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mercredi 29 avril 2015

N°2 DANS LES COULISSES DE LA FIBRE POLAIRE : LE BIO- MIMETISME

QUAND L'ANIMAL SERT DE MODELE A L'HOMME
L'homme n'ayant pas les capacités de se protéger naturellement des excès climatiques, il a inventé le vêtement. De la peau de bête à la polaire, selon les époques et les civilisations, l'habit cache, masque, démasque, couvre, découvre des parties du corps. Pour l'homme, cet additif textile peut être  fonctionnel,  symbolique  ou sociétal.

LES ANIMAUX EUX SONT "HABILLES POUR L'HIVER"
Ils sont mieux pourvus par dame nature et n'ont pas  besoin de cette béquille qu'on appelle vêtement pour affronter les caprices météorologiques,. 
Toison, fourrure, poils, plumes, écailles, ils sont équipés. Leur "tenue" est fonctionnelle, certains possédant même dans leur "garde-robe" un arsenal d'accessoires qui s'apparente à une parure de séduction : ramages colorés, bois démesurés, etc. 
















Quant à la pudeur ils ne s'en préoccupent pas trop

UN SYSTEME D'ISOLATION THERMIQUE INTEGRE
L'être humain est doté d'une intelligence qui lui permet d'étudier, de comprendre et d'imiter, voire de surpasser le système d'isolation thermique des animaux.
Certains animaux vivent dans les déserts brûlants, d'autres dans les océans glacés et pourtant tous survivent sans artifice là où l'homme ne le pourrait pas. Leur secret ? Une aptitude d'adaptation d'une efficacité inouïe. 

LE SYSTEME MULTICOUCHES DE L'OURS BLANC

Le corps de ce plantigrade est protégé par trois couches protectrices successives. La première est formée de poils de couvertures ou jarres, la deuxième est une bourre composée de poils fins et laineux le duvet et la troisième est sous-cutanée, composée de graisse.



Lorsque la température remonte, durant les deux ou trois mois de l'été arctique, la couche de graisse s'amenuise et le duvet perd en épaisseur. Cette régulation interne lui permet de s'adapter au changement climatique saisonnier, sachant que la température moyenne en hiver est de -30° et en été ne dépasse pas ou peu le 0°. 



  Le système trois couches : un point commun entre l'homme et l'animal





COPIE CONFORME : UN VIDE PLEIN D'AIR 
Les ingénieurs de Dupont de Nemours se sont intéressés aux animaux vivants dans les régions très froides du globe. Ils ont étudié la structure même des poils de la fourrure du caribou et de l'ours blanc. Les résultats ont abouti à une découverte étonnante : le poil est creux et, par conséquent, rempli d'air. L'air étant un excellent isolant, l'animal possède une protection thermique "intelligente". C'est ainsi que les fibres creuses en Dacron Hollofil® de Dupont de Nemours furent commercialisées. 


POLAIRE PEUT-ETRE MAIS POLYESTER SANS DOUTE (Polyéthylène Téréphtalate ou P.E.T.)
Cette matière a l'avantage d'être légère, chaude, volumineuse et anallergique. Dans un premier temps, ces fibres synthétiques furent utilisées pour le rembourrage de couettes et d'oreillers. L'industrie textile développant des produits de plus en plus techniques mit à profit les qualités intrinsèques de ces fibres creuses. Transformées en fil, elles entrent dans la fabrication des "polaires".

Exemple de produit en vente sur le net
Homescapes Couette fibres creuses siliconées de 155 x 200 cm approximatif à 300 g/cm² thermoactive hypoallergénique et facile d'entretenir 



Le Caribou à l'aise par moins -40° 
PRECAUTIONS D'EMPLOI
Attention au creux ! Respectez bien les modalités d'entretien. Qui dit creux dit vide et qui dit vide peut aussi dire plein… Si vous lavez votre polaire avec une lessive qui se dissout mal ou avec un produit adoucissant, les résidus vont s'engouffrer dans le vide et, après plusieurs lavages, la barrière thermique va disparaitre, votre vêtement va s'aplatir et il ne tiendra plus ses promesses.

A SUIVRE



mardi 21 avril 2015

LA FIBRE TEXTILE : UN SENTIMENT AMOUREUX


 LA FIBRE TEXTILE : L'AME DU VETEMENT
Un vêtement est d'abord une construction plus ou moins complexe fabriquée par l'homme à partir d'une matière textile, naturelle ou chimique, tissée ou tricotée. Drapé ou coupé cousu, sans fibre textile, l'habit n'existerait pas... et les marchands de tissus non plus. Voilà pourquoi il est temps de redorer le blason des étoffes.

Le vêtement répond à un besoin ou à un désir. Il est fait pour tenir un rôle, souvent des rôles : protéger du froid, de la pluie ou du soleil, mettre en valeur certaines parties du corps ou en masquer d'autres. De toute évidence, le vêtement futile ou indispensable est rarement absent de notre quotidien, alors que le tissu est le parent pauvre de la mode. Trop souvent ignoré, il fait de la figuration sur les podium, il joue les seconds rôles dans les défilés et pourtant, il est l'âme d'un vêtement, sans lui point de robe, de veste ni de pantalons.

UN OUBLI IMPARDONNABLE
Les publicités, les magazines, les journalistes communiquent sur les marques, les stylistes, les formes, les couleurs, parfois l'imprimé. Dans quelques cas figurent les mots soie ou laine, termes génériques qui rendent les tissus anonymes. Gazar, ottoman, tweed irlandais, cambrai, bengaline ne sont pas que des mots, ce sont des étoffes. Ce post est justifié par l'impasse faite par les professionnels de la mode sur le produit principal de leur activité : le tissu.

LE TISSU UNE MATIERE SENSUELLE 
Avant la jupe ou le costume il y a une matière textile. Le premier contact est visuel c'est la couleur et l'aspect. Le second est  tactile  doux, rêche, léger ou lourd.
Le  fil de chaîne est la colonne vertébrale d'une étoffe, le tissu est le squelette d'un vêtement.  
GLORIFIER  LES MATIÈRES TEXTILES C'EST  AIMER  SON VÊTEMENT
Un vêtement taillé dans une matière textile appropriée ne sera jamais affublé de noms aussi irrespectueux que fringues, pelures, frusques, guenilles, accoutrement ou hardes. La qualité ne dépend pas toujours du prix d'achat, mais souvent. Il va de soi que les articles basiques d'une garde-robe doivent  être d'une qualité irréprochable, et surtout intemporels. Il ne s'agit pas d'articles "fast wear,"  ce sont des pièces maitresses qui doivent vieillir sans faillir, prendre quelques rides, se patiner, le temps de s'habituer à vous et vous à lui, saison après saison.

SORTEZ LES ETOFFES DE LEUR ANONYMAT
Souvenez-vous qu'il n'y a pas que le nylon, la polaire, le coton, la percale ou la soie. Les étoffes ont des noms délicieux comme la charmeuse, étonnants comme la ziberline, curieux comme la black mud silk, intrigants comme la cigaline, techniques comme la toile de spi. Les nommer c'est aussi les faire vivre.

UN SENTIMENT AMOUREUX
Combien de fois ai-je entendu une cliente me dire "je cherche le coup de cœur" ou encore "aujourd'hui ce n'est pas mon jour,  je n'ai pas eu de coup de foudre". Bien sûr, on ne trouve pas le grand amour aussi aisément, cependant entendre ces mots est un réconfort. Mes clients sont mes modèles référents. Ils font partie de mes sources d'inspiration.
S'il entre une part de sentiment amoureux dans la recherche d'un tissu, je trouve cela magnifique, pas vous ? Essayez lors de votre prochain shopping vestimentaire de glisser entre les conseils d'une vendeuse et la carte de crédit, un soupçon d'émotion, votre choix n'en sera que meilleur.

LE PETIT  BONHEUR DU MATIN
De bon matin, ouvrir les tiroirs d'une commode ou la porte d'un placard et apercevoir un mélange joyeux de matières et de couleurs doit être un plaisir, comme sentir l'odeur du café chaud juste en se levant ! Plonger ses mains dans les tiroirs où "habitent" les pulls, c'est délicieux, toucher des matières moelleuses, lisses et froides, duveteuses et chaudes, rêches ou douces est un exercice qui réveille le sens du toucher.   

LES ETOFFES : MES GOURMANDISES 
Bien que toute la journée je travaille au milieu d'étoffes aussi différentes qu'une toile de papyrus et soie, ou un satin duchesse jaune citron ou encore une popeline suisse, mon enthousiasme ne s'est pas émoussé, même après plus de 3o ans, au contraire. J'aime enfiler un pantalon en laine froide comme j'aime me glisser dans mon imperméable en coton enduit ou m'enrouler dans un plaid en mohair.
Il fait frais, il fait chaud, il fait lourd, il y a du vent, il va pleuvoir, c'est un jour de semaine, un week-end, c'est pour une soirée, c'est pour jardiner. Le tissu plus que le vêtement s'adapte au climat et à l'activité.






Coton, laine, soie. toute la saveur d'une garde-robe
Le choix de ma tenue débute par le tissu. Sa texture va me guider et selon mon humeur, la couleur pourra influencer ma décision.
Mes sens sont titillés par les matières et les formes. L'envie de me vêtir est naturellement influencée par le climat. Selon qu'il y ait un ciel bleu et limpide, un brouillard bas, un  froid humide ou un temps sec je ne choisirai pas les mêmes matières. Quel dommage de s'habiller machinalement,  sans prendre le temps de "déguster" sa garde-robe. Se vêtir à "la décrochez moi ça " c'est se priver d'un petit  bonheur textile.  

DE BONNES RESOLUTIONS
 A vous de construire une garde robe qui vous ressemble, à vous de trouver le chemin d'une diététique vestimentaire nouvelle et adaptée à votre mode de vie et à votre goût, pour votre bien être, pour votre plaisir.

NE VOUS FRINGUER PLUS HABILLER VOUS! 

Habillez vous au lieu de vous fringuer. La différence n'est pas que dans le vocabulaire, c'est dans la manière d'être. 

L'INDUSTRIE DONT VOUS ETES LES HEROS 
L'industrie textile n'est en rien responsable des dérives des produits, de l'appauvrissement de matières,  de la multiplication du vêtement  informe à taille unique et à bas coût.
Les fabricants proposent mais les clients disposent. Sans succès commercial la fabrication d'un  article est stoppée. Comédien ou pas c'est à vous de jouer votre rôle de  client exigent.

lundi 16 février 2015

N°1 DANS LES COULISSES DE LA FIBRE "POLAIRE"






"POLAIRE" UN ADJECTIF DEVENU UN NOM COMMUN
Ce post n'est dédié ni à l'ours, ni aux pôles, encore moins à l'étoile mais à une étoffe technique, tricotée avec un fil polyester, baptisée symboliquement
"polaire."

A l'origine, c'est-à-dire dans les années 80, les articles  dits "polaire" étaient destinés plus spécifiquement aux aficionados de l'outdoor. C'était l'équipement idéal, plus moderne que la laine, le "must have", censé protéger randonneurs ou voileux, des aléas climatiques
Depuis cette époque, les fabricants ont revu leurs copies, apportant de nombreuses modifications  tant au niveau de la fabrication de la fibre que de la finitions des articles. Les couleurs font partie du jeu, les stylistes misent sur l'élégance dans l'effort. L'offre s'est élargie et s'adresse désormais à toute la famille, sportive ou non, et à un public averti qui cherche à optimiser ses performances grâce à un équipement approprié.
Que vous soyez adepte des activités en plein air, que vous pratiquiez un sport épisodiquement ou assidûment, que vous aimiez des vêtements confortables et fonctionnels pour vos promenades en foret ou vos randonnées en montagne, vous connaissez, mieux, vous possédez certainement une "polaire" sous forme de pull, de plaid ou peut être  même de bonnet, gants et ou chaussettes. Cette matière est si tentante lorsque le froid arrive.


Une tenue pelure d'oignon, pour se couvrir et se découvrir en fonction du climat.  
PAS DE SENTIMENT
Les clients fidèles à ces articles ont un attachement attendrissant à leur "polaire" ; c'est l'amie indispensable des sorties matinales en vélo, des parties de pêche entre copains ou du jogging du dimanche matin sur le parcours de santé du parc voisin avec les enfants. C'est le cocon que l'on enfile pour affronter le froid. On en parle comme de son cachemire ou de sa petite laine mais en retour, elle n'est pas aussi fidèle car trop souvent une polaire perd de sa prestance au bout de quelques lavages. Son apparence physique décline peu à peu. Force est de constater que ce n'est pas un crève cœur de se séparer d'une polaire usée pour la remplacer par une neuve, alors qu'avec un cachemire ou une laine c'est d'ordre sentimental, c'est comme un doudou, les souvenirs y sont enfouis et l'aspect physique est devenu secondaire.
Ce vieux doudou croule sous le poids des souvenirs et, malgré un physique ingrat, une amitié  indéfectible le lie à son propriétaire 
Le handicap de la longévité mis à part, la polaire est un incontournable de nos dressing. La consécration est arrivée avec l'admission dans le Larousse du mot Polaire = textile polaire - vêtement en fibre polaire.

MOINS MYSTERIEUSE QU'IL N'Y PARAIT
Les mentions portées sur les étiquettes ne sont pas innocentes. Elles sont là pour octroyer à ces vêtements un haut niveau de technicité.  
Laine polaire, fourrure polaire, fibre polaire ou polaire tout court, qu'est-ce que c'est ? Tout et rien. Le mystère est savamment entretenu par un marketing parfaitement huilé. 
En réalité, c'est une fibre bien modeste qui est utilisée pour fabriquer accessoires et vêtements techniques.  
La méthode Coué semble marcher. Reste à prouver que cela fonctionne une fois le produit descendu de son piédestal.
La polaire est fabriquée principalement à partir de polytéréphtalate d'éthylène ou PET.
Plus prosaïquement, cette fibre appartient à la famille des polyesters saturés, issus de la pétrochimie. Eh oui, ce n'est que cela !

DES PRODUITS ET DES HOMMMES
Le polytérephtalate d'éthylène fut découvert par J.Rex Whinfield et James Tennant Dicksonen 1941 en Grande Bretagne. Transformé en fibre textile, le PET est commercialisé par différentes sociétés dans le monde avec des marques telles  Dacron ® aux USA, Tergal® en France Terylène ® en GB, Trevira® en Allemagne 


LES COULISSES
A partir de cette fibre P.E.T., l'industrie fabrique entre autres produits, des bouteilles en plastique transparentes et recyclables ainsi que des fils textiles utilisés pour la fabrication des mailles polaires.


L'ETOFFE POLAIRE : MAILLE OU TISSU?
La maille est une étoffe obtenue par tricotage, le tissu est une étoffe obtenue par tissage. La "polaire" est une maille qui apporte un confort, une aisance que l'on obtient pas avec un vêtement coupé dans un tissu qui ne possède pas cette extensibilité. Avertissement à ceux qui veulent travailler une telle étoffe: sachez que trouver le droit fil d'une maille est plus périlleux que trouver le droit fil d'un tissu. Plus votre polaire sera fine, plus elle sera difficile à travailler. Couper droit réclame une belle dextérité et, bien sûr, c'est une étoffe extensible qu'il faut éviter d'étirer en cousant : utilisez une aiguille neuve. Un conseil : choisissez un modèle simple, géométrique, évitez les courbes, les empiècements et les mélanges avec d'autres matières textiles. Donc, pour couturière expérimentée. 

LI EDELKOORT OSE DEFIER LE MONDE DE LA MODE ET ELLE A RAISON

Avec son manifeste anti -mode Li Edelkoort,  fait voler en éclat un univers superficiel. Si les stylistes, les journalistes, les enseignants en prennent pour leur grade, c'est peut être un bienfait, pour la mode et surtout pour les clients. Voici le texte, à méditer!
Lidewij Edelkoort : « La mode est morte. Vive le vêtement ».
La consultante en tendances tient à préciser d’emblée, comme pour s'excuser : « J’aime la mode, Passionnément. » Elle n’avait pas vraiment besoin de nous le rappeler : en 2008, le time magazine ne l’avait pas nommé sans raison comme l'une des 25 personnes les plus influentes de la mode. Tout le monde s’accorde aujourd’hui pour affirmer que la voix de Lidewij Edelkoort porte loin : le succès, jamais démenti, de ses revues View on Colour et Bloom atteste la richesse de ses propositions créatives ; quant aux cahiers de tendances destinés aux industries mode et textile, design, décoration d’intérieur, beauté et bien-être, qu’elle conçoit personnellement tous les six mois, ils sont mondialement distribués.
Notre fashion system set complement obsolète.
J'aime la mode et pourtant, je ne pouvais pas ne pas écrire ce texte, intitulé "anti-fashion" continue t elle. Ce manifeste professionnel c'est la constatation qu'un changement radical s'est opéré dans  la mode qui rend le fashion system actuel complètement  obsolète. Cela commence par l'enseignement. Les écoles et les académies de mode continuent d'enseigner aux jeunes étudiants à devenir des designers de podium, des divas. On continue à leur faire croire que la mission qui les attend est de devenir une personnalité hors normes, que personne ne pourra jamais égaler. En d'autres termes, les écoles continuent d'enseigner le principe de l'individualité farouche à des jeunes dont l'environnement, à l'heure des réseaux sociaux, est désormais basé sur le partage, sur la création en commun. De facto, l'enseignement de la mode est donc démodé.
Un monde sans intérêt pour le textile
" C’est finalement la première fois dans son histoire que la mode, censée être en avance sur son temps, n’est pas capable de réagir à son époque ", martèle la prévisionniste. On enseigne aux étudiants à devenir des petits Karl, à créer des vêtements, des sacs, toutes sortes d’accessoires pour les autres, à s’occuper du défilé, des catalogues, de la communication, de la photo. Tout cela en trois ans. Et dans ces trois années d’enseignement au final, il n’y a plus beaucoup de temps consacré aux vêtements qui ne sont plus qu’une donnée parmi de nombreuses autres ». La situation des ateliers qui ont été sacrifié sur l’autel de la mondialisation rend encore plus difficile l’apprentissage des techniques : « ce qui fait qu’aujourd’hui, on en arrive à former des fashion designers qui ne connaissent pas le tissu, qui ne savent pas comment fonctionne le textile, ni comment réagit la fibre. Bientôt on ne connaitra plus que la popeline et le jersey pour le reste de nos vies. C’est terrifiant». D’ou l’intérêt, au passage, de proposer à ses clients un nouveau cursus d'études permettant une meilleure compréhension des mécanismes inhérents aux tissus de la saison.
La presse aussi en prend pour son grade avec des remarques cinglantes concernant le manque d’éducation générale des rédactrices modes : « on a vu par exemple dans des magazines très importants comme Vogue ou Marie-Claire, des annonces triomphales se réjouissant du retour des imprimés. Faites vos devoirs, mesdames les rédactrices, et ne parlez plus d’imprimés quand en fait, il s’agit de jacquard. »
Le reste du manifeste est dans la même veine : l’opinion publique qui doit être alertée sur le fait que les vêtements peu chers (qui - comble du ridicule - copient désormais les codes du luxe) manufacturés dans des pays où la main d’œuvre est exploitée, a du sang sur les mains ; la perte d’intérêts qui en découle pour les savoir-faire locaux, l’attitude irresponsable des médias qui prônent comme une panacée le fait de ne jamais porter la même tenue deux fois ; le fait que les designers sont poussés par le marketing à considérer désormais le vêtement comme un simple accessoire au services des autres accessoires, comme les sacs et les chaussures. « Quand vous faites la liste, il n’y a plus de créateurs qui créent véritablement de la mode. Tout simplement, parce que le marketing a tué l’industrie de la mode en la surexploitant, en faisant vivre aux designers un stress infernal (ils doivent tout faire) où leur originalité est immolée à la recherche constante du slogan, en saturant le marché de produits faits pour créer de belles images conçues pour être « likées » (afin de vendre du parfum), au détriment de vêtements faits pour être portés».

Et les consommateurs dans tout ça ? Lidewij Edelkoort a la pressentiment que les nouvelles générations ne ressentiront plus besoin de posséder seules l’intégralité d’une garde robe exponentielle. Elle cite l’exemple de jeunes clientes chinoises qui n’ayant pas assez d’argent pour acheter la pièce rêvée à La Petite Robe Noire, décident sans hésitation de l’acquérir à deux. Et de vanter les projets à priori un peu fous comme l’habibliothèque à Paris, qui offre la possibilité (tout en luttant contre la fast fashion) d’emprunter des marques créateurs à un budget accessible. Conclusion : « les vêtements seront la réponse au fashion system qui s’est déréglé. Analyser et conceptualiser une tendance n’aura plus d’intérêt que si on le fait d’un point de vue anthropologique et humaniste, que si on revient aux fondamentaux de la ‘couture’ avec son noble intérêt pour le tissu et la ‘facon’ tels que nous les scrutions avant l’invention du prêt à porter. C’est la raison pour laquelle la présentation de ce soir (et celles à venir) ne parleront plus de mode - un concept qui n'a plus de raison d'être aujourd'hui - mais de vêtements ».

mercredi 11 février 2015

COMPTOIR DES COTONNIERS : ENFIN UN FABRICANT QUI PREND SES CLIENTS AU SERIEUX

Bravo au "comptoir des cotonniers". L'article sur le Jacquard est simple et clair.  C'est un exemple à suivre pour la concurrence . Un peu de culture dans notre quotidien ne peut qu'être bénéfique.  Une communication intelligente ça mérite un coup de chapeau! Voilà qui est fait.

jeudi 29 janvier 2015

ON NE SE MEFIE JAMAIS ASSEZ : ATTENTION LE SITE DYNOLITE EST UNE ARNAQUE

Les produits vendus sont manifestement des contrefaçons UGG, avec certificat presque authentique. On ne s'en rend compte qu'une fois les bottes déballées N'achetez rien sur ce site . Sur la page de Dynolite tout est en français, et rien n'indique que la société se trouve en Chine. Les bottes reçues ne sont pas celles commandées. Il y a une erreur sur le produit  et malheureusement ajoutons qu'il s'agit de contrefaçon. Photos à l'appui j'ai donc exigé un remboursement. Cette demande est restée sans réponse. Alors j'ai réclamé un échange afin d'avoir au moins le produit que j'avais commandé et voila la réponse
De : chenLovery
Dear friend,
I am sorry to see that. I think it's our shipment company who had mixed your order with our other customer's. We are willing to do exchange for you. However, shipment back and forth will cost more than 60 Eur and it will take more than one month for the process to be finished. So I suggest you keep what you got. We will do a refund of 10 Eur to make up for your lost.
Yours,
Landy
Les 10euros de remboursement ne sont que 10% de l'achat effectué. Et les 60 euros de frais de port représente quasiment le prix des bottes (79 euros + 22 euros pour la livraison). Sur le paquet le document rempli pour la douane mentionne la valeur de l'envoi. A ma surprise mes bottes ont une valeur de 10$. C'est sans doute vrai malheureusement.  La naïveté a ses limites. Je dois avouer que j'achète peu de choses sur internet, mais cet incident me conforte dans cette optique.
Il est évident que  Dynolite n'incite pas ses client à renvoyer la marchandise. Il est également impossible de ce faire rembourser ce qui est contraire aux lois commerciales sur le net, mais ils ne sont pas à cela prêt . Quitte à  enfreindre la loi autant aller jusqu'au bout, et monsieur Chen Lovery de Dynolite ne s'en prive pas On ne se méfie jamais assez. N'ACHETEZ  RIEN SUR LE SITE DYNOLITE qui semble tout à fait respectable au premier abord. Photos des collections de  bottes UGG,  conditions de ventes, conditions de retour... Mais ce n'est qu'une façade. La tromperie est au bout du chemin, lorsque vous recevez la commande.
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samedi 3 janvier 2015

LE GORETEX® UN OBJET IDENTIFIE?


UN PRODUIT PAS SI ABSTRAIT 

Le Gore-Tex ® n'est pas un tissu, c'est une membrane microporeuse qui, associée à un support textile, augmente les capacités d'imperméabilité, de coupe vent et de respirabilité de celui ci.

ABRACADABRA : IMPERMEABLE ET PERMEABLE A LA FOIS
Imaginez une sorte de film plastique transparent dont la surface est percée de milliards de trous microscopiques, qui ferait corps avec un tissu, créant ainsi une barrière "climatique". Cette feuille "magique" peut être insérée dans le vêtement selon plusieurs techniques :
-,laminée ou contrecollée sur un tissu (dit deux couches) avec une doublure libre : le confort est moindre mais le vêtement est léger et souple.
 - prise en sandwich entre deux épaisseurs de tissu (dit trois couches). Le tissu, la membrane et la doublure sont assemblés. Si l'imperméabilité est plus grande, le poids de l'ensemble augmente et la souplesse diminue ce qui est un point faible.


exemple d'un montage dit trois couches

ETANCHE OU IMPER-RESPIRANT ?
Qu'il s'agisse d'un support naturel comme le lin ou la soie ou d'une matière chimique comme le polyamide ou le polyester, le but de ces techniques est de renforcer l'imperméabilité, l'isolation thermique d'un article. Cela peut être une veste, des gants, des chaussures, une tente, ou encore en sac à dos...
Les techniques sont différentes et les résultats également. Votre choix dépend essentiellement du type d'utilisation : occasionnel, régulier ou intense : sport outdoor intensif comme la randonnée en montagne ou le trail  ; ou épisodique comme une simple promenade dans les bois le dimanche ou la pêche à la ligne. Sachez que l'étanchéité d'un vêtement est temporaire. L'exemple type est le cas du kway®.  Au début, il est vraiment étanche et si vous n'êtes pas mouillée par la pluie vous le serez par votre propre transpiration. Mais l'imperméabilité du vêtement diminue avec le temps. Un tissu étanche par nature annule toute possibilité d'échanges. Pour suer plus agréablement préférez le sauna.
Qu'il s'agisse du nylon des Kway,® des articles membranés Goretex® ou du coton enduit de chez Barbour®, il faut huiler ou imperméabiliser les articles une ou deux fois par an avec un produit déperlant si vous désirez conserver une bonne isolation thermique.

 Les membranes microporeuses type Goretex® créent une barrière, isolant votre corps de la pluie, de la neige ou du vent tout en laissant possible l'évaporation de la transpiration. L'article est donc imperméable de l'extérieur  vers l'intérieur et perméable de l'intérieur vers l'extérieur.
Ce n'est pas de la magie. La membrane améliore les performances techniques de ces tissus , mais  il y a un truc ! Alors il est temps de vous dévoiler ce secret.

LE COMPTE EST BON
Le matériau de base du Gore-Tex® est le polytetrafluroethylène expansé ou PTFE, plus connu sous le nom de Teflon.
Bien que le produit miracle imperméable respirant n'existe pas vraiment, voici la plus ancienne recette de membrane microporeuse, celle de Goretex®  : un milliard quatre cent mille trous au centimètres carré ! Ces trous sont 20 000 fois plus petits qu'une goutte d'eau ce qui interdit leur passage mais ils sont 700 fois plus gros qu'une molécule de vapeur d'eau, ce qui permet de laisser passer la sueur, transformée en vapeur d'eau.
Compte tenu du grand nombre de "trous" on peut dire que la membrane est composée de 80% d'air et de 20% de PTFE.
Pour renforcer leur imperméabilité, les produits utilisant une membrane Goretex subissent un traitement déperlant type scotchguard au moment de leur fabrication. La surface extérieure des articles est déperlante et les gouttes d'eau glissent sur la surface des vêtements.

DECRYPTAGE
DWR soit durable déperlant water ou déperlant durable, c'est le traitement complémentaire mais temporaire de la surface de l'étoffe. Ceci est destiné à éviter que le tissu ne se gorge d'eau et annule l'efficacité de la membrane. Sous une pluie battante, les gouttes d'eau ne stagnent pas sur le vêtement mais glissent, laissant  les pores dégagés de manière à ce que la transpiration puisse s'échapper.


MODE D'EMPLOI
Mais attention ! Il faut que certaines conditions soient respectées pour que l'efficacité du produit soit  réelle. Ainsi, la face extérieur du vêtement doit être propre. En cas de poussière, de boue, de saletés, les pores se bouchent, empêchant la transpiration d'échapper et le vêtement devient étanche ! C'est un peu comme une maison trop bien isolée, comme une VMC mal réglée. L'humidité intérieure s'accumule sur les parois et, dans le cas du vêtement, la sueur reste sur votre peau.

Les applications  du Gore-Tex® touchent de nombreux domaines  : médical, électronique, vestimentaire.

UN PRODUIT CONNU MAIS UNE TECHNIQUE INCONNUE
Les membres d'expéditions polaires comme Antartica sont équipés de chaussures, de gants, de pantalons, de blousons, de combinaisons fabriqués avec de tissus laminés avec cette membrane géniale. Les équipements sont prévus pour résister aux températures extrêmes et ils sont testés en temps réels.
Ces expériences ont permis de démocratiser cette technique. Aujourd'hui, les vêtements avec une membrane en Goretex,® sont largement diffusés et accessibles au plus grand nombre et non plus réservés à quelques aventuriers amateurs de sensations fortes.
Le trail, l'outdoor, toutes ces activités sportives au sein de la nature se développent et les équipements de plus en plus techniques sont nécessaires. On ne part pas pour un trail, une course dans la nature avec des obstacles, comme on part se promener dans un parc. Les clients veulent du matériel sûr, sophistiqué, adapté. Ainsi, se sont développées des gammes de chaussures, gants et blousons susceptibles de répondre à la demande.


Mais avant d'en arriver là il a fallu des années de travail, de recherches, d'expériences, d'essais. Plusieurs années séparent la découverte des applications possibles du téflon à l'industrie textile de la commercialisation des produits grand public.
Leader sur le marché de la membrane microporeuse laminée, Goretex® est aujourd'hui rejoint par des concurrents sérieux sur ce marché du sport outdoor en pleine expansion. 

DEUX TECHNIQUES, UN MEME BUT
Les  industriels japonais se sont lancés sur ce marché depuis longtemps. La société Akzo commercialise une membrane, le Sympatex®, techniquement différente mais dont le but est identique : obtenir un tissu imper-respirant. Juste un mot sur cette membrane . Elle n'est pas la copie conforme du Goretex®. Le Sympatex est une membrane non poreuse. Le transfert de l'humidité vers l'extérieur se fait par un processus chimique. Il y a un avantage à ce type de membrane qui facilite l'entretien : on évite les risques d'obturation des pores avec les poussières et autres résidus de détergents. Mais c'est encore une autre histoire. C'était simplement pour ne pas laisser de coté des produits qui sont aussi performants mais peut être moins soumis à la médiatisation.

UNE MEMBRANE RESPIRANTE QU'EST CE QUE CA SIGNIFIE ?
Le  terme respirant utilisé dans la communication de bien des industriels est à mon avis usurpé, quoique bien choisi commercialement. L'image d'une étoffe chimique qui respire inspire confiance au consommateur. La respiration se passe en deux temps. Inspiration d'oxygène et expiration du gaz carbonique. Lorsque qu'un tissu est dit respirant, il n'y a pas deux actions mais une seule, l'expiration de la sueur de la peau vers l'extérieur du vêtement.
La membrane Goretex permet par sa structure d'obtenir une étoffe imperméable de l'extérieur vers l'intérieur et perméable de l'intérieur vers l'extérieur. Le terme approprié serait "ventilé".

RET c'est le calcul de la résistance évaporative thermique ou la capacité d'un vêtement à évacuer la sueur. Votre choix se fera en fonction de votre activité. 
RET 6 : tissu très respirant. Tissu qui est confortable à porter pour un effort modéré.
RET 12 : tissu moyennement respirant. Tissu qui est inconfortable à porter en plein effort.
RET 20 : tissu peu respirant. Tissu qui est inconfortable à porter pour un effort modéré.

POUR LA PETITE HISTOIRE
Wilbert Lee Gore dit Bill Gore est un ingénieur chimiste employé chez DuPont chez qui il passa 17 années. C'est un peu l'image d'un "géotrouvetout" qui aimait inventer des choses qu'il mettait souvent en pratique dans sa propre famille. Des recherches qui étaient parfois couronnées de succès mais au nombre desquelles il y eu aussi des échecs.  
Monsieur Gore était un amateur de randonnées et de sport en extérieur. Peut-être cette passion fut-elle un atout pour la suite de sa carrière. Durant son passage chez DuPont, il participe aux recherches sur les polymères. Il pense que les possibilités du PTFE ne sont pas exploitées suffisamment mais la direction de l'entreprise ne le suit pas sur ce terrain. Il quitte alors DuPont pour monter sa propre entreprise. Avec peu de moyens et beaucoup de conviction, sa femme, son fils ainé et lui vont se mettre au travail, et la société W.L Gore va prendre forme dans le garage familial.
En 1969,  les Gore père et fils mettent au point une membrane micro-poreuse, presque par hasard. La société tournait grâce aux applications du Téflon qui permettait d'isoler les câbles électriques.  Mais il restait encore à démontrer  que le Tetrafluoéthylène  pouvait avoir des applications dans l'industrie textile. Les recherches n'avançaient pas et on raconte que Bob Gore s'énervant, prit une feuille de PTFE et l'étira, pensant la briser, hors il n'en fut rien, en l'étirant, elle ne se brisa pas mais sa solidité fut accrue. Et voila que le TPFE expansé était né. 

UNE APPLICATION TEXTILE
Ce n'est qu'en 1978 que l'industrie textile exploite de cette découverte. Il arriva ce qui devait arriver. Cette membrane laminée sur un support textile donnait naissance à un tissu imper/respirant. Ce fut la véritable révolution. Plus question de se protéger de la pluie en suant, fini les vêtements étanches. La nouvelle génération de vêtements outdoor est aujourd'hui à la portée de chacun.
Gore Tex ® associe le nom de Gore à la première syllabe de Textile. Cette invention est aujourd'hui commercialisée par la société W L Gore and associate inc.