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samedi 18 juin 2016

EL CORTE INGLES?

Je pense que tous ceux qui sont allés en Espagne connaissent El Corte ingles, mais combien se sont demandé ce que signifie donc ce nom? Bien peu si j'en juge par mon entourage. J'étais la semaine dernière à Bilbao et en passant devant ce grand magasin j'ai demandé à mon amie espagnole si elle savait d'où venait ce nom. Elle m'a répondu que c'était une question qu'elle ne s'était jamais posée, mais qu'elle aimerait bien avoir la réponse.  Je vous livre ici le résultat de mes recherches:

EL Corte Inglés C'était le nom d’une boutique de tailleur fondée en 1890 à Madrid  (angle des  rues Preciados, Carmen et Rompelanzas)
En 1935 Ramon Areces Rodrigues (qui deviendra le propriétaire de la chaîne de magasins El corte Ingles bien plus tard) s’installe comme tailleur dans cette boutique qu’il achète avec l’aide financière de son oncle César Rodriguez. C'est le début d'une magnifique réussite familiale et commerciale.

Mais  quel nom curieux  pour une boutique de tailleur El Corte Inglés? La traduction est  la coupe anglaise. Non pas celle de Wimbledon mais plutôt celle de Savile Row, et là tout devient évident.
Bien vu pour l'enseigne d'une boutique de tailleur qui se voulait haut de gamme. Cette expression définit un style de confection masculine  pratiquée par les tailleurs. La coupe anglaise a des particularités que les tailleurs de Savile Row perpétuent. 
 Il y a la coupe anglaise (Chester Barrie )  élégante et confortable, veste cintrée, deux fentes latérales, épaules  sans trop de rembourrage, la coupe italienne (Brion, Cifonelli) élégante, veste peu cintrée, une fente milieu dos, épaules rembourrées, la coupe made in USA (Brooks Brothers) décontractée, moyennement cintrée, pas de fente, épaules légèrement marquées. Et last but not least la coupe française(Dormeuil), elle résulte d'un mélange de ce qui précède.  

C’est donc une petite boutique de tailleur qui est à l’origine du nom de cette enseigne. Les petits ruisseaux font les grands fleuves!

La curiosité n’est pas un vilain défaut, j’ai encore une réserve de questions insolites non résolues…Et si vous aussi vous avez des questions à résoudre,  n'hésitez pas à me contacter. 


mardi 14 juin 2016

LA ROYALE DE JERSEY UNE GOURMANDISE , UN POINT C'EST TOUT!

De mon court séjour sur  Jersey, île Anglo-Normande, un produit, et un seul a retenu mon attention. Détrompez vous il ne s'agit pas de l'emblématique pull marin, tricoté sur l'île par les femmes restées sur l'île en attendant que leurs maris, leurs frères, leurs fils.. Non pas du tout, d'ailleurs les boutiques ne regorgent pas de tricots home made au point de jersey.. Décevant? Oui sans doute mais peut on reprocher aux habitants d'être passé à autre chose?

Ces vêtements avaient deux buts :  le premier  était de protéger les marins du froid et de l'humidité, le second devait servir de carte d'identité lorsque la mer rejetait sur les côtes les corps des hommes noyés. En effet les motifs décorant les pulls  étaient spécifiques à chaque village.
Mais ça , c'était avant l'ère de l'électronique. Les avancées technologiques ont fait disparaître un grand nombre de systèmes D. Je ne dis pas que l'homme est devenu l'esclave de la machine, mais je ne dis pas non plus le contraire.

Le trésor de l'île c'est désormais  un produit hors norme. Une belle découverte gastronomique  initiée en Europe par Parmentier  Vous avez trouvé? C'est la pomme de terre. Cependant pas n'importe laquelle évidemment, la Royal de Jersey. En France  nous avons la fameuse pomme de terre primeur de l'île de Noirmoutiers largement commercialisée dans de jolies caissettes de bois en ce mois de juin. Au Royaume Uni le top en matière de pomme de terre, c''est  celle qui est cultivée à Jersey sur  les côtils (petites parcelles de terre en pente abrupte surplombant la mer)
Ma recette? Cuire les royales de Jersey à la vapeur et les consommer avec une noisette de beurre d'Echiré et une pincée de paillettes de sel de Maldon, c'est magnifiquement bon!


La particularité de cette sorte de pomme de terre est sa culture qui reste pour le moment très traditionnelle. Un travail encore artisanal réalisé dans les règles de l'art et une récolte très modeste.
Ce légume méritait un titre honorifique, il lui fut accordé :  Royale de Jersey.
La production suffit à peine à satisfaire la demande locale. Les habitants du  Royaume Uni et de l'île de Jersey sont les seuls à pouvoir s'enorgueillir de commercialiser et de consommer ce produit.


 La quasi totalité de la récolte est expédiée au Royaume Uni, une toute petite quantité est consommée sur l'île par les particuliers, les professionnels de la restauration, et quelques touristes!

A la bonne saison, c'est à dire en mai ou juin on en trouve partout ou presque. Elles sont vendues dans des lieux improbables. Stations essence, sur la route, devant les grilles des maisons...en sac de 5 kg ou en sachet de 500 g et parfois au poids dans les quelques magasins d'alimentation. J'en ai acheté dans un petit sacs en papier  déposé sur une table devant  une  petite maison.  J'ai en vain cherchez le vendeur, mais un habitué qui lui aussi venait cherchez sa dose de pomme de terre m'a expliqué qu'il fallait se servir et mettre  la monnaie dans une petite boite , genre tirelire posée près des sachets C'est une autre façon de faire ses courses, mais c'est amusant et surtout on se rend compte qu'il s'agit d'un commerce équitable.
 Même ceux qui ne sont pas agriculteurs officiellement,  possède  un petit lopin de terre et la vente de leur maigre récolte est un moyen de mettre du beurre dans les épinards, enfin  du beurre dans les pommes de terre.



Ce qui différencie cette pomme de terre des autres? Les agriculteurs utilisent
des algues (seaweed) ou Vraic (même origine que le mot varech), très riche en potasse et en phosphate en guise d'engrais. Les algues récoltées le long des côtes sont répandues sur les champs (côtils,) pendant l'hiver, puis la terre est labourée, fin prête  pour  recevoir la plantation des pommes de terre qui à lieu à la fin de la période froide.

Beau voyage et bonne dégustation si vous passez par là.

  


vendredi 3 juin 2016

QU'EST CE QU'ON ATTEND POUR VIVRE EN COULEURS?

Dans le  monde réel rien n'est ni tout blanc ni tout noir, seuls les artistes peuvent l'imaginer et les magnifier
Soulages

Malevich : carré blanc sur fond blanc

Mais nous,  au quotidien pourquoi devrions priver notre garde robe de nuances colorées ? Voir la mode en couleur, voir le monde en couleur, voir la vie en couleur, vivre dans un univers coloré, c'est une vision optimiste. Alors il est  temps de réclamer à nos créateurs de génie de se mettre au travail et de nous concocter des collections Haute Couture hautes en couleurs. Comme ce fut le cas pour Dior dans les années 1970
collection Dior, 1970. Chemise en soie, imprimée au cadre par Sache
UN LANGAGE COLORE POTENTIELLEMENT TRES EXPLICITE
Qu'il soient  positifs ou négatifs, les messages véhiculés par les couleurs sont devenus des évidences. Les couleurs ont un langage, mais chacun d'entre nous y mêle ses souvenirs, c'est ainsi que souvent les couleurs peuvent remplacer les mots, et par ce jeu là  nous exprimons nos sentiments sans le savoir ou sans le vouloir ou justement en connaissance de cause.
L'origine des expressions colorées passées dans le langage populaire demande parfois un décryptage. Voici deux couleurs qui renvoient à des états d'âme.

NOIR C'EST NOIR
 Les grèves, la situation politique, la situation économique, les caprices de la nature, tout cela en effet peut nous faire "broyer du noir"

Une expression passée dans le langage courant mais en connaissez vous la signification?
A l'origine de cette expression il y a les artistes peintres. Au XVIIe siècle  pour obtenir  une matière colorante sombre il fallait broyer les  du charbon de bois carboniser. Travail fastidieux et physique, qui pouvait fatiguer, mais de là à sombrer dans la mélancolie...


Les choses sont vues différents selon les pays par exemple en anglais ce même sentiment est traduit par la couleur bleue et donne l'expression avoir  le blues

LA VISION DE LA COULEUR EST SUBJECTIVE
La couleur. c'est la vie, c'est l'envie, c'est un moyen naturel  de lutter contre la déprime. Alors quitte à faire un effort pour sourire en ce moment, autant qu'il soit visible. Pourquoi céder à la morosité ambiante  et ne pas optimiser l'influence positive de la couleur sur notre quotidien. Oui tout va mieux, malgré les grèves, les intempéries, l'économie en berne, la politique chaotique, tout va bien.. Enfin si la méthode Coué ne parvient pas à vous convaincre, essayez la couleur, vous verrez ça change tout.



Le même produit n'est  il pas plus appétissant en couleur?

VOIR LA VIE EN ROSE
Nous voyons la vie en rose, les anglophones sentent la vie en rose . "Smell the roses"  De la vue à l'odorat, la couleur existe toujours.
Cette expression rendue mondialement célèbre par la chanson d'E. Piaf à peut être une origine religieuse. En effet lors des messes célébrées le 3 ème dimanche  de l'Avant,  l'officiant revêt un vêtement rose, plus clair plus joyeux que l'aube violette  traditionnellement utilisée.




ENGAGEZ VOUS

Ce combat délicieusement coloré va vous guider vers des lendemains qui chantent! C'est vrai, les goûts et les couleurs ça ne se discute pas, mais la couleur elle est indispensable à notre équilibre. Toute en nuance elle fait partie de notre quotidien, et plus encore elle est notre amie, nous avons tous une préférence pour l'une ou l'autre , c'est le reflet de notre sensibilité. Nos souvenirs sont souvent colorés, nos rêves sont en technicolor la couleur est un langage, alors parlons couleurs, lumière, gaité, et bonne humeur.
Enfiler le matin un vêtement haut en couleur vous mettra dans disposition plus positive que si vous vous glissez   dans un tailleur sombre par simple habitude, par facilité. Oui en rose, on vous remarquera plus dans la foule, et alors? Ne nous cachons plus, affirmons nous aussi par la couleur. Pour autant  quelques articles sombres comme la petite robe noire ne sont pas "persona non grata" dans nos vestiaires.
NOUVELLE SAISON NOUVELLE VISION
L'été approche, le soleil perce à travers les nuages, nous allons sortir de ce temps médiocre mi novembre mi mai. Il est venu le moment de sortir notre vestiaire d'été et de ranger celui de l'hiver. Le changement c'est maintenant. Si vous avez l'intention de faire des achats textiles, alors laissez vous tenter  par la couleur, la vrai. Ouvrons nos  armoire, nos dressing, les tiroirs de nos commodes et remplissons les de couleurs.

 















EN NOIR ET BLANC OU EN COULEUR?
QU'ELLE EST LA PLUS SEDUISANTES DES DEUX PHOTOS?














PAROLES, PAROLES, PAROLES

FERMONS LES FENETRES ET LAISSONS LES VOLETS CLOS









LAISSEZ, LAISSEZ  ENTRER LE SOLEIL







                         OU BIEN LA VERSION






Imaginez la foule dans le métro parisien à une heure de pointe. Quelle image vous vient? Des mines tristes, des vêtements sombres..



 Et  qu'adviendrait il si des tailleurs noirs étaient verts, si les chemises étaient jaunes, si les sièges étaient  accueillants ? Le spleen s'évanouirait et la joie marquerait les visages. Un rêve? Oui et alors on  peut toujours essayer!
On en a rêvé? Ikéa l'a fait, en re-décorant une rame de métro à Tokyo 2014! Et personne n'a repris l'idée, quel dommage.

























Si vous aussi partagez cet engouement pour la couleur alors n'hésitez pas en parler autour de vous. J'aimerai que la foule se colore, que les mines se réjouissent, que la couleur envahisse les pages des magazines de mode, les podium, nos armoires et les rames de métro, des poubelles ....

une vision colorée de la collecte des ordures 


Et pour terminer cette farandole de couleurs voici une photo prise près de Bilbao.

Elle est pas belle la vie en couleurs?




mardi 31 mai 2016

LE TWEED IRLANDAIS : UNE HISTOIRE TEXTILE AUTOUR D'UN BON WHISKEY

 Le terme tweed est relativement récent, il apparait au XIXe siècle,  et son origine est controversée. Pour certains il s'agit de la rivière la Tweed qui sépare l'Ecosse de l'Angleterre, pour d'autres il s'agit manifestement d'une "coquille" dans la retranscription du mot twill (sergé) qui  se dit tweel en gaèlique et désignait l'armure de ces lainages. 


Si l'on ne tient pas compte du mot, historiquement il existait un lainage  sergé  dont l'existence est  attestée en Irlande depuis plus de 600 ans  et qui techniquement était semblable au Tweed On peut donc convenir  que l'histoire du tweed commence en Irlande il y a bien longtemps


Jadis en Irlande comme dans beaucoup de pays, on  filait et tissait dans les maisons l'étoffe nécessaire à vêtir la famille, avec les moyens du bord, en locurence ici la laine des moutons plus nombreux sur cette île que les habitants



Pour  la teinture il suffisait de sortir dans le jardin ou d'aller récolter quelques lichens dans les bois, des baies sur les chemins, des racines  ou de la bruyère sauvage  dans la lande embrumée...

Tout était "exclusivement" fournit par la nature environnante et à portée de main.   Ce principe simple mais délaissé un temps, semble revenir sur le devant de la scène  : utiliser au mieux ce que la nature nous offre localement. C'est le principe même du mouvement "locavore"  mais appliqué aux textiles.






Ce lainage si particulier à l'Irlande  était solide, colorée, imperméable et quasi inusable mais  essentiellement destiné à la consommation locale. 
La production étant limitée,  la question du commerce avec l'extérieur de l'île n'était pas envisageable.

Mais dès lors que la quantité de tissu fut suffisante pour vêtir  chaudement, protéger de la pluie, du vent et des ronces la population irlandaise, exporter l'excédent de la production  devenait possible et les grandes foires du Moyen - Age, notamment celles de Champagne  facilitaient les échanges de marchandises. 


Les  irlandais firent donc de leur  étoffe de laine qui ne s'appelait pas encore tweed, un emblème de leur pays au même titre que la Uisce beatha (eau de vie en gaèlique irlandais) qui n'était pas encore le  whiskey , mais une boisson alcoolisée distillée dans des alambics venus d'Orient. Ce breuvage légèrement sucrée  à base d'herbes et de miel  possédait des vertus thérapeutiques comme se plaisaient  à dire les moines évangélistes venus en Irlande avec Saint Patrick.


Si j'écris whiskey (en non whisky) c'est parce qu'il  est originaire d'Irlande, contrairement à une idée reçue qui le ferait naître en Ecosse.


A SUIVRE TWEED ET WHISKEY : UNE ORIGINE CONSTEE

jeudi 26 mai 2016

UN NOUVEAU CHALLENGE : UNE EXPOSITION SACHE, TEXTILE DESIGNER (1900-1981)



Après avoir dirigé la société De Gilles Tissus, je suis désormais plus libre de mon temps et c'est avec joie,confiance et une certaine sérénité que je m'engage sur une voie quelque peu différente mais toujours en relation avec les étoffes, celle qui mêle l'écriture, les voyages, et la recherche.
L'aboutissement d'une carrière ou le début d'une autre aventure? L'avenir me le dira. Et bien entendu je compte sur vos encouragements et votre assiduité à lire mes posts.
Je commence donc par un énorme challenge : organiser une exposition ( juin 2017) dédiée au travail d'impression sur tissus de mon grand oncle Alexandre Sache. (1900-1981) C'est en partie grâce à lui que je suis entrée professionnellement dans l'univers de l'art et du textile.
Textile designer à la tête de la maison Beauclère il travailla dans l'ombre des grands couturiers pendant plus de quarante ans.
Ses créations font partie de notre patrimoine culturel et à ce titre il me semble naturel qu'elles soient présentées à un large public. Les passionnés d'histoire de la mode, les collectionneurs de tissus vintages trouveront dans cette retrospective matière à combler leur curiosité.
En attendant je livrerai aux membres de ce groupe quelques petits secrets de fabrication, quelques unes de mes découvertes, les détails de l'avancement du projet. Cette exposition aura lieu au centre culturel de Bures sur Yvette. 
Ci- dessous le "homard" mis en dessin et imprimé par Sache pour Schiaparelli d'après une idée de Dali

vendredi 13 mai 2016

UNE BALLADE TEXTILE IRLANDAISE

 Donegal et Connemara  des régions  du bout du monde pourtant à une 1h30 d'avion de Paris.  Les traditions font partie de la vie quotidienne des habitants. On vit à l'heure du soleil, lorsqu'il y en a, mais dès novembre, la nuit est bien plus présente que le jour. On s'y croit seul,  sur les routes étroites on croise   plus souvent des moutons que des voitures

 les villages aux maisons colorées se succèdent mais bien peu de monde dans les rues. Sur les plages dont les limites se perdent dans la brume, dans la campagne battue par les vents l'homme est quasiment invisible, seuls  les moutons à tête noire occupent les lieux, silencieusement mais surement.

l'horizon est noyé dans la brume
Avec une palette des couleurs  qui varie en fonction de la luminosité la nature sauvage nous  plonge dans l'univers des impressionnistes

  les vagues qui se fracassent contre les falaises  vous envoient les embruns en pleine figure comme une gifle

  tout au nord la mer se confond avec le ciel


Le tweed irlandais est à l'image de cette nature : simple, sauvage, forte, humaine.

Pourquoi ces tissus possèdent t ils cette gamme de couleurs si particulière? Parce que les tisserands utilisaient les moyens du bord pour la teinture : lichens, baies, racines... Voila le secret de cette osmose textile/nature qui aujourd'hui persiste malgré l'utilisation de plus en plus fréquente des métiers  mécaniques et des teintures artificielles.

Existe t il dans le monde un tissu  qui traduit si bien  la nature environnante?  En observant l'un on découvre l'autre ? Regarder un tweed c'est découvrir l'Irlande. On y retrouve le sol aride, parsemé de pierres blanches ou noires et c'est le fameux salt and pepper



La chaussée des géants, un nature rude et  un tweed à chevrons qui se métamorphose en pierre!
la pierre  brute qui ressemble à un tissu , et le tweed gris  à chevrons qui se  métamorphose en pierre



                                              l'herbe est verte et le tissu aussi
ce tissu aurait pu   être tissé avec l'herbe de ce champ

Ce patchwork résume en quelques couleurs l'âme de l'Irlande

 le parme c'est la couleur des merveilleux hortensias qui décorent les jardins et l'orange c'est l'or des cheveux des irlandaises
le rose c'est pour les filles en souvenir des baies et les fleurs sauvages  qui en été envahissent le bord des chemins

                                        



                                                                                                                                        
l'eau semble avoir déteint sur le gilet






 un ciel capricieux qui est en mouvement perpétuel passant du bleu au gris et toutes les autres nuances  et le tissu aussi




La couleur du ciel, la violence des vents, la présence de l'eau, l'odeur si particulière de la tourbe qui brûle dans toutes les cheminées

Dans les grandes tourbières du Connemara les briques de tourbes sèchent sur le lieu de la récolte. 

.Comment ne  pas être séduit  par ces paysages ,  ces animaux valeureux qui vivent tranquillement au bord des falaises sans se soucier des rafales de vent,  ces habitants qui perpétuent les traditions culturelles et culinaires 
 et surtout par ce tissu qui représente la somme de toutes ces spécificités?

mercredi 27 avril 2016

LOCAVORE/LOCAWEAR : VERS UNE CONSOMMATION INTELLIGENTE


Au Moyen Age, Hieronymus Bock, botaniste émérite écrivait :" il me semble qu'on pourrait produire des tissus à partir des plantes qui poussent chez nous, mais hélas ! Seuls sont appréciés les produits importés d'Arabie et d'Inde".

Il pensait probablement aux étoffes de soie. Les  prémices  de la mondialisation se faisaient déjà sentir, mais rares furent ceux qui s'en préoccupèrent
Aujourd'hui l'industrie textile est empêtrée, enchaînée pieds et poings liés aux sources d'approvisionnement  souvent lointaines et parfois incertaines.
Il ne s'agit pas de revenir au temps des cavernes,  je  pose simplement un regard bienveillant sur des richesses enfouies dans nos mémoires et dans la terre. 
Développer les énergies renouvelables ? Bravo , mais dans ce cas pourquoi délaisser l'industrialisation de certaines fibres végétales La sagesse voudrait que l'on utilise d'abord ce qui existe. Et si  on s'intéressait de plus près aux fibres naturelles locales. Avec les techniques nouvelles il est possible  de transformer en fibres textiles des matières premières naturelles et de les exploiter industriellement. Je pense bien sûr à la tourbe textile  et au chanvre. 
Laisser tomber la tourbe textile, un trésor qui dort dans les tourbières de   l'Europe du nord, aller acheter en Russie le chanvre qui pourrait être cultivé en France, traverser des milliers de kilomètres pour acheminer des fibres de l'ortie blanche alors que l'ortie verte pousse chez nous sans modération, c'est un énorme gâchis.
Les aficionados de la prévention de la nature, ceux qui luttent pour un monde plus vert, plus écologique, plus naturel  imaginent ils un instant que l'univers textile pourrait  être "plus verdoyant" moins chimique, moins polluant, moins allergisant.  La mondialisation et la modernité conduisent à l'uniformité. A n'en pas douter des alternatives plus écologiques existent,  il suffit de se donner la peine de les chercher.

MISE AU POINT
Il convient de faire la part des choses. Tout n'est pas aussi simple qu'il n'y parait, les bonnes fibres d'un côté et les mauvaises de l'autre. Les fibres chimiques  sont devenues indispensables. Notre quotidien ne pourrait pas s'en passer.  Il ne s'agit pas de jeter l'anathème sur l'une ou l'autre, il s'agit de faire le bon choix pour chacun d'entre nous. Les tissus  a base de fibres chimiques ou naturelles ont chacun des avantages et des inconvénients, des qualités et des défauts mais surtout des utilisations spécifiques. 

Les fibres textiles ne sont pas un danger potentiel pour notre santé, par contre c'est la manière dont elles sont "améliorées"  techniquement qui peut jouer les troubles fêtes  ; on utilise un terme technique pour ces traitement  c'est l'ennoblissement. Ce mot est trop beau pour être honnête.
Parer un tissu de qualités supplémentaires est considéré par les fabricant comme un atout , un avantage pour le consommateur. Cependant la poudre de perlin-pinpin qui rend un tissu  imperméable ou qui facilite son repassage (easy care) est généralement composée d'agents chimiques qui eux  peuvent être la cause de bien des désagréments, surtout pour les personnes souffrant d'allergies. 
L'important c'est de se connaître et de connaître les fibres qui constituent la base du vêtement afin de limiter les risques.
Ces  modifications chimiques s'appliquent plus souvent aux fibres naturelles qu'aux fibres chimiques. L'ennoblissement c'est l'équivalent des compléments alimentaires, ils sont utilisés pour doper les qualités intrinsèques des tissus, et pour simplifier la vie des consommateurs et augmenter les ventes.

A SUIVRE LES TISSUS A BASE DE TOURBE, DE CHANVRE, D'ORTIE