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lundi 12 septembre 2011

L' âme des étoffes encore un état d'âme à partager

J'aime le contact du tissu sur ma peau, j'aime sentir le vêtement qui m'enveloppe, j'aime  la sensation textile parce que j'aime les matières fines, épaisses, douces, rèches,  j'aime les fibres naturelles, j'aime l'émotion tactile que me procure ces étoffes,  j'aime  ma garde- robe


 Ceci implique une discipline somme toute facile à gérer. Je selectionne   les étoffes des vêtements qui vont m'abriter du froid, me proteger du soleil,  m'émerveilller, me cajoler, remplir mes tiroirs. En fait je cherche non pas à séduire avec un vêtement, encore que, mais d'avantage à être séduite par la fibre de l'article. 


Ma peau j'en prends soin, je fais ce qu'il faut pour l'entrenir afin que les ans ne la marque pas trop sévèrement, alors pas question d'acheter une" seconde peau"celle que je possède me suffit.  
 Ce que je veux c'est simplement un supplément qui me permettra à moi pauvre être humain sans défenses naturelles d'affronter la nature, d'aller escalader les pentes du Machu Picchu au Pérou sans souffrir du froid,  de me promener dans le désert du Thar sans prendre de coup de soleil, de dormir dans des draps frais même et surtout en plein été à Paris, de m'essuyer en sortant de la douche avec une serviette éponge  en coton  .. . En fait tout dépend de ce que l'on attend d'un vêtement à fortiori d'un sous -vêtement qui sera en contact direct avec la peau.
Je plaide pour le naturel sur mon corps et je laisse la technique pour la protection, pour le sur-vêtement, pour le vêtement d'extérieur.  . 
 Enfiler un pyjama en pur coton, les plis de repassage bien marqués, mais que c'est agréable, sentir sur la peau la fraicheur d'une chemise en lin en plein mois d'Aout sur la cote d'Azur , c'est bon en hiver de se plonger dans la lecture d'un  roman devant la cheminée emmitouflée dans une chemise de nuit en coton gratté , et pour commencer une journée  quel plaisir de glisser ses pieds dans des chaussettes  en coton.  Les articles en fibres synthétiques remplissent un autre rôle,  essentiel parce que nous 
  serions bien mari avec des chaussettes en coton sur le Pic du midi, avec une veste en lin sur les contrefort de l'hymalaya, ou avec un maillot en tricot au milieu de l'océan indien. Chaque chose à sa place et prenons les innovations techniques pour ce qu'elles sont : des béquilles , un petit supplément parce que contrairement aux animaux nous  n'avons que l'intelligence  pour affronter la nature. Et le résultat est fort concluant, l'homme  à mis son savoir faire au service des fabricants et il en résulte des tissus techniques formidables, adaptés à toutes sorte de challenge mais certainement  pas une seconde peau...
 Le contact  tissu/peau   pour moi est partenariat qui doit être  authentique, chaleureux, exquis, doux ou rugeux, luxeux ou rustique mais il doit être pour exister,  et cela passe par l'émotion. A quoi bon  un vêtement invisible impalpable, inconsistant, s'il n'est que cela. Je demande plus que cela à un vêtement et c'est ce qui me passionne. Parvenir à l'équilibre entre le beau et le bon.


J'aime sentir la fibre, avoir la sensation que quelque chose m'enveloppe avec une arrière pensée:  me protéger du froid, de la chaleur, de la pluie, du monde. Enfiler un vêtement c'est  se mettre dans un cocon, un habit c'est aussi un abri. Le vêtement c'est la maison de notre corps
Comme nous un tissu doit vivre, et s'il se tâche, se froisse, se chiffonne, se ride, se patine eh bien tant pis et tant mieux. C'est une matière qui héberge notre corps avec ses  qualités et ses inconvénients.  Moi j'accepte et j'apprécie.
Le matin j'adore le moment où je passe du vêtement de nuit au vêtement de jour. Choisir dans mon armoire le vêtement que je vais porter toute la journée, c'est un peu comme lire  le menu dans un restaurant. C'est  un instant gourmand, goulayant, joyeux, sauf lorsque je suis de mauvaise humeur , que je suis fatiguée,   alors la rengaine habituelle se profile : je n'ai rien à me mettre, rien ne me va... Mais après un bon café et un carré de chocolat noir,  ma garde robe me semble plus attirante que jamais. Et c'est alors que le choix devient cornélien. Tout est beau que choisir? Un dicton que répetait souvent ma grand mère  me semble bien adapté à ce faux problème, des gens trop gâtés " il ne faut pas se plaindre que la mariée est trop belle"
 Moi j'ai un faible pour ma "vieille" veste en tweed qui  a pris ses habitudes, qui s'est  déformée pour prendre mes formes,  qui est rapiècée aux coudes comme toutes veste en tweed qui se respecte,  avec qui je partage des souvenirs de voyage, de rencontres, de joie, de peine. Je vous souhaite d'avoir un vêtement comme ami, c'est un peu le doudou de ma tendre enfance, retrouvé (le doudou pas mon enfance).
Imaginons un vêtement coupé dans tissu infroissable, insalissable, inusable, quelle tristesse et puis quelle concurrence déloyale pour les marchands de tissus. Ici je ne juge pas , je constate et cela n'engage que moi. Un tel tissu serait certes absolument révolutionnaire mais comme un robot, sans âme et moi j'aime l'âme des étoffes, et j'aime les tissus qui ont de l'étoffe!

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