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vendredi 9 novembre 2018

L'ALCANTARARA® ?MAIS QU'EST CE QUE C'EST?


Rendons à César ce qui lui appartient : Alcantara en arabe El Kantara signifie le pont c'est une commune espagnole située dans la province d'Estremadure.
Plongeons maintenant dans le vif du sujet : premier point Alcantara ® est une marque déposée par la société éponyme Alcantara SPA
Aujourd'hui les micro fibres sont des produits relativement classiques,  mais dans les années 70 c'était un produit révolutionnaire. 
L'Alcantara est une matière  synthétique qui imite le daim composée à 60% de polyester et à 40% de polyuréthane.  Dans la mesure où il n'est pas tissé ce n'est pas un tissu mais une étoffe comme le feutre qui lui non plus n'est pas obtenu par tissage  

Leader sur le marché  des imitations peau,  l'Alcantara® résiste à ses concurrents  grâce à ses qualités : facilité d'entretien, solidité, souplesse, douceur et  une large gamme de coloris. Son prix élevé est la conséquence des ses points forts.

Alors qu'est ce qui fait la différence avec les produits concurrents ? Le concept. L'idée se s'approcher au plus près du daim naturel.
Pour réaliser ce projet les industriels italiens se sont adjoint un associé de poids : Toray industries entreprise japonaise connue pour ces microfibres.
Pour se convaincre de ces points forts il n'est qu'à comparer ce produit avec une imitation. Vous remarquerez qu'il n'y a pas d'envers les deux faces sont identiques couleur et matière, alors qu'une simple imitation peau possède une face endroit et un envers, les "poils" sont posés sur un support tissé qui n'est généralement pas de la même couleur.

 Techniquement l'Alcantara® est une fibre 50 fois plus fine qu'une fibre de coton. Cette fibre est si fine que des milliers de mètres ne pèsent pas plus de 1 g. La fibre de base le polyester est découpée en un nombre infini de segments qui subissent un traitement en passant  dans des machines à carder  à l'issu duquel on obtient une sorte de  feutre d'environ 10 cm d'épaisseur. Ensuite la surface est peignée et traitée chimiquement afin d'obtenir cet aspect si particulier.  Les micro fibres sont ordonnées de manière à ressembler à la structure microscopique du daim, si bien que les doigts laissent sur sa surface les mêmes traces  caractéristiques que sur le daim naturel.   La dernière opération avant l'apprêtage est la teinture.  L'Alcantara peut être teint dans une gamme infinie de coloris, et les couleurs sont très résistantes.
Cette matière est d'un entretien aisé, pour cette raison elle est utilisée en confection mais également en ameublement. et surtout depuis quelques années  près de 80%  de la production est destinée au secteur automobile afin de recouvrir les sièges des voitures de haut de gamme. La demande est si importante que l'usine située près de Milan, et seul point de fabrication de l'Alcantara® a dû réduire le nombre de nouveaux clients  afin d'honorer ses commandes. 
  
Autres spécificités de l'Alcantara   sa perméabilité à l'air, et sa légèreté. Il est facile à travailler, il se coupe sans s'effilocher puisqu'il ne résulte pas d'un tissage, il est stable et infroissable.

L'Alcantara ® c'est aussi le nom que l'entreprise italienne qui commercialise ce produit   a pris à la suite du succès mondial du produit. A l'origine la société se nommait Ganto.

Le marketing ingénieux institué par la direction classe cette étoffe  dans la catégorie luxe  et  pour lutter contre les imitations qui apparaissent sur le marché  chaque vêtement en Alcantara  ou chaque article recouvert porte une étiquette avec la marque de fabrique et un numéro de contrôle brodé.  Ainsi le client peut il être certain de l'authenticité du produit. Je ne peux m'empêcher de rapprocher cette idée avec celle des fabricants de Harris Tweed qui  pour les mêmes raisons mais bien avant décidèrent de marquer leurs tissus ou les vêtements coupés dans ces lainages d'un orbe ou globe surmonté d'une croix   

jeudi 8 novembre 2018

LE CHEMIN DES SOUVENIRS

Il a suffit d'un rayon de soleil, d'un ciel tout bleu au dessus de Paris après une journée maussade, grise, pluvieuse,  pour que d’un seul coup l’image de la petite fille que j'étais refasse surface. Par quel hasard ai je remonté le chemin de mes souvenirs, pourquoi ma mémoire a t elle été chercher ces quelques instants? Mystere? Peut être pas. La vision fugace d'une fillette en jupe écossaise et socquettes blanches qui traverse la rue devant moi a été le déclencheur de ce retour aux années 50...
L’école  primaire de la rue de Sévigné n’existe plus mais le bâtiment lui est toujours là, solide, historique,   désormais muet. L’heure de la récréation ne sonne plus et le brouhaha des enfants  qu'on libéraient quelques instants ne résonne plus dans cette cour, aujourd'hui seuls peut être quelques oiseaux citadins qui nichent encore dans les arbres de la cour de cet hôtel particulier du XVIIe siècle se permettent de troubler le silence   
Mais ce jour de juin 195 … il faisait chaud et j’avais eu l’autorisation de sortir « en taille » comme disait maman. L'arrivée du printemps c'est aussi une tenue nouvelle et cette  jupe plissée à carreaux  bleu-marine et vert je pouvais enfin la porter. Avec des sandalettes blanches aux semelles en crêpe et mes socquettes neuves évidemment blanches.   
 je portais une chemise bleue et un gilet tricoté par une de mes tantes probablement ... j'avoue ne plus me souvenir de sa couleur. C'était une tenue tout à fait conforme à l’idée que l’on se faisait alors d’un vêtement confortable   , pas vraiment élégant mais fonctionnel pour une écolière.  Je me sentais légère, et à l'époque je l'étais vraiment,  je volais plus que je ne marchais et sur ce bout de trottoir, parce que manteau, veste, bottines    témoins d’un hiver rude étaient restés dans mon armoire.  Cette nouvelle jupe, c'était le présage d'une nouvelle saison, avec elle la liberté de mouvements un les prémices de l’été  qui laisse  les bras et les jambes à l’air, imperceptiblement caressés par les rayons encore timides du soleil
Comment une tenue aussi  quelconque  a t elle pu  imprimer dans mon disque dur ?  Je n’ai pas d’explication, mais ce que je ressens aujourd’hui  c'est le début d'une belle saison, celle qui libère le corps de ce carcan d'étoffe.  Je vous laisse, je vais m'habiller, et avec un immense plaisir  puisqu'il fait si beau encore en ce début d'automne je continu à utiliser mon vestiaire estival, manteaux, bottes, collants sont encore remisés pour quelques jours, aujourd'hui je sors "en taille".


UN VELOURS MADE IN USA
 C’était dans les années 50, finalement pas si longtemps après la fin de la seconde guerre mondiale. En France, tout était calme, et rue de Sévigné la vie s’écoulait joliment. Nous habitions alors au dessus du magasin de mes grands parents, un magasin qui a marqué mon enfance et  plus encore puisque dans ce lieu magique on vendait des fournitures pour tailleurs....! Tout un programme n'est ce pas. 
Un jour le facteur nous livra  un colis, en provenance des USA. Les timbres étaient nombreux et la mention air mail barrait une partie de l’emballage. Le nom de l’expéditeur ne surpris pas mes parents, il s’agissait de l’oncle d’Amérique. Eh oui nous en avions un, un vrai le mari de la sœur de ma grand mère. 
La curiosité vous taraude? Alors je ne vous fais pas attendre plus longtemps je vous livre le contenu de ce colis : un métrage de velours corail ! Je n'avais  que six ou sept ans et voilà peut être l’origine de ma passion pour la couleur sinon pour les tissus. Une lettre accompagnait ce cadeau inattendu. Outre Atlantique on  nous pensaient dans l’embarras, je dis nous, mais je pense les français. Avions nous suffisamment de nourriture,  pouvions nous acheter du tissu pour fabriquer des vêtements chauds pour l’hiver ? Il semble que l’information n’était pas arrivée jusque Trenton une ville située dans le New Jersey, (n'y voyez aucune allusion au tissu, quoi que...)
 Bien sûr que nous avions de quoi manger et pour nous vêtir , mon grand père étant lui même marchand de tissus nous étions pourvu de ce coté là au moins! Mais après les remerciements d’usage, il fallut faire quelque chose avec cette coupe. Et le cadeau me tomba sur le dos, je veux dire sur les jambes, car la couturière transforma ce velours côtelé corail en un pantalon pour le moins voyant. Il faut un début à tout et malgré ma timidité j’assumais cet accoutrement. Imaginez les réactions des écolières lorsque vêtue de ces spectaculaires culottes longues  je traversais la cour de récréation. Le velours passe encore, mais corail, alors là je renversais les codes. Marquée par cet épisode, je suis depuis une fille insensible aux diktats de la mode, et je m'en porte fort bien merci..

UNE ROBE DE PETITE FILLE D’HONNEUR 
 Il faut souffrir pour être belle, que n’ai je entendu ce ridicule diction dans mon enfance. Le passage chez le coiffeur, disons plutôt le friseur m’a laissé un souvenir si terrible que pendant des années j’ai refusé que l’on s’attaque à ma chevelure,  toute allusion à une  permanente et une coloration  était bannie de mon vocabulaire.
Le coiffeur était un ami de mes grands parents, et pour le mariage de mon oncle il fallait boucler mes cheveux qui ressemblaient à des "baguettes de tambour"  Je pense que cette expression désuette était pourtant bien choisie. Cinq ans, j’avais cinq ans et une peur panique de cette machine à bigoudis chauffants. On me mis sur la tête ces trucs chauds qui étaient sensés friser mes cheveux. Pourquoi fallut il m’infliger ce supplice ? Mes cris et mes pleurs  n'empêchèrent rien, et l’assistance c’est à dire la clientèle du salon de coiffure de monsieur  Simon  souriaient en voyant cette charmante enfant tenter de se soustraire à la permanente.
Mais c’était là le dernier acte avant la cérémonie, avant cela il y avait eu les essayages  innombrables chez la couturière. Je me souviens encore  de cette femme, aimable, patiente et habile de ces mains, qui m’avait confectionné une robe  en organdi bleu ciel  doublée d’une soie bleue plus foncée. 

Je me rend compte en déroulant ces souvenirs

combien  déjà l'étoffe avait de l'importance dans mon environnement proche.  Une robe qui tourne c'est formidable mais les  interminables retouches c'était redoutable, parce que au moindre geste et hop une épingle qui me piquait. Ce qui me consola c’est ce petit sac, une petite bourse en fait que je portais au poignet  fabriquée dans le même tissu que la robe. Il faut croire que cela en valait la peine, car sur les photos non seulement je frise, mais ma robe est magnifique et en prime je souris, visiblement ravie d’être en vedette entre les mariés.

Pourquoi attache t on tant d'importance à un vêtement? C'est bien peu de chose en somme, un métrage de tissu, quelques coutures, et puis ce petit plus qui donne l'allure, j'avoue avoir des souvenirs textiles marquants mais je ne suis pas la seule, autour de moi beaucoup de mes amies gardent un souvenirs ému, douloureux, heureux, mais un souvenir bien encré au fond de leur mémoire d'un vêtement, parfois même de plusieurs...
Je me souviens.... bien sûr qu'on s'en souvient de ses premiers bas nylon, de sa première mini jupe, comme de son premier baiser ou de son premier mobile... mais pourquoi? Parce que le tissu, l'étoffe, la matière est une chose tactile, sensuelle, visuelle, parce que nous vivons de la naissance avec le lange jusqu'à la fin avec le suaire dans un monde où le textile est toujours près de nous. Ainsi le chemin de nos souvenirs est il jonché  d'images  vestimentaires :  une tenue, une couleur, une    étoffe ou un vêtement. Nos sens sont là pour nous faire découvrir les secrets d'un monde inconnu et pourtant si présent : celui des étoffes.






BILLET DE MAUVAISE HUMEUR : MODAL FIBRE NATURELLE UN MIROIR AUX ALOUETTES

Les fabricants masquent souvent le faible potentiel de leurs produits par des mots clé, des mots tendance, qui à la rigueur suggèrent mais qui ne signifient pas grand chose ; on ne peut pas les qualifier de mensongers tant ils sont utilisés de manière insidieuse, "border-line".  En 2018 la vague verte envahie les rayons  alimentaires et vestimentaires, et ce n'est pas toujours facile pour le consommateur de s'y retrouver d'autant que les publicitaires dosent savamment les mots. Les mots  nature ou  naturelle sont utilisés à tord et à travers, pour un  oui pour un non, il sont pratiques car compréhensibles par tout le monde, et c'est peut être là qu'il faudrait se méfier.  
C'est donc à chacun de nous de prêter attention à la composition du produit et en toute connaissance de cause d'acheter ou pas.  
En voici deux exemples d'articles achetés à Paris début novembre


endroit de l'emballage


envers de l'emballage

 Dans ce premier exemple il s'agit de chaussettes de la marque  Lee Cooper.  Sur le coté face de l'emballage deux mentions attirent l'œil : modal coton. Il n'y a pas de trait d'union, donc  à première vue le consommateur non averti considère qu'il s'agit de deux fibres une modal l'autre coton, tout le monde connait le coton, mais combien de client savent ce qu'est le modal et surtout combien s'en soucient. Mais pour ajouter à la confusion  la mention "fibre naturelle" est au singulier. Dans ce cas le modal coton serait une seule et même fibre, ni un mélange ni deux fibres distinctes.  Pour suggérer la nature et insister sur l'image  "verte" et non vertueuse de  la fabrication du produit,  ce n'est pas un mais deux écussons représentant un arbre bien vert portant la mention modal  qui sont collés près du texte. Parfois trop d'éléments peuvent aller à l'encontre de ce que l'on veut prouver. L'histoire continue sur l'autre face.
Comme je suis curieuse et fouineuse, je retourne l'emballage et stupéfaction : le pourcentage d'une fibre qui se nomme coton modal est affiché 95% ?  Sur l'autre face notons qu'il s'agissait de modal coton. Si simplement il était indiqué le pourcentage de coton et le pourcentage de modal le client saurait à quoi s'en tenir, mais aller inventer une nouvelle fibre  cotonmodal  placée sous le haut patronage de dame nature ! ...
Qu'est ce qu'une fibre? C'est une substance filamenteuse apte à être filée et tissée
Les fibres peuvent être naturelles ou chimiques tout dépend de l'origine de  la matière première . 
La fibre est naturelle si la matière première  est fournie par la nature La fibre chimique est fabriquée par l'homme. 
Elle est  artificielle si elle est  élaborée à partir de matière naturelle  mais transformée chimiquement
Elle est synthétique si elle est produite à partir de polymères de synthèse  donc c'est  un nouveau produit crée par le génie humain


Une fibre textile naturelle peut être de genres variés, d'origine purement animale, purement végétale ou purement minérale.
Le modal   ne peut pas être considéré comme une fibre  naturelle, c'est une fibre  chimique, de la famille des fibres artificielles. Un mélange  coton/modal n'est pas d'avantage une fibre naturelle.
Le modal est une  viscose "améliorée", utilisant un procédé de fabrication moins polluant, il y a modification de la matière première végétale  par un passage dans une solution aqueuse additionnée d'un solvant. Le bois  matière initiale solide après avoir été broyé  va se dissoudre dans un bain aqueux additionné d'un solvant plus ou moins polluant  pour devenir une masse semi liquide ou pulpe de cellulose  qui pourra être transformée en fil ;  il y a modification de la matière  au moyen d'un processus chimique et non  transformation comme c'est le cas pour les fibres synthétiques.
 Ce procédé de fabrication n'entraine aucune modification chimique de la matière première alors oui il est aisé de jouer sur les mots. Bois, hêtre ce sont des produits naturels mais n'oublions pas  que l'on ne fabrique pas de vêtements avec du bois, l'utilisation de produits chimiques est nécessaire  à sa transformation.  C'est vrai aussi que la fabrication du  modal nécessite moins d'eau que la culture du coton, c'est vrai aussi que le hêtre est une matière première renouvelable mais ce n'est pas pour autant que l'on peut sous entendre que le modal est une fibre naturelle.
Il est de plus en plus difficile de tromper le consommateur. Alors les fabricants surfent sur la vague la plus haute. Aujourd'hui la tendance est au vert, au bio, au naturel, au zéro impact sur l'environnement...Mais les mots ne suffisent pas, encore faut il qu'ils soient accompagnés de résultats et dans le cas qui nous intéresse il faut  décrypter ce qui se cache derrière les amalgames ambigus. Et le résultat n'est pas à la hauteur des attentes. C'est un exercice que l'on pratique le plus souvent sur les emballages de produits alimentaires, mais encore trop peu sur les articles vestimentaires. Je vous invite à devenir des consommateurs avertis plus attentifs au produit de base  des articles que vous convoitez et  moins permissifs au niveau des éléments de langage des marques.

A SUIVRE LE MASQUE 7 DAYS AU THE VERT

lundi 1 octobre 2018

BLOG /CONSO N°1 : UN REGIME VESTIMENTAIRE VEGAN

PREAMBULE
C'est à la suite d'une rencontre avec une  adepte du véganisme qui cherchait du tissu, mais pas n'importe lequel que l'idée de ce post  m'est venue.
Tout d'abord le mot végan d'où vient il? Il fut inventé  en 1944  à partir du mot VEGetariAN par Donald Watson co-fondateur de la vegan society. pour se démarqué de l'ovo-lacto-végétarisme 
Elle cherchait un tissu qui ne contenait ni laine, ni soie, en fait une étoffe qui n'aurait aucun lien avec le monde animal. Curieuse, comme  à mon habitude, je  lui demandais quelle était la raison de cette recherche spécifique : d'ordre médical?religieux? ou simplement par gout? Mon interlocutrice m'expliqua brièvement qu'elle était végane, le véganisme étant un mouvement  implanté aux USA depuis longtemps et qui prend de l'importance en France. C'est ainsi que je découvris les codes qui régissent le mode de vie  des adeptes du véganisme.  Le premier et plus important point étant la condamnation  de la consommation de tout produit issus du monde animal qu'il s'agisse d'aliments, de vêtements ou d'accessoires Nous parlâmes  des difficultés qu'elle rencontrait  pour trouver les bonnes matières textiles.
Le but de ce post est d'aider les personnes véganes à se  constituer un vestiaire à la fois confortable, élégant, fonctionnel, écologique si possible mais toujours en  respectant les fondamentaux du véganisme. J'espère apporter ma pierre à l'édifice en élargissant  le choix des matières plus rares, plus étonnantes, moins connues, insoupçonnées,  artisanales ou industrielles.

UN VESTIAIRE RESPECTUEUX DES INTERDITS
Un des problèmes à résoudre pour les personnes qui observent les règles du véganisme au quotidien, se situe au niveau de l'habillement. Certes les interdits vestimentaires sont  énoncés avec moult précisions mais il est parfois difficile de savoir comment et avec quoi sont confectionnés les articles textiles que l'on trouve dans les commerces traditionnels. Les matières colorantes  peuvent être obtenues à partir de tout ou partie de corps d'animaux. Ainsi  le E 124 colorant rouge ponceau ou rouge cochenille, colorant alimentaire et textile est obtenu par le broyage de petits animaux, les cochenilles qui vivent sur les cactus au Pérou et au Mexique. Les étiquettes  précisent  rarement et même jamais l'origine des teintures, et pourtant de nombreuses personnes sont allergiques à des produits utilisés dans les colorants. Le cuivre peut provoquer des rougeurs, des démangeaisons.Trouver les produits dans la fabrication desquels n'entre aucune substance animale, ni dans les fibres ni dans les teintures  peut  s'assimiler à la quête du Graal. Il existe des sites, des boutiques en ligne ou des magasins traditionnels qui  proposent une sélection d'articles adapté à une demande particulière, et spécialement pour les végétariens et les végans.

EXIT LAINE, LANITAL,  SOIE NATURELLE ET CUIR, VEGETAL OU PAS.
Après avoir écarté de votre armoire les articles en  laine provenant pour la majorité de la toison des moutons, les article en lanital, fibre chimique à base de proteine animal(caseine du lait),  le cuir  obtenu avec les peaux tannées de vache, boeuf, mouton, chèvre...etc, la soie matière première qui constitue les cocons des vers à soie,  il vous reste les fibres végétales, minérales et les fibres chimiques (artificielles et synthétiques) pour votre garde-robe.
Prêtez une attention particulière aux fournitures, examinez à la loupe des détails qui de prime abord ne se voient pas, mais qui sont souvent indispensables pour la fabrication d'un vêtement. La doublure d'un vêtement haut de gamme  est parfois en soie (pongée), les entoilages classiques sont en laine et poils de chèvres, les surpiqûres, les boutonnières et les boutons peuvent  cousus avec des fils de soie. Et pour terminer cette liste,  il y a les boutons qui eux se voient. Eliminez  les boutons  en corne, en cuir, l'ivoire ou en nacre puisque tous issus du monde animal.(coquille, peau, corne)
Préférez le corozo (obtenu à partir du fruit d'un palmier) ou encore le tagua autrement appelé ivoire végétal, et sans controverse cette fois puisque la matière provient de la noix d'un palmier qui pousse dans la foret amazonienne. Au Pérou, en Equateur, en Colombie ou encore en  Bolivie  cet ivoire végétal est largement utilisé,  il est  aussi exporté dans de nombreux pays pour fabriquer des boutons, des bijoux, des manches de parapluie, des peignes. C'est une matière intéressante à plus d'un point, Lisse, douce, si sa teinte originelle est le blanc cassé, elle se teint très bien, et son prix est très très accessible...Plus d'ivoire végétal cela implique une diminution du braconnage et de la mise à mort des éléphants et des rhinocéros.  N'oubliez pas que les matériaux utilisés pour fabriquer les boutons sont très variés : verre, pâte de verre,  bois,  métal,  liège, porcelaine, résine, acrylique et bien sûr  plastique.

WELCOME FIBRES CHIMIQUES 
La chimie dans les placards : bien sûr  le recours aux vêtements en fibres chimiques est essentiel pour les végans. Ces fibres se plient à tous vos désirs ou presque des sous vêtements aux vêtements de protection en  par les accessoires, chaussures, sacs, ceintures...etc.
Les fibres chimiques aujourd'hui se sont adaptées aux besoins des consommateurs. Se protéger de la pluie, du vent, du froid, ce sont des choses que les fibres fabriquées par la main de l'homme peuvent faire et avec en prime un coté esthétique qui parfois n'envie rien aux fibres animales.
Sachez ce que vous aller  acheter et ce que vous pouvez attendre des différentes fibres chimiques
Fibres synthétiques :
Le polyester (Tergal)  crée à l'origine pour remplacer les lainages.  Les tissus sont secs, lourds, mats, solides. Ils sont parfait pour les plissés, attention ils sont souvent mélangé à la laine (poly-laine) pour augmenter la chaleur. Ils se présentent sous des poids et des aspects très variés, en fonction de leur destination Mais les finitions, la grosseur des fils peuvent changer l'aspect du tissu. Les microfibres sont des polyester.
Le polyamide (nylon) pour sa légèreté, sa solidité, son imperméabilité. Les toiles de nylon légères et imperméables vous protègent de la pluie, avec les célèbres articles K- Way, vous êtes frileux alors passons à la version vêtement de protection avec les doudounes en polyamide, doublées en polyester légères et chaudes, et les chaussures  qui vous sont proposées dans quelques boutiques et surtout sur internet  sans cuir mais avec des matières synthétiques, parfois du caoutchouc recyclé ou pas pour les semelles.l
Les chlorofibres (Rhovyl) pour ses qualités : ininflammable, bon isolant thermique, résistant aux bactéries. Ces fibres sont commercialisées en France sous la marque Rhovyl et proposées en produits finis(sous -vêtements), par Damart  "froid? moi jamais!" une pub qui a marqué une génération. Le thermolactyl est le produit phare de la marque. Cette fibre entre dans la composition de caleçon, t-shirt, et autres sous-vetements avec la promesse de soulager les rhumatismes. 
Les fibres chimiques sont de plus en plus performantes tant au niveau du confort que de l'efficacité. La technologie entre dans le vêtement. Sous le soleil de l'été il est de bon ton de porter des t-shirts anti uv,
pour les personnes qui transpirent énormément des pieds des chaussettes anti-odeur sont désormais commercialisées...et les progrès ne sont pas près de s'arrêter, les recherches continuent dans les laboratoires. L'homme n'a de cesse de copier la nature, voire de la dépasser.
Acrylique (Crylor,Orlon)  , le toucher est doux proche de celui de la laine , l'aspect des "mailles" acryliques est proche  du mohair ou de l'angora,- Les articles sont  légers et chauds, la fibre sèche rapidement.
Le PVC ou polychlorure de vinyle. C'est une matière plastique souple, (composée de sel et de pétrole)
Largement utilisé pour fabriquer des articles imitant le cuir. Le skaï est une marque déposée.
Quant à  l'Alcantara il s'agit également d'une marque déposée, qui est une imitation en fibres de polyester   du daim. Ce tissu ne possède pas d'envers, les deux faces sont identiques, il est imperméable et  lavable. Idéal pour les vêtements et l'ameublement (sièges)

Fibres artificielles
viscose fibre chimique qui se rapproche de l'aspect de la soie Tencel, Lyocell, acétate Arnel, cupro Bemberg, modal... Les fibres artificielles permettent d'obtenir des tissus brillants, souples, soyeux.
Ce qu'il faut savoir au sujet des tissus de bambou. Il s'agit généralement d'une viscose dont la base est la pulpe de bambou. Si les fabricants allaient au bout de leur raisonnement on pourrait parler de tissus de bois ( la viscose classique ayant pour base la pulpe de hêtre) Il faut donc être plus rigoureux dans les appellations, mais un consommateur averti saura distinguer le bon grain de l'ivraie.

LE CUIR VEGETAL: UNE APPELLATION TROMPEUSE.  CUIR VEGAN : UN VRAI BON PRODUIT VEGAN
 Il existe de nombreux sites surtout anglo-saxons qui proposent sur le net des accessoires comme des chaussures, des sacs et des ceintures véganes  c'est à dire fabriquées en matières synthétiques ( imitation cuir, caoutchouc de synthèse). Il est fait  référence à une matière curieuse : le cuir végétal. Cela m'a intrigué , et je suis allée voir sur ce site marchand quel était ce produit étonnant. En fait de cuir végétal, il s'agissait de chaussures en matière synthétique ( semelle, doublure et extérieur). Le terme cuir végétal est mal choisi ou plûtot trop bien choisi, mais trompeur. Le terme cuir végétal s'applique  à la méthode de tannage de la peau qui est végétale par opposition au tannage traditionnel de l'industrie qui est minéral et plus polluant. Donc attention les végans d'obédiance Tom Regan ne tombez pas dans le piège le cuir végétal n'est pas fabriqué à partir de feuillage ou de sève, non c'est simplement une peau d'animal tannée d'une manière moins polluante, mais il s'agit tout de même de cuir.
Les sites spécialisés vendent des accessoires  en "cuir vegan" ou vegan leather" c'est à dire en imitation cuir parfois doublés en coton comme le propose la marque anglaise Vegetarian shoes. Pas de problème les articles sont  en adéquation avec les idées des végans . La marque canadienne Matt et Nat s'engage à sauvegarder   la nature,  et assure la protection  des droits des animaux. Ces marques sont respectueuses de ces idées et surfent sur une vague qui milite en faveur des produits bios, naturels et recyclés très en vogue outre-atlantique. Lorsque l'on parle de cuir végan ou vegan leather, on ne parle pas de cuir mais d'un article composé de matériaux recyclé (bouteilles plastiques, pneus réchappés). On peut ainsi  dire que le mot cuir est usurpé dans un but commercial. Il semble que proposer des produits en matière synthétique à des prix plutôt élevés serait moins vendeur, l'image serait moins sophistiquée, et dans l'esprit du client le terme cuir est rassurant, concret, alors que le terme synthétique est abstrait, un mot "fourre-tout" et n'importe quoi. Chaussures en cuir végétal végan ok mais pour l'hiver. Choisissez  pour l'été les chaussures, les sacs et les ceintures en fibres végétales  et caoutchouc naturel. Le mélange chanvre et coton est idéal pour les espadrilles, un produit hors mode et fort confortable.

 A SUIVRE : QUELLE ALTERNATIVE  POUR LES VEGANS "VERTS"?  LES FIBRES VEGETALES, MINERALES, LES FIBRES INEXPLOITEES A DECOUVRIR, FAITES ENTRER LA NATURE DANS VOTRE DRESSING ...ETC.

LA FARANDOLE DES FOURNITURES OUBLIEES

MON PETIT MUSEE A MOI
Laissez moi vous  entrainer dans mes souvenirs d'enfants. Je me suis fabriqué un petit musée personnel de fournitures pour tailleurs. de mots magiques . Je les ai connus "vivants" et aujourd'hui ils  sont considérés comme des ovnis  et se révèlent sans utilité, ou plutôt les fabricants s'en passent
Petit à petit ces termes techniques , désuets, abstraits, peu ou plus utilisés disparaissent des pages des dictionnaires.  Alors avant qu'ils ne disparaissent corps et bien, je vais  vous les présenter tour à tour,   sous-titre à l'appui.

LA FARANDOLE DU PETIT TAILLEUR
Poltaise, talonnette, mignonnette...Comme ils chantent, comme ils résonnent à mes oreilles ces noms
Une farandole joyeuse, des mots mystérieux mais chargés de souvenirs.
Dans les années 70 ces fournitures étaient encore  vendues dans des boutiques spécialisées notamment celle de mon père rue des francs bourgeois à Paris. Il y avait les  grossistes  chez qui  les tailleurs venaient s'approvisionner et quelques merceries proposaient  un choix restreint d'articles  nécessaire à la fabrication de vêtements pour  les clients particuliers et les couturières.
Moi je jouais avec les boutons comme les autres enfants jouaient avec des cubes. J'adorais l'ambiance de la boutique de mes grands parents rue de Sévigné à Paris, le bruit des ciseaux, des maîtres en bois que l'on posait sur le comptoir,  les mots lancés brièvement et qui étaient pour une enfant indéchiffrables, comme bougran, percaline...La sonnerie stridente du téléphone en bakélite noire,  le toucher de la toile en poils de chèvre "capella" qui piquait mes petits doigts, la douceur des doublures satin que j'aimais caresser..  Dans ce magasin  de vente en gros de  fournitures pour tailleurs il y avait tout cela et bien plus encore, une atmosphère indescriptible, fondement de mes souvenirs. Ces mots  je les entends, voltigeant entre les comptoirs en bois  :  deux boites de craies tailleurs blanches,  cinq rouleaux de ceintures de pantalons, trois pièces de  percaline grise par ici, 100 mètres de bougran  gris d'accord, 25 rouleaux de toile tailleur, de la capella oui monsieur! Mon apprentissage commença ainsi, par  les fournitures pour tailleurs. C'est avec un sentiment  à la fois de  bonheur et de nostalgie  que je me replonge dans cet univers.

Ce qui me chagrine c'est que l'on oubli qu''un vêtement, un vrai est avant tout un montage de divers éléments, un puzzle qui comporte un certain nombre de pièces, si ce nombre est revu à la baisse,  le motif  sera pas incomplet, ce qui est un comble pour "un complet". Pour un vêtement si le compte n'y est pas, l'équilibre est rompu, "il y a comme un défaut"  Bien sûr  le prêt à porter ne peut pas rivaliser avec un produit réalisé sur mesures, voire de la semi- mesure, mais il n'en demeure pas moins que le client a droit à un minimum, ce qui n'est pas toujours le cas.
Des articles  jadis indispensables pour fabriquer un véritable vêtement, ayant du corps, de la tenue, de l'allure, un vêtement fait  pour durer.
Ces fournitures sont aujourd'hui oubliées dans la confection industrielle, mais  préservées  dans le domaine du luxe, du sur-mesure, réduites à un rôle de figurante dans la demi mesure,
Tout doit aller vite depuis la fabrication du vêtement jusqu'à sa  durée de vie. On constate que malgré les progrès de la technique, les industriels  négligent pour le moins les fournitures pour tailleurs traditionnelles. Elles sont  remplacées par des matières de substitution, moins couteuses, plus faciles  à travailler, plus rapide à poser. Cette simplification a pour conséquences la disparition d'une main d'œuvre spécialisée
 Les maîtres tailleurs anglais et italiens  perpétuent la tradition avec succès, en France cela me semble beaucoup moins évident.
 Avant de vous offrir ce bouquet de mots délicieux je ne peux pas ignorer un fait qui aujourd'hui plus que jamais résonne très fort. Pourquoi ces fournitures, étaient des  "outils" indispensables aux tailleurs et rarement utilisés  par les couturières ...? J'ai une réponse mais elle ne me satisfait pas vraiment.  Les hommes ne changeaient pas de costume tous les ans, la mode leur permettait  de conserver ce vêtement plusieurs années, donc les costumes étaient fabriqués pour durer plusieurs saisons. La mode féminine était et est toujours plus changeante, et c'est sans doute  ce qui justifie la différence de conception du vêtement et des prix. Si l'on compare un manteau féminin et un pardessus masculin, il y a déjà une différence au niveau du vocabulaire, mais également au niveau du poids. Un pardessus réalisé dans les règles de l'art est beaucoup plus lourd qu'un manteau, on retrouve cette différence dans les vestons et les vestes


LE MEMO DU TAILLEUR


PERCALINE ou LUSTRINE  : doublure de qualité ordinaire,  fortement apprêtée et quelque fois lustrée sur l'une des faces.  Utilisée pour les poches de vestons.  Elle avait une fâcheuse tendance à rétrécir au lavage. Une fois décatie,  elle pouvait servir de pattemouille Elle se vendait en laize de 0,70m. A l'occasion,  la percaline était utilisée  pour faire des robes ou des chemisiers.
…"sa robe de percaline lui venait de son père câlin"…in Idylle philoménale. Paroles de Yves Montand

LA TALONNETTE OU EXTRAFORT
Elle se coud  au bas des jambes des pantalons afin d'éviter l'usure provoquer par le frottement du tissu sur la chaussure. Cet accessoire  est nécessaire surtout pour les tissus légers, il plombe le bas des pantalons. Pour les étoffes plus lourdes, il suffit de poser la talonnette sur l'arrière, protégeant ainsi la partie en contact avec la chaussure.

LA POLTAISE
Un coton ou coton / polyester solide, qui sert de fond de poche  pour pantalons et pour veston. La gamme de couleur est restreinte, gris, beige, blanc cassé ou noir. Longtemps les vêtements pour hommes évitèrent la couleur.


LA MIGNONETTE
C'était une doublure utilisée pour les manches. La plus classique était blanche avec des rayures bleues.  Cette doublure en satin de coton ou en acétate/viscose était plus glissante que les autres, ce qui évitait que les manches des chemises ne s'accrochent.

TOILE TAILLEUR
Ce métier n'est que patience, savoir faire, expérience et tradition. Savil Row à Londres est toujours la capitale de ces faiseurs qui tiennent boutique dans cette avenue légendaire.
Je me souviens de celle que vendait mon grand père, il y avait le dessin d'une chèvre parce que elle était tissée avec un mélange de laine de mouton et de poil de chèvre. La marque ?capella c'est à dire petite chèvre!,Certes elle piquait, mais c'était une très belle toile utilisée pour renforcer les devants des pardessus .
Le tailleur construit un vêtement, aujourd'hui le vêtement n'est qu'un squelette, sans consistance qu'une machine commandée par un ordinateur qui se contente d'assembler pièce par pièce. Il faut connaitre le passé pour juger du présent. Qui n'a pas eu entre les mains un costume d'homme des années 50 ne peut pas comprendre.
Comme une recette de cuisine, chaque tailleur avait ses secrets, la grandeur du point, la coupe de l'entoilage, les fournitures


Ce n'était certes pas mieux avant c'était différent. Mais tout de même le savoir- faire de ces artisans découlait d'un long apprentissage, et ces faiseurs étaient  des artistes, ils savaient construire une veste, choisir la bonne étoffe, adapter  la forme à la morphologie du client. C'était un métier.
 Jusqu'au vocabulaire qui change,  se vêtir ou s'habiller versus se saper ou se fringuer...
  Ne croyez pas que je sois passéiste, je suis plutôt perfectionniste.

Quand c'est trop, c'est TROPICAL

Je sais cette phrase tirée d'une publicité pour une boisson française sucrée date un peu, bien qu'aujourd'hui   la marque Tropico  fait la une de l'actualité économique , puisqu'elle a été rachetée par le géant du soda "coca-cola" en septembre 2018. C'est grâce à cette soudaine mise en lumière que j'ai fait le rapprochement entre  Le tropical et le tropico. Tiré par les cheveux? Non je dirais tiré à quatre épingles, british style of course. Tropico était du pur années 80 et c'est précisément ce qui nous amène à ce tissu nommé tropical.
Les britanniques expatriés dans leurs colonies situées dans les zones tropicales s'habillaient pour dîner,  lorsqu'ils le pouvaient,  afin de maintenir la tradition et de se sentir proche du pays. On imagine que le climat chaud et humide inciterait  à faire tailler les vêtements dans des cotonnades ou du lin. Mais les britanniques sont intraitables lorsqu'il s'agit de faire bonne figure. Le tropical lainage léger était alors la référence pour les costumes masculins. Infroissable, léger, de belle tenue,  il rendait le costume supportable sous toutes les latitudes.
 En fait le tropical vous ne le trouverez plus dans les boutiques de tissu. En effet c'est l'ancêtre du tonic des années 80, de la cool wool qui vient quelques décennies plus tard et des désormais classiques  super 100,120, 150 etc..
De plus en plus de légèreté voilà la demande d'une clientèle masculine désireuse d'associer élégance et confort.
C'était un tissu en laine peignée à deux brins sur-tordus Il était commercialisé en.uni, prince de galles ou chiné. La fraîcheur de cette étoffe était étonnante. J'utilise l'imparfait puisque le tropical ne se fabrique plus. Afin d'accroître le lustre il y eu un tropical mohair /mérinos. Ce dernier connu un grand succès. Les fabricants continuèrent à innover proposant des draperies comme le fresco. Ce dernier, était tissé avec un fil de laine à trois brins, donc un peu plus lourd que le tropical mais plus léger que la plupart des articles classiques.

mardi 25 septembre 2018

De fil en aiguille... une histoire de l'aiguille

Bonjour à tous, voilà une nouvelle saison qui s'annonce, et c'est avec un grand plaisir que je je me remets à l'ouvrage un temps délaissé pour cause de voyages...Merci à vous qui me suivez malgré ces absences.
L'aiguille vous connaissez   mais ce petit morceau de métal allongé et troué à son extrémité arrondue a une longue histoire que vous allez découvrir dans ce post
Des objets ressemblant à nos aiguilles furent  retrouvées dans des fouilles de sites préhistoriques en Amérique du Sud ; il s'agissait d'épines d'origines végétales, généralement les piquants des cactus. Mais dans d'autres régions du globe pour assembler des morceaux de peaux on utilisait des os très effilés, des piquants de porc-epic, des silex bien taillés ou encore des morceaux de bois. Bien sûr ces "outils" étaient rudimentaires ils ne comportaient généralement pas de chas, et on utilisait aucun fil, ils avaient pour mission de percer les peaux. Ensuite les morceaux étaient assemblés par laçage. Cependant en 2016 lors de fouilles entreprises sur le site de Denisova en Sibérie les archéologues découvrirent une aiguille à chas, taillée dans un os d'oiseau. Cette découverte témoigne de l'agilité des hommes préhistorique puisque cet outil  aurait plus de 45 000 ans c'est à dire du paléolitique du grec palaios = ancien et lithos = pierre
Ce n'est qu'à l'age du bronze c'est à dire entre -2200-800 que les aiguilles sont  trouées en leur centre afin de permettre le passage d'un fil. Cet orifice est le chas, mot dont l'étymologie ne nous apprend pas grand chose  en anglais le mot qui désigne ce trou situé à l'extrémité non pointue de l'aiguille est plus simple c'est tout simplement l'œil de l'aiguille.
Au Moyen Age les premières aiguilles fabriquées en métal ressemblaient d'avantage à des clous troués, nous sommes loin de la finesse de l'aiguille de Dénisova
Dans la région de Tolède en Espagne dès le XIe siècle les maures fabriquent des aiguilles à chas non pas pour la couture, mais pour effectuer des actes chirurgicaux notamment pour les points de suture. Au XVe siècle  ils quittent l'Espagne, non sans avoir transmis leur savoir faire sur l'art et la manière de travailler le fer et le cuivre aux artisans locaux. Des gisements importants se trouvant  à proximité de la ville permettent l'approvisionnement  d'une manufacture d'armes.  Vers 1500  les artisans commencent à fabriquer de belles aiguilles en acier poli.
Cet objet restera jusqu'au XIXe siècle un article de luxe dont il fallait prendre grand soin. Elles devaient rester lisse et pointues et les couturières avaient à leur disposition un pierre pour les aiguiser et un morceau de toile émeri pour les polir et retirer d'éventuelles tâches de rouille. Conserver les aiguilles piquées dans un morceau de flanelle empêche l'oxydation du métal, un truc de grand-mère  qui marche bien.
L'industrialisation de la fabrication des aiguille débute au XIXe siècle, les grands centres se trouvent alors  en Allemagne et en Angleterre  à  Redditch. L'usine Smith & Son produit des aiguilles à coudre de qualité depuis 1835 Les productions sont  importantes et alimentent l'Europe La rareté de cet objet est vite oubliée et l'aiguille demeure un objet utile mais devient commun. La perforation automatique  permet d'accroitre la production et de baisser le prix de revient Notez que les progrès réalisés dans  fabrication industrielle des aiguilles vont permettre de développer  un autre outils indispensable aux couturières  l'épingle. En France en 1868  Benjamin Bohin un industriel normand décide de mettre fin au monopole anglo-saxon Il fera venir du laiton et du fer de Franche Comté car la qualité du fer normand pourtant en quantité dans la région  ne convient pas à la fabrication des aiguilles. En 1906 c'est dans l'usine Bohin de Saint Sulpice sur Risle  que la première machine à fabriquer  en continu un aiguille est  utilisée.
Les variétés des aiguilles sont nombreuses, permettant ainsi de s'adapter aux différentes matières. Cuir, soie, jersey, toiles Les numéros désignent leur diamètre et leur longueur  Plus le chiffre est grand plus l'aiguille est fine et courte, plus le numéro est petit plus l'aiguille est grosse et longue. Les numéro vont de 1 à 12
Je vous confie encore un autre truc de grand-mère qui fonctionne . Si vous n'avez pas d'enfile aiguille si votre fil est sombre et si le chas est réellement petit, placez l'aiguille au dessus d'une feuille blanche, vous verrez plus aisément le trou et l'enfilage n'en sera que plus aisé. Faites le avec une feuille foncée si le fil est clair
Après ce post , je vous souhaite une belle couture.