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lundi 6 juillet 2026

: TAPA, MARO, KAPA, LUBUGO : UNE GRANDE FAMILLE

 Tapa à Wallis et Futuna, kapa à Hawaï, masi dans les îles Fidji,  maro sur les rives du lac Santani


S'il s'avère que les peuples d'Océanie' soient  passés maitres dans l'art et la maniere de transformer  la sous- écorce (liber ou phloème)     conductrice de sève, de certains mûriers en une matière qui se rapproche physiquement d'une étoffe, ils ne sont pas les seuls sur notre planète, à exploiter l'écorce d'un arbre. Il existe en Afrique  plus précisément en Ouganda le lubugo, un barkcloth  obtenu à partir de l'écorce du figier Mutaba (Ficus natalensis)  

La fonction de ce matériau  était  primitivement  une protection vestimentaire  (pagne ou ceinture)  ou un article rituel  utilisé  pour envelopper le corps des défunts. 

Les peuples du pacifique décorent ces étoffes végétales   de motifs géométriques,  abstraits ou avec des représentation très concrètes de la faune, la flore. Autrefois cette activités  faisait partie du quotidien, il y avait une destination  adaptée pour chaque  dimension de tapa :   moyenne ou petite   ils étaient utilisé pour fabriquer   besaces, ceintures ou ponchos, capes. Les plus grands modèles richement décorés servaient de costumes d'apparat et parfois, de linceul pour envelopper le corps des défunts
Aujourd'hui  ces écorces font  partie du folklore et sont  a utilisées pour la décoration des costumes de parade ou pour des article destinés aux visiteurs étrangers





 J'ai visité un petit village tribal installé sur une île au milieu du lac Sentani, un lac tropical situé dans la partie indonésienne de la Nouvelle Guinée, et j'ai pu  observer des femmes qui fabriquaient un maro


                             


Cet artisanat est devenu un commerce florissant. La qualité de la production locale est reconnue dans le pays et les points de vente se multiplient en Papouasie, et sur l'ile, les maros sont destinés  aux touristes qui visitent ce village de pêcheurs et aux costumes pour les danses traditionnelles.


J'ai fait mon choix : des marques pages en écorce de mûrier , original non?



Ce commerce est un moyen d'enrichir le village, de faire connaître leur culture et de perpétuer un savoir faire traditionnel.

Après les danses traditionnelles de la cérémonie d'accueil,  je suis allée dans les coulisses pour  observer de près les costumes

Tapa ou maro, c'est un produit difficile à décrire lorsqu'on ne l'a jamais eu entre les mains. Ce n'est pas un tissu puisqu'aucun fil n'entre dans sa fabrication. Bustier, ceinture, pagne, tout est fait en écorce de murier. La matière est similaire à un feutre assez fin, la fibre est "tassée" dense, et légèrement cartonneuse. Elle n'a pas la souplesse d'un tissu, mais il est possible de l'utiliser pour "construire" des vêtements aux formes géométriques, comme des rectangles, des carrés ou des triangles.






Le lac Santani  un mot magnique qui se traduit par " nous vivons ici en paix"est le plus grand de la Papouasie sur lequel  sont disséminés  22 ilots dont pour certains  sont occupés par des villages lacustres avec des maisons sur pilotis
Sur l'ile, le travail de l'écorce de mûrier est réservé aux femmes, mais ce sont les hommes qui vont couper les mûriers dans la foret avoisinante, de préférence à la pleine lune afin que la sève soit  mieux répartie dans le tronc, afin de faciliter les opérations suivantes.

Même les barques sont décorées avec les motifs traditionnellement destinés aux maros

Ensuite, le tronc sélectionné est fractionné en "tronçons" pour être transportés  plus aisément dans une  barque  à proximité du village. Le bois restera dans les eaux du lac  quelques jours afin de faciliter la séparation de l'écorce.




Le bois se travaille encore humide, la buche est raclée afin de dégager la partie tendre du bois : le phloème. Une fois le bois entaillé, débute l'épluchage. La feuille séparée du bois est battue longuement afin de l'assouplir et de lisser sa surface. Il en résulte une feuille blanchâtre qui séjournera encore quelques jours dans l'eau. En ressortant, elle ressemble à une peau de chamois, la couleur a viré au brun et la texture a acquise une souplesse étonnante. La feuille est mise à sécher au soleil avant de pouvoir être décorée avec des pigments naturels : ocres, blancs ou noirs. Après cette suite d'opérations le maro ou tapas est enfin prêt.


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