Je parcours le monde non pour collectionner mais pour écouter, toucher, découvrir et tenter de comprendre le langage des étoffes.
je ne cherche pas l'exceptionnel mais plutôt l'authentique qui se niche souvent dans les tissus et les costumes traditionnels ou les vêtements du quotidien.
Je tisse des liens avec des ikats, des batistes ou des madras là où d'autres ne voient que des tissus, des couleurs et des motifs.
J'essaie modestement de sauver le souvenir des étoffes qui disparaissent inexorablement, emportant avec elles le souvenir des gestes ancestraux.
J'aime les étoffes chargées de souvenirs, marquées par le temps et décolorées par l'usure, mais j'aime aussi les étoffes neuves dotées d'une identité culturelle.
De mes voyages aux pays des étoffes, je reviens avec un métrage, une coupe, un vêtement, un échantillon mais surtout, je reviens avec des émotions : le geste précis d'une tisserande qui lance sa navette, la sensation fugace du frôlement rugueux d'une toile de lin brut, je mémorise la couleur encore indécise qui oscille entre le vert et le bleu d'une cuve d'indigo. Mieux que les photos, ce sont les émotions qui subliment une étoffe.
J'ai une pensée émue pour les tissus qui sont exposés dans les musées parce que, s'ils ont cette place, c'est qu'ils sont désormais classés dans les archives. Moi, je les déniche chez les antiquaires, je les trouve sur les marchés, je les découvre dans les ateliers où l'on tisse encore à la main. Je les achète au hasard des rencontres et je les rapporte dans mes valises ou dans mes souvenirs pour vous les présenter.
Je sais les reconnaitre à leur silence, à leur texture, à leur façon de réfléchir la lumière et aux histoires qu'ils me racontent.
D'un pays à l'autre, d'un continent à l'autre le sens des mots varie, le vocabulaire textile se fragmente et, à la fin de chaque voyage, je reviens avec dans ma hotte une quantité de noms, de mots nouveaux et de tissus qui vont devenir mes amis. Jadis, je partageais mes découvertes avec les clients du magasin De Gilles Tissus ; aujourd'hui, c'est sur les pages de ce blog que je couche mes découvertes et mes impressions.
Chaque découverte porte en elle la possibilité d'une disparition, et c'est ainsi que le souvenir des tissus du monde d'avant sera, je l'espère, dans un avenir proche, le thème central d'une grande exposition.
Je suis une schmatologue globe-trotteuse qui s'évertue à décrypter le langage des étoffes et à partager les résultats avec les “textiles addicts" qui sont de plus en plus nombreux à me lire. suivre ce blog.



