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mardi 31 juillet 2012

UN BILLET D'HUMEUR BADINE : UN DRESSING POUR SOI, TOUTE SEULE!


Quelle femme n'a pas un jour rêvé d'avoir un dressing pour elle toute seule?
Je ne dis pas vivre toute seule et avoir un dressing,  mais avoir sa pièce à soi toute seule, son univers à ne pas  partager. C'est un luxe dont bien peu de citadines peuvent envisager, mais dont beaucoup rêvent. Mais est-ce vraiment un luxe?  Ce mot emprunté au latin luxus, suggère le superflu, renvoie à un article pas strictement nécessaire et, dans le cas extrême, donne le mot luxure qui frise l'indécence. Vous trouvez que cela s'applique à ces quelques mètres carrés qui nous sont indispensables? Non ce n'est pas un luxe, c'est une nécessité, comme boire ou manger. En tous cas j'aimerais dans l'absolu qu'il en fut ainsi.
 Juste un lieu suffisamment spacieux pour choisir chaque matin sa tenue sans être obligée de déplacer des boites, d'ouvrir des sacs, de faire tomber un cintre sur mes pieds, de chercher le chemisier qui va avec la jupe. Et le rangement devient plaisir. Parce que la bête noire, le cauchemar, les remords peuvent se transformer en un doux exercice, c’est selon, comme vous le sentez. Pour ma part, j’avoue que trouver le matin mes effets de la veille dispersés, froissés, indésirables, détestables, c'est comme lorsque je rentre dans ma cuisine au petit matin après une soirée entre amis qui s'est prolongée si loin dans la nuit que les piles d'assiettes sales attendent dans l'évier la personne qui aura le courage de les laver. Détestable est le mot et pour débuter une journée, ce n'est pas le meilleur moyen. 


Soyons optimistes et voyons le verre à moitié plein et rempli de délices, faisons du rangement un acte positif : imaginons que  chaque soir nous pourrions passer quelques instants dans ce boudoir pour y déposer et ranger nos affaires et, pourquoi pas, imaginer la tenue du lendemain. Un espace à moi toute seule, un endroit où je serais à l’aise, le matin lorsque les minutes comptent. Cet espace est ce qu’autrefois on appelait joliment un boudoir. Et de ce coin, je ferais ma cabane dans les arbres. Tout y serait luxe, calme et volupté j’y installerais un divan ou  un sofa, ou peut être une méridienne, et puis un grand miroir où je puis me mirer de la pointe de mon chapeau jusqu'au bout de mes boots ; oui, un miroir à trois faces afin de me voir sous toutes les coutures, enfin seulement les jours où je me sens belle, et puis une étagère avec quelques livres, ou des revues de mode, et puis un petit frigo avec quelques boissons… Là je pousse un peu, mais, si un rêve n'est que le reflet du raisonnable alors à quoi bon. Dépassons le stade du vraisemblable puisque les songes sont sans limites. 


Revenons au temps, précieux le matin, langoureux le soir, prendre son temps, oui bien sur que l'on ne s'amuse pas à prendre celui des autres, il ne manquerait plus que cela ! Où en étais-je? Le temps, plus que le prendre je dirais le déguster. Pouvoir à loisir se tromper dans  le choix des accessoires, dans l'harmonie d'un pull et d'une jupe, de choisir le foulard parmi tous ceux que l'on possède et être bien dans ses habits pour débuter la journée. Ah j'avais oublié un objet indispensable dans un dressing : une radio, parce que toutes les demi-heures le matin on vous annonce la météo, et si vous la ratez à 7h vous aurez celle de 7h30. Pourquoi c'est important? Parce chausser ses "zizi" blanches  un jour où on annonce des orages, ce n'est ni malin ni responsable. Ces "chaussures" mythiques sans talon, presque sans semelles, dans un cuir  d'une souplesse insoupçonnable, ne sont pas faîtes pour affronter les intempéries, je ne sais même pas si elles sont faites pour marcher dehors. Enfin ! Disons qu'elles sont le confort suprême, le bien être maximum de nos pieds nus mais on lui pardonne ses petits défauts et on apprend à jongler avec la météo. Zizi oui mais pluie non!
On peut tout aussi bien choisir la mauvaise tenue en se couvrant un peu trop alors que, dans l'après-midi, le thermomètre dépassera les 30°. Et patatra il faudra tout recommencer et ne pas se stresser. Merci les flashs météo. Même bien organisée, en général je rate les infos comme sur l'autoroute la chaîne info route, je suis déjà engagée sur la route coincée dans les embouteillages, la prochaine sortie à 20 km et à ce moment le flash m'averti qu'un bouchon vient de se former entre le km 221 et 218, je vous laisse deviner où je me trouve...Trop tôt ou trop tard, mais je n'ai pas d'horloge dans la tête, c'est assommant d'être dépendant ainsi d'un cadran et de deux malheureuses aiguilles. N'oubliez pas que nous sommes dans le pays imaginaire où le quotidien se transforme en plaisir. Dans le dressing de mes rêves, l'éclairage aura été pensé avec justesse, c'est-à-dire naturel, afin que les rouges ne virent pas au rose, les verts au bleu. Le sol serait en chêne, et les murs entièrement recouverts d'un côté par les vêtements, de l'autre par les chaussures. Ouah ! Ce serait vraiment le pied, laissant une place tout de même pour les sacs.  


Quel vaste programme, que de divagations, mais combien sommes-nous à imaginer ce lieu idéal ? Alors  faut-il le chercher dans la vraie vie ou n'existe-t-il que  dans les comédies américaines, les appartements de stars,les magazines de déco ? En tout cas dans le quotidien d'une citadine, il est rare, très rare ce petit bout d'espace privé. Inversons le propos et disons qu'elle est privée d'espace.  Je n'apporte pas de solution, je ne suis pas magicienne, quoique  si j'en avais le pouvoir… Même en remuant le bout de mon nez, mon armoire ne se transforme pas en dressing. Si nous revenons à la réalité, force est de constater que dans le centre des grandes villes, les appartements sont parfois à peine plus vastes que ces dressings qui nous font rêver sur les pages glacées des journaux de décoration. 


Ce post est juste là pour exorciser ce sentiment de frustration que je ressens lorsque je m'achète un nouveau pantalon et que je n'ai le choix que de me débarrasser d'un ancien ou de chiper un petit espace dans la surface de rangement déjà réduite accordée à mon mari. Le contrat, je l'ai pourtant assumé, nous en avons discuté et rediscuté : un nouveau venu dans le dressing implique le départ d'un ancien. C'est ainsi depuis peu, je gère la situation mais je la digère assez mal. Je me demande toujours en voyant ces publicités sur les espaces de rangement, les plans des dressings quel type de clientèle est visé ?
Décide-t-on un jour d'avoir un dressing dans son appartement et de l'équiper comme on meublerait une cuisine ? Faut-il supprimer une salle de bain pour obtenir un espace de rangement ?  Difficile d'imaginer cela.
Dans un grand magasin d'ameublement suèdois dans le rayon des rangements, des aménagements de dressing,  les adultes imaginent des mètres en papier à la main, un plan sous les yeux,  des solutions qui leur permettraient de caser ce mobilier dans leur logement. Ces hommes et ces femmes sont comme les enfants devant les vitrines des grands magasins au moment de Noël.
Je vous convie à méditer sur le thème du dressing féminin pendant vos vacances, avant de vous réveiller et de revenir à la réalité après les vacances que je vous souhaite merveilleuses.






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