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dimanche 13 mars 2022

TAPIS OU TAPISSERIE ? UNE HISTOIRE DE FAMILLE

 UN CAS D’ECOLE : TAPIS  OU TAPISSERIE ?

Longtemps, en Occident, on ne distingua pas l’un de l’autre, les mots eux mêmes ayant une grande similitude.

Le saviez vous ? La célèbre tapisserie de Bayeux n’est ni une tapisserie ni un tapis mais une broderie en fins fils de laine sur un fond de toile de lin. Le kilim, quant à lui, joue sur les deux tableaux, entre tapis pour l’usage et tapisserie pour la fabrication.


Deux métiers distincts

L’apparition des tapisseries en Europe précéda celle de la fabrication des tapis de pieds pour des raisons culturelles et pratiques, la technique de la fabrication d’une tapisserie se rapprochant du tissage, technique plus simple que celle du nouage. C’est au XIIIe siècle, en France, que la distinction s’établit entre les tapissiers Sarrazinois qui fabriquent les tapis veloutés, des Hautelissiers qui exécutent la tapisserie sur des métiers à tisser verticaux.


LE SAVIEZ VOUS ?  

L’introduction du tapis à point noué en Europe découle d’une défaite militaire. L’histoire tourna un peu trop rapidement la page sur la bataille de Poitiers en 726. Après la victoire de Charles Martel,  les hommes de l’émir Abd Er-Rahman, arabes berbères, mercenaires ou captifs chrétiens, ne quittèrent pas tous le territoire franc. Le mot sarrazin du grec Sarakênoi, désigne ceux qui vivent sous la tente, comme les bédouins d’Afrique du Nord ou de la péninsule arabique. C’est pourquoi il est probable qu’il y eut des déserteurs qui, maitrisant l’art du tapis velouté, un artisanat localement développé dans leurs régions natales, s’établirent dans différentes régions remontant jusqu’en Ile de France où, dès le XIIe siècle, on note à Paris la présence de manufactures de tapis sarrazinois. Au XIII e siècle, le statut des tapissiers sarrazinois fut officialisé.


Des fonctions communes : 

Ces articles sont conçus pour améliorer le confort et enrichir le décor, chacun à sa façon, l’un sur le sol l’autre sur les parois.

 

Un point commun le carton :

La première maquette est un aperçu  de la composition des motifs et des couleurs, imaginée par un artiste peintre. parfois de renom. 

Goya réalisa une série de cartons la fabrique royale de tapisseries d’Espagne. 


La distinction par l’usage : 

le tapis étalé sur le sol, réchauffe les pieds, étouffe les bruits de pas, absorbe l’humidité, augmente le confort. La tapisserie baptisée « tapis de muraille » est suspendue sur un mur pour masquer des ouvertures, séparer des grandes pièces, réchauffer l’atmosphère et pour offrir, dans une certaine mesure, une note décorative.  


La distinction par la clientèle : 

le tapis, article courant en Asie, luxe en Occident. Par conséquent, la clientèle est aussi variée que l’offre. La tapisserie intéresse une clientèle plus restreinte et plus occidentale qu’orientale

                 

Distinction par le décor 

Le décor du tapis n’a pas vocation à raconter une histoire ou à glorifier un personnage ; tout se joue dans les formes, la symétrie, la disposition et les couleurs des motifs, l’ensemble étant vu par le haut. La place du tapis n'incite pas les mécènes à s'y faire représenter. Qui voudrait être ainsi foulé aux pieds ? Le décor des tapisseries dépend de deux paramètres : la verticalité et le commanditaire. Jadis, les mécènes étaient personnages influents du royaume et pouvaient, le cas échéant, imposer le sujet du décor, se mettant parfois en scène. La préférence pour les thèmes narratifs perdure encore aujourd’hui, leur lecture étant facilitée par la verticalité des tapisseries.                                                                


Les techniques d’exécution 

Bien que fabriqués sur des métiers à tisser (verticaux ou horizontaux) sur lesquels sont tendus des fils de chaîne, les motifs sont obtenus par des techniques différentes : nouage ou tissé plat pour les tapis alors que les motifs des tapisseries résultent des passages successifs de la navette à travers les fils de chaine.


La texture : la surface du tapis velouté est couverte de poils hérissés ou couchés, la surface de la tapisserie est plate et imberbe.

Conclusion : au XXIe siècle, le tapis est à la fois un élément clé du décor et un point non négligeable de confort alors que la tapisserie n’a conservé que son rôle décoratif.

                                 

                                      


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