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vendredi 1 novembre 2013

UN NOUVEAU SERVICE : COMMANDER DES ECHANTILLONS C'EST POSSIBLE

Que vous soyez, professionnel, particulier,débutants, expérimentés, élève,professeur, styliste, costumier, membre d'une association folklorique vous ne trouvez pas de tissus dans votre région et vous n'avez pas l'occasion de venir dans la boutique De Gilles parce que vous n'habitez pas à Paris ou parce que vous n'avez pas envie de prendre le train ou la voiture et d'affronter les embouteillages de la capitale, peut être tout simplement parce que n'avez pas le temps ou parce que De Gilles Tissus est  fermé le samedi, ou pour toutes autres raisons, alors  je vous propose un nouveau service. 

Comment ça marche : par courriel (degillestissus@free.fr), par courrier 
(De Gilles tissus 156 rue de la roquette 75011 Paris), ou par téléphone 
(01 43 72 27 43)  You can also get in touch with me in English
Vous m'expliquez votre projet, vous détaillez votre demande. Décoration ou habillement, modèle choisi, qualité du tissu, couleur, métrage, ou bien vous pouvez laisser à l'équipe De Gilles la liberté de choisir pour vous et de vous conseiller pour le choix des étoffes et les métrages. Vous pouvez également m'adresser un échantillon ou une photo du tissu ou du modèle que vous désirez reproduire ce qui simplifie votre travail et me permet d'aller au plus vite au plus juste. Je ferai mon possible pour satisfaire vos demandes aussi difficile que cela puisse être. 




Si  j'ai en stock les produits qui semblent correspondre à votre recherche, je vous le confirme par mail avec  les quantités disponibles, le prix au mètre etc... 


sur les deux niveaux et les milliers de rouleaux il y a surement le tissu que vous cherchez 

Si vous désirez continuer mais ne pas commander les yeux fermés, je vous envoie des échantillons.

Ce service est payant  : 15 euros (4 ou 5 échantillons). Cette somme sera déduite de toute commande d'un montant minimum de 150 euros. Si après avoir reçu les échantillons votre choix se concrétise sur l'un d'entre eux, il suffit de nous avertir afin que le tissu soit réservé. Ensuite vous recevrez votre commande par colissimo dès réception du règlement (par chèque ou virement).
de la tige du lotus royal qui pousse sur le lac Inlé, les mains expertes des ouvrières
birmanes vont extraire des fibres qui donneront un des tissus les plus rares de la planête 

En vous adressant à De Gilles Tissus vous optez pour la qualité et l'originalité.  Sachez que la majorité des soieries  proposées dans la boutique sont made in France (Lyon). Depuis plus de 30 ans je m'efforce de satisfaire une clientèle hétéroclite, de répondre aux  demandes les plus pointues, en allant à la découvertes des derniers artisans textiles du Bouthan au Sulawesi en passant par bien d'autres régions. Bien sûr les photos ne peuvent pas tout dévoiler d'une étoffe, alors un jour ou l'autre j'espère avoir l'occasion de vous recevoir dans ma boutique et de vous faire découvrir mes tissus du monde. 
En attendant sachez que mon équipe et moi-même avons à cœur de relever les défis et j'avoue que trouver l'introuvable est, pour moi, un moment de bonheur. Alors n'hésitez pas, si vous recherchez un tissu spécifique, oublié, celui de votre enfance, celui de souvenirs heureux, vous voulez refaire ce pantalon que vous avez adoré, mais qui est usé et vous ne trouvez pas le bon tissu,vous voulez du rouge et la mode est au vert, De Gilles Tissus c'est un petit musée de ce qui s'est fait, de ce qui ce fait, et de ce qui se fera... De l'emblématique Bengaline un mélange laine et soie au très contemporain latex le choix est vaste,  aussi varié que la clientèle.  
Je souhaite que ce nouveau service rencontre votre adhésion et facilite vos achats. 

vendredi 18 octobre 2013

Les tissus De Gilles disponibles sur le net ? Pourquoi pas

Et si vous pouviez commander les tissus De Gilles en les visualisant sur le site ou le blog, cela vous intéresserait il?
A suivre sur : un nouveau service, commander des échantillons de tissus....

mercredi 16 octobre 2013

BILLET D'HUMEUR :AVENTURE GUSTATIVE D'UNE FOODIE CHEZ MARC VEYRAT




Ma passion pour les étoffes ne se dément pas, mais à cette innocente activité s'ajoute celle, très épicurienne, des découvertes gastronomiques.
Gourmande ? Gourmet ? Non! J'adopte le  mot Foodie qui me sied,  du quasi sur-mesure.
J'aurais pu utiliser un mot français mais  je m'aperçois qu'il n'y a pas de féminin à gourmet. J'ai cherché en vain et, comme gourmande est un terme trop restrictif, il faudrait associer gourmet et gourmand . Une  gourmette gourmande n'est pas aussi efficace que  foodie,  plus subtile que gourmet, plus  nuancé que gourmande, en un mot plus explicite.
Gourmande de saveurs, touriste culinaire, boulimique de voyages mais aussi curieuse, aventureuse, découvreuse, gastronome, en fait une passionnée voilà tout cela résumé en un mot Foodie.
Si je me déplace à l'autre bout du monde pour dénicher un tissu en fibre de lotus dont j'ai entendu parler,  je suis tout aussi capable de faire des kilomètres à pieds, à cheval, en voiture et plus si affinités... pour découvrir des saveurs nouvelles, un savoir faire hors du commun, un monde culinaire qui n'a rien de commun avec la mondialisation, un univers créatif, qui souvent cache un individu aussi passionné que passionnant.
Ma plus récente aventure c'était samedi. Partie de Paris Samedi matin, enfin partir est un bien grand mot,  ce fut une tentative d'échapper à la capitale, mais avec moult difficultés. Embouteillages, déviations, travaux, accidents, enfin au bout de trois heures Fontainebleau était à l'horizon. La route pour Manigod était bien longue encore. Faire 680 kms pour aller dîner dans une maison des bois c'est un défi, c'est déraisonnable mais comme c'est délicieux d'aller au bout de ses rêves.



Un diner dans le nouveau lieu de Marc Veyrat ça se mérite, dans tous les sens du mot.  Aucun panneau, aucune flêche, aucune adresse pour nourrir le GPS qui panique, dans un village qui s'étend sur plusieurs kilomètres. La route est bordée de magasins et de pensions de famille, de tables d'hôtes, de patisseries,  d'hôtels au nom de Veyrat. Je suis sur la bonne voie, pas complètement perdue dans ce milieu hostile car il neige abondamment et je n'ai pas prévu les chaînes pour la voiture à propulsion (comprenne qui pourra)
Malgré un anonymat de convenance, un jeu de piste sans piste je suis arrivée dans le monde de Veyrat.
Le nouveau  projet de Marc Veyrat a pris forme : le restaurant, la fondation, l'école de cuisine et le studio de télévision, la petite chapelle, le four  à pain, l'amphithéâtre, le parcours botanique... tout y était, juché au sommet du col de la croix- Fry. 



Un manteau  de neige recouvrait la totalité de ce hameau traditionnel tel un  joyau dans un écrin virginal. Une robe blanche naturelle pour un baptème (le restaurant est ouvert depuis septembre) qui eut pu rêver plus juste costume?  

La foodie était aux anges, une arrivée à pas feutrés, enfoncent ses bottines délicates dans une neige fraiche, divine surprise.
Nous voulions arriver à la maison des bois avant la nuit, la découvrir à la lumière du jour. Alors après trois essais vaincs, nous fûmes guidés par notre hôtelier un autre cousin veyrat.



Le lieu était à la hauteur de mes espérances. Simplissime  et naturel. Le bois dans tous ces états, du sol au plancher, vieilli, ciré, verni, naturel, partout il est présent. L'alliance de la chaleur du bois avec le métal et le verre donne une résonnance particulière à ce lieu emprunt d'une rusticité très très revisitée. Pour la note contemporaine on remarque l'alliance du bois avec le verre et l'inox, Ce détournement du passé se retrouve  aussi dans le choix des produits du terroir utilisés avec maestria par Marc Veyrat dans son menu unique et imprévisible.  

Il accueille les convives comme des amis, et n'hésite pas à  partager leur table si ce n'est partager leur repas. Ici nous sommes dans la salle de restaurant mais juste derrière se trouve la salle de bain du propriétaire des lieux qui jouxte sa chambre. Il habite vraiment ce lieu.

Dans la réussite architecturale de ce projet, il convient de ne pas oublier les artisans locaux qui on su insuffler à partir de ce matériau empirique qu'est le bois une âme à cette demeure. Leur présence est visible dans la manière dont les poutres sont taillées, ajustée, dans l'irrégularité du plancher, la trace de leurs gestes précis et sûrs sont comme des fossiles prisonniers des poutres, des planchers, des murs.



Ici tout est "luxe, calme et volupté" mais un luxe qui n'a rien d'ostentatoire . Il se ressent instinctivement surtout  pour la citadine que je suis. 

J'apprécie  outre l'ambiance feutrée, l'espace, et le temps de prendre son temps  silence,  la façon dont Marc Veyrat reçoit chacun des convives,amicalement, chaleureusement un peu comme on reçoit à la bonne franquette de vieux amis. Cela dit,  la vérité n'est pas si éloignée, car tard dans la soirée, très tard, après le diner ce fut monsieur  Veyrat qui  au volant de sa voiture nous raccompagnât  jusqu'à notre hôtel, quelques virages plus bas car la neige n'avait pas cessée de tomber et la route était impraticable pour des non- initiés à la conduite sur verglas et poudreuse.
 Le soir venu, la maison des bois scintillait comme un ovni posé sur le sommet d'une montagne.  Image magique et cinématographique. Une petite chapelle en bois accueille les hôtes avec bienveillance sur le passage. 
Une vingtaine  de foodies ayant  eux aussi bravé les intémpéries. De parfais inconnus  avec  en commun la recherche de l'exception culinaire.


La nuit venue la vingtaine de convives se retrouva devant l'âtre, réconfortant . Une soupe de châtaigne y somnole dans un récipient en fonte, doucement réchauffé par des buches qui de temps à autre crépitent de joie.

L'imagination de chacun était en éveil.  A quelles sauce allions nous être mangé ?  Quelles rencontres gustatives insoupçonnées nous seraient proposées,  bien que nos  papilles soient préparées  à des réjouissances abstraites, comment allaient-elles réagir ?  Quelles saveurs nouvelles allaient nous surprendre ? Quelles substances licites mais inconnues allait régaler notre estomac ?  Comment  Marc Veyrat allait-il s'y prendre pour  réveiller nos sens somnolents ?
 Nous étions ici par la force de notre curiosité et nous n'en sortirons que par la fin d'un festin après  une explosion d'idées, des assemblages de couleurs, des mélanges d'ingrédients méconnus, le tout présenté dans une vaisselle créée pour chaque plat par la femme du maître de maison, Caroline Raphaneau
Ici je tire mon chapeau à l'homme au chapeau noir qui nous fit  cinq heures durant les honneurs de sa "modeste demeure", en nous offrant un cadeau inoubliable dont nos papilles et nos yeux se souviendront longtemps avec émotion.
pour un diner minéral, c'est un bon début.

 Une profusion de textures nouvelles,  une succession d'idées ludiques comme cette tartiflette virtuelle, un phénoménale bluff qui fait disparaître des pâtes au beaufort dans un bouillon d'herbes... Cette cuisine minérale se termine par une explosion de saveurs. C'est un voyage immobile physiquement mais moralement il nous mène loin dans la découverte des saveurs.



Ce cacher sans se cacher des médias, habiter son lieu de travail, recevoir dans son univers de parfaits inconnus c'est se faire douce violence.
Cabotin certes, un caractère bien trempé certainement et artiste sans aucun doute.
Entre le sculpteur le peintre et le conteur, monsieur Veyrat est le chef d'un orchestre qui ravit le goût, la vue, le toucher et l'ouïe.
Il nous fait découvrir sa région à travers les saveurs de la végétation, il fait revivre son enfance  avec des souvenirs culinaires. je ne vous dévoilerai pas ici les secrets de ses petits plats mitonés avec malice, mais j'en garde un goût d'enfance délicieux.



Un diner, plutôt un spectacle dans lequel le consommateur est acteur et Marc Veyrat le héros. Un parcours gastronomique ludique.
 Cet homme est un artiste tout comme le fut Picasso. Il possède les notions élémentaires de la cuisine, il  en maitrise les principes et à partir de là, il élabore des recettes.
Il ose des confrontations audacieuses comme le yaourt et le fois gras,  il suscite la curiosité avec une tarfiflette revisitée dans une brique de lait



il fait pleurer dans les chaumière avec son assiette quaisi vide et un morceau de pain dur



 et puis, l'homme des bois redevient un gamin gourmand en proposant des roudoudous maison, il ne manquait que le mistral gagnant.
C'est du grand art, et sa palette est vaste, elle oscille entre le classicisme et l'abstraction en passant par l'expressionnisme. C'est sa vie qu'il nous raconte avec son moyen d'expression favori : les produits de son terroir, il manie le cru et le cuit avec élégance,   il utilise les herbes sauvages, il fait des  émulsions une fanfare pour le palais , ses mélanges de texture sont des poèmes, les amalgames    sont des troublions à l'ordre public. Les légumes, les fruits, les poissons sont sa plume, son pinceau, ses mots . Ce vocabulaire inattendu est pour lui le moyen de nous conter son enfance, sa famille, sa réussite professionnelle. Avec son 20/20 et ses 3 étoiles, son parcours difficile, son accident. Comme tout artiste, il met dans ses créations une grande part de lui même,   ses sentiments, ses joies et ses peines, ses réussites et ses échecs. Fondamentalement,  il recherche votre approbation, il n'a plus rien à prouver, ni à lui ni aux autres mais il aime qu'on l'aime. Il ne cherche plus la reconnaissance des ses pairs,  désormais il est libre. Son ciel étoilé lui suffit, pas la peine d'en rajouter sur les menus, d'ailleurs question de confiance, il n'y a pas de menu. Il veut être lui même et apprivoiser des inconnus en les prenant par les sentiments culinaires. C'est une réussite!
Demain, il le rêve tout éveillé grâce à sa fondation. Il estime que la transmission est nécessaire non pas celle des recettes mais celle d'un équillibre, d'un savoir vivre naturel, pas forcément bio mais bon,  apprendre à se nourrir c'est vital. A travers son association il  veut éveiller les consciences   surtout celles des enfants, apprendre à   choisir les produits, privilégier les légumes, savoir les préparer, et prendre du plaisir à  manger bien.  C'est son défi d'aujourd'hui pour un demain gourmand.  



La famille joue le jeu, madame fabrique les assiettes la vaisselle, les cousins font les fromages, et lui le chef orchestre  cet ensemble avec une joie non dissimulée. Ce bonheur, cette liberté retrouvée il en fait cadeau à ceux qui viennent jusqu'à lui. Il   orchestre une symphonie culinaire qui résonne encore à mes oreilles. Grandiose repas, gigantesque créatif. 
Je sais que Monsieur Veyrat n'a pas besoin de publicité,  ce lieu fait déjà salle comble, mais j'ai eu beaucoup de plaisir à mettre en mots  mes impressions, et si j'ai pu  vous faire partager ce moment d'exception alors j'en suis ravie.


lundi 30 septembre 2013

DES MILLIERS DE BOUTONS

métal orA 
DES MILLIERS DE BOUTONS
DE TOUTES LES COULEURS
DE TOUTES LES FORMES
DE TOUTES LES TAILLES
DE TOUTES LES MATIERES
 .....OU PRESQUE
GRAND CHOIX DE BOUTONS ET DE BOUCLES DES ANNEES 60/70/80
VENDUS A LA PIECE, EN LOT, PAR CARTE, AU POIDS....


N'HESITEZ PAS A DEMANDER CE QUE VOUS NE TROUVEZ PAS EN RAYON, NOUS NE POUVONS PAS   TOUT EXPOSER


métal argent



de la nacre blanche, grise, rose, bleue.....


des boucles en cuir, skaï, plastique, corne, métal

boutons en verre

boutons en métal





118 références de boutons avec ancres de marine





en passementerie
Ajouter une légende
encore plus de boutons dans les réserves
une boite pour les collectionneurs
des boutons  à queue flexible... toute une histoire

des boutons des années 69/70 sur cartes








lundi 23 septembre 2013

QUESTIONS/REPONSES

CE POST EST DESTINE AUX PERSONNES  QUI POSENT DES QUESTIONS NECESSITANT UNE REPONSE DE MA PART.
MERCI  DE ME LAISSER UNE ADRESSE E-MAIL  A LA FIN  DU COMMENTAIRE AFIN QUE JE PUISSE VOUS DONNER UN CONSEIL OU UN AVIS LE CAS ECHEANT.

jeudi 12 septembre 2013

PARLEZ VOUS CHIFFONS?

En cette rentrée, je suis d'humeur badine et j'espère que ces quelques lignes vous donneront une vision différente des tissus qui sont l'âme des vêtements qui vous habillent et vous protègent quotidiennement ou occasionnellement.
Du doudou au linceul les étoffes nous accompagnent  ;  toujours prêtes à accueillir nos peines ou nos joies, elles offrent leur texture , leurs odeurs, leurs couleurs pour y enfouir nos souvenirs.

Non! Parler chiffons ce  pas"causer de choses  futiles " définition trouvée dans le dictionnaire Grand Larousse en 5 volumes de 1987!  Ce n'est pas non plus "une affaire de femmes" et si parler aux "chiffons" c'est un défi alors moi je  le relève ici et ailleurs, dans mes armoires, mes placards et bien évidemment  dans mon magasin. Ce n'est sans doute pas par hasard que je côtoie ces produits depuis plus de vingt cinq ans avec toujours autant de passion, de conviction et de curiosité et de bonheur. Je vous souhaite d'avoir autant de joies en découvrant les richesses de l'univers textile.

Chaque jour, le choix d'une tenue s'impose qu'il s'agisse de se vêtir pour aller travailler, pour une soirée, pour faire du sport, pour tout et pour un rien, il faut toujours protéger notre corps avec un vêtement. Alors pourquoi ne pas donner un petit nom aux  éléments  de notre garde robe  ? Je pendrais volontiers pour ma soirée un peu de froufrou avec un soupçon d'enfance.
Une manière nouvelle de faire du shopping dans votre armoire, et de personnaliser vos tenues.  A vous de trouver le vocabulaire adéquat pour votre vestiaire. C'est plus amusant de choisir un week- end aux champs et une aventure à Bali que de passer une veste en Tweed et d'un pantalon en coton !

Accoler des mots, des expressions, des noms à tissus dont sont fait nos vêtements, pouvoir nouer des relations verbales avec  une étoffe c'est se réinventer un univers , c'est jouer perso. Ce  dialogue muet peut être tellement réconfortant les matins d'hiver quand la nuit n'a pas encore cédé sa place au jour, et que l'on doit choisir sa tenue pour la journée... Un peu d'humanité dans le dressing et pourquoi pas? Saviez vous que chiffon en anglais désigne une mousseline de soie, étoffe précieuse et si difficile à travailler.

Les fleurs, les couleurs, les pierres précieuses ont leur langage, alors pourquoi pas les tissus ?
Le choix d'une tenue a toujours une signification. C'est un message que l'on envoie à l'autre aux autres. Je suis contente et j'éclate de couleurs, je suis triste et je m'habille d'ombre, je suis à peine réveillée et je porte un pull à l'envers, je suis pressée et ma chemise n'est pas repassée... Le langage du vêtement est universel, mais celui des étoffes est codé, secret, indiscret . Si vous portez un pantalon de coton et un pull en laine vous l'aurez décidé ainsi, mais pour quelles raisons obscures? Ca c'est votre secret. La matière qui vous colle à la peau c'est un choix qui n'est pas innocent, qui correspond à un instant, à  un sentiment, à une humeur. Songez y la prochaine fois que vous décrocherez telle robe plûtot que telle autre. J'aime  mêler chiffon et sentiment. D'ailleurs j'en ai fait mon métier.

Je vous livre ici un florilège basé sur la vision de quelques hommes dans les années 50.  Joli sujet rarement repris depuis. Voilà une idée à creuser pour les journalistes en 2013.
Résultat pour le moins surprenant et tellement imaginatif. Force est de constater qu'à cette époque, les tissus étaient "nominatifs" et que les hommes connaissaient les étoffes. Essayez aujourd'hui de poser les mêmes questions aux hommes qui vous entourent. Je ne sais pas si les réponses seraient aussi pertinentes.

On commence ? Allons y !
Alpaga = fraîcheur Cotonnade = aventures à Bali Crêpe =  souplesse Dentelle = sensualité Drap de laine = sérieux Ecossais= bag-pipers Faille = Orgeuil Fil à Fil = petit homme Flanelle = flirt matinal  Foulard= peau de pêche Gabardine= invitation au voyage  Gaze Aleoutienne = volupté exotique Grain de poudre= netteté Imprimés = jardins
Nylon =jambes Organdi = premiere communion (la fille) Orgaza = premiere communion (la mère) Piqué = soleil Poil de chameau = luxe Rayonne = prix abordable Satin = sex appeal Taffetas = frou-frou Toile = vacances Tricot= abandon Tulle= premier bal 
Tweed = week -end aux champs Velours = somptuosité Velours cotelé = pantalon de charpentier.

Je me suis soumis à cet exercice dont voici le résultat. Il est vrai que chaque tissu évoque pour moi,  non seulement une image, mais aussi des saveurs, des sentiments, des souvenirs et de mes rêves et je pense avoir mêlé voir emmêlé les uns avec les autres. Mais c'est mon assaisonnement personnel, justifié par ce besoin de personnaliser les étoffes dans un monde ou tout est pretexte à généralisation.
Shaekespeare n'a t il pas écrit dans "La tempête " :" Nous sommes faits de la même étoffe que les songes et notre petite vite un somme la parachève".

Alpaga = rencontre andine Cotonnade = sobriété Crêpe = silence  Dentelle = transparence  Drap de laine = duffle- coat à boutons sifflets  Ecossais = Loch Ness Faille = un luxe rare

Fil à fil =  éternel chic masculin  Flanelle = soleil d'automne Foulard = bcbg 
Gabardine =  sans risque Gaze Aleoutienne = dictionnaire Grain de poudre = noir évidemment Imprimés = journaux Nylon = XXe siècle Organdi =  innocence 
Organza = ingénue Piqué = été Poil de chameau = camel Rayonne = repassage
Satin = drap Taffetas = le cri de la soie Toile = simplicité Tricot = chandail Tulle =  tutu Tweed = Sean Connery Velours = Lyon Velours côtelé = artiste peintre.
A vous de jouer maintenant...

jeudi 22 août 2013

"UN ENCHANTEMENT POUR LES YEUX" : LE NANSOUK

Mais quelle étoffe se cache donc derrière cette délicieuse description ? C'est le Nansouque ou Nansouk.  Un bijou pour les mains, un enchantement pour le regard, un ravissement pour l'ouïe. Plus prosaïquement, il s'agit d'une fine toile de coton lustrée légère et soyeuse, au si joli nom.

Une origine lointaine.
Etymologiquement, Nansouk vient de l'hindou  nain = yeux, et sukh = enchantement. L'Inde, pays où l'on aime les étoffes, où on les utilise sans modération au quotidien, aussi bien pour la décoration que pour l'habillement.
La production textile indienne et surtout les techniques d'impression, furent une révélation pour les occidentaux. Cela justifie la  place qui leur fut dévolue dans la mode dès le XVIIe siècle : indiennes, nansouk, jasons et bien d'autres tissus exotiques remplirent les armoires et les coffres des élégantes européennes.

Au fil des siècles
Au XVII e siècle, la création par Colbert de la Compagnie des Indes Orientales, ouvre au déferlement sur l'Europe de produits nouveaux comme les épices et les tissus. Le Nansouk est un tissu commun en Inde, mais par rapport aux produits que l'on trouvait en Europe au XVIIe siècle, il est évident qu'il  n'avait pas de concurrence. Certains articles furent considérés comme des "must have" de nombreux articles textiles dits exotiques sont très prisés par les élégantes qui cherchent la nouveauté.

Au XVIIIe siècle, le  nansouk devient un article made in France. En effet, à la suite du succès de ce tissu, la demande est de plus en plus grande et des villes comme Tarare ou Saint Quentin se spécialisent dans cette production.
Les tisserands français n'eurent de cesse de découvrir les secrets de fabrication de ces toiles peintes ou unies afin de les produire sur place.
 L'Alsace se spécialisa dans la fabrication des "indiennes" cotonnades aux imprimés colorés et résistant au lavage.
Au XIXe siècle, le nansouk est souvent présent dans la littérature: " Le rayon avait sorti tous ses articles blancs (...): des paletots en drap blanc, des robes en piqué, en nansouk, en cachemire blanc (ZolaBonh. dames, 1883)

Deux  techniques pour faire briller cette cotonnade
Calendrage et mercerisage donnent à cette toile de coton un lustre incomparable. Les opérations sont effectuées tout au long de sa fabrication :  les fils sont mercerisés puis le tissu est calandré sur les deux faces. Le calendrage a été adopté par les britanniques pour obtenir le fameux chintz.

Le fil de coton cardé ou peigné ?
 Le coton comme la laine, est transformé en fil. A ce stade de la fabrication, la matière peut être cardée ou peignée.
Les tissus fabriqués avec des fils cardés "barbus" se reconnaissent à leur surface "granuleuse", car les brins sélectionnés sont courts.
Les tissus fabriqués avec des fils peignés "lisses" se reconnaissent à leur surface parfaitement lisse.  


L'envers vaut l'endroit.
Cette cotonnade sophistiquée, si fine, souple, légère, avec une texture serrée, le nansouk visuellement se situe entre le linon et la baptiste. Le calandrage écrase la surface d'un tissu, gommant ainsi toutes les aspérités, le grain. Après cette étape, les deux faces sont lisses et brillantes.

Une cotonnade de luxe
Plus le nombre de fils au centimètre carré est important plus le nansouk est beau. La particularité de cette toile tient dans les fils de trame, plus nombreux que les fils de chaîne.
Les fils utilisés sont selectionnés, ce sont de longues soies. En coton peigné pour les plus belles qualités.

Pour les qualités inférieures, ce sont des fils de coton cardés et un compte équilibré en chaîne et en trame.

Le nansouk  pour des dessous chics
On l'utilisait pour fabriquer des articles de lingerie, une lingerie fine mais aussi en doublure pour des vêtements légers. Cette matière naturelle remplace avantageusement les tissus en fibres artificielles ou synthétiques, puisque lustrée, la surface glisse comme les doublures traditionnelles.
Le nansouk était autrefois largement utilisé comme support de broderie. Il est une utilisation fort judicieuse du nansouk : des enveloppes d'oreiller ou de couette en duvet. En effet, le fait qu'il s'agisse d'un tissu très serré est parfaitement adapté. Il ne laisse pas passer les plumes.

N'est pas nansouk qui veut. 
Mais je pense que vous l'aurez compris et peut être aurez vous hâte de découvrir cette merveille.