degillestissus@free.fr

Messages les plus consultés

profil

profil
mes tissus

mardi 21 février 2012

La layette aux oubliettes?

Ce que jadis on nommait layette était une réponse juste à une question qui ne se posait même pas.

A l'évidence c'était naturel, les premiers vêtements de bébé étaient fabriqués à la maison selon un rite immuable, tricotés ou cousus, brodés ou pas, en laine, en coton ou en chanvre. Les jeunes filles brodaient leur trousseau puis, une fois mariées, les futures mamans préparaient les premiers vêtements du bébé à venir parce qu'elles n'avaient pas le choix et que c'était une tradition. Les offres de produits finis étaient rares.
Savez-vous que ce terme aujourd'hui désuet fut pour quelques générations de jeunes femmes une occupation quasi obligatoire ? En effet, les travaux d'aiguilles étaient une occupation féminine alors qu'on ne parlait pas encore de loisirs. Bien des jeunes filles se sont, bon gré mal gré, adonnées à la couture ou au tricot ; c'était dans l'ordre des choses. Aujourd'hui, le choix est possible entre le fait main maison ou la fabrication industrielle.
La société a changé, les femmes travaillent, le temps et parfois le savoir faire manquent pour réaliser un trousseau maison. Par acquis de conscience ou par plaisir  les grands mère sont mises à contribution pour  tricoter une ou deux brassières, des petits chaussons, mais cela reste toujours très confidentiel.

Le commerce à également évolué depuis le début de l'ère industrielle, en facilitant les achats et en proposant des offres sont presque trop abondantes. On assiste à des phénomènes nouveaux : la naissance des grands magasins, le développement des grandes surfaces, la vente par correspondance et le dernier venu mais non le moindre : le e-commerce.
Le mode de vie des adultes et des nourrissons s'est de toute évidence modifié, amélioré sans doute, car influencé par la facilité de s'approvisionner en produits manufacturés.
La profusion de marchandises a tendance à uniformiser les gammes de produits et à réduire le vocabulaire quotidien. Voilà peut être ce qui pourrait expliquer la disparition d'un grand nombre de locutions.
Si nous en revenons à notre sujet, le mot layette n'est quasiment plus utilisé. Le rayon layette dans nos boutique est remplacé par premier âge, puériculture, naissance. Et là vous trouverez tout, et de tout, surtout du superflu, du luxe, des articles cadeaux. Les marques de luxe ont depuis le milieu du XXe siècle créé une ligne pour enfants. Le succès est au rendez-vous. Baby Dior en est un exemple, certaines marques comme Tartine et Chocolat, ou encore  Bonpoint ont acquis une reconnaissance dans ce domaine du haut de gamme en ne fabriquent que pour les enfants. Les corners qui leurs sont accordés dans les grands magasins prouvent qu'ils répondent à une demande. Cependant, on peut regretter de trouver des modèles comme maman ou papa, de matières outrageusement inadaptées au nourrisson qui vont du cachemire au polyester, en passant par la soie, transformant alors le nouveau né en une poupée de mode que l'on exhibe devant un public ébloui. En fait, une toute petite place est laissée aux articles nécessaires et adaptés aux premiers mois de bébé. Vous trouverez essentiellement du superflu, de quoi transformer votre enfant en star, en top modèle, mais pour le quotidien l'offre est moindre.  Il faut chercher dans les rayons ou sur le net les articles simplement simples, faciles à laver,  à enfiler, les couches en coton, les bavoirs pratiques sans dentelle, broderie  ou velcro pour l'attacher.

Si le mot layette n'est plus qu'un souvenir, il a une histoire.
L'étymologie renvoie à la langue flamande dans laquelle le terme laede, laye, désignait une petite caisse ou  le tiroir d'une armoire, la terminaison en ette indique la petite taille. Jadis, la jeune fille préparait son trousseau puis, future maman, elle préparait la layette. Les vêtements, draps, bavoirs, tricotés, cousus ou brodés étaient rangés dans un tiroir. Le sens du mot à évolué et, de petit tiroir, le mot layette a désigné son contenu puis le trousseau de bébé.
Aujourd'hui, ce tiroir rempli de layette à disparu. Il est remplacé par le kit naissance recommandé par les maternités. Une petite valise ou une simple boite contenant les premiers habits de bébé. C'est moins romantique mais tellement plus pratique, c'est du prêt-à-porter premier âge. Cependant, puisque quelqu'un d'autre le fait pour les mamans, autant s'assurer de la qualité des produits.
Jadis, les jeunes filles préparaient leur trousseau en brodant le linge de maison. Puis, les futures mamans se devaient de coudre ou de tricoter la layette pour l'enfant à naître. Et puis, devenues grand mères, elles continuaient les travaux d'aiguilles en tricotant de la layette pour leurs petits-enfants.

A suivre l'origine du bloomer


.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire