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mardi 17 juin 2014

BILLET DE MAUVAISE HUMEUR : LE PRET- A -PORTER OU L'ELOGE DE L'EPHEMERE

L'anaphore est à la mode. Et puisque la mode est un peu mon domaine, permettez moi d'utiliser cette figure de style pour exprimer un sentiment que  beaucoup d'entres vous partagent.
Aujourd'hui, il n'est pas excessif de penser qu'un vêtement acheté en prêt-à-porter dure ce que dure une rose, l'espace d'un instant. Pourquoi ce billet d'humeur? Parce que je considère qu'un vêtement doit assurer son service sur une durée de temps raisonnable surtout lorsqu'on l'aime. User un vêtement jusqu'à la corde c'est un sentiment magnifique, parce que on a eu le temps de le porter, de s'habituer à lui, de le patiner, de le faire sien, c'est une union qui aujourd'hui est rarement possible, la corde étant trop courte….Imaginez vous pouvoir léguer à vos enfants un vêtement? Mais non, la transmission même d'une robe de mariée est rare, alors qu'il s'agissait d'une tradition formidable. 
Aujourd'hui, on consomme et on jette les assiettes, les gobelets, les nappes, les mouchoirs… La mode ne fait pas exception, un chemisier fera une saison tout au plus, une paire de chaussures neuve coûtera moins cher qu'un ressemelage. Le consommable/jetable est une regrettable habitude prise par une société trop privilégiée.
On achète, on porte, on jette, parfois on donne, quelquefois on recycle.
Aujourd'hui, la mode touche toutes les classes de la société, et c'est tant mieux. Cependant, faut-il accepter ces changements si fréquents ? Sans doute pensez-vousque j'ai tort de m'en plaindre puisque je vends du tissu et que chaque mouvement novateur lancé par les chefs de file de la mode m'apportent des clients. Sans doute ; mais pour être en accord avec moi-même, je préfère vendre moins mais mieux.

Aujourd'hui comme hier, la mode enivre, la mode séduit, mais la mode réclame attention et réactivité, la mode peut ruiner ceux et celles qui la suivent.
Aujourd'hui la déraison guide la "mode". Ce n'est pas une nouveauté, il y a eu au cours des siècles bien des hérésies en matière de comportements vestimentaires  mais aujourd'hui nous avons le choix des matières et des formes. Alors pourquoi choisir des fibres qui ne sont pas en adéquation avec les saisons? Des pulls en coton et viscose pour l'hiver, des robes en polyester en plein été? Les diktats de la mode compliquent le quotidien de ceux qui les suivent.
Aujourd'hui, il est inutile d'entreprendre des opérations qui prolongeraient la vie d'un vêtement, puisqu'il n'est pas destiné à durer. Consommateurs et fabricants sont responsables de cette surconsommation. Les coupables ? Ils sont là pourtant : la publicité, la mode et la qualité ou plutôt l'absence de qualité.A qui la faute ? A ceux qui abusent de l'obsolescence programmée et à ceux qui l'acceptent.
Aujourd'hui les mots n'ont pas plus de valeur que les vêtements.Ne  parle t on pas de fringues en lieu et place de vêtements? Ce mot à traversé les ans en perdant de sa superbe. De fringant, le chevalier est maintenant fringué! Ce mot fringue à un arrière gout péjoratif, il écarte toute idée de qualité. Les fringues sont des articles dont la présence dans un dressing ne dépasse pas la saison. Nos enfants ont compris avant nous, que même chers les articles modes demeure des fringues. Le prêt à porter est à la mode ce que le fast food est à la restauration c'est à dire pas grand chose mais bien pratique tout e même. 
Autrefois, on reprisait, on remmaillait, on raccommodait, on faisait tout pour faire durer ! L'idée de mode ne touchait que quelques privilégiés. Mais la majorité de la population faisait ou se faisait faire leur garde robe, le prêt-à-porter n'existait pas encore. Les tailleurs pour les hommes, les couturières pour les femmes et les enfants travaillaient seuls ou avec des apprentis. Le bel ouvrage était une évidence. Le prix élevé n'autorisait pas la médiocrité.
Autrefois, tout était mis en œuvre pour prolonger la vie d'un vêtement. Il n'est qu'a feuilleter un ouvrage de dames, un dictionnaire ménager, un journal féminin. Tous fourmillent d'astuces, de conseils pour entretenir, conserver les vêtements parfois même pour leur redonner le lustre d'antan. Aujourd'hui, ces articles sont classés dans "les recettes de grand-mère". Cet autrefois n'est pas si lointain, il ne faut pas remonter au XVe siècle, mais simplement à la première moitié du XXe siècle et le célèbrissime Larousse ménager, dictionnaire illustré de la vie domestique 1926…..!

D 'AUTREFOIS A AUJOURD'HUI
Non, je ne suis pas résolument passéiste, non je n'idéalise pas mes souvenirs d'enfance, non tout n'était pas mieux avant, et tout n'est pas mal aujourd'hui! Je ne dénigre pas pour le plaisir, j'aurais préféré m'extasier devant la production textile contemporaine, mais voilà , le cœur n'y est pas.


Si j'avais un souhait à émettre ce serait de créer un mouvement d'amateurs "de vêtements", d'amoureux des étoffes, d'aficionados de la qualité, de passionnés des belles finitions. Peut être alors pourrait on convaincre les fabricants de tenir compte des  revendications de leur clientèle.

Voilà mon coup de colère passé. J'espère que mon message est passé lui aussi. L'avenir ne dit pas si  nous, clients, consommateurs, pigeons ou quelque nom que l'on nous donne, serons éternellement les dindons de la farce, espérons que non.

Pour ceux et celles qui veulent sortir du rang, il reste une solution : armez vous d'aiguilles, de fils, de tissus et allez jusqu'au bout de vos rêves.




1 commentaire:

  1. NON, vous n'êtes pas passéiste, nous sommes nombreux à être de votre avis.
    Quel plaisir de retrouver la saison d'après, un vêtement dans lequel on se sent bien, des chaussures de bonne qualité qui ne font pas mal aux pieds et qui tiennent sans ressemelage des années.

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