Messages les plus consultés

profil

profil
mes tissus

samedi 9 mars 2019

1 -VOYAGES DANS MES SOUVENIRS TEXTILES


 VOYAGES DANS MES SOUVENIRS TEXTILES

Et c'est l’image d'une petite fille  qui  marche vers l’école  primaire du 16 rue de Sévigné.  Un ancien hôtel particulier du XVIIe siècle n'est plus une école et c'est une bonne chose car il n'était absolument pas adapté à cet usage  mais il est toujours là bien que les murs de guingoiS aient été blanchis, la cour arborée est désormais habitée par quelques oiseaux qui nichent dans les arbres centenaires . A l’heure de la récréation la cloche ne  sonne plus l'heure de la récréation ou de la sortie
Mais ce jour de juin 1956 il faisait chaud et pour aller à l'école j’avais eu l’autorisation de sortir « en taille » comme disait maman. Une jupe plissée à carreaux verts et bleus, des sandalettes en cuir blanc et semelles en crêpe et des socquettes blanches et une chemise  blanche. C’était une tenue tout à fait conforme à l’idée que l’on se faisait alors d’un vêtement confortable et fonctionnel, absolument pas un uniforme. Je volais plus que je ne marchais, parce que manteau, veste, chaussettes  montantes et bottines  reliquats d’un hiver rude étaient remisés enfin dans le placard jusqu'à l'année suivante.  Cette nouvelle tenue était le signe d'une nouvelle saison, avec elle c’est la liberté qui m’était accordée. L’air était frais,  à l'époque encore presque pur à Paris. Les saisons bien définies, l’été c'était enfin  les bras et les jambes à l’air, imperceptiblement caressés par les rayons du soleil.
Comment une tenue aussi  quelconque peu s’imprimer dans le disque dur de ma mémoire?  Je n’ai pas d’explications, mais ce que je ressens à cet instant c’est quasiment la même chose à soixante ans d’écart. Même si l’air est un peu plus pollué dans la capitale, il est frais, les rayons du soleil filtrent à travers une brume aussi aérienne qu’un organza, et moi j’aperçois ces tenues estivales qui colorent les rues.


UN VELOURS VENUS D’OUTRE ATLANTIQUE
C’était dans les années 50  bien peu de temps après la fin de la seconde guerre mondiale. En France, tout était calme, et rue de Sévigné la vie s’écoulait  tranquillement entre le magasin de tissus de mes grands parents et l'école communale située à quelques enjambées l'une de l'autre ; le marais n'était pas encore  quartier pour bobos d'ailleurs cet adjectif n'avait pas encore été inventé. Les rues étroites étaient bordées d'immeubles aux façades décrépies et sombres pour ne pas dire délabrées  qui  semblaient n'attendre que la loi Malraux pour faire peau neuve Le festival du Marais dans les années 70  donnera un nouveau souffle à ce coin de Paris  lieu magique de mon enfance entre la place des Vosges et le musée Carnavalet
Un jour de 1955 le facteur apporta à mes parents un paquet en provenance des USA. Les timbres étaient nombreux et une étiquette portant la mention air mail barrait une partie de l’emballage. Le nom de l’expéditeur ne surpris pas mes parents, il s’agissait de l'oncle d’Amérique. Eh oui nous en avions un, un vrai,  le mari de la sœur de ma grand mère. Ouvrir le paquet voilà ce qui m'importait. Quel ne fut pas l'étonnement de mon père lorsqu'apparut  un métrage de velours côtelé corail ! J’avais cinq ans et voilà peut être l’origine  de ma passion pour la couleur et les tissus. Une lettre accompagnait ce cadeau inattendu. Nos cousins d’Amérique nous pensaient dans l’embarras, je dis nous, mais je ils imaginais les français privés de nourriture et de matières premières. Pouvions nous trouver des marchandises en quantité suffisante,  pouvions nous acheter du tissu pour fabriquer des vêtements chauds pour l’hiver ? Il semble que l’information n’était pas arrivée jusqu'à Trenton petite ville américaine située à mi chemin entre NY et Washington
 Bien sûr que nous avions de quoi manger et pour nous vêtir il n’y avait pas de problème, mon grand père étant lui même marchand de tissus ! Mais après les remerciements d’usage, il fallut faire quelque chose avec cette coupe. Et le cadeau me tomba sur le dos, je veux dire sur les jambes, car la couturière transforma ce velours côtelé corail en un pantalon pour le moins voyant. Il faut un début à tout et malgré ma timidité j’assumais cet accoutrement. Imaginez les réactions des élèves lorsque vêtue de ce spectaculaire élement vestimentaire je traversais la cour de récréation. Le velours passe encore, mais corail, alors là je renversais les codes. Malgré ma petite taille, j’étais à la hauteur de ma réputation d’une fille insensible à la mode.

UNE ROBE DE PETITE FILLE D’HONNEUR 

Il faut souffrir pour être belle, que n’ai je entendu ce ridicule diction dans mon enfance. Le passage chez le coiffeur, disons plutot le friseur m’a laissé un souvenir si terrible que pendant des années j’ai refusé que l’on s’attaque à ma chevelure, j’avais bannie toute permanente et coloration de mon vocabulaire.
Le coiffeur était un ami de mes grands parents, et pour le mariage de mon oncle il fallait boucler mes cheveux baguette de tambour. Cinq ans, j’avais cinq ans et une peur panique de cette machine à bigoudis chauffants. On me mis sur la tête ces trucs chauds qui étaient sensés friser mes cheveux. Pourquoi fallut il m’infliger ce supplice ? Mes cris et mes pleurs  n’empéchèrent rien, et l’assistance c’est à dire la clientele du salon de coiffure de monsieur  Simon de la rue de Sévigné souriaient en voyant cette charmante enfant tenter de se soustraire à la permanente.
Mais c’était là le dernier acte avant la cérémonie, avant cela il y avait eu les essayages chez la couturière. Je me souviens de cette femme, aimable, patiente et habile de ces mains, qui m’avait confectionné une robe bleue  clair en organdi doublée d’une soie bleue plus foncée. Mais pour en arriver là plusieurs visites avaient été nécessaires, accompagnées d’essayages  interminables pour une enfant. Ce qui me consola c’est ce petit sac, une petite bourse en fait que je portais au poignet  fabriquée dans le même tissu que la robe. Il faut croire que cela en valait la peine,car sur les photos non seulement je frise, mais ma robe est magnifique et en prime je souris, visiblement ravie d’être en vedette entre les mariés.




La solitude du client dans la cabine d'essayage

Un petit espace, petit, petit, sombre, quelque fois poussiéreux  où l'on parvient  à pénétrer à à force de patience.  Qui n'a pas appréhendé ce moment? De nombreuses enseignes à succursales multiples ont trouvé la solution pour remédier à cet inconvénient : articles échangeables ou remboursables. Superbe idée, on rentre chez soi, et on essaie. Le hic parce qu'il y en a un c'est de revenir à la boutique pour rendre les produits ou les échanger et par conséquent, refaire la queue... Une grande enseigne japonaise installée en Europe, met à la disposition de sa clientèle des cabines d'essayage, claires, nombreuses et entre deux essayage un membre du personnel passe inspecter la propreté de la cabine,  donc vous pouvez en toute tranquillité passer les articles  sélectionnés

mardi 5 mars 2019

CONFUSION DES GENRES

L'exposition qui se tient actuellement à la fondation Louis Vuitton, permet de découvrir la collection de tableaux, de sculptures et de dessins magnifique d'Elizabeth et Samuel Courtauld.  Un parcours sans faute si ce n'est que la fin de la visite se  termine sur une déconvenue En effet je suis surprise que ces lignes destinées à découvrir  les éléments clés la vie de cet  homme, industriel par obligation et  mécène  par passion, contiennent une telle erreur.  
La rayonne n'est pas une fibre synthétique même révolutionnaire contrairement à ce qui est écrit mais  une fibre chimique artificielle. Il convient de rectifier cela et de rendre à la rayonne son identité. J'espère que cela sera fait dans les prochains jours. J'en ai par ailleurs informé la maison mère. Nous verrons si l'information circule. Mais que ceci ne vous empêche nullement de venir admirer les  œuvres  de Degas, Van Gogh, Renoir  célèbres mais rarement exposées.



jeudi 14 février 2019

FRANK jOSEPH BASTILLE : UN MYSTERE

Les années 90 furent des années expérimentales pour bon nombre de jeunes créateurs designers. Le quartier de la Bastille se trouva alors une nouvelle jeunesse avec l'Opéra Bastille flambant neuf Une nouvelle génétation enterrait joyeusement l'ancienne  et de la gare de la Bastille et de tous ces anciens ateliers de meubles du faubourg  il ne reste que des photos et des souvenirs
De partout de nouvelles enseignes se créaient, les unes perdureront,  j'ai ouvert ma première boutique rue des tournelles en 1984, dans une ancienne boulangerie, les autres n'auront duré que l'espace d'un printemps, mais qu'importe l'impulsion était donnée, le quartier allait entrer dans le XXIe siècle avec  un succès commercial certes, mais au détriment peut être de son caractère artisanal.
Aujourd'hui les grandes enseignes ont rejoins le faubourg saint Antoine. La rue de Lappe est devenue le repère des bobos du 11e arrondissement,  et  le quartier de la bastille ne ressemble plus du tout à celui de Nini peau de chien. Bref tout change tout le temps parfois pour le pire ou le meilleur aujourd'hui ? à vous de juger.


Frank Joseph Bastille, fut comme son nom l'indique un des leader de cette épopée vestimentaire.
Ses collections étaient présentées dans des lieux improbables comme des salles de cafés, mais à cette époque il fallait se trouver,  créer, innover, choquer parfois. Franck Joseph Bastille était dans la décennie 80 un des espoir du stylisme français, mais soudainement il a fermé boutique, et changé de direction, quittant Paris et  la Bastille, le monde de mode  pour l'Afrique.
Je lance un appel à tous ceux et celles qui ont des renseignement sur ce designer, qu'est il devenu, pourquoi a t il brusquement fermé "boutique"? 
Si aujourd'hui je remonte le temps, c'est parce que je viens de retrouver dans mes trésors un ensemble blouson/pantalon siglé Franck Joseph Bastille Paris, en polyamide/elasthanne et sequins cousus dans un bleu jean délicieux. La curiosité n'étant pas un vilain défaut j'aimerais en savoir un peu plus sur ce designer promis à une belle carrière brusquement stoppée. Donc si vous avez des renseignements à son sujet n'hésitez pas à  me les communiquer.



vendredi 8 février 2019

BILLET DE MAUVAISE HUMEUR : L'AUDACE DES PUBLICITES MENSONGERES


Aujourd'hui concurrence oblige les produits sont de très bonne qualité.  Techniquement parlant les couettes avec des rembourrages nouvelle génération  sont performantes : quatre saisons, ventilée, fibres creuses siliconées ou trilobées, lourdes, gonflantes ou plates selon la demande mais aussi traitées chimiquement : anti allergiques,  anti-acariens, antifongiques et anti-bactériens
Cependant attention au miroir aux alouettes : certains  fabricants surfent sur la vague "tout naturel" et  tentent des sorties extra-ordinaires : couettes rembourrée en fibres de maïs comme l'indique cette publicité :

"Couette Pure Maïs de Hefel, le savoir faire d'un fabricant depuis plus de 100 ans
La Couette Pure Maïs vous procure un sommeil climatisé et sec grâce aux vertus de la fibre de maïs qui régule l'humidité.
Légère, aérée, elle est indiquée aux personnes exigeantes envers leur literie en raison d'allergies ou d'une peau sensible.
La fibre de l'enveloppe est en 100% fin satin de coton blanc affiné à l'aloé vera
Garnissage 100 % Naturel et Biodégradable :
 Fibres de Maïs
Forme morphologique
Fabrication dans cadres en bois. Coutures indéchirables  chaque point est indépendant." 
Couette Pure maïs été d' hefel

Piquage fonctionnel Body Fit

Lavable à 60°,adapté au séchoir
 La fibre de maïs ne rétrécit pas au lavage
L'ingeo est une  matière 100% naturelle issue de la transformation de la graine de maïs. Cette fibre respectueuse de l’environnement provoque moins de rejet de CO2, est bio-compostable et issue de composants renouvelables. L’Ingeo conjugue les qualités d’une matière naturelle avec les avantages d’une matière synthétique. Hypoallergénique, elle offre une grande résistance aux chocs et une très bonne stabilité. De plus, elle absorbe l’humidité et régule la température du corps.
Il fallait oser, 100% naturelle... issue de la transformation de la graine de maïs ,  qu'est ce donc que la graine de maïs?? En prime la photo d'un épis de maïs, et une précision incroyable au sujet de "la fibre de maïs" qui ne rétrécit pas au lavage. Je serai curieuse de voir un fil de maïs! je il n'est jamais précisé avec quels produits chimiques cette transformation est elle réalisée? Si tout est fait pour que le  consommateur s'attende à trouver des feuilles de maïs séchées en ouvrant l'enveloppe de la couette, il sera déçu car il n'y trouvera que  des flocons blancs, la matière première, le sucre de maïs, donc naturelle mais transformée chimiquement.
"Ingeo est une fibre fabriquée à partir de sucre de maïs. 
Ingeo est en effet basé sur la fermentation, la distillation et la polymérisation du sucre issu du maïs.Des molécules d’acide lactique  sont fabriquées à partir de sucre fermenté puis elles sont  chauffées et traitées chimiquement pour donner naissance à un polymère à base « d’acide polylactique », le PLA. Conçue par la société américaine Nature Works, cette fibre offre de grandes qualités notamment de biocompatibilité et biodégradabilité, Ingeo peut tout aussi bien servir dans le monde de la mode que de l’ameublement même s’il est assez délicat à repasser."

    Il y a encore et toujours cette miraculeuse fibre de bambou...  La nature dans le lit peut on lire, mais quelle nature? Comme tojours les informations omettent souvent de mentionner les  différentes étapes de transformation de la plante à la fibre. Le bambou n'est qu'une viscose fabriquée à partir de déchets de bambou, mais le principe reste très proche du procédé de fabrication de la viscose fabriquée à partir de hêtre ou de déchets de coton, avec une modification cependant à prendre en compte : moins de pollution, récupération des solvants, moins d'eau mais il y a toujours la présence de produits chimiques pour obtenir un fil à partir de la fibre.  Mais dans tout cela la nature n'a qu'une vague, très vague relation avec le produit fini.




    UNE BONNE JOURNEE COMMENCE PAR UNE BONNE NUIT

    Je vous invite à découvrir  un artisanat  traditionnel  né en Asie et que les occidentaux découvrent à leur tour : la couette en soie. La garniture est incroyable il s'agit de soie naturelle, c'est l'enveloppe du cocon qui est utilisée, il ne s'agit pas de fil mais de fibre.





    L'excellence existe, il suffit de respecter quelques règles.
    La matière première est naturellement blanche et légère, aucun produit chimique n'intervient au cours de la fabrication. La nappe de soie qui est la matière utilisée pour rembourrer la couette est obtenue par l'étirage manuel d'environ 2500 cocons pour une couette de 2,20m /2,40 m.


    L'enveloppe des cocons sont étirées  petit à petit jusqu'à obtenir la bonne dimension

















    les cocons sont ensuite supperposés

    Choisissez un article fabriqué dans des petites unités d'élevage ce qui autorise une sélection manuelle.
    Les surpiqures ne sont pas nécessaires lorsque le garnissage  est fait d'un seul morceau et maintenu à grands points sur le pourtour de l'enveloppe (en coton bio ou en soie)



    Le garnissage intérieur des couettes provient exclusivement de cocons de vers à soie nourris de feuilles de mûrier fraîches.  Ces bombyx du mûrier (bomby mori) sont domestiqués par l'homme depuis des siècles.


    Après avoir servi de cobaye je puis vous assurer que je ne renoncerai plus à ma couette en soie! Laissez moi vous expliquer pourquoi et vous convaincre d'essayer ce "bienfait de la nature".


    C'est un plaisir chaque soir renouvelé que l'on se glisse sous ce nuage de soie.

    Les qualités inhérentes à la couette sont celles de la soie
    Isotherme : le niveau de confort est régulier été comme hiver. La soie suit les variations de température de notre corps qui se produisent au cours de la nuit. Il est inutile de se découvrir , la couette s'occupe de tout, elle prend soin de vous, elle est dotée d'un thermostat naturel



    Confort : terminé le poids insupportable d'un édredon en plumes, la nature même de cette nappe de soie donne l'impression d'être couvert par un nuage.

    La soie est absorbante : elle absorbe aussi bien l'humidité ambiante de l'air que l'excès de transpiration c'est pourquoi même lors de fortes chaleurs, le confort est présent. La chaleur est équitablement répartie sur toute la surface de la couette car aucune couture, ni surpiqure ne viennent troubler la surface plane
    La souplesse de cet article est remarquable, elle se drape,   suit les mouvements du corps, elle se fait oublier.



    Naturelle : choisissez un garnissage certifié bio ou avec le label oeko-tex standard qui garantie l'absence de produits chimique dans la fabrication

    La couleur blanche n'a nécessité aucune teinture, aucun blanchiment. Les opérations sont réalisées manuellement, à l'exception des coutures principales sur le pourtour.
    Anallergique : la soie n'attire ni les acariens, ni la poussière. Si l'enveloppe est aussi en pur coton il n'y a aucun risque d'électricité statique



    L'entretien est simple et naturel :

    La couette devient un cocon pour celui qui l'utilise, se l'approprie. Elle se traite avec délicatesse. Les fabricants préconisent un nettoyage à sec. Je vous conseille de ne pas le faire systématiquement, les produits utilisés dessèchent les fibres et  les solvants qui sont des produits chimiques  ne sont pas tous éliminés durant le programme de nettoyage. Il faut alors laisser la couette à l'air quelques heures afin de dissiper au maximum les produits restants
    Un conseil : glissez la couette dans une housse en coton léger afin de la protéger, de prolonger sa vie, et de ne pas contrarier les vertus de la soie.



    Les chinois utilisent une méthode naturelle  et  gratuite qui a fait ses preuves  : les couettes sont exposées aux rayons du soleil. Pour les citadins il est inutile de sortir sa couette et de l'étaler sur la pelouse du square le plus proche, il suffit d'ouvrir sa fenêtre un jour de beau temps et de laisser le soleil caresser la couette quelques heures. Toute l'humidité absorbée sera évacuée, et la nappe de soie retrouvera sa légèreté et son  gonflant  tout naturellement Le soleil est la santé de la couette

    Alors cherchez le produit sur internet il y en a beaucoup, dans les magasins ils sont encore peu nombreux. Moi j'ai rapportée la mienne d'Afrique du Sud. J'ai trouvé dans un petit village un atelier de fabrication de couettes en soie, crée par des chinois qui ont transmis leur savoir faire aux femmes du village. La soie provient d'un élevage situé dans la région. Je trouve cette démarche
    intéressante et enrichissante pour toute la communauté.


    J'espère que ces lignes auront suscité l'envie de posséder un tel trésor.

    samedi 26 janvier 2019

    WORKSHOP : LE JEUX DES CINQ SENS, UNE AVENTURE SENSORIELLE

    TEXTILE/GASTRONOMIE : LES SENS EN EVEIL
    C’est  un exercice très subjectif, une expérience que chaque participant pourra répéter à l’envie en faisant appel à ses souvenirs olfactifs, en prêtant une oreille plus attentive à son environnement textile, ou en observant avec ou sans compte fils une étoffe. 
    L’ouïe, le toucher, l’odorat, le goût, la vue sont des outils précieux que nous négligeons trop.  J’aime toucher un tissu parce que mes doigts me renvoient un signal qui me renseigne sur l’aspect de l’étoffe, c’est un complément essentiel à la vue. Léger ou lourd, souple ou raide, brillant ou mat, tous ces détails sont transmis par les mains et les yeux mais il est possible de pousser plus loin la découverte en aiguisant tous les  sens; avez vous déjà entendu  le cri aigu d'une soie que l'on déchire,  avez vous remarqué le toucher urticant de la ramie,  et le gout sucré d'un morceau de lin, un article en laine  n'a t il pas une odeur particulière lorsqu'il est mouillé? Si vous voulez découvrir ce qui se cache dans un morceau de tissu, faites appel à  vos sens.
      

    UN VOCABULAIRE COMMUN
    Je ne sais pas s’il est de bon ton de « mettre son nez dans son assiette » mais c’est ce que je fais lorsque je suis à table, mon odorat est une aide précieuse pour « comprendre » la nourriture présentée, tout autant que mon œil ou mes papilles, l’arôme, les effluves, le fumet, tout cela fait partie de l’aventure gustative. Alors oui j'ai mis à profit ma curiosité naturelle pour aller à la découverte des étoffes d'une manière peu orthodoxe mais oh combien amusante. Si vous  aimez emprunter  les chemins de traverse, alors suivez mois dans cette jolie aventure textile.

    Dans le vocabulaire courant, il est d'usage d'utiliser des qualificatifs sensoriels similaires pour parler tissus et gastronomie : la légèreté d'une mousseline, apprêter une toile,  blanchir un lin, l'aspect glacé d'un chintz,  le lustre d'un taffetas, le grain d'un crêpe de laine, l'onctuosité d'un satin, la fraîcheur de la ramie. Tous ces mots s’adressent à l'un ou l'autre de nos sens et sans eux la vie serait insipide.


    SOUVENIRS SENSUELS
    Plus qu'une photo, un article textile voltige parfois dans le tiroir à souvenirs de notre mémoire. 
    Qui ne se souvient pas d’un vêtement adoré ou vraiment détesté ? Qui n'a pas une histoire à propos d'un article de sa garde robe ? 
    Qui n'a jamais eu du mal à se séparer d'un vêtement même usé jusqu'à la trame ?
    Le vêtement n'est pas un article futile, en tout cas pas toujours.  
    Parfois audacieux en découvrant tout ou partie du corps, souvent complice lorsqu'il magnifie la silhouette, il peut devenir une contrainte lorsqu’il est trop lourd, mais jamais le tissu dont on fabrique les vêtements ne devrait être  oublié. Puisque la fibre textile nous accompagne du lange au linceul, rendons lui justice en apprenant à la connaître autrement qu'à travers l'étiquette cousue sur les vêtements. Pour cela, devenez le héros de ce jeu et mettez vos  cinq sens  à contribution.

    Les qualités intrinsèques des tissus et de la nourriture peuvent être améliorées
    En cuisine, les épices sont des exhausteurs de goût ; dans le domaine des textiles, les apprêts améliorent ou modifient  les qualités techniques d’une étoffe.
    Aujourd’hui, le bio se développe au niveau des produits alimentaires et des fibres textiles.

    Un buffet textile
    En goûtant, en brûlant, en humidifiant les échantillons de différentes matières, il est possible de reconnaître les grandes familles de tissus.
    Les sens sont vecteurs de sensations. Si l’un ou l’autre vient à manquer on se rend compte alors de son importance « un seul être vous manque et tout est dépeuplé ».
    Voici quelques mots peu usités qui complètent l’univers sensoriel :
    La vue-voir -visuel- cécité
    Le toucher- tactile - hypoesthesie
    Le goût- goûter- gustatif-agueusie
    L’odorat- sentir-olfactif-anosmie
    L'ouïe- entendre- auditif-surdité
    Par exemple, un simple rhume peut entrainer un diminution de l’odorat, ce qui entraine une diminution du goût. Avec des mains abimées par trop de jardinage, il est difficile d’apprécier la douceur d’un satin de soie.
    Goûter à l’aveugle un légume rend difficile la reconnaissance de ce que l’on à en bouche. 
    Pour les fibres textiles, ce sont des expériences similaires avec des résultats similaires. Les cinq sens sont comme les cinq doigts de la main, ils forment un tout, ils sont inséparables.

    Les tissus "sens" dessus-dessous
    Je vous livre ici quelques unes de mes réactions, de mes émotions, de mes souvenirs textiles. Pour chaque individu la sensation, les réactions, les émotions sont différentes. Je vous invite à essayer, vous n’aurez besoin d’aucun matériel, il suffit de faire l’expérience avec les vêtements que vous portez et un soupçon d’imagination.
      
    La vue d'un taffetas gorge de pigeon, me transporte dans le monde irréel de la couleur qui n'est qu'imaginaire, qui n'existe que par la présence de la lumière, ce n'est qu'une sensation, une vibration, subtile sans doute, subjective évidemment, mais qui  exacerbe ma sensibilité.
    Le toucher
     ruisselant d'un satin de soie provoque chez moi une réaction épidermique qui me donne la chair de poule. Tout aussi curieux, j'ai connu parmi mes clients des personnes qui, pour la même raison, ne supportaient pas de toucher un velours  de soie, ni  même de coton, qu'il fusse côtelé ou lisse. Pour moi, ce hérissement des poils n'implique pas un rejet, c'est simplement un phénomène qui prouve que l'étoffe ne m'est pas indifférente, c'est une forme de dialogue qui s'installe entre ce sensuel satin et mon épiderme.
    Au final, le toucher est sans doute le plus important puisque l'étoffe qui deviendra un vêtement est destiné à rencontrer notre peau à un moment ou à un autre ; une évidence que l'on oublie souvent : si le vêtement protège, masque, ou sublime notre corps, c'est le contact avec notre peau qui est en jeu, alors autant qu'il soit à notre goût. Or, chaque individu réagit différemment à une texture, certains préfèrent un toucher rugueux, d'autres se laissent tenter par plus de souplesse, alors que beaucoup aiment la douceur... Le but est que vous trouviez le tissu qui vous convient. 
    L'odeur de la laine mouillée me renvoie à mon enfance, lorsque l'on osait laver ma "coue", ce minuscule morceau de ma couverture de naissance dont je ne pouvais me passer pour m'endormir. Sacrilège, ce bain annuel de mon doudou était une catastrophe, il sentait bon le savon mais il avait perdu son identité, les fibres de laine ne diffusaient plus le parfum  de ma mère. Le tissu était alors pour moi un réconfort, mais je ne me doutais 
    pas encore qu'il allait devenir mon ami pour la vie.
    Le goût ne doit pas être exclu de cet atelier, même si l'exercice est plus délicat.
    Un fil de lin me suggère un monde de sucreries, une montagne de bonbons. Pourquoi ? Peut être parce que le morceau de lin que j'ai porté à ma bouche était rose et sans doute parce qu'il m'a vraiment laissé un goût délicieux. Le lin est savoureux. C'est ce que l'on nomme umami au japon (de umai = délicieux et mi = goût). Ainsi, le goût savoureux est considéré comme l'une des cinq saveurs de base avec le sucré, l'amer, le salé, l'acide.
    L'ouïe est un moyen quasi infaillible pour les afficionados de reconnaître un tissu. L'oreille perçoit aisément la différence entre un pongé de soie et une toile de laine que l'on déchire. Le bruit devient un cri strident lorsqu'il s'agit de la soie que l'on coupe ou que l'on déchire. 

    Le bruit d'un morceau de coton que l'on déchire est "sourd", grave,  long. Je me souviens du bruit du chiffon que l'on déchire nerveusement pour faire un pansement de fortune. Ce n'est pas le même son que provoque le froissement d'un taffetas. Il "cracote", il gémit, il tremblote, ce bout de soie rigide, cassant, luisant... Il ravive mes souvenirs, me voilà dans la salle Richelieu de la Comédie Française, au moment de l’entrée en scène d’Agnes dans l’Ecole des femmes  de Molière, le léger frou-frou de sa robe n’est audible que  pour les spectateurs des  premiers rangs, mais quel délicieux murmure qui annonce l'arrivée de la comédienne. Un bruissement délicat, élégant, subtil, aigu, c’est une jubilation… Ici on ne triche pas avec les costumes, c’est un taffetas de soie à n’en pas douter.  Songez combien le bruit est étouffé lorsque l'on manipule un article en laine, le silence profond inonde une pièce où l'on manipule un métrage de Harris Tweed, un peu comme des pas dans la neige poudreuse. Le langage des étoffes passe aussi par le son, c'est une évidence.

    Ces exemples sont évidemment subjectifs, ils appartiennent à mon histoire. Mais dans votre histoire il y a certainement une place pour les étoffes. Si vous souhaitez pousser un peu plus loin vos connaissances sur l'univers textile d'une manière ludique alors cet atelier est fait pour vous.

    Pour plus d'informations vous pouvez me joindre à l'adresse mail suivante : degillestissus@free.fr