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lundi 9 juin 2014

N°6 DE LA POPLIN A L'IRISH POPLIN

SUITE  DE L'EPOPEE DE LA POPELINE

DE LA POPLIN A L'IRISH POPLIN
Après les dragonnades, le massacre de la Saint Barthélemy fut un signal fort qui déclencha le départ de centaines de familles huguenotes encore hésitantes à  quitter leur patrie. 
Au XVIIe siècle, les protestants français en conflit avec les catholiques furent appelés huguenots. Puis la religion protestante ne fut plus mentionnée dans les actes officiels,  on parlait de "religion prétendu réformée".  Le mot huguenots vient sans doute du mot allemand Eidgenossen, c'est-à-dire personne liée par un serment, membre d'une ligue.
Des tisserands avignonais émigrèrent en Irlande avec toute leur famille. A Dublin, ils s'installèrent dans le quartier de Coombe street où les ateliers de tissage étaient déjà  fort nombreux.

Coombe street aujourd'hui. Jadis le quartier des tisserands
Flamands et français se retrouvent aux côtés des tisserands irlandais, les uns travaillant la laine, les autres la soie. Cette union de savoir-faire doppera l'industrie textile régionale.
En Irlande comme ailleurs, les autochtones acceptèrent les étrangers avec quelques réticences. Cependant, les nouveaux venus firent preuve de diplomatie. En mettant leurs compétences au service des communautés d'accueil, ils développèrent un pôle textile local facilitant ainsi leur implantation. 
   
L'UNION FAIT L'IRISH POPLIN

Les tisserands huguenots avignonnais étaient arrivés avec la  recette de la papeline d'Avignon (en soie), les flamands avec la  recette de la popeline de Poperinghe (en laine). Ils s'unirent pour fabriquer un tissu fait de fleuret ( déchet de soie) et de laine fine et brillante des moutons leicester.    
                            
 De papeline, on passe à Poplin formé de pop (pape en anglais ) et lin pour le Pape Lin. 
Mais poplin n'était pas suffisament explicite puisque le lieu de fabrication n'était pas indiqué. On ajouta donc "irish" pour (irlandaise) et voilà l'acte de naissance de l'irish poplin. Plus brillante que la popeline anglaise, plus légère que la popeline de Poperinghes mais moins sophistiquée que la papeline d'Avignon,  elle trouva son identité et surtout sa clientèle.

Maitrisant parfaitement les différentes facettes de leur métier, filer, tisser, teindre, les huguenots trouvèrent en Irlande la matière première nécessaire à développer leur savoir faire.
 La laine des moutons licester fut mélangée à un  fil de soie (le fleuret, physiquement plus proche du coton que de la soie, il ne possède pas le lustre d'un fil de soie classique) pour donner une autre poplin, celle d'Irlande. 


FOURNISSEUR OFFICIEL DE LA FAMILLE ROYALE
Des manufactures familiales prospérèrent dont certaines subsistent encore aujourd'hui avec une renommée internationale.  
C'est le cas de la  manufacture Atkinson fondée au XVIIeme siècle par un huguenot.
Au début du XIXe siecle, son descendant, monsieur Richard Atkinson, qui tenait un magasin de tissus à Dublin, demanda à un groupe de tisserands de fabriquer une irish poplin en exclusivité pour son magasin. L'expérience fut couronnée de succès. La boutique vendait ce magnifique tissu au mètre, plutôt destiné à une clientèle féminine.
L'irish poplin devint un produit à la fois populaire et royal puisque la reine Victoria en personne fut séduite par cette étoffe de laine et de soie. En 1837, les établissements Atkinson devinrent "Fournisseurs officiels de la famille royale".

Au XXe siècle, la société Atkinson se détourna du marché du tissu  pour se lancer dans la fabrication de produits finis.  
                   

Les cravates et les foulards  fabriqués en Irish poplin sont devenus    les articles phares de la maison Atkinson. La popeline est désormais tissée avec de la soie et de la laine provenant des moutons mérinos australiens. Exit la laine des moutons irlandais, les teintures se font en Ecosse et le tissage et les finitions sont exécutés en Irlande.

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