Pour Tous les posts de ce blog « © 2026 — Tous droits réservés. Toute reproduction interdite sans autorisation écrite. »
Catherine Kouliche -Goldman : un blog passionnement textile
Ce blog est le reflet de mes passions : l'art , l'histoire, le textile et les voyages . Dans chaque post je vous dévoile mes impressions, je vous confie mes émotions, et je partage avec vous mes rencontres et mes découvertes. Curieux, amateurs, novices passionnés par les étoffes soyez les bienvenus dans mon univers. Tous les articles de ce blog sont COPYRIGHT Aucune publication sans mon autorisation. Catherine Kouliche- Goldman
Messages les plus consultés
-
Différencier le lin du coton est parfois difficile. Un simple coup d'œil même professionnel ne suffit pas toujours. Il faut mettre à co...
-
OTTOMAN L'origine du mot est sans surprise : du nom du sultan turc Othman, 1er fondateur de l'empire ottoman, aujourd'hui ...
-
Si je m'autorise ce commentaire sur un tissu, à priori parfaitement banal et quasiment introuvable c'est justement parce qu'il...
-
UN VÊTEMENT EN TROIS MOTS Ce mot cabic est d'origine bretonne, cab désigne une cape, alors que le mot caban est d'origine arabe, ...
-
SOUVENIRS, SOUVENIRS Si je dédie ce post à ce tissu aujourd'hui oublié, c'est par nostalgie. A la manière d'un jardinier qui ...
-
, je vous invite dans ce second volet dédié à l'impression artisanal en Ouzbekistan à découvrir quelques secrets de fabrication ...
-
L'étymologie de bayadère réserve quelques surprises. Curieusement je remarque qu'un petit mot sans trop d'importance, trop sou...
-
Non il n'y a pas de faute d'orthographe, vous avez bien lu Ziberline avec un r. Derrière cette appellation commerciale quelque peu ...
-
Le souvenir de mon arrivée à à Jaïpur, de grandes frayeurs m'attendaient : traverser la rue fut un parcours du combattant : les gr...
-
PAS A PAS SUR LE PASHMINA C'est l'article à la mode dans le monde entier, l'étole dont on rêve, que l'on offre, q...
profil
mes tissus
vendredi 15 mai 2026
jeudi 14 mai 2026
PROFESSION : "SCHMATOLOGUE GLOBE-TROTTEUSE! N°2
LA TRANSMISSION CULTURELLE SUR UN FIL
L'identité culturelle se transmet c'est une évidence, mais comment ?
LE TISSU RELIE LES GENERATIONS SANS PASSER PAR LES MOTS. La culture, véritable trésor, circule entre les hommes depuis des millénaires par l'écriture, la parole et, aussi surprenant que cela puisse paraître, par le tissage. C'est ainsi que les diversités culturelles se lisent aussi à travers les textiles, ces précieux indices présents sous une forme ou une autre dans quasiment toutes les civilisations.
LA PAROLE TISSÉE Textile et texte, un tête-à-tête où toute ressemblance n'est en rien fortuite
TISSER C'EST ECRIRE AUTREMENT Si les lettes, en un certain ordre assemblées, forment des mots qui, mis bout à bout, deviennent des textes, les fibres textiles, réunies par torsion, forment des fils qui, en un certain ordre entrelacés, deviennent des étoffes.
MON HERITAGE FILAIRE Entre le tissu et moi c'est une histoire de famille, quatre générations et quatre manières différentes de tisser des liens intergénérationnels.
N°1 Le compte est bon -c'est en jouant avec les craies tailleurs, grises et blanches, bien calées dans leurs boites en bois remplies de sciure
-c'est en comptant les grosses de boutons destinés aux costumes pour homme, généralement noir ou marron, parfois bleu marine
-c'est en observant les vendeurs doser avec maestia des métrages de doublure. C'est dans le magasin de fournitures pour tailleurs de mes grands-parents, que j'ai appris à compter en m'amusant.
N°2 La séduction du bon produit -C'est, plus tard, en accompagnant mon père dans les usines roubaisiennes pour choisir la marchandise, que j'ai compris que l'achat gagnant part de la bonne connaissance du produit.
N°3 Les textiles rares, précieux, surprenants -C'est dans l'atelier d'impressions sur soie de Montrouge, antre magique de mon grand-oncle Alexandre Sache, textile designer, que je me suis prise d'amour pour ces carrés de twill, ces pentes de bengaline, ces exquises mousselines.
N°4 Les couleurs -C'est en observant la palette exceptionnellement colorée du peintre Michel Kouliche, mon oncle paternel, que je me suis engagée dans un univers coloré (le noir ne fait pas partie de ma garde-robe), et c'est la farandole des fleurs de mon jardin normand qui m'indique les saisons.
N°5 Les voyages C'est avec mon mari pour qui c'est presque un devoir de découvrir le monde, que j'ai vraiment compris que, pour savoir, il faut voir d'abord et puis toucher.
Pourquoi alors se demander d'où me vient cet engouement pour une profession hors normes ?
Un profil éclectique Mon expérience professionnelle, car oui ce fut une expérience à laquelle je n'étais pas consciemment préparée, m'a offert de multiples occasions de satisfaction. Après l'Ecole du Louvre, un passage au sein des Musées Nationaux, deux années passionnantes dans une galerie d'art parisienne, j'ai été "brocanteur ambulant" profession que ce libellé n'honore pas vraiment mais que j'ai exercée avec plaisir et passion. La suite ? J'ai endossé le costume d'une "marchande de tissus" au sein de l'entreprise familiale "De Gilles Tissus". Avec volupté, j'ai navigué au milieu de flots de mousselines, j'ai gravi des montagnes de toile de lin, je me suis perdue dans les replis des taffetas changeants. Avec curiosité, j'ai traversé des rivières de Tweed et, équipée d'un mêtre en bois et d'une paire de ciseaux géante, j'ai déroulé des mètres et des mètres d'étoffes, découpé des milliers de coupes...
REVEILLER LA MÉMOIRE DES ETOFFES ENDORMIES Un univers à la fois si banal et cependant si mystérieux pour la néophyte que j'étais alors ! Il n'en fallut pas davantage pour me lancer dans l'aventure de "Mémoire de tissus" encyclopédie technique et pratique des étoffes, afin de démêler les fils parfois inextricablement noués de cet univers. 10 000 pages et des tonnes d'informations sur un seul sujet : le tissu sous toutes ses formes d'un point de vue économique, politique, artistique, historique.....
L'ART ET LA CURIOSITE Entre l'histoire de l'art et les histoires, grandes et petites, des tissus, le fil est bien ténu. Les étoffes oubliées comme zénana ou zéphyr m'ont ensorcelée au point que ce qui ne devait être qu'une expérience momentanée s'est prolongé durant près de quatre décennies. L'émotion, tant visuelle que tactile, de mes premiers pas en tant que gérante d'une société de tissus hors normes est restée intacte. Je dirai même qu'elle s'est décuplée avec les ans. De déménagements en déménagements, de rencontres en rencontres, de découvertes en découvertes, de voyages en voyages, la quête du graal textile me tint toujours à cœur.
Avant d'être capable de me confronter aux professionnels, de répondre aux besoins souvent très précis de la clientèle hétéroclite constituée de petites mains des grandes maisons de couture, amatrices du "home made" de couturières professionnelles, de tailleurs, de chasseurs d'étoffes rares, de créateurs de costumes de haut vol, ou encore de décorateurs.
LE MONDE DE L'OMBRE Depuis les coulisses des ateliers de costumes, j'ai pu admirer le savoir-faire de ceux et celles qui créent les costumes. Ils habillent, costument, travestissent, déguisent les comédiens, les acteurs, les clowns, les acrobates, les danseurs ou chanteurs pour le plus grand plaisir des spectateurs. J'ai aimé travailler avec les décorateurs d'intérieurs qui, comme moi, sont toujours à la recherche de l'étoffe, la matière ou l'imprimé capable de combler le plus exigeant de leur client. Année après année, j'ai été confrontée à leurs problématiques techniques et parfois économiques ; aider à les résoudre devint une partie non négligeable de mon activité.
Le bonus C'est la découverte d'un univers fait de couleurs, de matières, d'histoires petites ou grandes, de rencontres avec des stars du métier de costumier ou avec des artisans du bout du monde qui, avec une dextérité ahurissante, créent sur des métiers à tisser souvent rudimentaires, des perles rares.
Le roi des tissus, le tissu des rois, ainsi se présentait jadis, le shatush. Alors, si parler chiffon peut sembler futile à certains, les tissus qui nous accompagnent, du linge au linceul, et partagent nos jours et nos nuits dans les moments de joie ou de tristesse, méritent une approche plus gratifiante. Tissu, textile, étoffe, dentelle, feutre, tapisserie ou encore broderie, c'est un univers qui ne demande qu'à se dévoiler.
Le parcours des fibres naturelles ou chimiques, la manière dont elles sont entrelacées, les techniques de teinture, l'interaction entre la politique et la mode, le poids du textile dans l'économie mondiale, ce monde est passionnant.
Le printemps nouveau est arrivé, passées les gelées de mi-mai. C'est pour moi l'occasion de renouveler mes vœux les plus sincères en donnant la parole à mon héritage textile familial et aux étoffes que j'ai découvertes et collectionnées au cours de mes tribulations aux "quatre coins" de notre planète.
Si "Mémoires de tissus" et "la diététique vestimentaire" n'ont, pas encore, trouvé le chemin qui mène aux maisons d'édition, j'espère que "profession schmatologue globe-trotteuse" saura trouver la bonne route. A vous de juger.
PROFESSION ? SCHMATOLOGUE GLOBE-TROTTEUSE !!!
Je parcours le monde non pour collectionner mais pour écouter, toucher, découvrir et tenter de comprendre le langage des étoffes.
je ne cherche pas l'exceptionnel mais plutôt l'authentique qui se niche souvent dans les tissus et les costumes traditionnels ou les vêtements du quotidien.
Je tisse des liens avec des ikats, des batistes ou des madras là où d'autres ne voient que des tissus, des couleurs et des motifs.
J'essaie modestement de sauver le souvenir des étoffes qui disparaissent inexorablement, emportant avec elles le souvenir des gestes ancestraux.
J'aime les étoffes chargées de souvenirs, marquées par le temps et décolorées par l'usure, mais j'aime aussi les étoffes neuves dotées d'une identité culturelle.
De mes voyages aux pays des étoffes, je reviens avec un métrage, une coupe, un vêtement, un échantillon mais surtout, je reviens avec des émotions : le geste précis d'une tisserande qui lance sa navette, la sensation fugace du frôlement rugueux d'une toile de lin brut, je mémorise la couleur encore indécise qui oscille entre le vert et le bleu d'une cuve d'indigo. Mieux que les photos, ce sont les émotions qui subliment une étoffe.
J'ai une pensée émue pour les tissus qui sont exposés dans les musées parce que, s'ils ont cette place, c'est qu'ils sont désormais classés dans les archives. Moi, je les déniche chez les antiquaires, je les trouve sur les marchés, je les découvre dans les ateliers où l'on tisse encore à la main. Je les achète au hasard des rencontres et je les rapporte dans mes valises ou dans mes souvenirs pour vous les présenter.
Je sais les reconnaitre à leur silence, à leur texture, à leur façon de réfléchir la lumière et aux histoires qu'ils me racontent.
D'un pays à l'autre, d'un continent à l'autre le sens des mots varie, le vocabulaire textile se fragmente et, à la fin de chaque voyage, je reviens avec dans ma hotte une quantité de noms, de mots nouveaux et de tissus qui vont devenir mes amis. Jadis, je partageais mes découvertes avec les clients du magasin De Gilles Tissus ; aujourd'hui, c'est sur les pages de ce blog que je couche mes découvertes et mes impressions.
Chaque découverte porte en elle la possibilité d'une disparition, et c'est ainsi que le souvenir des tissus du monde d'avant sera, je l'espère, dans un avenir proche, le thème central d'une grande exposition.
Je suis une schmatologue globe-trotteuse qui s'évertue à décrypter le langage des étoffes et à partager les résultats avec les “textiles addicts" qui sont de plus en plus nombreux à me lire. suivre ce blog.
dimanche 5 avril 2026
VISCOSE VERSUS RAYONNE
Aujourd'hui en France on trouve encore de nombreux articles textiles étiquetés "rayonne" et pourtant...
Remontons le temps : les premières fibres artificielles à base de cellulose furent fabriquées par l'homme au XIXe siècle, elles ressemblaient à la soie par leur brillance et pour cette raison elles furent commercialisées sous l'appellation "soie artificielle"
Les soyeux français furent inquiets de la concurrence "déloyale"de la dénomination commerciale de cette nouvelle fibre. Leur argumentation était recevable : la laine n'est pas du coton, le lin n'est pas du chanvre, la soie artificielles n'est pas de la soie naturelle. C'est ainsi qu' une loi fut promulguée le 8 juillet 1934 interdisant l'utilisation du terme " soie artificielle " pour les tissus en fibres cellulosiques. Le mot rayonne fut choisi, imitant les USA qui eux n'avaient jamais osé mélanger la soie naturelle et la soie artificielle préférant le mot "rayon" pour ces fibres probablement par métonymie rayons du soleil et l'aspect brillant des tissus.
Pourquoi ce post? Parce que la simple information "rayonne" n'est pas suffisante pour connaître la nature de la fibre majoritaire d'un article.
S'agit il de viscose de bambou, de hêtre, d'acétate, de triacétate ? Les qualités et les défauts de chacune des ces fibres diffèrent. Le consommateur logiquement devrait être averti de la composition exacte du produit comme au Canada ou la réglementation est stricte sur ce sujet
samedi 4 avril 2026
LE PARIS DE MON ENFANCE ( ANNEES 60 )
Voici une de mes dernières trouvailles : une coupe de crêpe de soie, imprimée par Sache pour la maison Molyneux, qui fut dirigé en 1950 par Jacque Griffe.( 1909-1996) Ce tissu en noir et blanc date probablement des années 60, et c'est avec une certaine nostalgie que je vous dévoile ce petit trésor.
Ces dessins présentent un florilège du Paris des années 60.On y trouve pêle- mêle la maison Molyneux installée 14 rue Royale, et des lieux incontournables pour un authentique touriste comme le Moulin Rouge, Montmartre, la place Vendôme où Sache avait son bureau, et des scènes de la vie quotidienne parisienne comme "les marchandes de 4 saisons", des agents de police avec képi, cape et vélo surnommés les hirondelles
mercredi 18 mars 2026
CONSTRUIRE SON MUSEE IMAGINAIRE DES ETOFFES AVEC DES SOUVENIRS
mardi 27 janvier 2026
UNE SYMPHONIE TEXTILE
J'ai récemment découvert que ma passion pour les étoffes était bien plus complexe que je ne l'imaginais
Après la fermeture de De Gilles tissus, la création du blog degillestissus blogspot.com. et ma participation durant quelques années au blog d'Etoffe.com j'ai pris conscience d'un phénomène que je n'avais pas soupçonné jusqu'à aujourd'hui, la synesthésie, autrement dit un mélange des sens, une association additionnelle arbitraire neuronal! Du gre syn = avec ou union et aesthesis = sensation
Généralement les personnes atteinte de ce phénomène associent des couleurs et des lettres de l'alphabet, ou encore des sons et des couleurs mais pour moi les sons émis par les instruments de musique sont associés à des tissus, plus encore, ce sont les étoffes qui mênent le jeu, puisque que chacune me suggere un rapprochement avec le son émis par instrument de musique! Un exemple? La texture particuliere d'un tweed se traduit pour moi en sons ceux d'une contrebasse, l'aspect lisse et craquant d'un taffetas de soie est associé aux notes d'un violon ..! Suis je une exception ? Peut être allez vous découvrir que vous aussi faites partie de ce1% de la population touché par ce phénomène étrange. Un exemple Kandinsky, lui "voyait "les couleurs dans la musique et la mélodie devenait un tableau!
C'est donc en toute logique que je vous propose dans ce blog mes symphonies textiles



