées par les flammes, et la chaleur étaient toxiques et les accidents à répétition eurent raison de cette innovation. Le produit fut interdit, mais il avait fallut des accidents mortels pour que cesse la vente de ces pyjamas.

LA FIN D'UN MYTHE : UN AVANT ET UN APRÈS.
Hier produit adulé, aujourd'hui un produit  prohibé.
La détection de l'amiante dans les habitations publiques ou privées est désormais obligatoire lorsqu'il y a vente d’un bien immobilier. Mais la 
constations n'élimine pas les risques. Le désamiantage de bâtiments n'est pas systématique, car le coût est important. En général il intervient sur les constructions publiques.
Force est de constater que le commerce d'amiante n’a subi qu'un faible revers depuis la découverte de l’ampleur des dégâts sur la santé, causés par son exploitation et son extraction.  Décrétée substance magique par les civilisations antiques à cause ou grace à ces qualités d'ininflammabilité et d' imputrescibilité, elle est désormais décrétée persona non grata à cause de sa toxicité.


















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