Ce blog est le reflet de mes passions : l'art , l'histoire, le textile et les voyages . Dans chaque post je vous dévoile mes impressions, je vous confie mes émotions, et je partage avec vous mes rencontres et mes découvertes. Curieux, amateurs, novices passionnés par les étoffes soyez les bienvenus dans mon univers. Tous les articles de ce blog sont COPYRIGHT Aucune publication sans mon autorisation. Catherine Kouliche- Goldman
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mes tissus
lundi 11 juillet 2011
Encore un voyage
Cet été je pars à la rencontre des artisans de Madagascar. Promis je rapporterai des tissus et des photos. On se retrouve en septembre pour partager mes découvertes.
vendredi 8 juillet 2011
Une fugue textile. Un joi moment à partager entre amis
| jamais vraiment triste parce qu'après la pluie le beau temps et l'arc en ciel est la première note d'un univers coloré qui appartient aussi au monde des tissus. |
Ce sont les parisiens qui font Paris et les voilà sur les routes, dans les avions, visitant les autres capitales, vagabondant dans les prairies du bout du monde, se passionnant pour les animaux de la savane. Ils désertent cette ville vidée de son âme.
Les rues sont tout de même bruyantes, les monuments bondés, les théâtres vides. Comme la vraie vie me manque dans ma ville. Il y a du monde, des visiteurs, des gens de passage. Cette foule peuple les rues, les musées, les bus, mais elle est fantomatique. Aujourd'hui ici, demain ailleurs, et moi Paris je l'aime tout le temps. Si Paris au mois d'Août est une récompense pour ceux qui restent ou pour ceux qui viennent découvrir ses trésors, moi j'attends avec impatience le mois de septembre, pour retrouver son authenticité.
J'ai décidé de colorer cet univers quelque peu déshumanisé, avec du rêve, des matières et de sons bien inhabituels. C'est une divagation musicale, composée de notes tirées de mes plus beaux souvenirs textiles. Et pour débuter, c'est une véritable symphonie que nous joue la soie.
Cependant, la soie nous réserve bien d'autres surprises. Un rien snob quand elle brille de tout ses feux, quand elle fait son grand jeu, quand elle est soliste et c'est le satin duchesse
| tissus somptueux, rare, sensuel, luisant dans les plis duquel on peut se perdre à jamais |
L'instrument qui tient la note c'est le saxophone. Noble, grave, élégant, renvoyant la lumière avec maestria, et vivant grace au souffle du musicien.
La soie peut nous étonner en prenant des airs de pauvresse avec la bourrette, matière souple mais endormie, inerte, lourde, granuleuse ou lâche, et c'est le grondement sourd du tambour qui résonne. Il prend de la place, mais souvent situé derriere, derriere les violons, derriere le piano, au fond, oui mais on l'entend, on le reconnait, et il sait se faire entendre. La bourrette pourrait parfois se confondre avec du coton, elle se cache dans le rayon de la soie, mais on la reconnait , et l'amateur fait la différence. C'est une soie sans chichis, pas d'effet, pas de reflet, pas de brillance, la nature au naturel, pas de maquillage, la soie brute , le sens de l'esthétique sans artifice. Une note étouffée mais présente.
La soie peut nous étonner en prenant des airs de pauvresse avec la bourrette, matière souple mais endormie, inerte, lourde, granuleuse ou lâche, et c'est le grondement sourd du tambour qui résonne. Il prend de la place, mais souvent situé derriere, derriere les violons, derriere le piano, au fond, oui mais on l'entend, on le reconnait, et il sait se faire entendre. La bourrette pourrait parfois se confondre avec du coton, elle se cache dans le rayon de la soie, mais on la reconnait , et l'amateur fait la différence. C'est une soie sans chichis, pas d'effet, pas de reflet, pas de brillance, la nature au naturel, pas de maquillage, la soie brute , le sens de l'esthétique sans artifice. Une note étouffée mais présente.
C'est un bouquet plus calme, mais tout aussi abstrait que l'on obtient en manipulant des lainages. Des notes sourdes, chaudes, presque un murmure dans la brume.
Et si d'un coup vous déchirez un morceau de laine cardée, épaisse, mœlleuse, légère, alors c'est à l'oreille une note qui flotte, et qui, comme une plume, virevolte avant de s'évanouir. C'est le moment de prendre le violoncelle, le trombone, avec un soupçon de harpe.
C'est le tissu le plus silencieux que je connaisse. Jamais un mot plus haut que l'autre, jamais rien. Non vraiment pas un bruit ne sort de ses entrailles, il est muet mais sa présence est un bonheur de douceur. On le devine plus qu'on ne le voit.
Dans un joyeux désordre, tout l'orchestre frissonne, les tissus retombent sur le sol, les uns mollement les autres vivement, certains ont peine à atterrir et planent dans un brouhaha qui me réveille. J'ai les oreilles délicieusement amusées, les yeux éblouis par les couleurs, et les mains occupées à ramasser ce que j'ai éparpillé sur le sol de la boutique.
mardi 5 juillet 2011
lundi 27 juin 2011
Just do it
Si l'on veut faire tout ce qu'on doit, on a plus le temps de faire tout ce qu'on aime. Sauf si ce que l'on aime faire coïncide avec ce que l'on doit faire.
samedi 18 juin 2011
La mémoire de tissus dans tous les sens n°5
Une dernière fois je vous propose d'aller à la rencontre sensitive des étoffes, en mettant en œuvre un des sens qui n'a pas encore été utilisé
L'EXPERIENCE VISUELLE
La vue
La vue
C'est la plus évidente, celle à laquelle on fait appel généralement, les souvenirs d'une robe fleurie, d'une couleur d'une blouse d'école,( la mienne était bis, avec mon nom brodé en rouge sur le haut de la poche) que nous détestions mais dont le port était obligatoire jusqu'en 1968 obligatoire), l'éclat une tunique en soie.Je suis certaine que vous aussi vous pourriez trouver des dizaines d'exemples, des moments magiques où la vue d'une étoffe s'imprima dans votre mémoire.
Le tissu nous le découvrons bien évidemment avec les yeux. Et même si aujourd'hui le catalogue des s textiles est réduit à sa plus simple expression, il est aisé de différencier au premier ou au second coup d'oeil, un lainage d'une soierie, et un lin d'un polyester d'un simple regard. Ce qui nous renseigne s'est la manière dont un satin se joue de la lumière , c'est le grain hirsute d'un lainage cardé, c'est le tomber magique d'un crêpe, c'est les plis cassant d'un taffetas, c'est la côte qui grimpe à 45° sur l'endroit d'une gabardine, c'est l'entrecroisement régulier des fils de trame et de chaine d'une toile. Le regard est un élément de vente pour les fabricants de tissus et les couturiers. Dans un défilé de mode, c'est à la vue de l'assistance que l'on s'adresse, bien que parfois c'est l'ouïe qui est agressée par l'ambiance sonore. Dans les magazines mode les photos sont très élaborées, le rendu des étoffes est mise en scène de manière à vous convaincre, vous subjuguer, vous impressionner et tout cela passe par la vue.
La vue c'est le contact le plus simple et pour terminer en beauté ce chapitre voici une petite expérience qui requiert un instrument indispensable pour tous ceux qui s'intéressent au tissu : un compte fil. En regardant un morceau de tissu à travers ce petit appareil vous allez voir l'invisible, vous aller découvrir l'infiniment petit, vous allez comprendre le tissu, et parfois c'est un extraordinaire spectacle qui va vous ravir la vue.
Maintenant grâce à vos cinq sens vous allez pénétrer dans cet univers textile si quotidien et finalement si mystérieux, qui de la naissance à la mort, du soir au matin, du jour et de la nuit nous accompagne
Faites vous votre propre opinion, cherchez dans votre mémoire les souvenirs textiles et fabriquez vous points de comparaison, constituez votre musée textile personnel et parlons en.
jeudi 16 juin 2011
la mémoire de tissus dans tous les sens N°4
L'exploration des tissus continu avec vos sens. Aujourd'hui vous allez découvrir la saveur des étoffes.
L' EXPERIENCE GUSTATIVE
Le goût
Une dégustation textile est une chose qui pourrait sembler excentrique et pourtant...
Je vous dévoile une jolie recette que vous pourrez utiliser en lieu et place d'un jeu de société par un après midi pluvieux où lors d'une soirée entre amis. Distribuez une assiette garnie par personne. Vous y aurez préalablement disposé quatre ou cinq échantillons de tissus en soie, laine cardée, lin, coton, chanvre. Des morceaux découpés en forme de carré, rectangle, cercle et de couleurs différentes juste pour flatter le regard. Choisissez des tissus de textures différentes pour faciliter le test à l'aveugle.
Il ne faut pas toucher les tissus avec la main, parce que la reconnaissance tactile pourrait tout fausser. Je vous laisse trouver une solution . Une fois l'échantillon de tissu placé sur la langue il reste à chacun décrypter le textile avec les papilles. Bonne dégustation
Je vous dévoile mes propre réactions, cependant tout cela est très subjectif puisque lié au type de tissu et à la sensibilité de chacun. A vous de jouer.
Un morceau de laine cardée sur la langue, tissu pétillant et ces milliers de picots chatouillent les papilles. La saveur? douce
La soie, adhère sur la langue, comme de la barbe à papa, au bout de quelques instants, la consistance du tissu disparaît.
Le coton lui, humidifié par la salive conserve sa tenue et selon l'importance des apprêts c'est un goût âpre, ou insipide, le coton habite son espace, on le sent.
Le lin se déguste comme une gourmandise, il est légerement sucré.
Le chanvre, non on ne le fume pas, on le pose sur la langue, on peut le mâchouiller éventuellement. L'image liée au chanvre influence notre cerveau . Pour moi le chanvre c'est une fibre végétale associée à l'herbe, au jardin, à la nature. J'ai l'impression curieuse d'avoir un brin d'herbe fraîche dans la bouche et rien d'autre ou presque je vous l'assure.
mercredi 15 juin 2011
La mémoire de tissus dans tous les sens N°3
L'EXPERIENCE TACTILE
Le toucher
Comptons sur nos doigts et nos mains pour découvrir d'autres sensations textiles. Par exemple le velours
ce tissus dont on parle pour sa douceur, certaines personnes ne peuvent absolument pas le toucher. C'est une répulsion immédiate semblable au grincement provoqué par la craie sur un tableau noir qui indispose tant de monde.
Toucher un crêpe satin de soie, caresser une soie, c'est un plaisir, c'est une joie, c'est une récompense pour moi qui évolue toute la journée dans un univers textile. Son toucher est étrange, il glisse comme un anguille sous les doigts, il est indiscipliné, muet. Passer la main sur la surface lisse et froide d'un taffetas c'est c'est un peu toucher de la porcelaine par contre le taffetas lui. Manipuler le taffetas n'est pas chose facile, il est raide, volubile, cassant et lisse comme une peau de bébé. Sous les doigts sentez les côtes et les creux qui rythment la surface d'un twill.
La laine peignée sera froide au toucher, et plate, sans relief, par contre la laine cardée plus épaisse chatouille la paume, réchauffe les doigts, et parfois provoque de légers picotements sur le dessus de la main si vous êtes allergiques. Pour tous ceux qui ne supporte pas les petits poils de la laine sur leur peau, je conseille la laine d'agneau ou le cachemire. Un joyau qui ne demande qu'à vous réchauffer. Sa texture contredit son efficacité il est doux, gentil, délicat et d'une efficacité redoutable, le plus chaud et le plus léger de toutes les fibres textiles. . Mettez dans une main une écharpe en laine et dans l'autre une écharpe en cachemire, le poids vous guide, mais la chaleur vous renseigne sur la matière. C'est un souffle sur la main, une brise, un rien qui fait tout, une caresse.
Reconnaitre un seersucker au toucher, "fastoche" ce tissu dont le nom signifie en hindi sucre. Sa surface est reliéfée, bosselée comme j'imagine un paysage lunaire.
Il est des étoffes dans lesquelles on a envie de se rouler, avec lesquelles on rève de se fabriquer un cocon, ce sont des tissus tactiles positifs, par contre il est des tissus qui sont techniquement parfaits mais qui n'incitent pas au rève. Ainsi le polyester il est rêche sous les doigts, le lin est frais au toucher, la ramie elle est froide, et puis et puis l'acrylique qui imite si bien la laine que les yeux fermés, il est difficile de les distinguer simplement au toucher, et ici je ne mentionne pas les mélanges, inutile alors d'essayer. L'imagination n'est pas excitée par leur présence, et les sensations tactiles engendrées par ces fibres textiles sont quasiment inexistantes
en tant que professionnelle, le toucher est important dans le choix d'un tissu. La décision de l'acheter ou de laisser va souvent dépendre de sa main justement, c'est à dire qu'un tissu peut être, creux, inerte, plat, mort, ou bien vif, nerveux, souple, présent. La main est un élément clé dans le jugement qualitatif.
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