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mardi 31 octobre 2017

MARIANO FORTUNY UN ARTISTE HORS DU COMMUN



Les trésors de Venise

Il y  a Venise et Venise. La ville que l'on visite pour la première fois, avec les gondoliers, le grand canal, la place San Marco, la Fenice, le Rialto et puis il y a la ville dans la ville avec des palais et des maisons délabrées, les canaux secondaires et les vieux vaporetto bondés du matin au soir, et puis il y a les personnages qui ont marqué Venise  par leur activité,  leur créativité, leur art...Mariano Fortuny espagnol de naissance mais vénitien d'adoption, fut un de ceux qui ont laissé leur empreinte à Venise.
 "Luxe,calme et volupté" peut résumer l'atmosphère de son palais transformé en musée  au sein de la Sérénissime
un gondolier et sa  gondole
l'usine Fortuny 
 le grand canal

Un empire à lui tout seul, un érudit , un homme multiple  chercheur, scientifique, peintre, décorateur.


 Dans le domaine du textile il a réussi à innover en se souvenant du passé et en le réactualisant avec passion et savoir faire.
 Sa réussite son chef d'oeuvre suprême c'est la soie plissée utilisée pour la fameuse robe Delphos.

 Sa technique  il la fit breveté et depuis personne, personne non vraiment personne pas même un japonais pourtant célèbre pour ses plissés n'a encore réussi à faire aussi bien. Le miracle c'est la souplesse, la fluidité, la sensualité, le tomber de ces étoffes.
  Les tissus sans la couleur ne eraient pas présents dans un musée. Fortuny  fut  un coloriste merveilleux, il entra dans l'univers  du textile  avec une palette très personnelle : subtilité des tons, douceur des harmonies, originalité des motifs, gamme très personnelle de matières colorantes. Fortuny réinvente la couleur...
Dire que les créations de Fortuny sont sensuelles est une évidence "qui recherche le plaisir des sens" définition dans le Littré dictionnaire de la langue française. 
La vue est largement récompensée  par une offre époustouflante. Des rouges si profonds qu'ils vous ensorcèlent, des bleus divins, des roses fanés qui reprennent vie...
Mais l'œil ne suffit pas à appréhender les qualités exceptionnelles des velours. Cette matière  ne réclame que des caresses, elle  n'est que douceur,  et  pourtant le toucher c'est un sens interdit dans les musées!  
Mais dans ce palais  devenu musée/atelier, tout est fait pour se sentir comme un invité chez monsieur Fortuny, alors je me suis prise au jeu l'espace d'un rêve éveillé.   Ces étoffes transformées en  châles,  robes ou  peignoirs  toutes sagement immobiles semblèrent s'animer d'un seul coup à mon passage.  Curieuse impression, devant cette somptueuse robe de chambre,   posée  sur  les épaules d'un mannequin de bois. Elle aurait voulu  parler, raconter des histoires, son histoire. Qui fut son heureux propriétaire, comment est elle arrivée là,  pourquoi Fortuny utilisa cette  teinte et imprima ce dessin?   Que de questions sans réponses! Des suppositions alors :   c'est l'absence de bruit que je perçois  L'idée véhiculée par ce vêtement c'est précisément le silence. Le velours absorbe le bruit,  et la robe de chambre ou robe d'intérieur c'est le vêtement que l'on porte pour soi, chez soi, à l'abri du regard des autres,  les convenances le protège de la foule comme il protège le corps de son propriétaire, au XVIIeme siècle  la robe de chambre  souvent un élément fort couteux en soie, en velours ou en  toile de coton peintes faisait partie du vestiaire masculin.  Molière met ces paroles dans la bouche de monsieur Jourdain"Je me suis fait faire cette indienne-ci"
Pour certaines personnes  la robe de chambre est plus qu'un  élément vestimentaire,  c'est une amie . Diderot aimait sa vieille robe de chambre : "Pourquoi ne pas l'avoir gardée, elle était faite à moi, j'étais fait à elle..." in REGRETS sur ma vieille robe de chambre ou avis à ceux ont plus de gout que de fortune. 1772
                                  














Les  sensations olfactives étaient aussi présentent dans ce palais.   Les étoffes étaient encore imprégnées des effluves  exotiques des lourds parfums utilisés jadis. 
L'odeur des  tissus à quelque chose de particulier, difficile à décrire mais pour qui à le nez fin, cela peut être un bonheur ou un cauchemar. 

La visite se terminait et d'ailleurs le musée allait fermer, c'est cette annonce qui me fit revenir à la réalité. Mais étais je vraiment sortie de mon rêve? Je me trouvais dans un lieu imaginaire où j'étais autorisée à toucher  les foulards imprimés de "grenades", à caresser des vestes en velours de soie,  à soupeser la frêle silhouette d'une chemise plissée...Reve ou réalité? Et non réalité, car comme dans tous les musées, la sortie s'effectue en traversant la boutique "souvenirs"...  

Je connaissais le travail de cet artiste, mais ici dans ce qui fut son atelier j'ai découvert son univers et ce fut pour moi un moment  délicieux, quelques instants de rêve que je voulais partager avec vous. 


Fortuny fut un grand homme pour la mode et cet automne Paris expose Fortuny au musée Galliera. Une exposition à ne pas manquer

 
Bye Bye Venise, à bientôt!

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