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dimanche 10 septembre 2023

LE QIVIUT "LA LAINE DES GLACES"

 

En ce mois d’Aout caniculaire, voici un post réfrigérant ! C’est sous la lourde et rustique fourrure d’un mammifère «préhistorique» que se cache le qiviut.  

Le saviez vous ? Qiviut signifie en inuktitut, langue des inuits, duvet ou laine intérieure en référence à la sous-toison douce et isolante qui couvre la totalité du corps du bœuf musqué, à l’exception des yeux,   lèvres, naseau et sabots. 


UN VESTIGE DE LA DERNIERE ERE GLACIERE

Les ancêtres de ce mammifère herbivore, couvert d’un épais manteau de jarres longs et raides, présents dans les régions arctiques, ont parcouru les plaines d'Europe et les steppes d’Asie avec le mammouth, le mastodonte ou encore le rhinocéros laineux avant de trouver le lieu adéquat pour se poser et se reproduire à l’abri des prédateurs, excepté le plus dangereux d’entre eux : l’homme.

Un carnage :  Celui que les étrangers ont baptisé bœuf musqué constitua, des siècles durant, une ressource à la fois alimentaire et vestimentaire pour les natifs, les baleiniers, les colons et les explorateurs. Mais cette source se tarit peu à peu jusqu’à la limite de l’extinction, une histoire commune avec celle du bison. Au XIXe siècle, plusieurs facteurs concomitants contribuèrent au désastre : le commerce des peaux était si rentable que des malandrins, attirés par le profit, n’hésitèrent pas à abattre des troupeaux entiers d’ovibos. On raconte qu’entre 1862 et 1916 une compagnie canadienne aurait vendu plus de 14.000 peaux. Un autre danger guettait l’animal, celui de la multiplication des expéditions polaires. Le bœuf musqué était une solution incontournable pour nourrir les équipages et les chiens de traineaux. 

La prévention :  à la suite de ces funestes constats, la chasse du bœuf musqué fut réglementée afin de préserver cette ressource vitale pour les autochtones. Seules la viande et la fourrure avaient alors un intérêt, la commercialisation du qiviut n‘était pas encore à l’ordre du jour. Dans les territoires du Nord Ouest et des îles arctiques, la chasse fut interdite ou restreinte. 

Au Groenland, la loi autorise les inuits à chasser le bœuf musqué, les animaux marins dont le narval et l’ours polaire, mais limite le nombre d’animaux sauvages chassés afin de respecter l’équilibre écologique.           


Le saviez vous ? Domestiquer ces animaux eut été une autre manière de les préserver tout en exploitant le duvet d’une manière raisonnable. Cette idée fut émise au XIX e siècle par un explorateur pour faciliter l’exploitation commerciale du qiviut, un produit plus valorisant encore que la fourrure. Il fallut attendre 1970 et l’obstination de John Teal pour assister à la création d’une ferme expérimentale en Alaska. Bien que les débuts n’aient pas été concluants (les animaux ont été transportés sur les terres de l’ile voisine de Nunivak où désormais ils prospèrent  en toute liberté), les élevages créés au Canada et en Alaska perdurent et le cheptel croit d'année en année 


UNE ATTRACTION TOURISTIQUE

Les safaris photos et autres randonnées pédestres autour des  troupeaux de bœufs musqués qui paissent en liberté dans la toundra aux alentours de Kanger-Lussak font partie des attractions locales. 


UNE IDENTITE PLURIELLE

Il s’agit d’une espèce emblématique de la faune de l’Arctique qui   appartient à la famille des Bovidés, étroitement liés aux caprins ovins et bovins, caractérisés par la présence de véritables cornes permanentes et non ramifiées. Adulte, le mâle peut peser une demi-tonne, mais son  précieux duvet, dans le meilleur des cas, dépasse à peine un demi-kilo. Son instinct grégaire l’incite à  vivre en petits groupes appelés hardes, caractérisées par une hiérarchie et une structure sociale complexe.

La complexité physique de cet animal se retrouve dans la variété de ses noms et surnoms.

-Communément, le bœuf musqué : En 1720, Nicolas Jérémie, explorateur et négociant en fourrure, découvrit un animal encore inconnu des européens qu’il décrit ainsi «un espèce de bœuf que nous nommons Bœufs musquez  à cause qu’ils sentent si fort le musc que, dans certaines saisons de l’année, il est impossible d’en manger».

Le saviez  vous ? L’odeur de musc dégagée par le bœuf musqué peut être assez puissante pour être perçue à distance. Elle peut être utile pour la reconnaissance des individus dans leur environnement ainsi que pour délimiter les territoires, surtout dans les régions où les ressources alimentaires sont rares, et pour maintenir la hiérarchie sociale au sein du groupe.

-Scientifiquement ovibos moschatus  

Si son physique rappelle celui du bœuf, toutes proportions gardées, il  ne correspond pas à son ADN. Malgré son nom, il est plus proche du mouton et de la chèvre que du bœuf. 

-Localement Oomingmak ou «l’animal dont la fourrure ressemble à  une barbe» en inuktitut, ce qui est une évidence si l’on en juge par son physique avec sa crinière hirsute composée de poils longs et raides qui encadrent son cou et son visage. L'impression de barbe est alors flagrante. Une autre caractéristique physique étonnante : La lourde et longue toison externe si protectrice masque quasiment les pattes qui, elles, sont très courtes. Ceci ne serait qu’anecdotique si, en hiver, les couches de neige n’étaient pas si épaisses… Courir dans cet environnement pour échapper aux chasseurs se révèle une expérience très périlleuse qui fait t de l’ovibos une proie facile pour les prédateurs.


LE QIVIUT, UN BRIN LUXUEUX  

Le précieux duvet soyeux, fin, doux, léger, plus dense en hiver qu’en été, est protégé par l’épaisse fourrure composée de jarres. Si cette dernière est permanente, le qiviut, quant à lui, se détache partiellement de la peau lors de la mue de printemps. Cette mesure de préservation de l’espèce a pour conséquence une production faible et aléatoire qui ne peut satisfaire que le commerce de luxe qui mise sur la qualité et la rareté et non sur la quantité et la régularité du produit.  

Au XVIIIe siècle, un succès d’estime mais un flop commercial

Nicolas Jérémie, ce négociant en fourrures subjugué par les qualités thermiques du qiviut, rapporta des échantillons en France où il fit confectionner une paire de bas plus fins que ceux tricotés en soie, mais, parmi les conseillers de Louis XV, aucun ne perçut le potentiel commercial d’un tel article.  

Au XXe siècle, le marketing joue et gagne  

Depuis quelques décennies, la laine de qiviut est devenue un « must » d’un point de vue économico-culturel pour les inuits qui, dans les rares points de vente du Groenland, vendent celle-ci et les produits finis. 

 

ENTRE TRADITION ET INNOVATION                                                          Tradition: Ce duvet était un article utilitaire pour les peuples autochtones de l’Arctique qui l’utilisaient pour rembourrer les anoraks ; les articles tricotés ou tissés étaient plus rares. 

Innovation : Ce n’est que depuis quelques décennies que la laine qiviut est devenue un produit très convoité par une clientèle internationale intéressée par les fibres naturelles, les produits artisanaux et les matériaux durables. Le prix du qiviut atteignant des sommets, incita les inuits à commercialiser le duvet sous forme de produits finis : fil à tricoter, écharpes, gants ou bonnets. C’est ainsi que j’ai passé un long moment dans la jolie boutique (la seule à l’époque) de Sisimiut, hésitant entre une paire de gants ou un bonnet. Finalement, mon choix se porta sur une pelote de qiviut vert émeraude transformée depuis en un tour de cou fabuleusement doux et chaud.  

Si l’industrie n’est pas en mesure d’exploiter ce filon, certains  entrepreneurs furent tentés par l’aventure de faire entrer la laine de qiviut dans leur collection. 

Le must du must, le Dormeuil Vanquish II, «un cocktail signature», une symphonie de matières plus mélodieuses les unes que les autres, un régal lors des premiers frimas annonciateurs de l’automne : pashmina, vigogne et qiviut ! Pour moi c’est sans doute le lainage le plus fabuleusement exquis jamais sorti d’un métier à tisser ! Un rêve pour la textilophile que je suis. 


A SUIVRE

mercredi 2 août 2023

LES PAPIERS PEINTS SCANDINAVES SUITE

 LES PROTAGONISTES : SUEDE FINLANDE DANEMARK NORVEGE

Les papiers peints existent depuis plusieurs siècles et ont évolué au fil du temps. Au XVIIe siècle, les premiers motifs qui arrivèrent en Scandinavie venaient de France, d’Angleterre ou d’Allemagne. Au XVIIIe siècle, on note l’influence du style gustavien dans les motifs floraux délicats aux couleurs douces. Le papier peint est alors toujours un produit de luxe destiné à une clientèle privilégiée. Il fallut attendre le début du XIXe siècle et le développement de l’industrie pour qu’il devienne un article plus populaire. Son marché augmenta au milieu du XIXe siècle, alimenté par l'urbanisation croissante et l'émergence d'une classe moyenne. Ceci incita les fabricants de papier peint à diversifier leur offre. On notera que la proportion homme/femme est équilibrée dans le design scandinave, ce qui est rare dans le domaine de la création industrielle.

LA SUEDE

Ce pays a joué un rôle central dans le développement de l'industrie du papier peint en Scandinavie. En 1752, une usine a été créée à Norrköping, en Suède, marquant ainsi le début de la fabrication de papiers peints dans la région. À l'époque, les motifs étaient souvent inspirés de fleurs et de scènes de la nature. Vers le milieu du XIXe siècle, des entreprises commencèrent à produire des papiers peints en utilisant des techniques d'impression plus avancées, notamment la lithographie et la gravure sur bois. Le papier peint ne cherchait plus a imiter le tissu mais jouait sa propre partition avec l’industrialisation. La main était tendue aux créatifs qui, désormais, étaient libérés des problèmes techniques. La maintenance des machines de plus en plus sophistiquées étaient gérée par des techniciens. Au début du XXe siècle, les principales entreprises furent fondées et continuent encore aujourd’hui à nous offrir de quoi habiller nos murs avec maestria. puis au milieu du siècle   Une  collaboration fructueuse entre les artistes et les industriels s’était établie ainsi le célèbre Josef Frank , frère de Cesar Frank  travailla avec la sociét suédoise Svenskt Tenn , ses aux motifs floraux  hauts en couleurs sont devenus emblématiques du design scandinave.                                            Boråstapeter® est l'une des plus anciennes marques de papier peint en Suède. Fondée en 1905, elle est spécialisée dans la création de papiers peints de haute qualité, avec des motifs traditionnels et contemporains. Le Papier peint intissé est une spécialité de la firme.                                        Le saviez vous ? le papier peint intissé, ou non tissé, est un type de revêtement mural moderne. Contrairement aux papiers peints traditionnels qui sont fabriqués à partir de papier, le papier peint intissé est composé de fibres textiles mélangées à des fibres de cellulose. L'une de ses principales caractéristiques est sa facilité d'installation. Généralement pré-encollé, il suffit d'appliquer de la colle directement sur le mur et de poser le papier peint dessus. Cela évite d'avoir à encoller le papier peint lui-même, rendant ainsi le processus d'installation plus rapide et plus pratique. La cellulose, matière première des papiers peints Boråstapeter provient d'une sylviculture durable.                                                                                   Engblad & Co a été fondée en 1849 par Hugo Ekblad, un entrepreneur suédois. À l'origine, l'entreprise se concentrait sur la production de papiers peints à la main, utilisant des méthodes artisanales traditionnelles. Au fil des années, l'entreprise a progressivement adopté de nouvelles technologies et méthodes de production, passant de la production manuelle à l'utilisation de machines et de techniques d'impression modernes.               Carl Johan Anderson, (1872-1948) fut à l’origine de la société éponyme. Ce designer  créa des motifs de fleurs, de feuillages et d'animaux devenus populaires. Il serait à l’origine du style scandinave dans le domaine du papier peint. La recette ? simplicité, élégance, utilisation de couleurs douces et naturelles.                                                                                   Le saviez-vous ? La démarche de la société Anderson cadre avec la vision sociale des pays scandinaves : démocratiser le papier peint et utiliser des encres à base d’eau et de produits respectueux de l’environnement.             Majvillan® a confié la production de ses papiers peints aux ateliers Duro, la plus ancienne fabrique suédoise toujours en activité qui utilise encore les mêmes machines qu'il y'a 80 ans. Cette méthode donne au papier peint un aspect artisanal au toucher inimitable.                                                        Le saviez-vous ? La qualité du travail et le processus respectueux de l’environnement ont valu à l’atelier Duro d’être reconnu à trois reprises fournisseur officiel de la couronne suédoise depuis 1946.
L’entreprise Sandberg wallpaper basée à Ulricehamn, est une entreprise de renommée internationale fondée en 1975 par Sven Sandberg, architecte, et sa femme, Gunilla Sandberg, artiste. Ensemble, ils ont lancé une petite entreprise spécialisée dans la fabrication de papiers peints en commençant la fabrication dans leur atelier familial en Suède, en utilisant des méthodes traditionnelles et artisanales. Depuis lors, Sandberg Wallpaper est devenue une marque renommée, reconnue pour son artisanat exceptionnel et ses motifs sophistiqués. Les produits sont fabriqués selon les techniques traditionnelles avec un remarquable souci du détail. "Sandberg Wallpaper" est aujourd'hui associé à des produits classiques fabriqués à partir de
 matériaux de haute qualité.                                                                   Le saviez-vous ?  Josef Frank, un architecte et designer d'origine suédoise, est connu pour ses papiers peints colorés et joyeux. Son motif emblématique, le "Dagdröm" (rêve de jour), a été créé en 1947 . Caractérisé par des fleurs et des feuilles abstraites qui ajoutent une touche de vitalité aux intérieurs il reste  populaire aujourd’hui.                                                                                                    

LA FINLANDE

Jusqu’en 1917 faisait partie intégrante de l'Empire russe, c’est pourquoi au XIXe siècle, de nombreux entrepreneurs établirent des usines de papier et d'impression, bénéficiant des ressources naturelles abondantes du pays et de l'accès aux marchés russes et européens. Depuis, l’industrie du papier peint a prit son envol tout en gardant son indépendance de style vis-à-vis des autres pays scandinaves.                                                         Marimekko® : Bien que la marque soit plus connue pour ses textiles et ses motifs iconiques, Marimeko propose aussi des papiers peints. Fondée en 1951 par la finlandaise Armi Ratia et son mari Viljo Marimekko. Dans les années 1960, leurs papiers peints attirèrent l'attention internationale avec des motifs graphiques et floraux distinctifs, notamment, un motif emblématique, le "Unikko", représentant des coquelicots, symbole du design finlandais.                                                                                       Anno Collection® propose des papiers peints aux motifs inspirés de la nature avec des lignes épurées. Le minimalisme est ici d’actualité       Lovi® est connue pour ses produits en bois, notamment les papiers peints fabriqués à partir de contreplaqué finlandais durable, découpé au laser pour créer des motifs détaillés et complexes.                                          Vallila® se démarque par une production d’articles design d’intérieur et de papiers peints. Fondée en 1935, le nom Vallila fait référence au quartier artistique d’Helsinki, permettant d’établir la connexion avec l'identité culturelle finlandaise. Les papiers peints Vallila privilégient les motifs géométriques rehaussés de couleurs vives.                                                                                  

LE DANEMARK 

L’industrie du papier peint a aussi sa pépite avec la "Ferm Living" fondée en 2006, un nom choisi par la fondatrice de l'entreprise, Trine Andersen, graphiste de formation."Ferm" signifie "intelligent" ou "sage" en danois et "Living" fait référence à la volonté de la marque d’associer la beauté à la fonctionnalité des objets du quotidien.  Ferm living privilégie les processus de production respectueux de l’environnement et s’engage à collaborer avec des artisans locaux pour soutenir l’économie locale et promouvoir le savoir faire traditionnel.                                                                                      Le saviez vous ? Au Danemark le hygge est un concept très proche du cocooning axé sur le confort, le bien-être et la création d'une ambiance chaleureuse dans les espaces de vie. L’usage du papier peint se justifie pleinement lorsqu’il s’agit de lutter contre les hivers rigoureux longs et sombres ; il vient enrichir la texture des murs et transforme l'atmosphère des pièces, apportant une sensation de confort. Lorsque le froid sévit au dehors ou que le soleil ne se couche jamais, savoir qu’un cocon vous attend, c’est encore ce qui se fait de mieux.                                                 Les oeuvres de Larsson, peintre suédois du XIXe siècle, surtout des scènes de vie familiales idylliques et chaleureuses situées dans sa  propre maison, ont été reproduites sous forme de papiers peints, permettant aux gens d'incorporer son style de vie hyggelig dans leurs propres intérieurs. Les papiers peints Carl Larsson furent très populaires.                                                                                                                                                                          

LA NORVEGE  

Les papiers-peints traditionnels étaient souvent ornés de motifs inspirés des techniques artisanales locales, comme le tricot norvégien ou le tissage de motifs géométriques. Ces motifs étaient souvent colorés et vifs, ajoutant une touche de caractère aux intérieurs scandinaves.                     Tapethuset® créée par Andreas Engesvik, designer renommé dans les domaines du mobilier et des arts appliqués. Il a apporté sa vision artistique et son savoir-faire au développement des papiers peints de la marque.                                                                                                                 

LE JAPONSCANDINAVE OU JAPANDI : UNE SIMPLE FUSION LEXICALE OU UN STYLE                    

 Ce post serait incomplet sans quelques lignes sur ce concept né du mélange des styles de vie japonais et scandinaves (japon et scandinavie). Apparue il y a une quinzaine d’années, cette tendance stylistique s’expose sur les pages glacées de quelques magazines de décoration et au sein de groupes créatifs élitistes, ainsi que sur les blogs de quelques influenceurs.   

Né d’une rencontre formelle entre le minimalisme fonctionnel du design nordique et l’esthétique épurée zen des japonais, Le Japandi concilie l’attirance pour les  matériaux naturels et le rapport entre l’homme et la nature.


LE CONCEPT « DU MOINS C’EST PLUS »

Force est de constater que le japandi abonde dans ce sens avec la prédominance du silence dans les tons froids des fonds des papiers peints, la place laissée aux espaces vides entre les motifs, l’utilisation du blanc qui offre un horizon sans fin.

Dans les années 60, un mouvement stylistique émergea, prônant une décoration d’intérieur épurée. Les éléments superflus qui provoquent un désordre  visuel, furent éliminés, laissant un vide propice à la méditation. Mais ne reviendrait-on pas vers cette philosophie en 2023 ?  Ne vaut-il pas mieux rechercher la qualité plutôt que sur la quantité en choisissant des produits durables et utiles ? L’idée du moins c’est plus est à retenir.


 Concrètement, ce n’est pas l’invention d’un mot qui est à l’origine des tendances, car ces similitudes stylistiques mises en avant dans le japandi existaient bien avant la création du terme et continueront bien après sa disparition. Et vous, qu’en pensez-vous?


Aujourd'hui, cette industrie continue de prospérer, en s'appuyant sur sa réputation d'excellence dans le design, la qualité et la robustesse.

mardi 1 août 2023

LES SPECIFICITES DES PAPIERS PEINTS SCANDINAVES

 LA PSYCHOLOGIE DU PAPIER PEINT SCANDINAVE

Si j’ai choisi ce sujet ,  c’est parce que sa présence dans les intérieurs nordiques dépasse sa seule fonction décorative. Il est devenu, au fil des ans, un acteur clé du cocooning,  un remède esthétique efficace pour contrer les effets des aléas climatiques : il éclaire, réchauffe, et crée un espace harmonieux et confortable. Son impact positif sur le bien être émotionnel n’est plus à démontrer. 

L'UNION FAIT LA FORCE                                                                            Les progres techniques combinés à l'abondance des ressources naturelles locales furent à l'origine du développement et de la prospérité de l'industrie du papier peint dans cette région du globe.

La technique : Les premiers papiers peints vendus en Scandinavie, datant du début du XVIIe siècle, étaient importés principalement d’Angleterre. Au cours du XVIIIe siècle, une  production locale a débuté, mais c’est un produit  encore destinée à une clientèle fortunée. Au XIXe siècle, la révolution industrielle marqua un tournant majeur dans la production de papier peint dans toute l’Europe. Les progrès dans le domaine de l'impression facilitèrent la production de  motifs de plus en plus complexes et valorisèrent l'utilisation de couleurs vives. Après 1850, l’impression à la machine se généralisa : le papier peint fabriqué à grande échelle devint plus accessible financièrement et son usage se démocratisa

LES RESSOURCES LOCALES:  Les forêts qui couvrent une grande partie de la Scandinavie fournissent la pulpe de bois nécessaire à l’industrie papetière. Le pin est apprécié pour sa disponibilité, sa croissance rapide et ses fibres longues. Matériau intéressant pour un papier de qualité, la pulpe d’épinette, avec sa texture  régulière et ses fibres fines, permet d'obtenir un papier lisse. La pulpe de  bouleau, grâce à sa blancheur naturelle et à sa résistance, est un matériau idéal pour certains types de papier peint.  Des fabricants utilisent du papier recyclé, du lin ou encore des fibres naturelles d’origine végétales ou animales pour obtenir une texture particulière, point qui marque l’originalité de ces produits. 

LES TROIS RAISONS DU SUCCES

1 UN HERITAGE CULTUREL  : Les compétences artisanales et la passion pour les arts décoratifs permirent aux fabricants scandinaves de se spécialiser dans la production de papiers peints de qualité qui résultent souvent d'un héritage artisanal et d'une tradition de design réfléchi. Les designers nordiques accordent une grande importance aux détails, à la fonctionnalité et à l'innovation. Leurs créations sont souvent le fruit d'une collaboration entre eux et des artisans qui correspond à l’attente des consommateurs occidentaux en matière de décoration d’intérieur.                                        

2 UNE GESTION ECO-RESPONSABLE : Ces essences sont issues de forêts gérées de manière durable grâce à une politique stricte et des pratiques de gestion responsables pour assurer la préservation et la régénération des ressources forestières à long terme. Ceci garantit que l'utilisation du bois comme matière première pour la production de papier peint reste écologiquement viable et respectueuse de l’environnement.         

3 L'INSPIRATION :  La nature, si généreuse et parfois terriblement angoissante, est omniprésente dans le quotidien des scandinaves, jusque dans les arts décoratifs. La diversité des verts qui colorent les multiples zones forestières, les bleus profonds de l’eau des mille et un lacs, l’éclat du soleil de minuit, la lumière artificielle des jours d’hiver. Cette inspiration nordique est en harmonie avec le style de vie scandinave, la fonctionnalité et la connexion avec la nature et, par chance, les goûts de la clientèle internationale qui semblent évoluer vers cette ambiance “Nature et Découverte“. Le style scandinave du papier peint s'est développé davantage au cours du XXe siècle, s'adaptant aux tendances artistiques et culturelles de l'époque. Les années 1950 et 1960 ont été marquées par une expansion du design scandinave à l'échelle internationale, avec des motifs abstraits, des lignes épurées et l'utilisation de couleurs vives.

UNE HISTOIRE DE PAPIER PEINT

Les entreprises de papiers peints scandinaves sont incontournables sur le marché  international. Elles ont en commun une vision positive du respect de l’environnement, le partage de l’héritage culturel nordique et un potentiel quasi inépuisable de designers exceptionnels. Ces points forts se traduisent par un regain pour ce style et ce, pour notre plus grand plaisir

LE STYLE SCANDINAVE

Si le style est aisément reconnaissable, c’est aussi parce que les sources d’inspirations des designers sont à la fois immuables et particulières : la nature, la lumière, l’espace, les couleurs !                                                   -LES MOTIFS sont, soit géométriques et épurés, les lignes droites et les formes simples, soit inspirés par  la faune, la flore ou les paysages nordiques ; un rappel  de la nature environnante. Ils peuvent être positionnés de manière équilibrée et répétée régulièrement afin de créer une composition harmonieuse.                                                                  Comment l’idée vient au designer ? Karolina Kroon raconte comment l’idée du motif du célèbre papier peint Moa est née : « L'inspiration vient de la Toile de Jouy classique, un motif historique avec beaucoup de détails. J'ai construit une jungle fantastique avec des plantes et des animaux exotiques que j'ai dessinés avec un stylo à encre fine. Enfant, je rêvais beaucoup des tableaux, notamment des tentures murales de ma grand-mère. De la même manière, je veux que les animaux et le paysage du papier peint puissent encourager la conversation et l’imagination ».                                             

- LES COULEURS : elles sont douces et apaisantes. On retrouve fréquemment des tons neutres tels que le blanc, le beige, le gris et le noir, ainsi que des nuances de bleu clair et de vert pastel. Ces couleurs s'inspirent de la nature nordique et contribuent à créer une atmosphère calme et sereine.     -Les matériaux :  la qualité prime, le naturel est valorisé, le produit fini est robuste et les couleurs solides.                                                   -LE DESIGN mise sur la simplicité, la fonctionnalité et l'esthétique épurée, à l’image des principes du mouvement Arts and Crafts, un style qui se retrouve dans le papier peint. Le style n’est pas figé même si des constantes demeurent. Au cours du XXe siècle, le style scandinave du papier peint a évolué pour refléter les tendances artistiques et culturelles de l'époque. Dans les années 1950 et 1960, il connut un essor international, avec des motifs abstraits, des lignes épurées et l'utilisation de couleurs vives. Des designers tels que Stig Lindberg et Arne Jacobsen ont laissé leur empreinte dans le monde du papier peint scandinave.

A SUIVRE

lundi 5 juin 2023

LE SECRET DU ROSE MAGENTA

 MAGENTA, UNE COULEUR SECRETE ET AUDACIEUSE

Le rose magenta est une couleur extra spectrale puisque qu’elle n’existe pas dans l’arc en ciel, le plus simple des spectres. 

Le saviez vous ? Le 18-750, n’apparait qu’en superposant la lumière rouge et la lumière bleue qui sont visibles dans l’arc en ciel. Ce rose est une couleur  poly-chromatiques puisque composée de plusieurs radiations de fréquences différentes, ce qui en fait la richesse, la profondeur et la diversité de ses nuances.

Généralement associée à la créativité, ce rose attire les artistes, tous domaines confondus. Après le célèbre rose shocking de Schiaparelli, il y eut le fourreau rose magenta que porte Marilyn Monroe dans le film "Les hommes préfèrent les blondes ». Ce costume iconique créée par W. Travailla est devenu l'un des plus célèbres de l'histoire du cinéma.


LE MAITRE DES TENDANCES CHROMATIQUES

Lawrence Herbert, chimiste de formation, employé dans les années 50 dans une entreprise de fabrication de cartes de couleurs, imagina un système de correspondance des couleurs d’abord destiné aux imprimeurs qui, à cette  époque, utilisaient des noms fantaisistes ou des codes pour décrire les couleurs, ce qui provoquait immanquablement des erreurs de correspondance et de reproduction dans les couleurs industrielles.


UN NUANCIER INTERNATIONAL

En 1963, Lawrence Herbert fonde Pantone Inc pour commercialiser son système de codification des couleurs afin de normaliser les échanges au niveau des coloris. Le nuancier est composé d’un nombre limité de couleurs de base, chacune avec un numéro de référence (500 au début, 3000 aujourd’hui). 

Le saviez vous? Herbert reçut une commande étonnante. Dans un paquet, il y avait une banane et un petit mot qui expliquait que c’était la couleur exacte recherchée par son client pour sa nouvelle collection de tricot. Herbert lui demanda si la couleur désirée était celle de la banane au moment de l’expédition ou après la réception quelques jours plus tard !


PANTONE® UN POUR TOUS ET TOUS POUR UN

Depuis son lancement, le Pantone Matching System est un standard de l’industrie pour la gestion des couleurs dans l’impression, le design, la mode. Il est utilisé dans le monde entier. Ses références permettent d’assurer une reproduction précise des couleurs quel que soit le support utilisé et la langue de l’interlocuteur.

Le saviez vous? Avant la création des colorants de synthèse, les couleurs étaient obtenues avec des pigments naturels, ce qui impliquait des variations parfois trop visibles d’un teinturier à l’autre suivant les recettes. Au XVIIIe siècle, la littérature nous offre un divertissement inattendu avec le nom des couleurs en vogue au temps de la splendeur de Louis XVI. La palette était, sinon subtile, du moins imagée. Comment ne pas commettre d’erreur dans les commandes lorsque l’on parle de couleur cuisse de nymphe émue, de caca dauphin, de ventre de carmélite, de prune Monsieur, ou encore de boue de Paris ? Un nuancier de référence eut été bienvenu !


VOUS AVEZ DIT PANTONE                                                                        C’est Lawrence Herbert en personne qui aurait choisi le mot Pantone®, en toute logique puisque Pan signifie tout ou complet en grec ce qui s’applique à son système de correspondance des couleurs qu’il voulait complet et inclusif, et Tone, un terme qui fait référence au ton et aux nuances de couleurs.

PANTONE VERSUS ESPERANTO                                                                       Le système Pantone peut être l’Espéranto des couleurs, des systèmes comparables qui permettent de communiquer à travers le monde indépendamment des langues et des cultures. Herbert réussit avec Pantone ce que Zamenhof n’a pas totalement obtenu avec l’Espéranto.

LE  BOOGERT’BOOK                                                                                           Le  "Traité des couleurs servant à la peinture à l’eau“, est un manuscrit daté de 1692. Il s’agit d’un véritable système de classification basé sur un modèle de mélange des couleurs. Boogert livre ses recettes sur la fabrication de celles-ci, avec des instructions détaillées sur la préparation de plus de 800 nuances de couleurs.                                                                                            Le saviez vous? Seul et unique exemplaire sur la colorimétrie connu à ce jour, il s’était endormi dans les rayons de la bibliothèque Méjanes d’Aix en Provence, faute d’amateurs, jusqu’a ce que Kwakkel, chercheur médiéviste néerlandais, le repère, intrigué par le titre dans la base de données de la bibliothèque en 2014. L’ouvrage comprend 800 pages, une par nuances, ce qui en fait un manuscrit pour le moins encombrant mais le plus complet des manuels traitant de la couleur jamais réalisé. Depuis, la célébrité l’a rattrapé et les demandes de consultation augmentant, de nombreuses reproductions circulent dans les bibliothèques à travers le monde.

LA FUCHSINE UNE HISTOIRE  HAUTE EN COULEURS                                                   Les colorants, de synthèse ou artificiels, ont révolutionné l’industrie de la couleur offrant une gamme élargie de nuances éclatantes et solides. Dans les années 1850, les recherches avancèrent simultanément dans plusieurs pays européens.  

LA SERENDIPITÉ PRESIDE A LA NAISSANCE DE LA MAUVEINE                  En 1856, c’est fortuitement qu’un chimiste britannique Perkin, cherchant à synthétiser la quinine, parvint à créer la pourpre d’aniline baptisée mauvéine considéré comme le premier colorant artificiel. En 1858, une substance dérivée du goudron de houille est mise au point par un chimiste lyonnais, Verguin. La formule améliorée permet la fabrication industrielle de ce colorant rose violacé. Le brevet de ce procédé reveandu aux frères Renard, est déposé en 1859. La formule initiale, après avoir subie quelques modifications, servit de base pour de nouveaux colorants de synthèse.                                                                                                

POURQUOI FUCHSINE?                                                                            Charles Plumier, père missionnaire botaniste, découvrit à Saint Domingue en 1696, un petit arbuste nommé par les autochtones “molle ecantu“ ou buisson de beauté. Il  baptisa la plante “fuchsia“, en l'honneur d’un autre botaniste du XVIe siècle, Leonhard Fuchs, pour sa contribution à la botanique et à la classification des plantes, La couleur du colorant de synthèse fut donc baptisée fuchsine pour sa ressemblance avec la couleur rose violacé des fleurs du fuchsia.

POURQUOI ROSE MAGENTA ?                                                                   Ce nom, purement commémoratif, fait référence à la bataille de Magenta, qui s’est déroulée en 1859. C’est la victoire des forces franco-piémontaises menées par Napoléon III face aux autrichiens qui fut célébrée en baptisant magenta ce nouveau colorant chimique découvert peu de temps avant cette bataille. Depuis, l’appellation fuchsine fut abandonnée au profit du magenta.                                                                                              

Le saviez vous ? La fuchsine fut l'une des premières couleurs du système de codification Pantone, sous le nom de «magenta».             

En 2023, le rose magenta est une couleur à la fois sophistiquée et populaire, utilisée aussi bien dans les domaines de la vie quotidienne que pour des occasions exceptionnelles. De l’art à la mode, du design aux produits industriels, le rose magenta poursuit sa route enchantée.

Et c’est fini pour ce post chromatique qui colorera en rose  ce joli printemps

PANTONE CODE 18-750 ?

 VIVA MAGENTA 

Voici venir le joli mois de Mai et, selon le dicton, “en Mai fais ce qu’il te plait“ ; c’est pourquoi je vous dévoile ce qui se cache derrière le code 18-750 du viva magenta, élue couleur de l’année 2023 par la société Pantone. Comme chaque année depuis 2000, Pantone propose une couleur sensée représenter l'esprit d’une époque, les tendances, les influences culturelles et les émotions du moment. Elle devient alors une source d’inspiration pour les designers et les créateurs du monde entier.

Le saviez vous? En 2021, Pantone sélectionna Ultimate Gray PANTONE 17-5104 et Illuminating PANTONE 13-0647, deux couleurs qui symbolisent la force et l'espoir, ainsi que la résilience et l'énergie, en réponse aux défis mondiaux. 


PANTONE UN OUTIL MARKETING INCONTOURNABLE

Une couleur savamment choisie est, pour les industriels, un formidable booster commercial.  


LA VIE EN ROSE POUR 2023 ?

Si 2023 s’annonce morose sinon conflictuelle et c’est là un doux euphémisme, un vent d’optimisme pourrait souffler sur la mode et la décoration d’intérieurs, véhiculé par le captivant, séduisant, sulfureux et anti-conformiste rose magenta. 


LA SUBJECTIVITÉ DES COULEURS

Le mécanisme qui régit la vision étant le même pour tous les individus, il faut tenir compte des paramètres qui provoquent des différences d’appréhension des nuances et parfois des couleurs : la vue, la lumière, le vocabulaire, la civilisation. 


QUESTION DE VOCABULAIRE 

Le système Pantone propose à ses clients une large sélection de nuances et de tons pour chaque couleur. 

La teinte se réfère à la couleur de base sans modification.

La nuance se réfère à une variation subtile d’une couleur obtenue en mélangeant ou en ajoutant d’autres couleurs.

Le mélange de rouge et de bleu donne, suivant les proportions, une infinité de nuances. Ce rose magenta se met à nu avec délicatesse, sérénité ou fougue. Si le langage des couleurs est normatif, il demeure  néanmoins très subjectif.  

Ce magenta aurait, pour certains, un effet tranquillisant, susceptible de faire baisser le niveau d’agressivité. Pour d’autres, il favoriserait l’activité, développerait la confiance en soi, symboliserait l’amour, l’affection… Pour moi, il est simplement merveilleusement aimable.

Le ton se réfère à la clarté ou à l’obscurité d’une couleur.


LE POUVOIR DES COULEURS SUR NOTRE INCONSCIENT

Les couleurs perçues par nos yeux et transmises à notre cerveau, influencent notre psyché en activant les parties du cortex liées aux souvenirs et aux émotions. 

Des émotions colorées : les couleurs chaudes comme le jaune et l'orange évoquent la joie et la chaleur, les couleurs froides comme le vert et le bleu  donnent une impression de fraîcheur et de calme.

Le saviez vous?  Le choix du rose magenta était significatif pour le peintre Mark Rothko, qui considérait que la couleur était un outil de communication, permettant de transmettre des émotions et des sentiments profonds. Le rose magenta, en particulier, peut être interprété comme une couleur évoquant l'énergie, la passion et l’intensité. Son œuvre est toute entière basée sur le pouvoir émotionnel de la couleur. Pour les curieux, j’ai trouvé sa composition n° 13  Magenta, noir, vert sur orange.

Une perception détournée : les couleurs claires ou foncées, chaudes ou froides, peuvent modifier notre perception de l'espace et de la taille, ou créer des illusions d’optique.

Le saviez vous? Les couleurs savamment sélectionnées agissent sur le comportement du consommateur : le rouge est utilisé en marketing pour inciter le client à l’achat.

Des symboles : le langage des couleurs est parsemé de symboles culturels.  Ainsi le blanc est-il choisi pour les robes de mariée en Occident, mais c’est le rouge en Chine, le violet était jadis la couleur du deuil, le noir est lié à la tristesse alors que le blanc est la couleur du deuil en Inde, les comédiens superstitieux évitent le vert maléfique en France alors que c’est le violet  pour les italiens…

Le saviez vous? Les publicitaires jouent avec les couleurs. Ainsi, les grandes marques de produits de luxe ou de consommation courante sont souvent associées à une couleur : le rouge pour Ferrari ou Louboutin, le bleu pour les cigarettes Gitanes, l’orange pour Hermes… 


A SUIVRE