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mercredi 18 juillet 2012

PASHMINA OU SHATUSH, ETOLES ET SHAWLS

PAS A PAS SUR LE PASHMINA
C'est l'article à la mode dans le monde entier, l'étole dont on rêve, que l'on offre, que l'on s'offre, mais aussi celle que l'on trouve à tous les prix. Le consommateur doit il se fier à l'étiquette, au discours du commerçant, à son instinct ? La plus grande confusion règne dans ce domaine. Alors voici quelques précisions qui, je l'espère, vous permettront de démêler cet embrouillamini dans lequel nous plongent les fabricants.

LE GRAND ECART
Entre 5 et 200 euros, comment s'y reconnaître ? Cette disparité des prix est due principalement à la matière du fil utilisé :  cachemire, laine mérinos, mérinos et soie ou viscose, ou encore de mélanges qui ressemblent plus à une potion magique qu'à un désir sincère de proposer un article de qualité.

PAS DE LABEL POUR UN SIMPLE MOT
Pashmina, n'est ni une marque déposée, ni un label, ni un gage de qualité. A l'origine, Pashm vient du persan qui signifie laine, de mouton ou de chèvres mais en provenance ou non de la capra hircus laniger. Pashmina est devenu un mot sans valeur, tellement galvaudé qu'il en a perdu son âme. De Paris à Venise, d'Istambul à Copenhague, on trouve les mêmes marchandises sur les étals des marchés, dans les rayons des grands magasins.
La semaine dernière, dans le grand bazar d'Istambul. Un stand inouï rempli de milliers de pashminas. Des étoles en coton, en soie et mérinos, en viscose , de toutes les couleurs, brodées, tissées, Au choix, à 10 euros et en prime une jolie  boite cadeau, le mot pashmina imprimé sur les deux faces, pour rassurer le client si besoin en était. Des stands comme celui-ci il en existe des centaines dans ce bazar.
Ici, dans le grand bazar d'Istambul, des milliers d'étoles à moins de 10 euros attendent les chalands. La boite ferait presque penser à un produit de qualité. Malheureusement, l'emballage ne fait pas tout.

LES  CONSEQUENCES DE LA BANALISATION
Les grandes marques de la mode proposent des pashminas avec moulte précisions sur la provenance et la qualité, des conseils pour l'entretien. Les unes sont vendues emballées dans du papier de soie, les autres dans un  simple sachet en cellophane, et parfois ce sont des vendeurs ambulants qui vous les proposent sur les plages ou les lieux fréquentés par les touristes pour un prix qui ne mérite pas de marchandage, mais sans emballage.
Démocratiser un produit c'est louable, mais  le transformer au point de ne plus le reconnaître c'est simplement dommage.

UNE ETOLE SANS ETOILE
Le mot pashmina désigne une étole rectangulaire, sans broderie, terminée par des franges dont les extrémités sont nouées à la main et proposée dans une gamme impressionnante de coloris.  
Aucune matière n'est associée à ce nom. Il peut être en viscose, en laine mérinos et soie et évetuellement en cachemire. Les dimensions 0,70m  sur  2m  sont généralement les mêmes quelque soit la matière.


n'oubliez pas les franges nouée à la main, c'est tout le charme et c'est authentique

 Le prix fera la différence, mais sachez que, où que vous soyez sur notre belle planête, un article en cachemire sera cher. Attention tout de même, parce-que vous pourrez trouver des articles très chers, sans cachemire.

Comment acheter sans être abusé ? C'est particulièrement difficile. Le toucher, la vue, la chaleur, la souplesse, la légèreté, le filing, l'habitude. Ce sont des mots, mais même l'expérience peut s'avérer insuffisante dans certains cas.
Peur de vous tromper, peur de l'arnaque? Pour 5 euros, vous ne risquez rien, pour beaucoup plus, faites confiance à votre instinct et au vendeur ou n'achetez pas. L'essentiel à 10 ou 200 euros c'est de porter cette étole avec plaisir, enfin cela devrait être la principale motivation. Si vous êtes satisfaite de votre achat, alors psychologiquement, même si elle n'est pas aussi chaude que ce que vous auriez imaginé, vous serez à l'abri des frimas, c'est certain. 

LE SUMMUN DU LUXE : LE SHATUSH MAIS PAS TOUCHE !
Pourquoi cette interdiction ? Parce que les braconniers ont chassé ces animaux avec excès et ils ont  grandement participé à l'extinction de cette race. En effet, contrairement aux chèvres domestiquées, les capra hircus laniger, l'antilope du Tibet est un animal sauvage qui vit sur le toit du monde entre 4 et 5000 m et, pour récupérer ce précieux duvet beige rosé, il faut la tuer. Seul le duvet du cou et du poitrail est utilisé car, pour obtenir le label cachemire, le diamètre de la fibre se situe entre 12 et 19 microns.  Le reste de la toison est constitué de fibres plus grossières.
Aujourd'hui, l'antilope du Tibet est une espèce protégée qui figure sur la liste des espèces en danger de la Word Conservation Union.

L'animal, dont la toison est aussi  recherchée que l'or, est le pantops hodgsoni, communément appelé chirou ou chiru.
Le nom de shatush est donné aux châles tissés avec le duvet de cette antilope. Le mot Sha tush signifie en perse laine de roi.

Bien que la vente de shatush soit absolument interdite depuis1979, les produits de contrebande se trouvent dans le commerce difficilement, mais en cherchant un peu c'est possible.
Aux Indes, dans certaines boutiques d'état, si vous demandez un shatush, on vous répondra d'abord gentiment et poliment que c'est impossible et même interdit. Mais si vous insistez un peu, voir beaucoup le vendeur sortira d'un tiroir peu accessible un paquet enveloppé dans des pages de journaux locaux. Il dépliera avec précaution ces feuilles imprimées, puis extirpera comme par magie de cet emballage sommaire, une petite merveille, je  précise une seule, parce que le jour où je me suis rendue dans cette boutique de Jodpur, il n'y avait qu'un seul shawl, mais quel shawl ! Une merveille, il ne pesait rien, mais une douce chaleur parcouru ma main. Inouï ! incroyable ! Qui à tenu pareille somptuosité une fois ne peut l'oublier. Rien de comparable n'existe, d'abord cette couleur naturelle entre le blanc cassé tirant légèrement sur le rose et puis cette finesse translucide et pourtant protectrice. Il ne s'agit que d'un simple rectangle, uni, sans motif tissé ou brodé mais cela est largement suffisant. Un rêve inassouvi car le prix était exhorbitant : plus de 1500 dollars il y a 15 ans. Et puis c'était juste pour le plaisir de voir, de sentir, de toucher , de savoir à quoi ressemble ce que le monde entier décrit comme le roi des tissus. Je suis venue, j'ai vu. Et voilà ! Maintenant je peux témoigner, mais malheureusement je ne peux pas partager, c'est impossible, cette expérience est certainement celle qui, dans mes recherches textiles, fut la plus forte. La seule fibre naturelle qui pourrait rivaliser de finesse et de douceur serait fournit par la vigogne, qui vit dans les hautes montagnes de la cordilière des Andes. Mais si j'ai vu ces animaux sur les bords du lac Titi Caca  à la frontière entre le Pérou et la Bolivie, je n'ai pas eu l'occasion de toucher un tissu en vigogne. Je pense que dans un avenir proche, on trouvera de nouveau des articles en vigogne.  Cet animal comme le chirou était en voie d'extinction, mais à force de protection, le commerce de cette laine a été assainit, des élevages  autorisés se sont développés permettant un commerce équitable et évitant les produits de contrebande.
 CHIROU

De tout temps, cette fibre fut dotée de tous les superlatifs : plus fine, plus douce, plus légère, plus blanche, plus pure, plus rare, plus chère que toutes les autres. Il n'est plus question ici, d'étole, mais nous sommes entrés dans l'univers incroyablement luxueux  et rare du shawl, plus large et plus long que l'étole. En Perse, le Shatush, reine des fibres et fibre des rois,  était réservé à la confection de shawls destinés au Sha comme le caviar blanc à la table du Tsar en Russie.

DES MOTS A GEOMETRIE VARIABLE
Commercialement parlant, le pashmina désignait en Perse (Iran) un tissu de laine, mais en Indes, ce même mot désignait un châle en provenance du Kashmir tissé avec la laine provenant du duvet  (pashm) des chèvres capra hircus laniger. Le shatush,  littéralement  en perse laine des rois, utilisé pour le tissage des shawls du kashmir est appelé Kani en Inde.

SHAWL DU KASHMIR  EN CACHEMIRE
Le luxe suprême fut jadis le shatoosh. C'est ce type dechâle à qui l'on a donné le nom de ring shawl car, étant donné sa finesse, on pouvait aisement la faire passer à travers l'anneau d'une bague. Vous verrez dans ce post, plusieurs manières d'écrire châle, il n'y a pas de faute de frappe. Le mot shal en perse désignait une qualité de tissu d'une finesse incomparable, obtenu avec le duvet du chirou, comme le pashm était à l'origine un tissu de laine fine. Le terme fut transformé par les anglais occupants les Indes en shawl puis les français déformèrent à leur tour qui donna châle.
Ce sont des pièces extraordinaires, que l'on trouve  aujourd'hui chez les antiquaires ou dans les musées. Ces shawls du XVIIIe ou XIXe siècle  sont rares, précieux et leurs prix est excessivement élevé. En Inde au XVIIe et XVIIIe siècle c'était  une parure de prestige essentiellement masculine. Les choses s'inversèrent lorsque les occidentaux les adoptèrent. La  clientèle  fut alors féminine.

Les premiers  châles  datant du XVe siècleétaient tissés à la manière d'une tapisserie, le motif étant intégré au cours du tissage, c'est pourquoi on parle de  tapisserie sur sergé.
Les femmes récoltaient le duvet,  triaient les fibres pour ne conserver que les plus fines, les plus longues, les plus claires. Ensuite  l'amas de laine  était filé à la main pour obtenir un fils solide et d'une finesse extrême que même les machines les plus perfectionnées ne peuvent pas obtenir.
Ce sont les hommes qui tissaient, sur des métiers horizontaux sommaires. La technique employée à  était appellée espolinage, du nom des petites navettes "espolins" sur lesquelles étaient enroulés les fils des divers couleurs  destinés à la création des motifs.

Il y a une similitude entre la technique de la tapisserie sur sergé et la technique de la dentelle flamande réalisée avec les navettes.
Cette technique était utilisée pour les bordures, le reste de la surface étant unie. Selon les époques, le décor pouvait envahir toute ou partie du châle.
Ce travail si minutieux, si difficile, si long et ce résultat presque magique était réalisé dans des conditions difficiles.



Obtenir de telles merveilles avec du matériel rudimentaire, dans le froid et le manque de lumière semble   incroyable, et pourtant c'est une réalité.
 La fabrication d'un shawl demandait souvent plus d'une année. Les artisans kashmiriens excellaient dans ce domaine, et certains étaient soudoyés voir enlevés par des gouvernements étrangers afin de profiter de leur savoir faire. L'espionnage industriel en quelque sorte, la manière forte en plus.
Au fil du temps, le kashmir perdit pour des raisons politiques et  économiques, le monopole de la fabrication de ces shawls au bénéfice des Indiens.  Ils reprirent le flambeau en continuant la tradition et tissaient des châles appelés Kanis.
Cependant, afin d'accroître la production, d'accélérer l'exécution,  et de réduire le coût,  les châles furent brodés à l'aiguille,  au point de tige, soit uniquement sur les bordures, soit sur la totalité de la surface. Le travail est exécuté à la main avec une aiguille et du fil de laine ou de soie. L'ensemble était légèrement alourdi par les broderies puisque le motif est ajouté au support, mais son exécution était simplifiée et le rendement commercialement plus intéressant. Les indiens se sont spécialisés dans cet artisanat, ces châles brodés sont commercialisés sous le nom de Sozni.
Les motifs très caractéristiques que l'on désigne en europe avec le mot cachemire sont des palmettes qui selon les uns représentent le cours du Gange ou les larmes de Bouddha, le terme exact étant   buta, fleur en hindi transformé en boteh par les anglais.

Le shawl avait, à l'origine, de multiples fonctions : turban, ceinture, étole, couverture. Si, au début, ce sont les populations locales qui utilisaient ces laines aux propriétés thermiques exceptionnelles il devint rapidement un objet de luxe, de convoitise, d'échanges. L'industrie se développa sur les lieux proches de la production de la matière première puis les artisans, pour des raisons économiques et/ou politiques, se dispersèrent dans les pays voisins, apportant leur savoir faire à d'autres peuples. Le rayonnement de ce produit toucha les Indes, l'Egypte et bien d'autres contrées. Les hauts dignitaires et leurs compagnes réclamaient tous un shawl ; Shatush, kani de Sozni ou shawl du Kashmir  ces merveilles nous émerveillent encore.
Les européens, anglais et français découvrirent ce travail et imaginèrent avec justesse tout le potentiel de ce produit. C'est ainsi que l'industrie châlière débuta en Ecosse dans la ville de Paisley et en France à Louviers. L'invention de Jacquard fut providentielle, ces machines permirent de tisser en quantité des châles, des étoles et autres visites en reprenant des motifs traditionnels indiens ou en proposant des nouveautés, la mode étant aux dessins de plus en plus complexes, envahissants toute la surface des châles. La laine de cachemire fut vite oubliée, et les industries châlière européennes remplacèrent ce duvet par la laine de moutons mérinos, fine mais grossière par rapport à la fibre originale provenant du duvet du chirou. Peu importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse, ce dicton semble avoir été crée pour ces châles.
NAPOLEON, JOSEPHINE ET LE SHAWL DU KASHMIR EN CACHEMIRE
De retour de la campagne d'Egypte, Napoléon Bonaparte rapporta à son épouse une de ces merveilles, dûment marchandée au Khédive du Caire. L'Impératrice tomba en amour pour ce présent. Mais nombreux furent les soldats qui rapportèrent à leur bien aimée ce type de souvenirs. Ce fut une véritable passion entre ces étoffes colorées, chaudes, douces, légères et les françaises. L'attrait de la nouveauté    en plus de la légèreté, de l'exploit technique et sa sensualité en firent un article prisé par  les aristocrates de l'Empire. La mode était lancée.
Devenue Impératrice, puis ex-impératrice, Joséphine aima toujours passionnément ces articles, au point de les collectionner.
Les légendes sont nombreuses à ce sujet et, bien que l'on ne prête qu'aux riches,  la vérité se trouve quelque part. On dit qu'elle possédait entre 50 et 500 pièces. Une autre légende dit qu'elle sortit un soir dans les jardins de la Malmaison pour une promenade en compagnie du Tsar Alexandre 1er. Elle n'avait sur ses épaules qu'un châle jeté sur une robe légère et malheureusement il ne lui suffit pas, elle prit froid et mourut quelques jours plus tard d'un refroidissement. Une autre hypothèse circule dans les milieux bien informés : Joséphine aurait été victime d'un empoisonnement. Il faut se rendre à l'évidence : prendre froid en région parisienne, même simplement enveloppée d'un châle en cachemire, Pashmina ou Shatush, semble impensable pour qui a goûté à la douce chaleur procurée par un châle du Kashmir. Alors ? Mystère !
La mode parisienne à cette époque était au style empire, c'est  peu dire que les robes dévoilait le corps des femmes, et qu'un châle était le bienvenu non seulement pour couvrir cette quasi nudité mais pour réchauffer les belles.
Les peintres firent de nombreux portraits de femmes avec un shawl. Parfois il semble que le shawl est prétexte au portrait.
La demande fut importante non seulement en France mais aussi dans les autres pays européens. La mode de ces châles colorés, brodés, tissés ou imprimés avec des motifs nouveaux donna naissance à une nouvelle industrie en France et en Ecosse : l'industrie châliere.
Les industriels incités, encouragés et aidés par leurs gouvernements respectifs vont développer la fabrication de châles cachemire made in Europe. Quelques exemples qui ont compté : le Baron Ternaux  implante une unité de production de châles cachemire bientôt appelés chales ternaux à Louviers, mais le grand succès fut anglais. A Paisley, on tissait des châles qui inondèrent bientôt le marché occidental. Leur renommée fut telle que Paisley devint synonyme de châle cachemire. Au début, il fallut faire venir du Kashmir le duvet des chèvres capra Hircus puis, pour réduire le prix de revient et le prix de vente, les  occidentaux utilisèrent la laine des moutons mérinos. Cherchant par tous les moyens à maitriser le marché, la concurrence fut drastique et les motifs, qui n'étaient déjà plus tissés à la facon des tapisseries  mais brodés à l'aiguille, furent grâce l'invention de Jacquard, obtenus par tissage mécanique.
Rien de commun donc entre le shawl du Kachemir et le châle ternaux, mais les dickats de la mode, quelles que soient les époques, font passer les différences par pertes et profits.

LA MODE SE DEMODE, C'EST INÉLUCTABLE
Et c'est ainsi que ce termine la belle aventure des châles du Kashmir, débutée au XVe siècle dans une région perdue, dans la brume et la neige. Désirables, désirées, après avoir recouvert les plus belles épaules du monde,  elles ont été les reines des corbeilles de mariage, puis comme un monarque déchu, elles ont  protégés les pianos et les sofas. Enfin, c'est dans une malle remisée au grenier que la plupart d'entre elles ont terminé leur vie au début du XXe siècle. Mais ce conte a une autre fin. Comme la belle au bois dormant attendait qu'un prince vienne la réveiller, ce sont des curieux, amateurs ou professionnels qui ont redécouvert ces trésors endormis. Depuis quelques décennies, ces merveilles se vendent à prix d'or, et ce qui reste est conservé avec précautions dans les plus grands musées et dans les collections prestigieuses. Témoins d'un passé glorieux, témoins d'une époque, témoins d'un savoir faire unique, témoins de la dextérité de l'homme, la qualité de son travail avant l'apparition de la machine, ces étoffes d'un autre temps nous relient à notre passé commun.
J'espère qu'à notre tour nous pourrons transmettre à nos enfants et petits enfants d'aussi beaux souvenirs.



mercredi 11 juillet 2012

TOUT CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR SUR LE CACHEMIRE

JEU DE PISTES SUR LE TOIT DU MONDE
Le cachemire magnifique ? Le cachemire mystérieux ? Le cachemire secret ? Le cachemire désacralisé ? Le cachemire banalisé ? Pour que cette fibre se dévoile à vous sous toutes ses coutures, je vous convie à un voyage qui nous mènera jusqu'aux pays du cachemire où les capra hircus et les chirou antilopes ont trouvé leur équilibre climatique et alimentaire. Dans ces régions tout est extrême : l'altitude, la température, la neige, la pureté de l'air et la qualité de la laine.

FIBRE CACHEMIRE ? POURQUOI PAS FIBEZ TIBETAINE OU MONGOLIENNE ?
Pourquoi  donne-t-on ce nom à une laine produite par des animaux vivant ailleurs qu'au Cachemire?
L'authentique cachemire si l'on peut dire,  est fourni par les capra hircus laniger vivant sur les hauts plateaux himalayens,  entre la Mongolie, le Tibet, le Ladak, la Chine,  mais on retrouve ces chèvres dans les pays voisins comme au Pakistan, en Afghanistan, aux Indes et, chose plus étonnate depuis quelques années, la Nouvelle Zélande, l'Australie et les Etats-Unis ont acclimaté avec succès ces animaux. Mais ces animaux n'ont jamais habité le Kashmir
Carte du Cachemire


Alors, quel rapport avec le Kashmir ? Si ce mot est aujourd'hui le nom générique pour toutes les laines   provenant de la sous-toison de ces chèvres,  c'est parce que ce sont les artisans cachmiriens qui récupéraient la laine brute pour la nettoyer, la filer et ensuite la tisser.
Le savoir faire de ces hommes était sans égal. Eux seuls savaient exploiter les qualités exceptionnelles de cette fibre si fine. Le filage et le tissage étaient tout un art. Les premières machines à filer dans ces régions furent construites au Kashmir. Ce sont donc les cachemiriens qui assuraient la commercialisation du produit fini. La situation  géographique de la région facilitait les échanges puisque Shrinagar, la capitale d'été, et Jammu la capitale d'hiver, étaient situées sur la route de la soie.
Les premiers articles tissés datant du XVe siècle étaient des châles et des étoles. Les voyageurs occidentaux traversant le Kashmir furent tous séduits par ces articles chauds, légers et magnifiquement ornés. Tissés et brodés, rectangulaires ou carrés, ils étaient destinés aussi bien aux hommes qu'aux femmes pour lutter efficacement contre le froid : portés en écharpe, en turban, servant de couverture, de plaids  ou de manteau. On peut, avec de l'imagination, rapprocher cet article des kilts écossais qui servait aussi de jupe, de couverture, de manteau.
Même à cette époque  les châles dont la surface était entièrement ou partiellement  décorée de motifs traditionnel étaient  réservé à une élite, car le coût était très élevé. Sha, Khedive,  Pacha,Reine, Roi ou Tsar pouvaient s'offrir ces trésors.


A L'ORIGINE DU PASHM : LA LAINE
Cette fibre est obtenue à partir de la sous toison de chèvres  capra hircus laniger, vivant en liberté mais domestiquées. Le Chirou ou antilope du Tibet qui vit dans les mêmes régions est un animal sauvage qu'il faut tuer pour récupérer son précieux duvet. Aujourd'hui le chirou est un protégé mais les sont nombreux car la valeur de leur duvet est supérieur à celui des capra hircus laniger. Pashm vient du persan et signifie simplement laine ou étoffe de laine issue de la toison des chèvres.

LA RECOLTE
Selon que les chèvres sont sauvages ou domestiquées, la récupération du duvet est différente.
En Mongolie, premier pays producteur de laine cachemire, les animaux sont domestiqués.
Lors de la mue, au printemps, les animaux sont tondus à l'aide de cisailles, puis peignés afin de récupérer un maximum de ce précieux duvet. La récolte annuelle varie entre 100 et 200 grammes par animal. Toute la toison n'est pas égale en qualité, le must étant le duvet du poitrail et du cou, le plus doux, le plus fin, le plus propre. Parfois, pour faire baisser le prix de revient d'un article, certains fabricants mélangent la laine du dos, un peu plus épaisse, avec le duvet mais la surface plus importante donne plus de fibres. Le filage est  facilité car le fil obtenu est plus gros et le producteur peut toujours s'ennorguellir de fabriquer un 100% cachemire.
Dans le cas où les chèvres vivent à l'état sauvage, la récolte est plus hasardeuse. A l'approche du printemps, la température s'élève et les chèvres ont trop chaud aussi, pour accélérer la mue, elles se frottent contre les rochers ou les arbrisseaux pour se débarrasser d'un maximum de leur toison d'hiver. C'est alors que les montagnards, hommes, femmes et enfants partent à la chasse aux touffes de duvet éparpillées dans la nature.

LES PRELIMINAIRES
 Le duvet  est d'une finesse incroyable, entre 12 et 19 microns de diamètre, alors qu'un cheveu à un diamètre moyen de 70 microns, la gamme de couleur varie du gris, au blanc sale ou, plus rarement, au blanc pur.
Pour blanchir la fibre, au Cachemire, on utilise une préparation à base de farine de riz. Comparer le cachemire à un diamant ce n'est pas si absurde. En effet, la fibre brute, ne révèle pas son extraordinaire douceur et légèreté et à première vue pas non plus d'éclat. Ce n'est qu'une fois lavée, débarrassée des impuretés et des jarres, triée par longueur, que le divin duvet offre à la vue et au toucher tout son potentiel. A ce moment, la matière première est prête à être filée, teinte, tissée ou tricotée transformée en pull, en plaid, en veste ou en étole.

QUELQUES CHIFFRES
La fourchette de prix pour 1 kilo de fil  100 % cachemire 2 brins varie en fonction de la qualité et du diamètre entre 80 et 120 $.  1 kilo de fils de cachemire, représente à  plus ou moins 28 kilomètres de fil, ce résultat étant toujours fonction de la grosseur du fil. Il faut 8 kilomètres de fil  deux brins,  pour obtenir un pull homme classique taille moyenne. Lorsque l'on parle de  fil deux, quatre ou  8 fils, il s'agit de fils dits retors. On assemble plusieurs fils simple par torsion afin d'obtenir un fil plus épais, plus solide et régulier.1 kilo de fil  permet de tricoter approximativement 3 pulls . Faites le calcul, et ajoutez  au prix de la matière première, le coût de la main d'oeuvre, l'amortissement des machines, le transport, les taxes, la marge du fabricant et celle des revendeurs et vous comprendrez pourquoi les articles en 100% cachemire demeurent un luxe et vous ne comprendrez toujours pas comment on peut trouver sur le marché des pulls 100% cachemire à moins de 50 euros.

QUELQUES PRECISIONS
Si jadis les cachemiriens détenaient le marché de la filature et du tissage, se contentant de transformer le produit, c'est aujourd'hui, la Chine, l'Italie et l'Ecosse qui se partagent ce marché. La Chine est leader pour la production de tricotage très fin et des produits bas et moyens de gamme.  L'Ecosse et  l'Italie commercialisent une grande partie des articles en mailles haut de gamme.
On trouve encore de petites unités de productions disséminées dans les régions où vivent les bêtes, comme le Ladak ou le Népal. C'est un artisanat local le plus fréquement. Mais puisque le savoir faire est encore présent, des entreprises occidentales s'installent sur place et profitent de cette main d'œuvre qualifiée et bon marché pour lancer des fabrications de pulls ou d'étoles destinées aux marchés occidentaux.

CACHEMIRE AOC?
La laine cachemire authentique est fournie par le duvet fin et soyeux des chèvres et des antilopes vivants sur les hauts plateaux himalayens. Le cachemire est une fibre textile andogène, ce qui implique que sa production devrait être limitée à une zone géographique précise située entre la Mongolie et le Tibet chinois. En dehors de ce périmètre il y a bien sûr du cachemire mais la qualité n'est pas comparable. On pourrait décerner une appellation d'origine contrôlée (AOC) aux produits venant uniquement des régions citées. Elever des capra hircus en Nouvelle Zélande, récolter leur duvet et vendre cela pour du Cachemire c'est possible et même légal. Il faudrait juste le faire savoir au client final. On peut fabriquer un camembert en Alsace ou de la choucroute au Pays Basque ; c'est possible, c'est légal,  mais il faut le mentionner sur l'étiquette et cela devient moins vendeur. A chacun sa  spécialité.

La provenance de la matière première intervient-elle dans la qualité ?  oui !
Ces animaux vivent à des altitudes inhabituelles, sur le toit du monde, dans la chaîne hymalayaenne au delà des 4000 m. L'hiver le froid est intense, la température peut descendre jusqu'à - 40°. C'est ainsi que ces chèvres et ces antilopes développent un duvet fin et dense. Cette toison supplémentaire qui s'ajoute à la toison d'été, constituée de poils ou jarres plus épais et plus longs, et protège l'animal des vents et du froid.  Ce duvet supplémentaire se situe non pas sur tout le corps de l'animal mais essentiellement sur le cou et le poitrail Dans une autre région ou les conditions atmosphériques ne sont pas aussi extrêmes,  la protection des chèvres ne nécessite pas une sous toison aussi chaude, alors le  duvet est moins dense, les fibres sont aussi plus courtes. Les  répercussions sur la qualité de la fibre sont inévitables. Et pourtant c'est bien le problème car légalement c'est un 100% cachemire.

CACHEMIRES MILLESIMES ?
Comme pour le vin ou le blé, la qualité des récoltes de laine des chèvres capra hircus varie en fonction  est liée à  plusieurs critères
Si l'automne est sec, l'herbe sera plus rare et la  nourriture déjà rare sera encore plus rare et plus pauvre ainsi la qualité de la laine produite par les chèvres sera moins belle. Si l'hiver est chaud, tout étant relatif à ces altitudes, le duvet est moins dense et la récolte plus faible. Il devrait y avoir des millésimes pour les fibres cachemire comme il en existe pour le vin.  Décidément, plus je poursuis mes investigations dans le domaine du textile, plus je trouve de similitudes entre le tissu et la nourriture.  C'est une aubaine pour la gourmande que je suis. Heureusement que je ne dirige pas une boutique de bonbons, j'aurais déjà mangé tout mon stock.

D'ICI OU D'AILLEURS ? 
Les industriels réclament de plus en plus de matière première. Les régions d'où les chèvres pashmina sont originaires ne pouvant pas fournir le monde entier, d'autres pays ont compris que l'élevage de capra hircus laniger était rentable. Ainsi trouve-t-on des troupeaux de capra hircus en Afghanistan, au Pakistan, en Iran et, plus étonnant, en Australie et en Nouvelle Zélande, aux USA. Les fibres portent le nom de cachemire, fines oui, chaudes certainement,  on reste dans l'exceptionnel, la  différence est à peine décelable pour un non initié. Cependant par principe et par respect pour le client, pourquoi ne pas indiquer sur les étiquettes la provenance de la fibre comme on le fait pour le café ou la viande bovine ? Une traçabilité serait  la bienvenue. Ainsi le consommateur pourrait choisir en connaissance de cause.

 Moi je décide de continuer mon  rêve de cachemire, parce que  dans mon imaginaire il viendra toujours de la toison d'un animal vivant sur le toit du monde. Pour ne pas être déçue faites comme moi, rêvez.


mardi 10 juillet 2012

TOURS ET DÉTOURS AUTOUR DU TISSU :LAVER, BLANCHIR,LESSIVER, BUER, NETTOYER


















La lessive, avant l'apparition des machines et des produits lessiviels, supposait des efforts physiques et réclamait du temps.  En ce qui me concerne, la machine à laver à gommer de mon imaginaire ce rite ancestral, et si le mot corvée ménagère était jadis appliqué au jour de lessive, il correspond  aujourd'hui pour moi au jour de repassage, quand bien même, les performance de ma centrale vapeur n'ont rien en commun avec les résultats des fers à repasser de ma grand mère.


BUER OU LAVER ? BONNET  BLANC ET BLANC BONNET
Mais d'où vient donc le mot de buanderie qui désigne  dans une maison la pièce destinée à la lessive et à l'entretien du linge  ?
En vieux français buer signifiait faire la lessive, mais l'origine du mot est encore plus ancienne; en effet  en francique, langue originelle des francs, on trouve le mot bukon qui à la même signification que buer
Et voilà comment de buer  nous sommes arrivé à la buanderie.

LAVANDIERES ET BLANCHISSEUSES : HEROINES MALGRE ELLES
Les lavandières
Il y a une chanson de Jacqueline François que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître(ni la chanteuse, ni la chanson) mais qui trouve sa place dans ce message : les lavandières du Portugal. Un refrain entraînant, quelques notes, des pas de danse et la joie de ces femmes qui partent laver le linge de la famille ou de leurs patronnes est communicative. Enfin voici une idée reçue, et malheureusement fausse.
"Tant qu'y'aura du linge à laver
On boira de la manzanilla
Tant qu'y'aura du linge à laver
Des hommes on pourra se passer
Et tape et tape et tape avec ton battoir
Et tape et tape tu dormiras mieux ce soir..."




 Hélas le quotidien de ces femmes n'était certainement pas aussi radieux que le dit la chanson. Travail pénible, s'il en est, qui réclame force physique indéniable et une résistance  aux excès climatiques. La lessive jusqu'au milieu du XXe siècle  était plus une corvée qu'un plaisir. Aujourd'hui ce n'est peut être pas un plaisir mais les progrès techniques au niveau des lessives et des machines rendent cette tâche ménagère un peu moins rébarbative. 


 Les blanchisseuses
Connaissez-vous une certaine Catherine Hubscher? Peut être pas sous ce nom. Repasseuse puis blanchisseuse alsacienne, elle épousa en 1783  un dénommé Lefebvre, soldat de son état. Lorsque celui-ci devint maréchal d'Empire le couple fut admis à la cour impériale. Cependant, madame Lefebvre se fit remarquer par son franc parler qu'elle ne laissa pas au vestiaire. Personnage haut en couleur, elle devint l'héroïne d'une pièce de Victorien Sardou "Madame sans-gêne". Si ces manières, ou son manque de bonnes manières amusèrent un temps, elles furent à n'en pas douter à l'origine du mépris qu'une partie de la cour impériale eut à son encontre.


Ces métiers étaient encore très présents dans l'imaginaire des français, dans les années 1970. Aujourd'hui ils font figure d'image d'Epinal.  Les citadins n'avaient pas oublié leur origines paysannes et leurs souvenirs d'enfance. Le coup de génie d'une société de matériel électroménager fut de surfer sur cette identité : une publicité  jouant sur cette dualité tradition et progrès : une lavandière, femme de la campagne, pleine de vie, de force, et de bon sens utilisant une machine à laver!  "la mère Denis" vedette de la marque Vedette. Opposition entre les habitudes de la vie rurale et la modernité de la vie citadine. Economie d'énergie d'un coté, économie de temps de l'autre. Dans les années 50 les foyers possédant des machines à laver étaient une minorité, aujourd'hui c'est une minorité de foyers qui n'en possède pas.



AVANT LE SAVON L'URINE
Dans la Rome ancienne il y avait des laveries publiques ou ateliers de foulons. A l'entrée des laveries, il y avait des "urinoirs" destiné à récolter l'urine. On sait que l'urine humaine et animale
riche en ammoniaque était utilisée par les teinturiers pour dégraisser et blanchir la laine . L'Empereur Vespasien  imagina qu'il pouvait en taxant ce produit faire rentrer des sommes importantes dans les caisses de l'empire. Il fit poser dans Rome des urnes d'argiles   afin de permettre aux passants de se soulager.  Les fouloniers vidaient régulièrement ces pots de chambre afin de récuperer l'urine qu'ils utisaient pour blanchir et dégraisser les tissus.
Il fut certainement le premier à proposer des toilettes publiques, avant J-C Decaux et ses sanisettes. A Paris des vespasiennes furent disposées dans de nombreuses rues, une des dernières restantes est située devant la prison de la santé, boulevard Arago.  Il leva donc  une taxe sur l'urine, appelée Chrysagyre et payable par tous les chefs de famille romains, une fois tous les quatre ans. Un jour son fils  Titus lui fit grief d'avoir institué un tel impot,  alors Vespasien lui fit sentir une pièce de monnaie, et lui demanda si elle avait une odeur particulière. Il lui répondit par la négative et l'on prête à Vespasien cette maxime :
 "l'argent n'a pas d'ôdeur."

APRÈS L'URINE LES CENDRES
Les gaulois utilisaient des mixtures à base de cendres de hêtre et de graisse animales  qui faisaient office de produit de lessive. Au Moyen Age, des marchands ambulants vendaient de la cendres aux lavandières qui occupaient une partie des bords de seine. La cendre de bois contient de la potasse, matière qui à le pouvoir de dissoudre les graisses. C'est une recette écologique adoptée par de nombreux écologistes. Mais pour toutes celles qui cherchent un autre moyen que les lessives vendues dans le commerce pour laver leur linge, je conseille les noix de lavage. C'est épatant, écologique, naturel et économique. Vous les trouverez dans les boutiques spécialisées dans la vente de produits biologiques.

PASSER UN SAVON...   AOC  !
Il existait un savon fabriqué dans la ville d'Alep en Syrie, composé d'huiles végétales d'olive et de laurier, mélangées à de la soude et de l'eau, utilisé dans le monde arabe. Il parvint en Europe par le biais des croisades. Au Xe siècle, le savon était un artisanat florissant, il demeurait un produit cher donc rare. Il faudra attendre le XVIe siècle pour voir une quasi industrialisation du savon en France. D'autres pays  produisaient des articles de qualité. L'Espagne et l'Italie, possédaient les matières premières  des huiles d'olive et des plantes odorantes permettant de remplacer la graisse animale par l'huile, et de masque l'odeur par le mélange de plante. A  Marseille on fabrique  le véritable savon de Marseille depuis le XVIIe siècle. La recette est inchangée depuis et il devrait un jour prochain devenir un produit AOC.(appellation d'origine controlée) comme le Camembert.




DES RAYON BIEN REMPLIS
Mais pourquoi fallait-il tant de linge de table au cours des siècles passés ?  Simplement  parce queles familles étaient nombreuses, et les lessives rares.
La fréquence de la lessive collective était calculée en fonction du stock de linge de chaque famille.
Plus le foyer était fortuné plus les armoires regorgeaient de linge, plus les trousseaux étaient importants.
 Au XVII et XVIIIe siècle les nobles portaient des chemises blanches, signes de richesses et d'hygiène. Blanches elles devaient l'être afin de mettre en évidence le soin de la toilette. Ils changeaient tous les jours et le vestiaire devait suivre, car les lessives n'étaient pas quotidiennes.
 Jusqu'au XIXe siècle, dans les campagne on faisait deux ou trois lessives par an. Dans les villes on faisait appel aux blanchisseuses
Dans les maisons qui menaient grand train de vie, une personne était responsable du linge, de sa bonne tenue, de sa mise en place, de son entretien, de sa disponibilité, car nappes, serviettes , drap ou linge de corps, il s'agissait de produits rares et coûteux, 
Le moment de la lessive était un acte récurant dans la vie de nos ancêtres. Cette activité pénible mais nécessaire prenait du temps et employait de nombreuses personnes, parfois il fallait mobiliser toute la maisonnée, voir le village. 





LA LESSIVE UNE CORVÉE EPUISANTE
La lessive prenait plusieurs jours et les étapes étaient suivies à la lettre.
Le premier jour, on décrasse le linge en se contentant de le faire tremper. Puis, on charge dans des cuves le linge blanc à bouillir. Dans le fond des cuves, on a installé des branches et des ballots renfermant des cendres de bois. Sur le coté de la cuve, il y a en principe un trou fermé par un bouchon de paille. On pose le linge par couches successives, d'abord les draps, puis les pièces plus petites et plus légères.
Le deuxième jour, on verse de l'eau de plus en plus chaude dans la cuve, sur le linge. L'orifice situé dans le bas de la cuve permettait de récupérer l'eau, de la réchauffer et de la reverser.
La même eau récupérée, moins chauffée, était employée pour le linge de couleur que l'on lavait séparément ; il trempait avec des herbes tinctoriales ou saponifères (feuilles de lierre pour les pantalons de velours et saponière pour les lainages). Cette opération préparatoire était appelée "bui" dans le nord de la France. Elle occupait la maisonnée toute entière et prenait la journée.
Le troisième jour c'était le "voyage" au lavoir, le linge chargé sur une brouette, avec brosse et battoir. On faisait alors sortir la saleté, on rinçait à l'eau froide, et on blanchissait au soleil le linge propre. C'était là une activité collective puisque le lavoir était celui du village.
Séché puis repassé, le linge était placé dans les armoires avec des bouquets de lavande et des racines d'iris pour éloigner les mites. Qu'il devait être difficile de faire sa lessive à Paris !

DU COLLECTIF A L'INDIVIDUEL  OU DE LA LESSIVEUSE A LA MACHINE A LAVER LE LINGE

Les habitudes divergent en fonction des populations. Ici ou là le mode de lavage ne s'est pas mondialisé comme c'est le cas pour beaucoup d'autres domaines
En Indes les lavoirs sont encore dans les grandes villes des lieux que l'on a peine à imaginer, tant le travail est pénible et d'un autre âge. Ce qui semble normal ici ne l'est pas ailleurs.
A Mumbaï ce sont les hommes qui lavent le linge pour quelques roupies.. Ils pataugent dans l'eau sale tous les jours, qui sont courbés du matin au soir sur des lavoirs, et sans cesse battant le linge afin de le débarrasser de la crasse.
Dans d'autres pays, comme à Madagascar, ce sont les femmes et les jeunes filles qui lavent le linge à la rivière souvent à distance du village, mais près d'une source d'eau : puit, rivière ou lac.
En France s'il reste des lavoirs dans un grand nombre de villages, ce sont quasiment des monuments historiques, souvent restaurés, l'eau n'y coule plus que pour les appareils photos des touristes, et les seuls cris qui y résonnent sont ceux des enfants qui viennent y jouer. Depuis longtemps on ne lave plus son linge sale en famille même à la campagne.
C'est ainsi que de la lessive événement collectif nous sommes arrivé à la lessive un acte individuel           
Dans les villes les laveries automatiques remplacent les lavoirs ; c'est une étape intermédiaire, l'individu prime sur la collectivité  car ce n'est pas une machine pour tous mais chacun sa machine , mais la salle d'attente est collective.

LA MACHINE UNE PRECIEUSE AIDE MENAGERE
Au début du XX e siècle, arrivèrent les lessiveuses puis, plus tard, les premières machines à laver. La lessive n'est plus aujourd'hui un événement,   c'est un acte de la vie quotidienne auquel on ne prête pas grande attention, sauf lorsque la pile de linge propre attend que quelqu'un prenne en charge le repassage. Certes l'efficacité des fers à repasser n'est plus à démontrer, les vêtements en fibres chimiques réclament un minimum de repassage, mais tout de même, c'est encore une corvée pour beaucoup d'entre nous...   


Les machines à laver le linge peuvent être individuelles comme généralement en c'est le cas en France.  Chaque foyer possède sa machine, dans son appartement ou sa maison.  Cependant les laveries dans les centre ville sont de plus en plus fréquentes car les appartements sont petits et la surface libérée par une machine est précieuse. Seul contraintes : sortir à l'extérieur avec le linge, attendre le temps de la lessive sur place.  Aux USA de nombreux immeubles sont dotés de laverie. Seuls les locataires ont accès aux machines à laver, mais le principe permet de partager les machines, de rencontrer ses voisins, de libérer de la place dans les appartements.  La seule contrainte ? Descendre  avec son linge sale et de remonter avec son linge propre.  Fonctionnels ces lieux le sont , mais ils sont aussi moins propices aux discussions que les lavoirs d'antan. Mais entre les deux,  le choix n'est pas cornélien : laisser la machine faire le travail et se retrouver autour d'un bon café dans un endroit convivial pour bavarder entre copines ou voisines c'est encore la meilleure des solutions


LE BEAU LINGE EST DE SORTIE
Les produits de lavage sont de plus en plus performants,  les machines lavent, essorent et sèchent.
 Alors ? Sortez le beau linge, offrez vous de belles tables, dormez dans de beaux  draps en lin ou en coton,  enveloppez vous dans des serviettes en coton éponge,  essuyez les verres avec des torchons en métis...Privilégiez  la qualité au nombre et votre quotidien sera embelli. Entretenir une nappe en lin ce n'est plus une corvée c'est un délice...

vendredi 29 juin 2012

CACHEMIRE ADDICT EN TOUTE SIMPLICITÉ


LE CACHEMIRE UNE HISTOIRE D'AMOUR
Douce, merveilleuse, séduisante, chaude, légère, mœlleuse, rare, exceptionnelle, sensuelle, luxueuse, onéreuse, inimitable, enjôleuse voilà dans le désordre ordonné de mes pensées quelques mots qui  caractérisent cette matière textile. Avez-vous découvert la fibre à qui j'offre ce bouquet de qualificatifs ? Le cachemire bien sûr!

TELLEMENT SENTIMENTAL
Je n'imagine pas décrire une autre matière textile avec ce vocabulaire sentimental.
L'émotion est tactile et visuelle, le cachemire fascine, le cachemire garde ses secrets, le cachemire est plus qu'une fibre c'est une histoire, c'est un savoir faire, que les anglais furent les premiers à découvrir et à faire connaître.

LA NATURE NOUS CAJOLE, PROFITONS EN !
Une matière naturelle, élégante, confortable, amicale, ancestrale, une fibre difficile à collecter,  tissée ou tricotée artisanalement ou industriellement. Le résultat est une récompense pour qui sait bien choisir le produit et l'entretenir dans les règles de l'art. Elle se mérite cette laine, on s'y attache, on la câline,  on l'aime, et elle vous le rend bien. Si l'on doit être éconduit par un article vestimentaire c'est sans l'ombre d'un doute par un pull, une veste, un châle qui ne vous décevra jamais, qui ne vous laissera jamais insensible à ses subtiles attentions.

UNE HISTOIRE D'AMOUR
Un pull, un châle, un plaid en cachemire, c'est presque toujours une histoire d'amour, comme une veste en Harris Tweed, ce sont des années de cohabitation heureuse, et les rides nous les  partageons. Oui le cachemire est un petit bonheur qui se range dans le tiroir ou qui agrémente le dressing. Curieusement, je me suis surprise à dire : "Je prends mon cachemire" alors que j'aurais pu dire : "Je prends un pull". Voilà toute la subtilité de la chose, je possède un pull en cachemire et c'est mon cachemire, imprégné de l'odeur de mon parfum, c'est mon doudou à moi alors que, bien entendu, il y a dans mon dressing plusieurs pulls et, bien qu'ils soient tous très beaux, ils sont anonymes, je les choisis en fonction de leur couleur, de leur forme, j'enfile un pull parce qu' il fait froid mais je choisis mon cachemire par plaisir.
Si vous envisagez l'acquisition d'un article en cachemire, alors optez pour la qualité, sinon rien. Pas question de demie-mesure, vous seriez déçu(e) au plus haut point.
Reste à définir ce qu'est la qualité. Même dans les magasins spécialisés, les vendeurs ne sont pas toujours à la hauteur de leur rôle. Manque de formation, manque de curiosité ? Sans doute, mais le doute s'installe chez le client lorsque l'on propose un article à plus de 200 euros, sans gage de qualité. Le laïus de l'étiquette, la photo ou le dessin de la chèvre capra hircus ne cherchent pas à convaincre les clients indécis. Non, ces informations jouent sur la fibre sensible au luxe des novices.
Dans mon prochain post,  je vous propose de faire vraiment connaissance de ce duvet, délicat et solide.

CONSOMMABLE/JETABLE ? NON
Cachemire et  éphémère ? Inconcevable! Un bon, un vrai cachemire c'est "pour la vie" ou presque.

LE CACHEMIRE  UN DÉJEUNER DE SOLEIL?
Non. Un article en cachemire n'est pas un produit éphémère dans l'absolu. Mais la réalité est toute autre.
Les cachemires premier et même deuxième prix sont ce que l'on appelle joliment des produits d'appel, mais malheureusement pour les clients ce sont souvent des produits de rappel. Si, comme moi, vous avez cédé une fois, vous ne le ferez pas une seconde fois, l'expérience a parfois du bon.
Les articles d'une saison, voire le temps d'un lavage, ne sont pas dignes de porter le nom de cachemire.

TOUT BEAU TOUT NEUF
Vous avez fait l'acquisition d'un pull en cachemire, vous êtes contente de votre achat. Doux, chaud, mœlleux, couleur profonde, dense, séduisante. Cette sensation de bien être, cette impression qu'un nuage vous habille, c'est le double effet cachemire sur la peau.

LE CACHEMIRE UNE LAINE POUR ENFANT?
La peau des bébés est fragile. Des vêtements en laine de mouton à même la peau sont déconseillés, car ils peuvent, dans certains cas, provoquer des allergies, des rougeurs, les poils peuvent gratter. Par contre, avec le cachemire, rien à craindre de ce côté la, mais c'est une autre histoire côté porte monnaie.

UN LUXE ACCESSIBLE ? OUI  MAIS  C'EST LE RESULTAT D'UN TRES BON MARKETING
Aujourd'hui, les enseignes de grande distribution se sont toutes précipitées sur ce phénomène et n'hésitent pas proposer des articles tricotés en cachemire à des prix de plus en plus bas. C'est une bataille que ce livrent les fabricants.
Leurs publicités, leur communication sont essentiellement basées sur le prix, on ne parle pas qualité puisque le simple mot cachemire est un sésame qui fait succomber le client.
C'est un achat peut-être plaisir, mais pas gagnant. Et voilà comment on peut ternir l'image d'un produit exceptionnel.


LE MIROIR AUX ALOUETTES
Vous trouverez des articles tricotés en cachemire à tous les prix, beaucoup à moins de 100 euros, ils ressemblent au cachemire, ils ont le toucher du cachemire mais ils ont perdus leur âme. Les
fabricants surfent sur l'image d'un rêve de luxe mais le luxe en moins.
Ce luxe, ce prestige on ne peut pas l'acquérir à moindre coût parce que cela ne signifie plus rien. 
Manger du caviar une fois est une sensation agréable pour certains, en manger tous les jours, c'est banaliser le produit. C'est ce qui se passe avec le cachemire. Vendre du cachemire au prix d'un T-shirt de bonne qualité équivaut à gommer la passion. Petite fille, je me souviens avoir longtemps regardé cette bicyclette blanche et rouge dans la vitrine du marchand de cycles. J'y pensais, j'en parlais, je lui parlais en passant. Et puis un jour, ce fut la surprise, mes parents m 'emmenèrent dans ce magasin, la clochette de la porte d'entrée résonne encore à mes oreilles. Le marchand de cycles avec sa blouse grise un peu triste à mon goût, s'avança vers la vitrine, décrocha mon ami le vélo, le déposa sur le sol et me dit ; maintenant il est à toi. A ce moment, je vis dans les yeux de mes parents le plaisir de faire plaisir.  Mon émotion n'était pas feinte, et tout en enfourchant ce bolide, je me mis à pleurer. J'en avais eu  tellement envie, et voilà que mon rêve devenait réalité, mais en même temps il se terminait.
Et bien aujourd'hui, désirer un cachemire, c'est un peu la même chose ; inaccessible, on l'imagine, on se fait son cinéma, on passe et on repasse devant le rayon, on l'essaye, on en parle, on se prive d'autre chose, on économise, on se dit qu'un jour on entrera dans la boutique, et cette fois on repartira avec. C'est une démarche particulière, un acte  réfléchi, pour un achat extraordinaire. Mais acheter un pull en cachemire pour un prix modique, cela ne fait pas partie du jeu. C'est bien, c'est formidable mais ne nous vendez pas le pull avec l'image de la chèvre, s'il vous plaît. Un peu de respect pour le client!


DEUX OU TROIS CHOSES QUE VOUS DEVEZ SAVOIR
Deux, quatre ou encore huit fils ce pull tricoté ? De quelle origine ? Chine ? Mongolie ? Nouvelle Zélande ? Australie ? Regardez les coutures, le tricot est-il coupé cousu, ou bien diminué ?
Cette veste en cachemire est-elle en cachemire ? En 100% cachemire ? En pur cachemire ou bien un mélange ?  Regardez d'abord les étiquettes pour la composition et le prix ; ensuite, adressez-vous à une vendeuse pour les questions plus ciblées. Le cachemire mérite votre confiance, mais un achat gagnant/gagnant doit être un parcours sans faute car c'est un investissement .
Les premiers prix n'ont que le nom pour vous séduire. A prix égal, préférez un bon article en laine mérinos à un article médiocre en cachemire.

L'EPREUVE DE FORCE
Il faut mettre à l'épreuve ce beau pull. Le porter au moins une ou deux journées. Il peluche ? Il laisse des poils sur votre pantalon noir ? A chaque lavage il vous semble de plus en plus fin ? C'est curieux. Il feutre, alors là il y a un hic car, contrairement à la laine de mouton, le cachemire ne feutre pas.
Il faut le laver avec précaution mais l'eau est tout de même indispensable, le cachemire aime l'eau tiède. Ne le tordez pas pour l'essorer. Le lavage en machine est parfois recommandé pour les articles en maille  si vous avez un programme laine ou fragile. En effet, les mouvements du tambour entraînent l'article dans une valse en eau tiède avec plus de régularité que vous ne le feriez en lavant votre pull préféré à la main. Le faire sécher à plat semble la moindre des choses,  loin de la lumière du soleil et d'une source de chaleur. Tranquille en somme. 
Alors, je vous entraîne dans les coulisses de ce miracle de la nature, et ainsi, j'espère vous éviter de tomber dans les pièges du miroir aux allouettes, dans les griffes des publicitaires, dans les entourloupes du marketing, dans la course aux prix bas, dans les fausses bonnes affaires. Le cachemire est le cachemire, et pas question de céder. Il y a cachemire et cachemire, certes, il y a le pur et le 100%, il y le cachemire majoritaire, il y a une marque Cachemire et Soie, il y a l'appel des sirenes qui vous plongent quelques instants dans le rève mais qui se revèlent être un cauchemar avec des adaptations sinon des imitations.

A SUIVRE : A LA DECOUVERTE DU CACHEMIRE

vendredi 22 juin 2012

FAMILLE, A CHACUN SA PASSION ET TOUS PASSIONNÉS

De moi, vous savez beaucoup de choses : mes études, mes voyages, mes passions, mon métier, mes découvertes, mais de ma famille je ne vous ai rien dévoilé. Or elle passionnante car passionnée.
Alors pour une fois, permettez moi de vous parlez de mes proches, de leurs passions et surtout de leur succès.
Dans la famille Kouliche Goldman demandez le père.
Mon mari  est Coach et se passionne pour la "connaissance et la reconnaissance de soi" et la "gestion des conflits". C'est dans cette optique qu'il vient de publier son quatrième livre  "couples longue durée, mode d'emploi" paru chez Hachette Pratique. Et si nous fêtons aujourd'hui notre 37e anniversaire de mariage ce n'est peut être pas un hasard!
Demandez la fille
Jessica est comédienne,  elle sera  en Juillet à Avignon pour jouer "Peter Pan" qu'elle a co-écrit ;  elle y est  une fée Clochette passionnément fée. Et  je ne dis pas cela  à cause de nos liens familiaux, en fait si un petit peu. Une maman reste une maman.
Demandez le  fils
Benjamin  est un cinéphile, et bien que les arcanes de l'univers cinématographique l'attirent depuis l'enfance, c'est une autre passion qu'il a transformé en métier  : les jeux.  Super! Travailler en jouant, le rêve s'amuser en travaillant!  Avec son équipe il vient de créer "Fashion Icon" que vous pouvez télécharger sur votre smartphone.  Après la mode, d'autres jeux et pleins de surprises...

Portrait de famille
Voici un instantané de ma famille. Bien que nos métiers nous entraînent sur des chemins divers  nous sommes tous guidés par une passion, le piment de la vie!
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