Ce blog est le reflet de mes passions : l'histoire, le textile, l’art et les voyages. Ici je vous confie mes émotions, vous dévoile les petites et grandes histoires des étoffes, partage avec vous mes découvertes et mes rencontres du bout du monde ou du coin de la rue. Embarquez pour une promenade insolite dans le monde du textile d’hier, d’aujourd’hui et de demain.
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Catherine Kouliche- Goldman
Les sumériens, 3000 ans avant notre ère, revêtaient le kaunakes, une protection vestimentaire réalisée avec la toison entière des chèvres du Tibet sans passer par la case tissage, simplement enroulée autour de la taille. Puis, le filage et le tissage se développant, le tissu imita les longues mèches de la toison.
MUKHAYYAR
Le terme anglais moyacair, qui donna mohair, est un emprunt à l’italien mocajardo, déformation du mot persan -mukhayyar ou moiacar qui désignait un tissu obtenu avec la laine d’une race spécifique de chèvres, choisies parmi toutes les autres et choyées bien plus que les autres .
UNE AMBIGUITE VOCABULISTIQUE
Jusqu'au XVII ème siècle, le sens du mot moire ou mouaire demeura incertain. Il désignait une étoffe chatoyante en poil de chameau, de chèvre cachemire, de chèvre angora ou en soie
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LE MOHAIR DEVIENT UNE FIBRE A PART ENTIERE
La séparation advint entre le mohair et la moire et, en 1860 enfin, le mot mohair entra dans la langue française
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UN MONOPOLE OFFICIEUX
La population locale d’Angora conserva jalousement le monopole du commerce des étoffes tissées avec cette laine, source de revenus inestimable pour la région qui vit se développer un artisanat textile très actif jusqu’au XIXe siècle.
LE TIFTIK TRESOR NATIONAL
Au XIVe siècle, sous l’impulsion d’ Osman1er, les chèvres d’ angora devinrent un trésor national. L'exportation des animaux vivants et leur laine brute, appelée par les autochtones tiftik, fut strictementencadrée et, durant certaines périodes, ce commerce fut totalement interdit, les contrevenants risquant la mort.
UN MONOPOLE OFFICIEL
La quasi totalité de la production de mohair était destinée à la confection des vêtements du Sultan et de sa Cour.
Le saviez vous ? C'est le Sultan Osman1er qui donna son nom à la dynastie ottomane qui resta à la tête de l'Empire Ottoman de 1299 à 1923.
Entre le XIV et le XIX e siècle, les sultans ottomans continuèrent la même politique, autorisant épisodiquement au gré des alliances politiques, les exportations de fils de mohair ou de vêtements locaux en laine mohair.
UN PROTECTIONNISME ANCESTRAL
Les chinois, quelques siècles avant les ottomans, avaient aussi tenté de réguler le commerce de la soie : mêmes causes, mêmes conséquences.
LE PRIX DE LA RARETE
Au XVI eme siècle, devant l'afflux de demandes des pays étrangers, les lois régissant le commerce extérieur de l'empire Ottoman s’assouplirent, permettant ainsi aux devises d’affluer. Le sultan accepta de partager ce trésor laineux avec les étrangers, mais au prix de quelques restrictions : seuls les produits finis (fils, vêtements, tissus) pouvaient être exportés. Les marchands hollandais et français se disputèrent la maitrise du commerce des fils de laine mohair tant que le monopole sur la laine en vrac et les chèvres angora vivantes resta en vigueur. Les occidentaux payèrent le prix fort pour obtenir des articles en mohair à cause des difficultés d'approvisionnement, des dangers liés au transport et des nombreux interdits qui contribuèrent à la raréfaction du produit.
SILLOGISME
La production de mohair, tous pays confondus ne dépassant pas 1% de la production mondiale de fibres naturelles, ce qui est rare est cher, le mohair est rare par conséquent il est cher. Longtemps, le mohair demeura un luxe comme le cachemire ou la soie.
AUX SOURCES DU MOHAIR
L’Empire ottoman accueillit de nombreux étrangers, curieux, chroniqueurs, marchands, espions, ambassadeurs et tousfurent éblouis par la richesse des costumes de la Cour. Quelques aventuriers audacieux dépassèrent les limites des limites des palais de Constantinople pour découvrir le pays, certains poussèrent jusqu’en Angora découvrant la source originelle du mohair, une matière encore rare en Occident
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BEYBAZARL’AUTRE CAPITALE DU MOHAIR
J.M. Tancoigne, au début du XIXe siècle, fut surpris par la qualité des tissus en mohair provenant de la région de Beybazar (le marché du roi).
"Ces schâlis d'un mœlleux comparable à celui de la plus belle soie, sont de toutes sortes de couleurs, les turcs en font des vêtements pour l'été et ils parroissent affectionner de préférence ceux de couleur blanche. La même matière sert encore à fabriquer des demi bas extrèment fins. Je voudrois madame, que vous puissiez voir les nombreux troupeaux de chèvres répandus dans la plaine d'Angora, quelque-unes sont d'une stature extraordinaire pour leur espèce, l'œil est enchanté de leur propreté et de la blancheur éblouissante de leur toison qui pend jusqu'à terre..."in "Lettres sur la Perse et la Turquie d’Asie" Si la laine des chèvres de Beybazar était plus blanche et plus fine que celle d'Angora, c'est parce que les chèvres bénéficiaient d'attentions particulières.Elles étaient souvent peignées et lavées au savon dans les rivières avoisinantes. Les restes de savon accentuaient la blancheur et probablement la douceur ; les connaisseurs pouvaient distinguer la provenance de la laine simplement au toucher.
PERIL EN LA DEMEURE
En libéralisant le commerce du mohair, les autorités locales n’avaient pas prévue la concurrence.
UN CADEAU BIEN EXPLOITÉ
En 1849, JB Davis fut chargé par le gouvernement américain de mener à bien une expérimentation sur la culture du coton en Turquie. Il revint dans son Texas natal avec un cadeau du gouvernement turc : 9 chèvres angora qu'il pensait être des chèvres du cachemire. Le territoire texan leur convint si bien que leTexas devint depuis un des plus grand producteurs de lainemohair.
LES LOIS DU COMMERCE
L’industrie textile d’Anatolie vivant sur ses acquis périclita rapidement, les bergers n’ayant pas pris soin de leurs troupeaux et les croisements avec d’autres caprins avaient considérablement baissé la qualité de la laine mohair. La prospérité de la région d’Ankara fut anéantie en quelques décennies par la concurrence des élevages de chèvres d’Angora d’Afrique australe, des USA et d’Australie…
La curiosité est un délicieux outil qui permet de voyager dans le temps et l’espace selon ses envies. Les mots de ce post entraînent le lecteur dans les dédales de l’histoire d’un brin de laine aux qualités exceptionnelles.
DE LA CAPRA AEGAGRUS HIRCUS A L’HIRCUS ANGORENSIS
Les tribus nomades d’origine mongole, descendants probables de la grande famille de Gengis Khan, sillonnèrent, des siècles durant, les routes d’Asie Centrale avec leurs taroupeaux de moutons et de chèvres sauvages Capra ægagrus hircus, originaires du Tibet et domestiquées il y a environ10.000 ans par les perses. Elles constituaient un moyen fort pratique de se nourrir, de se vêtir et d’améliorer le confort des abris.
Au XI e siècle, certaines tribus se sédentarisèrent dans la province d’Angora, terroir propice à l’épanouissement des descendantes des chèvres tibétaines qui, par analogie, devinrent les chèvres d’Angora caractérisées par leur toison blanche aux longues mèches ondulées et soyeuses.
LE SAVIEZ VOUS ? Angora est l’altération de Ancyra, qui signifie ancre. Ancyre, ancien nom de la ville d’Ankara devenue capitale de la Turquie en 1922,aurait été fondée par Midas, roi de Phrygie, et baptisée “ancre“ parce qu’on aurait trouvé une ancre sur ce site.
FOURNISSEUR OFFICIEL DU MOHAIR
A la suite des croisements notamment avec la Capra hircus Falconeri d’Afghanistan, et de soins attentifs, des changements morphologiques modifièrent l’arrangement des follicules pileux de la chèvre du Tibet.Elle sera alors élevée pourle commerce de sa toisonunique, semblable à un flocon blanc qui se détache sur le vert des pâturages d’Angora.
UNBONUS
Contrairement à la plupart des mammifères "à laine", cette toison contient peu ou pas de jarres, elle est constituée essentiellement de fibres dites secondaires fines, blanches, longues, douces etlumineuses, ce qui est considéré chez les autres animaux comme le duvet. Cette particularité confère un surcroit de confort pour l’animal et une plus value pour les éleveurs.
RENDRE A CESAR
Le mot angora renvoie l’image d’une laine douce et très féminine issue de certains lagomorphes, mais plus rarement au mohair, dont le mot demeure une énigme pour certains. L’animal mohair n'existe pas, la chèvre d'Angora ne fournit pas la laine angora ! Le poil de la toison de la chèvre d’Angora, une fois filé, prend le nom de mohair.
Le saviez vous ? Lapin, chat, chèvre angora, sont des animaux quise distinguent par leur toison volumineuse ,légère et douce, hors du commun, résultant de modifications génétiques, naturelles ou pas, qui bousculent l’arrangement des follicules pileux Domestiqués, ils ne peuvent vivre à l'état sauvage, ils sont élevés quasiexclusivement pour leur toison qui pousse sans discontinuer Lelapin qui fournit l’angora mue chaque année, alors que la chèvre doit être tondue deux fois par an. Seuls les poils de la toison des chèvres d’angora, une fois filés ont droit à l’appellation mohair.
HAYYARA = CHOISIR
L'origine du mot mohair est bien plus complexe et plus ancienne que l’arrivée de la chèvre du Tibet en Angora. Le terme originel hayyara = choisir s’applique à la capra aegagru hircus qui fut sélectionnée parmi d’autres pour ses qualités et son potentiel, probablement un animal de premier choix.
UNE TOISON CELEBRE ?
Le héros grec Jason parti à la recherche de la "Toison d’or“qui, selon certains historiens, serait la toison d'une chèvre ou d'un bouc du Tibet.
J'invite tous les passionnés, curieux, amateurs, professionnels ou simplement amoureux des tissus, à les découvrir de façon déconcertante, fantasque, étrange, en assistant au concert : "Correspondances entre sonorités textiles et instruments à vent", organisé par Christine Dana-Helfrich, conservateur en chef du patrimoine, chef de la Mission Musique du Musée de l'Armé à l'occasion des journées du patrimoine, le Samedi 17 Septembre à 16h30 dans la cathédrale des Invalides.
C'est une opportunité, pour la Synesthète que je suis, de pouvoir partager avec le public ma vision acoustique des étoffes. Mon univers textile je le dorlote, je l'enrichis au fil des ans, je collectionne les indices, je peaufine les détails et, aujourd'hui, je le dévoile !
Apprivoiser les étoffes, c'est être à leur écoute et cette approche m'a conduit à abolir les barrières entre la réalité et l'imaginaire, entre les sens du toucher, de la vue et de l'ouïe. Quatre instruments à vent ont été choisis pour sonoriser mes textes qui seront lus et mis en scène très librement par Jessica Goldman.
La diversité des matièrestextiles se réduitsaison après saison, certaines disparaissent partiellement des inventaires des fournitures pour tailleurs, d’autres s’éclipsenttotalement dans les collection de prêt à porter et puis il y en a qui sont définitivement sorties du vocabulaire courant.Le bougran a emprunté la voie de l’évolution si ce n’est celle de la révolution
DES PRODUITS DE SUBSTITUTION OSÉS
Certesdes succédanés on pris la place du bougran, comme les toiles thermocollantes, la triplure, et parfois même du carton, une bien mince consolation pour le consommateur!
UN LONG PARCOURS
Comme de nombreuses étoffes,le bougran,depuis les échoppes des artisans ouzbeks jusqu’aux ateliers de Savile Road fut soumis à des changements physiquesradicaux, passant d’une étoffe délicate à un tissu grossier, a des usages divers de la doublure en laine des manteaux ouzbeks à une forte toilede coton utilisée en reliure et ce long parcours à travers l’Asie Central et une partie de l’Europe lui valutaussi quelques frasques “vocabulistiques “
UN TISSU VOYAGEUR
Au XIIe siècle, on retrouve cette toile de cotonraidie dans de nombreux pays sous desdénominations diverses Boqueran devient bougran en Français, buckram en anglais,bucherame, en italien et bucaran en espagnol. Si le bougran est présent dans la le vocabulaire courant de ces pays c’est la preuvede sa notoriété. La valeurcommerciale fluctua sans jamais sombrer ou presque, en fonction des matières premières..
L’APPRET FAIT LE BOUGRAN
Belle toile de laine jadis, fine toile de coton, avant cette définition des plus lapidaires qui se trouve dans les pages des dictionnaires contemporains « une grossière toile de coton ou de chanvreraidie par un apprêt »
DU NOM AU VERBE
Bougrener renvoie à l’action de renforcer tout type d'étoffe, en coton, en lin, en laine de manière à lui donner l’aspect du bougran
LE BOUGRAN AU FIL DE L’HISTOIRE : DU TOP AU FLOP
Au XIe siècle, on trouve une étoffe appelée boucana ou bougran au Soudan
Au XIIIe siècle, le bougran est devenu un étoffe grossière de laine commune de qualité très médiocre. Son manque de souplesse est adapté à sa mission de doublure, de soutien, pour les étoffes trop souples et les courtepointes.
Au XIVe siècle, le bougran devint un tissu de lin fabriqué à Chypre et en Arménie. A la même époque, c'est une sorte de mousseline de coton légère et précieuse car le coton est encore une fibre rare en Europe. Cette étoffe est alors utilisée par la noblesse. Il est d'ailleurs fait mention de boqueran blanc
dans la description de la chambre de la reine Clémence de Hongrie.
Au XIV e siècle Marco Polodans ses écrits fait à plusieurs reprises allusion auBougran « lacapitale de l’Arménie Majeure s’appelle Arzinga, on y fait d’excellent buchiramus » « Le bougran est un tissu précieux au Malabar et même très fin à Machilipatam, aussi engrosse laine pour pauvres au Tibet. »
Au XVe siècle, l’usage du bougran étaitvaste allant desvêtements, à la sellerie, auxétendards
Au XVIe siècle Anne Boleyn possédait d’après les comptes de dépenses du roi Henri VIII un manteau et une robe de nuit en buckeramCeci s’il en était besoin prouve que la renommée du bougrantouchait toutes les couches de la société.
Au XVIe siècle, en Grande Bretagne, le buckram est une étoffe laineuse souvent utilisée pour les vêtements cléricaux.
Au XVIIe siècle un dictionnaire anglaismentionne le Bocassin comme étant un fin bougran semblable à un taffetas
Du XIXeau XXe siècle, le bougran est une toile de coton gommée et calandrée que le tailleur place à certains endroits du vêtement entre l'étoffe et la doublure pour donner du maintien. Au XXIe sièclec’est un souvenir
LES ETYMOLOGIE HYPOTHETIQUESSE BOUSCULENT
LogiquementBOUGRANserait l’ altération de Boukhara, ville d’Asie Centrale, point de départ d'un grand nombre de marchandises précieuses comme les épices ou la soie vers les marchés occidentaux. Cependant et j’en conviens, cette merveilleuse cité située sur la route de la soieest davantage connue pour ses tapis,et ses monuments aux coupoles turquoises qui se détachent sur le bleu du ciel, que pour le commerce de cette toile forte.
Alors d’autres hypothèses sont fréquemment proposées comme
LeBougran viendrait debouc,puisqu’à l’origine il fut dit on tissé avec des de poils de chèvre lorsqu’il s’agissait d’une étoffe fine et souple,peut être avec la toison de la chèvre du cachemire ?,
L’italien bucherare qui se traduit par transpercer, pourrait aussi biens’appliquer au bougeant du XIe siècle qui était une toile grossière servant à doubler les vêtementstissée avec les poils de la toison de chèvres communes . Les poils raides de cette doublure transperçaient le tissuvenant picoter les peaux fragiles!Une hypothèse plus fantaisiste que sérieuse circule, bougran viendrait de Bulgariedontles habitants étaient des « bougres », bigre !
Tout cela n’est qu’hypothèse la réalité n’a aujourd’hui que peu d’importance dans la mesure où le bougran n’aplus qu’une existence historique
UN MONOPOLE BIEN EXPLOITE
Lestisserands occidentaux ne se précipitent pas pour imiter ce tissusans doute trop banal bien que très utile, laissant le monopole de la production et du commerce du bougranaux ouzbeks, chypriotes, indiens, arméniens, kurdes…
UNE GAMME RESTREINTE DE TEINTES
En Asie le bougran était souvent fantaisie, avec des motifs floraux et des couleurs vives même lorsqu’il servait de doublure, mais en occident, il estblanc, noir, gris et toujours uni. Parfois, pour les reliure, la gamme s' élargie auvert pour la reliure
« QU’IMPORTE LE FLACON »C’EST TOUJOURS DU BOUGRAN !
Un temps tissé à partir des poils de chèvre, dulin, du chanvre puis en coton, laine en fait toutmatériau susceptible d'être tissé.
CES MESSIEURS « COLLET MONTÉ »
Les impératifs de la mode masculine obligent à certaines contraintes et, comme les femmes sont corsetés les hommes enfilent des vestes qui ressemblent davantage à des cuirasses qu'à des vêtements civils. La silhouette est modifiée, voire déformée. Le buste masculin se doit d'être non seulement bien garni mais également bien raide. Les cols et les revers immenses ne doivent pas se relever au moindre courant d'air ! Glissé entre le tissu et la doublures les tailleurs utilisent le bougran pour raidir “armer“ les étoffes trop souples.
LA REVOLUTION DU BOUGRAN
Au XIXe siècle de grandshommes de lettres étaient préoccupé par l’importance de la place de la mode dans le quotidien de leur concitoyens et de Hugo à Balzacunanimement ils critiquèrent l’usage excessif du bougran :
"ce tourment des habits à collets et à revers rembourrés drap au dehors, carton en dedans." Détournant l'objet incriminé de la mode, il en fera une arme politique assimilant ce vêtement lourd et guindé à la politique puritaine, académique et triste de Charles X. » Balzac. Peu avant la révolution de 1830 Balzac en appelle à la révolte de la France contre le bougran.
LE POIDS DE LA QUALITÉ
Jusqu'au milieu du XXe siècle, le costume masculin était encore empesé,rigide et lourd, infligent des contraintes au squelette, comme le fut le corset pour les femmes. Le poids était une sorte de garantie de fabrication d’un vêtement, un tailleur avait à sa disposition unnombre de fournitures qui au final donnaient cette allure masculine un brin guindée : épaulettes, mignonnette, bougran entoilage, feutre, doublure, ceinture de pantalon..doublure de manches , épaulettes
DE LA QUATÉGORIE POIDS LOURDS A LA CATÉGORIE POIDS PLUMES
Les raisons de la disparition du bougran sont aussinombreuses que ses différentes versions, Désormais la mode masculine se décline tout en souplesse et légèreté. Le prêt -à -porter a changé la donne. Les tissus pour répondre à la demandedes consommateurs sont de plus en plus légers, de plus en plus souples, les supers 100 sont dépassés par les supers 180, 200 et les fournitures pour tailleurs ne sont plus que des souvenirs, mais c’est le jeu, un jeu de pouvoir et pour une fois c’est le consommateur qui est le vainqueur!
Il est vrai que les écrits au sujet de l’amiante sont innombrables, les articles pullulent dans les médias, il fait partie des brèves de comptoir mais, que savons-nous exactement à son propos ? En faisant des recherches pour cet article, je me suis rendu compte que, finalement, je découvrais une substance, certes célèbre, mais si mal connue.
UNE HISTOIRE « DEMENTIELLE »
Le parcours de l’amiante blanc est exceptionnel et son histoire a de quoi séduire les curieux. On remonte le temps, traverse le monde, transcende la matière, s’immisce dans les travaux des scientifiques, plonge dans l’univers des encyclopédistes, découvre son ascendance extraordinaire sur l’homme.
EN TOUTE LOGIQUE
La dénomination asbeste, asbestose en vieux français qui vient du latin asbestos emprunté au grec, signifie inextinguible.
Le saviez vous? Les grecs utilisaient l’asbeste pour faire des mèche de lampe qui ne s’éteignaient jamais.
Asbeste est le vocable utilisé dans les pays anglo-saxons ; en France, le mot en usage est amiante, du grec amiantos, pierre pure, incorruptible.
UNE ROCHE MALÉFiQUE
Fibre mystérieuse, magique et toxique, l’amiante est un délicieux poison, un produit enjôleur qui cache son jeu en exécutant des tours de passe-passe. Objet d’admiration pendant des siècles, objet démoniaque depuis quelques décennies.
MYSTERES ET CURIOSITÉS
Les grands esprits, de l’Antiquité à la Renaissance, ont été à la fois intrigués et émerveillés par cette pierre qui a l’aspect du bois, cette fibre immortelle ressemble à une chevelure blonde (nommée à juste titre par les grecs chrysolite ou fibre d’or). Voilà une matière fascinante que certains ont voulu mystique, d’autres juste mystérieuse.
En Carélie, au néolithique, les hommes utilisaient des fibres d’amiante mélangées à de l’argile et du limon pour fabriquer des poteries pour cuire des aliments.
Pline l’ancien, (1er siècle ) fut fasciné par les propriétés des tissus d’amiante qu’il décrit comme des articles de luxe : » le lin vif (amiante) valait autant que les plus belles perles“.
Le saviez vous? Pline succomba sans doute à cause de sa curiosité scientifique, puisque c’est en allant sur le Vésuve en 79 au moment de l’éruption qu’il fut asphyxié par le gaz sulfureux émis par le volcan.
Strabon, géographe grec, écrit dans sa Géographie Universelle : « à Carystos en Eubée, on trouve une espèce de pierre qui se carde et se tisse : on en fait des essuie-mains qu’on jette dans la flamme pour le nettoyer“.
Charlemagne devant ses hôtes de marque faisait jeter les nappes d’amiante au feu pour les nettoyer.
Marco Polo dans le « devisemment du monde » note : « on en fait des étoffes, lesquelles étant jetées dans le feu ne sauraient être brûlées.[…]. C’est de cette manière aussi qu’ils ôtent les taches sur ces étoffes, car elles sortent du feu sans aucune souillure.“ Le professeur américain Berthold Laufer évoque en 1919 l’anecdote suivante située dans la Chine du Ve siècle : « Le roi de Kashgar aurait envoyé à l’empereur de Chine une tunique ayant appartenue à Bouddha, mesurant six mètres de long. L’empereur la fit plonger dans un feu violent pendant une journée entière, mais la tunique ne se consuma pas. Tous les témoins muets de surprise crurent à la puissance miraculeuse de Bouddha. »
CONSEQUENCES DE L’INCONSEQUENCE HUMAINE
Si les populations furent laissées dans l’ignorance, certains mirent à “leur profit“ les qualités étonnantes de l’amiante. D’autres, furent témoins des ravages de l’exploitation de l’amiante et quelques-uns tirèrent la sonnette d’alarme. Pline, encore lui, aurait été affligé par l’état de santé désastreux des esclaves romains chargés de filer et de tisser l’amiante. Leurs voies respiratoires étaient visiblement affectées par l’inhalation des poussières d’amiante. En 1918, les compagnies d’assurances américaines refusèrent d’assurer les travailleurs de l’amiante ; en 1950, le décret du 31 août reconnaît l’asbestose comme maladie professionnelle.
L’amiante aurait pu se contenter d’émerveiller les enfants, de fasciner les crédules, d’intriguer les scientifiques, d’être un sujet de conversation de salon. Mais voilà, l’homme fut et demeure encore trop insouciant des conséquences néfastes de sa conduite. Il a exploité à outrance le filon, jusqu’au désastre.
RESPONSABLES MAIS PAS COUPABLES L’amiante est une fibre dite pathogène, du grec qui signifie « donne naissance à la douleur “, puisqu’elle est à l’origine de l’asbestose aujourd’hui reconnue comme maladie professionnelle après bien des procès entre ouvriers et multi-nationales.
Le saviez vous? Les fibres de ce minéral filamenteux sont courtes et agglomérées ; leur ‘extraction et leur broyage provoquent la poussière qui s’avère très nocive pour les voies respiratoires.
LE POINT FINAL EN EUROPE
En France, en 1997, un décret officiel proscrit l’utilisation de l’amiante. En 2005, l’Union Européenne met le point final à ce fléau. Depuis quelques années, les constructions susceptibles de contenir de l’amiante sont soumises à des contrôles et lorsque que la présence d’amiante est avérée, les bâtiments publics sont « désamiantés », souvent avant d’être démolis. La détection de l’amiante est obligatoire lors d’une vente immobilière, ce qui prouve que le risque n’a pas été éradiqué.
L’AMIANTE : UNE MANNE FINANCIERE
Certains pays passent outre les dangers liés à l’extraction et à l’utilisation de l’amiante et continuent l’exploitation des gisements qui se trouvent sur leur territoire. Economiquement, cette industrie est toujours rentable pour les exportateurs comme pour les importateurs qui réclament des matériaux de construction à bas coût. L’amiante est commercialisée en vrac, en nappe, en fil, tissée, en bande, en panneaux rigides, en feutre.
UN CONSTAT NAVRANT
2022 : bien que des mesures de sécurité aient été mises en place dans les gisements miniers toujours en activité en Russie, en Chine ou encore aux Indes, l’asbestose menace toujours les ouvriers.
UN MATERIAU REFRACTAIRE L’Amiante est un terme générique qui désigne un groupe de minéraux constitués de silicates fibreux incombustibles. On devrait donc dire les amiantes car il existe plusieurs qualités, chacune d’elles ayant ses spécificités.
-La chrysolite ou amiante blanc, la plus commercialisée dans le monde et la seule qui peut être filée et tissée donc, par conséquent, utilisée par l’industrie textile. Le mot chrysolite vient du grec et signifie “pierre d’or“ mais l’image des cheveux est souvent utilisée car les fibres sont longues, flexibles, semblables à des cheveux blancs.
-Les amphiboles, largement représentés par l’ asbeste caractérisée par une coloration vert de gris, par des fibres courtes, raides.
SAVANTS OU APPRENTIS SORCIERS ?
Les chercheurs de la NASA ont mis au point une fibre technique qui aurait les mêmes qualités que l’amiante : la fibre de carbone. Bien que son prix de revient soit plus élevé, elle possède des qualités assez similaires. Cette similitude présente un inconvénient majeur : elle aussi pourrait être à l’origine de cancers du poumon.
Fibre de Carbone
UN MOT TRES GENRÉ
Silicate pouvant être travaillé en fibres ; ces fibres, résistantes à l’action du feu. Amiante est, contrairement aux apparences, du genre masculin. Donc, ne voyez pas de faute d’orthographe ou d’accord là où il n’y en aurait pas.
L’EPREUVE DE L’EAU ET DU FEU
Au début du début, l’eau fut source de vie et de purification des corps et de l’âme. Puis il y eut une rencontre magique entre l’homme et l’amiante. Le feu, considéré lui aussi comme purificateur de l’âme, des mauvaises pensées, des vilains gestes, des salissures, trouva un allié à sa mesure : l’amiante. Un lien étroit unissait ces deux compères : le feu nettoyait les tissus d’amiante sans passer par l’intermédiaire de l’eau. Ce sont les caractéristiques de l’amiante : ininflammabilité, incombustibilité, imputrescibilité, qui firent son succès. Durant des siècles, il fut employé avec parcimonie, par des initiés, puis à profusion par les industriels à partir du XIXe siècle, avec le développement de l’industrie. Pour satisfaire la demande croissante des industries, l’exploitation de l’amiante (extraction, la transformation en fil, en poudre ou en pâte) à grande échelle se développa dans de nombreux sites à travers le monde.
L’ARBRE QUI CACHE LA FORET
Si le danger est permanent sur les sites d’exploitation, il se manifeste plus insidieusement avec les produits finis. En effet, lorsque la matière vieillit, (panneaux isolants, plafonds, tissus…) elle s’effrite, libérant dans l’air des particules minuscules. Cet air vicié, lorsqu’il est inhalé, peut provoquer des maladies respiratoires. Cependant, la maladie ne se déclare pas immédiatement et parfois, c’est 40 ans après avoir été exposé à l’amiante qu’une personne peut développer la maladie.
SCIENCE SANS CONSCIENCE…..
Parce que l’on ne peut pas passer son temps à se demander comment font les magiciens pour réussir leur tour, on accepte sans comprendre bien des choses. Longtemps, l’amiante fut considéré comme un produit miraculeux parce que, comme souvent, la réalité dépasse la fiction, les peuples n’y virent que du feu ! Les sorciers étaient les magiciens des temps anciens. Les populations prenaient pour de la magie, voire des miracles, ce qui s’expliquait par des propriétés physiques et chimiques spécifiques.
Le saviez vous? Aujourd’hui la magie a disparu laissant place à la science parce que nous savons pourquoi l’amiante « renaît de ses cendres ». Le silicate de magnésium a des propriétés réfractaires ; c’est pourquoi il résiste sans se dégrader à un feu ordinaire mais, dans un feu violent et continu, la matière à tendance à se vitrifier, à se solidifier.
Dans la vraie vie, on ne peut pas avoir du linge propre sans un peu d’huile de coude ou sans l’aide d’une machine à laver, alors on accepte et on réclame sans chercher à comprendre ce qui facilite le quotidien. Nos ancêtres ne purent résister à ce tissu magique, pas plus que nous lorsque, dans les années 1960, on nous vantait les mérites d’une fibre résistant au feu, aux acides qui, associée à une fibre végétale, protège nos mains de la chaleur, notre corps du feu,… Supercherie ? Sorcellerie ? Non, ignorance.
UN TISSU INDESTRUCTIBLE OU PRESQUE
Broyage des roches, lavage et séchage des fibres qui sont transformées en une masse blanchâtre, laineuse et volumineuse.
Les fibres sont triées par longueur, les plus longues sont destinées à la filature, les plus courtes sont agglomérées pour obtenir une pâte qui sert à la fabrication de carton d’amiante, isolant.
Une fois transformé en fils puis tissé, l’amiante devenait un tissu « magique » qui servaient lors de cérémonies religieuses. Salis, ils étaient jetés dans le feu et ressortaient propres, blancs et en très bon état. Dans certaines congrégations religieuses, le corps des défunts était incinéré, enveloppé dans un suaire tissé avec des fils d’amiante, ce qui permettait de conserver les cendres du mort sans qu’elles soient mélangées aux cendres du bois utilisé pour le bûcher. Le pouvoir de l’officiant ou du sorcier n’était pas mis en question, au contraire.
L’AMIANTE : UN INTRIGANT INCORRUPTIBLE
Le saviez vous? Au Moyen-Age, en Occident, on pensait le tissu en amiante tissé avec les poils de la salamandre.
Aujourd’hui, nous savons pourquoi l’amiante « renaît de ses cendres ». C’est un silicate de magnésium qui a des propriétés réfractaires, c’est pourquoi il résiste sans se dégrader à un feu ordinaire, mais dans un feu violent et continu, la matière à tendance à se vitrifier, à se solidifier.
La magie disparaît laissant place à la science. Si le peuple était laissé dans l’ignorance, certains surent mettre à profit les qualités étonnantes de l’amiante.
UN PASSE GLORIEUX ET UN PRESENT DRAMATIQUE
Les chinois, les égyptiens, les grecs et les romains connaissaient ces capacités à résister au feu, et la chrysolite fut utilisée sous diverses formes : étoupes, rembourrage ou tissus. Des traces d’amiante sous forme de textile ont été retrouvées datant du 1er siècle avant J.C.
UNE AUBAINE POUR LES INDUSTRIELS
L’industrie du bâtiment trouva en l’amiante le matériau idéal. Bon marché, présent dans de nombreux endroits sur terre, gisements accessibles, aisément exploitables. Le matériau, une fois broyé étaient utilisé en vrac, en poudre, et servait au bourrage, rembourrage, calorifugeage. Les problèmes de santé sont causés par les fibres courtes et rigides qui n’ont aucune cohésion entre elles et peuvent se détacher avec l’usure les unes des autres, surtout lorsqu’il s’agit d’un flocage.
Les anciens utilisaient l’amiante pour consolider les poteries, confectionner des linceuls et, suivant cet exemple, les industriels du BTP utilisèrent l’amiante pour renforcer le ciment en inventant le « fibrociment » ou pour isoler les plafonds et insonoriser les murs des bâtiments.
L’industrie textile misa sur les qualités extraordinaires de cette fibre. Les tissus résistants au feu trouvèrent des applications pour les vêtements professionnels qui devaient protéger de la chaleur ou des projections d’acides… On trouve ainsi les pompiers, les coureurs automobiles, les ouvriers sidérurgistes, métallurgistes ou travaillant dans les hauts fourneaux.
Les industries automobile et aéronautique ne furent pas en reste. Certaines pièces comme les garnitures de freins étant soumises à de fortes chaleurs ou à des frottements répétés devaient résister à ces contraintes ; le matériau idéal était tout trouvé.
Le marché des particuliers, des ménagères notamment, fut des plus lucratifs.
Les maniques, les gants, les housses des tables à repasser avant l’apparition du silicone, contenaient de l’amiante, qui servait d’isolant.
Si l’amiante est pris en sandwich entre deux épaisseurs de tissus, les risques encourus par l’utilisateur sont minimes, mais il ne faut pas utiliser ces articles lorsque des marques d’usure commencent à apparaître car, en se dégradant, l’amiante se fragmente, les particules nocives se détachent et se retrouvent dans l’air ambiant. Bien sûr, si on respire cet air il n’y a pas de grand danger car les quantités de particules sont minimes. La liste des produits utilisant ou ayant utilisé des fibres d’amiante n’est pas exhaustive. Au début du XXe siècle, l’armée utilisait l’amiante pour en faire des sachets à poudre. Dans la marine, il y avait des tapis d’amiante pour remplacer le linoléum qui brûlait au contact des débris incandescents. On confectionna, toujours à la même époque, une gamme de produits spécifiques pour les hôpitaux : des draps, des bandes de pansement utiles en cas de maladie contagieuse car pouvant être stérilisés par le feu. Le progrès aidant, les produits jetables sont tout de même plus performants et plus fiables.
UNE FIBRE « SANS AMOUR »
Comme les fibres d’amiante sont inertes, elles n’ont ni ressorts ni crochets, il n’existe aucune adhérence entre les fibres, les techniciens les appellent fibres « sans amour « . Il existe d’autres fibres qui, pures, sont difficilement filables : l’angora en fait partie. Les poils d’angora s’éparpillent dans l’air et ces poussières peuvent entraîner des allergies respiratoires. Le kapok, léger, imputrescible n’est jamais tissé, mais utilisé sous forme de bourre (dans les anciennes bouées de sauvetage par exemple).
UNE BEQUILLE DE LIN, DE CHANVRE, DE COTON OU DE LAINE
Les fibres, même les plus longues, étaient encore trop courtes pour obtenir un fil solide ; alors, elles étaient mélangées à un fil d’une autre nature destiné à lier l’ensemble. C’est le lin ou la laine qui s’y prêtaient le mieux. Le pourcentage d’amiante était toujours supérieur à l’autre matière afin que le fil d’amiante puisse exister sans « béquille ». Une fois le tissage terminé, le tissu est jeté au feu pour faire brûler le support éphémère et ne restent que les fils d’amiante.
LA FIN D’UN MYTHE MAIS PAS DE SON EXPLOITATION
Hier produit adulé, aujourd’hui produit prohibé. Décrétée substance magique par les civilisations antiques à cause ou grâce à ses propriétés, elle est désormais décrétée officiellement persona non grata à cause de sa toxicité depuis 1996.Mais force est de constater que le commerce de l’amiante n’a subi qu’un faible revers depuis la découverte de l’ampleur des dégâts sur la santé.
Les étoffes empruntent leurs traits de caractère aux quatre éléments clés de la vie que la nature offre avec générosité aux êtres vivants, charge à eux d'en assurer la bonne transmission. Chaque type de fibre y puise ses racines. Je me suis amusée à associer à chacun de ces éléments un tissu. Le résultat est sans doute subjectif mais à vous de faire vos propres associations. A L EAU j'associe le SATIN DE SOIE qui coule, glisse, ondule, ruisselle... Cette fluidité me fait irrémédiablement penser à l'eau fraîche d'une fontaine qui, aux heures chaudes d'un mois d'août, vient délicieusement se lover au creux de mes mains et disparaît entre mes doigts, avant de m'éclabousser en s'éparpillant en mille gouttelettes qui, emportées par un brusque coup de vent s'en vont nourrir les fleurs bleues qui couronnent les frêles tiges du lin normand. AVEC LE FEU , c'est l'idée de la LAINE bouillie , feutrée ou cardée. A la diversité des toisons animales, répond la variété du type de flamme. La laine et le feu sont pluriels, ils ont des formes des couleurs, des odeurs, des tempéraments différents. La laine a un caractère bien trempé, à la fois rustique, chaleureux, brut et amical et, ô combien confortable. La laine des gros pulls mousseux des saisons hivernales, la laine aux couleurs acidulées des plaids écossais qui confère aux veillées familiales un charme inimitable. Et puis il y la douceur d'une petite laine sur les épaules lors des premiers frimas ; la laine s'associe volontiers à la chaleur bienfaisante du feu de bois dans la cheminée, celle qui réchauffe les corps et les cœurs avec élégance et bienveillance. Le feu dégage une force aussi puissante que le feutre qui, léger, se fait feutrine, épais protège, compacte se fait abri. Le feu, lorsqu'il est maîtrisé, ce sont des flammes rougeoyantes qui dansent, qui trépignent, qui s'agitent, offrant un spectacle capable d'hypnotiser celui qui les fixe. Le feu est un bouquet de flamme qui vit au rythme du craquement des bûches. DANS L'AIR voltige au gré des courants, l'ORGANZA, cette soie prodigieuse au gré des courants de l'air, aussi transparent que lui, il se perd dans les hauteurs impalpables : c'est un mirage, une étoffe virtuelle tant qu'on ne la touche pas et se fige enfin, immobile et gracieuse mais volontaire, voilant les corps en dévoilant son potentiel impalpable. C'est un cache cache perpétuel entre le couvert et le découvert, entre la fraicheur de l'air et l'air de rien, entre la beauté des couleurs et la diversité de ses tonalités, entre la fragilité d'une fibre et la force d'un air de haute voltige. Pour clore ce chapitre très subjectif j'ai trouvé la matière qui résume à elle seule toute cette histoire : la black mud silk. La terre, c'est "la pacha mama" des péruviens, la mère nourricière et c'est de la terre que naquit la "BLACK MUD SILK, une soie gommée pour les occidentaux, terme que je trouve bien terre à terre pour une étoffe prodigieuse venue du fin fond du lit d'une rivière du sud de la Chine où cette étoffe est baptisée "soie aux nuages parfumés". De la conjonction eau, air, feu, terre, naquit une étoffe quasi magique. La surface de cette soie une recouverte d'une fine couche de boue ferrugineuse (terre+eau) qui, en séchant sous le feu du soleil estival, combiné à l'oxygène nocturne qui se dégage de l'herbe humide des champs, se colore petit à petit d'une tonalité indéfinissable entre le bronze et le cuivre. Un miracle de la nature qui transforme une étoffe, somme toute banale, en une étonnante matière imperméable et luxuriante. Une soie cuir, un cuir soie, peu importe. L'essentiel est de porter ce rêve de soie sur soi.
L'homme n'ayant pas les capacités de se protéger naturellement des excès climatiques, il a inventé le vêtement. De la peau de bête à la polaire, selon les époques et les civilisations, l'habit cache, masque, démasque, couvre, découvre des parties du corps. Pour l'homme, cet additif textile peut être fonctionnel, symbolique ou sociétal. LES ANIMAUX EUX SONT "HABILLES POUR L'HIVER" Ils sont mieux pourvus par dame nature et n'ont pas besoin de cette béquille qu'on appelle vêtement pour affronter les caprices météorologiques,. Toison, fourrure, poils, plumes, écailles, ils sont équipés. Leur "tenue" est fonctionnelle, certains possédant même dans leur "garde-robe" un arsenal d'accessoires qui s'apparente à une parure de séduction : ramages colorés, bois démesurés, etc.
Quant à la pudeur ils ne s'en préoccupent pas trop UN SYSTEME D'ISOLATION THERMIQUE INTEGRE L'être humain est doté d'une intelligence qui lui permet d'étudier, de comprendre et d'imiter, voire de surpasser le système d'isolation thermique des animaux. Certains animaux vivent dans les déserts brûlants, d'autres dans les océans glacés et pourtant tous survivent sans artifice là où l'homme ne le pourrait pas. Leur secret ? Une aptitude d'adaptation d'une efficacité inouïe.
LE SYSTEME MULTICOUCHES DE L'OURS BLANC
Le corps de ce plantigrade est protégé par trois couches protectrices successives. La première est formée de poils de couvertures ou jarres, la deuxième est une bourre composée de poils fins et laineux le duvet et la troisième est sous-cutanée, composée de graisse.
Lorsque la température remonte, durant les deux ou trois mois de l'été arctique, la couche de graisse s'amenuise et le duvet perd en épaisseur. Cette régulation interne lui permet de s'adapter au changement climatique saisonnier, sachant que la température moyenne en hiver est de -30° et en été ne dépasse pas ou peu le 0°.
Le système trois couches : un point commun entre l'homme et l'animal
COPIE CONFORME : UN VIDE PLEIN D'AIR Les ingénieurs de Dupont de Nemours se sont intéressés aux animaux vivants dans les régions très froides du globe. Ils ont étudié la structure même des poils de la fourrure du caribou et de l'ours blanc. Les résultats ont abouti à une découverte étonnante : le poil est creux et, par conséquent, rempli d'air. L'air étant un excellent isolant, l'animal possède une protection thermique "intelligente". C'est ainsi que les fibres creuses en Dacron Hollofil® de Dupont de Nemours furent commercialisées. POLAIRE PEUT-ETRE MAIS POLYESTER SANS DOUTE (Polyéthylène Téréphtalate ou P.E.T.). Cette matière a l'avantage d'être légère, chaude, volumineuse et anallergique. Dans un premier temps, ces fibres synthétiques furent utilisées pour le rembourrage de couettes et d'oreillers. L'industrie textile développant des produits de plus en plus techniques mit à profit les qualités intrinsèques de ces fibres creuses. Transformées en fil, elles entrent dans la fabrication des "polaires".
Le Caribou à l'aise par moins -40°
PRECAUTIONS D'EMPLOI
Attention au creux ! Respectez bien les modalités d'entretien. Qui dit creux dit vide et qui dit vide peut aussi dire plein… Si vous lavez votre polaire avec une lessive qui se dissout mal ou avec un produit adoucissant, les résidus vont s'engouffrer dans le vide et, après plusieurs lavages, la barrière thermique va disparaitre, votre vêtement va s'aplatir et il ne tiendra plus ses promesses.