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mes tissus

jeudi 8 décembre 2011

Il était une fois une artiste

Elle sait tout faire, coudre, peindre, dessiner, broder... C'est une artiste qui jusqu'à présent travaillait pour le théatre, le cinéma, l'évenementiel, enfin pour un monde qui n'est pas celui des particuliers.
Alors la voilà qui enfin ouvre une boutique en ligne. Yasminesimon.com. Allez vous y promener, il y a des merveilles à découvrir, mais sachez que Yasmine ne propose que des pièces uniques.

Faites le moi savoir



superbes écharpes en lin à Riga en Lettonie
Si mes messages vous  intéressent, si les tissus du bout du monde vous font rever,  si vous trouvez dans ces articles de quoi satisfaire votre curiosité, si vous partagez mes émotions textiles, si vous avez envie d'en savoir plus sur un sujet (textile) alors faites le moi savoir, laissez un commentaire . Merci    Catherine la globe textile reveuse

lundi 5 décembre 2011

L'organdi : un voile d'émotion

Si je m'autorise ce commentaire  sur un tissu, à priori parfaitement banal et quasiment introuvable c'est justement parce qu'il a disparu des défilés de modes, des podiums, des vitrines, des magazines, des boutiques de tissus. Oublié, jetté aux oubliettes, obsolette, démodé? Peut être mais sa trace se perd dans nos souvenirs. En feuilletant les albums de photos jaunies, en noir et blanc ou en cépia, on constate que l'organdi était souvent présent lors des grands évenements familiaux.
Autrefois  utilisé pour les vêtements d'exception comme les robes de baptemes brodées ou plissées, précieusement conservées et transmises de générations en générations,  les robes de première communion, robe de mariées,  aujourd'hui lorsque l'on en trouve, l'organdi habille la maison et déserte vos armoires.
 Sur le portant derrière le mannequin, des robes de baptèmes en organdi attendent sagement d'être choisies.

Pourquoi cette disparition? Sans doute parce que son entretien  long et délicat ne fait plus partie de notre quotidien. Généralement son aspect craquant et raide n'est pas permanent, il faut à chaque lavage rajouter de l'amidon. Et le repassage d'un vêtement en organdi est un exercice perilleux. Ces points précis furent je pense à l'origine de la disparition de l'organdi de coton. Et pourtant cette transparence matièrée, cette juvénilité, cette virginité sont des caractères forts véhiculés par ce tissu dans le souvenir collectif.
Son origine lointaine et mystérieuse,  la ville d'Ourguentch au Turkmenistan, ville de passage pour les caravanes sur la route de la soie, sublima certainement cette étoffe. Le mot organdi est probablement une déformation due à la prononciation indienne car le mot organdy est apparu  en occident au 17e siècle. L'organdi à la manière occidentale fut créé en suisse par A. G. Watwomm pour la société Heberlein and Cie.
Si  le véritable organza est toujours en soie, l'authentique organdi lui est toujours en coton. Il y a plus de mystère dans le nom que dans la réalité car il s'agit en fait  d'une qualité de mousseline de coton ayant reçu un apprêt permanent ou non afin de l'affermir.
Lorsque ce tissu était incontournable dans toute bonne famille, il était proposé en plusieurs qualités déterminées par le degré d'apprêt, ce qui donnait des organdis forts ou souples.

organdi souple fabrication suisse apprêt permanent
organdi fort avec apprêt non  permanent


C'est une  chance aujourd'hui  de trouver de l'organdi, désormais un objet rare. Souple, vous obtiendrez des plis tendres et ronds, si au contraire vous travaillez un organdi fort, l'étoffe se cassera lors des manipulations et les plis seront aigus.

l'un se plie tout en rondeur l'autre casse
 avec la qualité souple on obtient des plis tout en rondeur

avec la qualité plus lourde le plis est cassant.
La lisière est toujours nette plus dense que l'étoffe elle même. Une belle lisière est un gage de qualité
Des vêtements des enfants sages doublés en linon immaculés , aux chemisiers coquins jouant la transparence, en passant par des voilages aux couleurs chaudes,  les siècles ont passés et j'espère qu'un jour ce tissu reviendra dans les rayons des magasins de tissus si eux aussi résistent au temps. Pour le moment nous avons encore de l'organdi blanc en stock.

Comme toujours les photos ont été prises par Catherine. Les tissus photographiés ont été sélectionnés dans le stock  photographique de Catherine Goldman De Gilles

jeudi 1 décembre 2011

Le chant des tissus

Entendez vous ce féroce tweed rugir dans les sous- bois d'autonme?

  
Le son cristalin d'une robe en taffetas de soie que l'on froisse ,  résonne comme amplifié par le vent glacial venu de Sibérie.




Comme il vous susure son histoire  à l'oreille, ce délicat organza qui résiste à la brise du soir en se perdant dans les airs



Il est reconnaissable ce bruit sec et ample du vent qui frappe les voiles comme les baguettes frappent le tambour   .



Tous les tissus forment une chorale étonnante . Ils ont des sons, des textures,  des noms différents. Certains sont tristes, d'autres joyeux, les uns aigus les autres graves mais  ensembles ils forment une chorale qui n'a jamais été exploitée...

Les voila  tous en place pour une sérénade textile










Lorsque l'on déchire, que l'on chifonne, que l'on travaille, que l'on manipule une de ces étoffes, on constate immédiatement combien les nuances sonores sont perceptibles :



Grave , c'est le son qui s'évade des tissus lourds, lâches comme un Tweed.  





-Aigu c'est le bruit d'un  tissu sec, fin,  au tissage serré comme un chintz.

 -Sourd le gémissement qui s'échappe d'un  tissu en laine cardée


-strident le cri qui s'échappe de la soie qui se déchire



A peine audible le murmure de la mousseline qui glisse, qui se perd dans l'immensité de la nuit


Imaginez vous en chef d'orchestre dans votre dressing, quels sons pourriez vous tirer de votre garde robe? Le tissu c'est un univers,  un monde à la fois mystérieux et fascinant . A bientôt pour de nouvelles aventures textiles bien sûr

mercredi 30 novembre 2011

UNE BALLADE TEXTILE IRLANDAISE

 Donegal et Connemara  des régions  du bout du monde pourtant à une 1h30 d'avion de Paris.  Les traditions font partie de la vie quotidienne des habitants. On vit à l'heure du soleil, lorsqu'il y en a, mais dès novembre, la nuit est bien plus présente que le jour. On s'y croit seul,  sur les routes étroites on croise   plus souvent des moutons que des voitures

 les villages aux maisons colorées se succèdent mais bien peu de monde dans les rues. Sur les plages dont les limites se perdent dans la brume, dans la campagne battue par les vents l'homme est quasiment invisible, seuls  les moutons à tête noire occupent les lieux, silencieusement mais surement.

l'horizon est noyé dans la brume
Avec une palette des couleurs  qui varie en fonction de la luminosité la nature sauvage nous  plonge dans l'univers des impressionnistes

  les vagues qui se fracassent contre les falaises  vous envoient les embruns en pleine figure comme une gifle

  tout au nord la mer se confond avec le ciel


Le tweed irlandais est à l'image de cette nature : simple, sauvage, forte, humaine.

Pourquoi ces tissus possèdent t ils cette gamme de couleurs si particulière? Parce que les tisserands utilisaient les moyens du bord pour la teinture : lichens, baies, racines... Voila le secret de cette osmose textile/nature qui aujourd'hui persiste malgré l'utilisation de plus en plus fréquente des métiers  mécaniques et des teintures artificielles.

Existe t il dans le monde un tissu  qui traduit si bien  la nature environnante?  En observant l'un on découvre l'autre ? Regarder un tweed c'est découvrir l'Irlande. On y retrouve le sol aride, parsemé de pierres blanches ou noires et c'est le fameux salt and pepper



La chaussée des géants, un nature rude et  un tweed à chevrons qui se métamorphose en pierre!
la pierre  brute qui ressemble à un tissu , et le tweed gris  à chevrons qui se  métamorphose en pierre



                                              l'herbe est verte et le tissu aussi
ce tissu aurait pu   être tissé avec l'herbe de ce champ

Ce patchwork résume en quelques couleurs l'âme de l'Irlande

 le parme c'est la couleur des merveilleux hortensias qui décorent les jardins et l'orange c'est l'or des cheveux des irlandaises
le rose c'est pour les filles en souvenir des baies et les fleurs sauvages  qui en été envahissent le bord des chemins

                                          



                                                                                                                                          
l'eau semble avoir déteint sur le gilet






 un ciel capricieux qui est en mouvement perpétuel passant du bleu au gris et toutes les autres nuances  et le tissu aussi




La couleur du ciel, la violence des vents, la présence de l'eau, l'odeur si particulière de la tourbe qui brûle dans toutes les cheminées

Dans les grandes tourbières du connemara les briques de tourbes sèchent sur le lieu de la récolte. 

.Comment ne  pas être séduit  par ces paysages ,  ces animaux valeureux qui vivent tranquillement au bord des falaises sans se soucier des rafales de vent,  ces habitants qui perpétuent les traditions culturelles et culinaires 
 et surtout par ce tissu qui représente la somme de toutes ces spécificités?




mardi 15 novembre 2011

Collection d'automne mi -fugue mi- raison



La laine bouillie,  recette d'automne

Fouler  le sol couvert de mille feuilles rousses, qui collent  aux semelles, ou qui
s'éparpillent joyeusement devant nos pas au gré d'un courant d'air,  c'est amusant.
C'est agréable de marcher sur ce tapis qui étouffe le bruit de nos pas, et qui sent si bon l'automne.
Un sentiment curieux m'envahie, qui me fait penser à la laine bouillie. C'est une étoffe calme, qui étouffe les bruits, et son moelleux   annonce l'hiver  comme l'autonme aussi. Nos pas sont lourds et nos enjamées larges,  les galoches nous ancrent dans la terre avec force,  c'est rassurant, s'emmitoufler dans un manteau en laine bouillie aussi.

Le Harris Tweed  récolte d'automne
Ramasser des champignons qui se cachent sous la mousse au pied d'un grand chêne,  c'est sentir la terre et penser à une veste en Harris Tweed qui portent haut et fort les couleurs de l'automne. La mousse, les fougères, la lande, les moutons et le vent voilà ce que les Tweed nous racontent.


La mousseline de soie brume d'automne
Se promener sur  la plage  par gros vent c'est un comme  manipuler un métrage de mousseline de soie près d'un ventilateur, les grains de sable s'enfuient sous nos pas, voltigent, tournoient, ils semblent courrir pour atteindre un but invisible au loin, comme la mousseline qui se débat lorsqu'on veut la couper, qui glisse sous l'aiguille de la machine, qui coulent entre nos mains. La mousseline c'est une brume insolite qui gomme les contours des formes, pour ne laisser que des ombres.


Le mohair compagnon d'autonme
Rentrer de la promenade, dans une maison  qui sent les marrons qui grillent doucement dans la cheminée et se blottir dans le plaid en mohair écossais. L'automne est décidémment une saison textile.

La nature se prépare à prendre ses quartiers d'hiver, elle déshabille les arbres pour habiller le sol de somptueuses couleurs dites automnales.
Oui, l'automne est une saison à part entière, non pas une demi -saison, une arrière saison, elle ne fait pas les choses à moitié. Elle est forte mais tout en nuances. Il me semble que plus on vieillit plus on apprécie ce moment de l'année relativement paisible qui magnifie la nature après les grandes chaleurs avant les grands froids...




lundi 14 novembre 2011

Rapide comme l'éclair





En 1880 aux USA  le monde de la mode était sur le point de laisser tomber les lacets, laçages et autres complications de fermeture. Le laçage des corsets des femmes et le boutonnage des bottines des hommes prenait trop de temps, quand il ne fallait pas avoir besoin  de l'aide d'une âme charitable. Time is money..
Elias Howe tenta  vers 1850 de mettre au point un moyen de faciliter la fermeture des vêtements féminins, mais les résultats ne furent pas couronnés de succès. L'inventeur mis son potentiel au service d'une autre invention. Et ce fut la première machine à coudre! Un certain Whitecomb Judson, chercheur de son état repris    l'idée de Howe,  améliorant  le système  de  petits maillons métalliques à ergots et à encoches qu'un principe de glissière permettrait de réunir ou de séparer. La fermeture à glissière était en passe d'être inventée , et et le  quotidien  des fashion addict bien simplifié. Judson déposa le  brevet en 1881. Le Prince de Galles  étonnera les américains par la vitesse à laquelle il pouvait enfiler ses pantalons équipés d'une fermeture à glissière. La première apparition publique de la "fermeture à glissière" eut lieu lors de l'exposition  de Chicago en 1883. Les prototypes n'étaient pas encore réellement au point et donc non destinés à la vente. Un industriel Lewis Walker fut fort intéressé par cette nouveauté. Il  fonda avec Judson une société d'exploitation du brevet. Les deux hommes crurent profondément au développement mondial de cet objet et créèrent" Universal Fastener Co" société de la fermeture universelle. Les premiers modèles furent réalisés à la main, mais il fallut ensuite imaginer une machine capable de les fabriquer afin de pouvoir exploiter industriellement le brevet. Les choses furent plus périlleuses que prévu et après un demi siècle de recherches, Judson abandonna. Pour éviter la ruine, son associé Walker persévéra. Il fit appel à un ingénieur suédois, un certain Gédéon Sunback pour tenter de fabriquer la machine qui ferait ces fermetures... Hélas, il ne réussit pas plus que les autres, dans les premières années. Ce n'est que vers 1913 qu'il mit au point une machine capable de produire des fermetures à glissières vendables. Mais les clients potentiels n'y crurent pas dans l'immédiat et la société perdit encore beaucoup d'argent. En 1921, la compagnie Goodrich lança des "snow boots" avec une fermeture à glissière à la place de boutons. Ces souliers étaient vendus sous la marque "Zipper"  et le succès fut immense et les clients ne tardèrent pas à nommer cette invention Zipper ou Zip



En 1927, l'invention commença à rapporter de l'argent. Un tailleur de Brooklyn utilisa cette fermeture à glissière pour les ceintures à goussets des marins américains. L'armée américaine, convaincue du gain de temps de ce mode de fermeture l'adapta aux combinaisons des aviateurs.
La société Universal Fastener and Co devient la société Talon en 1928. La fabrication des fermetures Sundback avait été consentie à plusieurs sociétés étrangères. Ainsi en France, en 1924, la société Davey Bickford Smith  implantée au Petit Quevilly, près de Rouen donna le nom de  "Fermeture Eclair"  à ce curieux accessoire que nous utilisons au quotidien. 

En 1931, un tailleur "avant gardiste" utilisa la fermeture à glissière pour les vêtements civils.  En Europe,  la haute couture parisienne utilise la fermeture à glissière de la marque Eclair.  Elsa Schiaparelli qui ferme ainsi quelques unes de ces  robes (du col à l'ourlet).

Ce système de fermeture est généralement désigné par le mot zip  ou zipper dans les pays anglo-saxons, mais en France c'est  la fermeture Eclair (pour rapidité)  qui   utitilisé comme un nom commun à l'image de frigidaire ou nylon, en fait à tord puisqu'il s'agit de marques déposées


Depuis le succès de cette invention ne s'est jamais démenti, bien que soit apparu un sérieux concurrent : le velcro mais ceci est une autre histoire.