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lundi 16 février 2015

LI EDELKOORT OSE DEFIER LE MONDE DE LA MODE ET ELLE A RAISON

Avec son manifeste anti -mode Li Edelkoort,  fait voler en éclat un univers superficiel. Si les stylistes, les journalistes, les enseignants en prennent pour leur grade, c'est peut être un bienfait, pour la mode et surtout pour les clients. Voici le texte, à méditer!
Lidewij Edelkoort : « La mode est morte. Vive le vêtement ».
La consultante en tendances tient à préciser d’emblée, comme pour s'excuser : « J’aime la mode, Passionnément. » Elle n’avait pas vraiment besoin de nous le rappeler : en 2008, le time magazine ne l’avait pas nommé sans raison comme l'une des 25 personnes les plus influentes de la mode. Tout le monde s’accorde aujourd’hui pour affirmer que la voix de Lidewij Edelkoort porte loin : le succès, jamais démenti, de ses revues View on Colour et Bloom atteste la richesse de ses propositions créatives ; quant aux cahiers de tendances destinés aux industries mode et textile, design, décoration d’intérieur, beauté et bien-être, qu’elle conçoit personnellement tous les six mois, ils sont mondialement distribués.
Notre fashion system set complement obsolète.
J'aime la mode et pourtant, je ne pouvais pas ne pas écrire ce texte, intitulé "anti-fashion" continue t elle. Ce manifeste professionnel c'est la constatation qu'un changement radical s'est opéré dans  la mode qui rend le fashion system actuel complètement  obsolète. Cela commence par l'enseignement. Les écoles et les académies de mode continuent d'enseigner aux jeunes étudiants à devenir des designers de podium, des divas. On continue à leur faire croire que la mission qui les attend est de devenir une personnalité hors normes, que personne ne pourra jamais égaler. En d'autres termes, les écoles continuent d'enseigner le principe de l'individualité farouche à des jeunes dont l'environnement, à l'heure des réseaux sociaux, est désormais basé sur le partage, sur la création en commun. De facto, l'enseignement de la mode est donc démodé.
Un monde sans intérêt pour le textile
" C’est finalement la première fois dans son histoire que la mode, censée être en avance sur son temps, n’est pas capable de réagir à son époque ", martèle la prévisionniste. On enseigne aux étudiants à devenir des petits Karl, à créer des vêtements, des sacs, toutes sortes d’accessoires pour les autres, à s’occuper du défilé, des catalogues, de la communication, de la photo. Tout cela en trois ans. Et dans ces trois années d’enseignement au final, il n’y a plus beaucoup de temps consacré aux vêtements qui ne sont plus qu’une donnée parmi de nombreuses autres ». La situation des ateliers qui ont été sacrifié sur l’autel de la mondialisation rend encore plus difficile l’apprentissage des techniques : « ce qui fait qu’aujourd’hui, on en arrive à former des fashion designers qui ne connaissent pas le tissu, qui ne savent pas comment fonctionne le textile, ni comment réagit la fibre. Bientôt on ne connaitra plus que la popeline et le jersey pour le reste de nos vies. C’est terrifiant». D’ou l’intérêt, au passage, de proposer à ses clients un nouveau cursus d'études permettant une meilleure compréhension des mécanismes inhérents aux tissus de la saison.
La presse aussi en prend pour son grade avec des remarques cinglantes concernant le manque d’éducation générale des rédactrices modes : « on a vu par exemple dans des magazines très importants comme Vogue ou Marie-Claire, des annonces triomphales se réjouissant du retour des imprimés. Faites vos devoirs, mesdames les rédactrices, et ne parlez plus d’imprimés quand en fait, il s’agit de jacquard. »
Le reste du manifeste est dans la même veine : l’opinion publique qui doit être alertée sur le fait que les vêtements peu chers (qui - comble du ridicule - copient désormais les codes du luxe) manufacturés dans des pays où la main d’œuvre est exploitée, a du sang sur les mains ; la perte d’intérêts qui en découle pour les savoir-faire locaux, l’attitude irresponsable des médias qui prônent comme une panacée le fait de ne jamais porter la même tenue deux fois ; le fait que les designers sont poussés par le marketing à considérer désormais le vêtement comme un simple accessoire au services des autres accessoires, comme les sacs et les chaussures. « Quand vous faites la liste, il n’y a plus de créateurs qui créent véritablement de la mode. Tout simplement, parce que le marketing a tué l’industrie de la mode en la surexploitant, en faisant vivre aux designers un stress infernal (ils doivent tout faire) où leur originalité est immolée à la recherche constante du slogan, en saturant le marché de produits faits pour créer de belles images conçues pour être « likées » (afin de vendre du parfum), au détriment de vêtements faits pour être portés».

Et les consommateurs dans tout ça ? Lidewij Edelkoort a la pressentiment que les nouvelles générations ne ressentiront plus besoin de posséder seules l’intégralité d’une garde robe exponentielle. Elle cite l’exemple de jeunes clientes chinoises qui n’ayant pas assez d’argent pour acheter la pièce rêvée à La Petite Robe Noire, décident sans hésitation de l’acquérir à deux. Et de vanter les projets à priori un peu fous comme l’habibliothèque à Paris, qui offre la possibilité (tout en luttant contre la fast fashion) d’emprunter des marques créateurs à un budget accessible. Conclusion : « les vêtements seront la réponse au fashion system qui s’est déréglé. Analyser et conceptualiser une tendance n’aura plus d’intérêt que si on le fait d’un point de vue anthropologique et humaniste, que si on revient aux fondamentaux de la ‘couture’ avec son noble intérêt pour le tissu et la ‘facon’ tels que nous les scrutions avant l’invention du prêt à porter. C’est la raison pour laquelle la présentation de ce soir (et celles à venir) ne parleront plus de mode - un concept qui n'a plus de raison d'être aujourd'hui - mais de vêtements ».

mercredi 11 février 2015

COMPTOIR DES COTONNIERS : ENFIN UN FABRICANT QUI PREND SES CLIENTS AU SERIEUX

Bravo au "comptoir des cotonniers". L'article sur le Jacquard est simple et clair.  C'est un exemple à suivre pour la concurrence . Un peu de culture dans notre quotidien ne peut qu'être bénéfique.  Une communication intelligente ça mérite un coup de chapeau! Voilà qui est fait.

jeudi 29 janvier 2015

ON NE SE MEFIE JAMAIS ASSEZ : ATTENTION LE SITE DYNOLITE EST UNE ARNAQUE

Les produits vendus sont manifestement des contrefaçons UGG, avec certificat presque authentique. On ne s'en rend compte qu'une fois les bottes déballées N'achetez rien sur ce site . Sur la page de Dynolite tout est en français, et rien n'indique que la société se trouve en Chine. Les bottes reçues ne sont pas celles commandées. Il y a une erreur sur le produit  et malheureusement ajoutons qu'il s'agit de contrefaçon. Photos à l'appui j'ai donc exigé un remboursement. Cette demande est restée sans réponse. Alors j'ai réclamé un échange afin d'avoir au moins le produit que j'avais commandé et voila la réponse
De : chenLovery
Dear friend,
I am sorry to see that. I think it's our shipment company who had mixed your order with our other customer's. We are willing to do exchange for you. However, shipment back and forth will cost more than 60 Eur and it will take more than one month for the process to be finished. So I suggest you keep what you got. We will do a refund of 10 Eur to make up for your lost.
Yours,
Landy
Les 10euros de remboursement ne sont que 10% de l'achat effectué. Et les 60 euros de frais de port représente quasiment le prix des bottes (79 euros + 22 euros pour la livraison). Sur le paquet le document rempli pour la douane mentionne la valeur de l'envoi. A ma surprise mes bottes ont une valeur de 10$. C'est sans doute vrai malheureusement.  La naïveté a ses limites. Je dois avouer que j'achète peu de choses sur internet, mais cet incident me conforte dans cette optique.
Il est évident que  Dynolite n'incite pas ses client à renvoyer la marchandise. Il est également impossible de ce faire rembourser ce qui est contraire aux lois commerciales sur le net, mais ils ne sont pas à cela prêt . Quitte à  enfreindre la loi autant aller jusqu'au bout, et monsieur Chen Lovery de Dynolite ne s'en prive pas On ne se méfie jamais assez. N'ACHETEZ  RIEN SUR LE SITE DYNOLITE qui semble tout à fait respectable au premier abord. Photos des collections de  bottes UGG,  conditions de ventes, conditions de retour... Mais ce n'est qu'une façade. La tromperie est au bout du chemin, lorsque vous recevez la commande.
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samedi 3 janvier 2015

LE GORETEX® UN OBJET IDENTIFIE?


UN PRODUIT PAS SI ABSTRAIT 

Le Gore-Tex ® n'est pas un tissu, c'est une membrane microporeuse qui, associée à un support textile, augmente les capacités d'imperméabilité, de coupe vent et de respirabilité de celui ci.

ABRACADABRA : IMPERMEABLE ET PERMEABLE A LA FOIS
Imaginez une sorte de film plastique transparent dont la surface est percée de milliards de trous microscopiques, qui ferait corps avec un tissu, créant ainsi une barrière "climatique". Cette feuille "magique" peut être insérée dans le vêtement selon plusieurs techniques :
-,laminée ou contrecollée sur un tissu (dit deux couches) avec une doublure libre : le confort est moindre mais le vêtement est léger et souple.
 - prise en sandwich entre deux épaisseurs de tissu (dit trois couches). Le tissu, la membrane et la doublure sont assemblés. Si l'imperméabilité est plus grande, le poids de l'ensemble augmente et la souplesse diminue ce qui est un point faible.


exemple d'un montage dit trois couches

ETANCHE OU IMPER-RESPIRANT ?
Qu'il s'agisse d'un support naturel comme le lin ou la soie ou d'une matière chimique comme le polyamide ou le polyester, le but de ces techniques est de renforcer l'imperméabilité, l'isolation thermique d'un article. Cela peut être une veste, des gants, des chaussures, une tente, ou encore en sac à dos...
Les techniques sont différentes et les résultats également. Votre choix dépend essentiellement du type d'utilisation : occasionnel, régulier ou intense : sport outdoor intensif comme la randonnée en montagne ou le trail  ; ou épisodique comme une simple promenade dans les bois le dimanche ou la pêche à la ligne. Sachez que l'étanchéité d'un vêtement est temporaire. L'exemple type est le cas du kway®.  Au début, il est vraiment étanche et si vous n'êtes pas mouillée par la pluie vous le serez par votre propre transpiration. Mais l'imperméabilité du vêtement diminue avec le temps. Un tissu étanche par nature annule toute possibilité d'échanges. Pour suer plus agréablement préférez le sauna.
Qu'il s'agisse du nylon des Kway,® des articles membranés Goretex® ou du coton enduit de chez Barbour®, il faut huiler ou imperméabiliser les articles une ou deux fois par an avec un produit déperlant si vous désirez conserver une bonne isolation thermique.

 Les membranes microporeuses type Goretex® créent une barrière, isolant votre corps de la pluie, de la neige ou du vent tout en laissant possible l'évaporation de la transpiration. L'article est donc imperméable de l'extérieur  vers l'intérieur et perméable de l'intérieur vers l'extérieur.
Ce n'est pas de la magie. La membrane améliore les performances techniques de ces tissus , mais  il y a un truc ! Alors il est temps de vous dévoiler ce secret.

LE COMPTE EST BON
Le matériau de base du Gore-Tex® est le polytetrafluroethylène expansé ou PTFE, plus connu sous le nom de Teflon.
Bien que le produit miracle imperméable respirant n'existe pas vraiment, voici la plus ancienne recette de membrane microporeuse, celle de Goretex®  : un milliard quatre cent mille trous au centimètres carré ! Ces trous sont 20 000 fois plus petits qu'une goutte d'eau ce qui interdit leur passage mais ils sont 700 fois plus gros qu'une molécule de vapeur d'eau, ce qui permet de laisser passer la sueur, transformée en vapeur d'eau.
Compte tenu du grand nombre de "trous" on peut dire que la membrane est composée de 80% d'air et de 20% de PTFE.
Pour renforcer leur imperméabilité, les produits utilisant une membrane Goretex subissent un traitement déperlant type scotchguard au moment de leur fabrication. La surface extérieure des articles est déperlante et les gouttes d'eau glissent sur la surface des vêtements.

DECRYPTAGE
DWR soit durable déperlant water ou déperlant durable, c'est le traitement complémentaire mais temporaire de la surface de l'étoffe. Ceci est destiné à éviter que le tissu ne se gorge d'eau et annule l'efficacité de la membrane. Sous une pluie battante, les gouttes d'eau ne stagnent pas sur le vêtement mais glissent, laissant  les pores dégagés de manière à ce que la transpiration puisse s'échapper.


MODE D'EMPLOI
Mais attention ! Il faut que certaines conditions soient respectées pour que l'efficacité du produit soit  réelle. Ainsi, la face extérieur du vêtement doit être propre. En cas de poussière, de boue, de saletés, les pores se bouchent, empêchant la transpiration d'échapper et le vêtement devient étanche ! C'est un peu comme une maison trop bien isolée, comme une VMC mal réglée. L'humidité intérieure s'accumule sur les parois et, dans le cas du vêtement, la sueur reste sur votre peau.

Les applications  du Gore-Tex® touchent de nombreux domaines  : médical, électronique, vestimentaire.

UN PRODUIT CONNU MAIS UNE TECHNIQUE INCONNUE
Les membres d'expéditions polaires comme Antartica sont équipés de chaussures, de gants, de pantalons, de blousons, de combinaisons fabriqués avec de tissus laminés avec cette membrane géniale. Les équipements sont prévus pour résister aux températures extrêmes et ils sont testés en temps réels.
Ces expériences ont permis de démocratiser cette technique. Aujourd'hui, les vêtements avec une membrane en Goretex,® sont largement diffusés et accessibles au plus grand nombre et non plus réservés à quelques aventuriers amateurs de sensations fortes.
Le trail, l'outdoor, toutes ces activités sportives au sein de la nature se développent et les équipements de plus en plus techniques sont nécessaires. On ne part pas pour un trail, une course dans la nature avec des obstacles, comme on part se promener dans un parc. Les clients veulent du matériel sûr, sophistiqué, adapté. Ainsi, se sont développées des gammes de chaussures, gants et blousons susceptibles de répondre à la demande.


Mais avant d'en arriver là il a fallu des années de travail, de recherches, d'expériences, d'essais. Plusieurs années séparent la découverte des applications possibles du téflon à l'industrie textile de la commercialisation des produits grand public.
Leader sur le marché de la membrane microporeuse laminée, Goretex® est aujourd'hui rejoint par des concurrents sérieux sur ce marché du sport outdoor en pleine expansion. 

DEUX TECHNIQUES, UN MEME BUT
Les  industriels japonais se sont lancés sur ce marché depuis longtemps. La société Akzo commercialise une membrane, le Sympatex®, techniquement différente mais dont le but est identique : obtenir un tissu imper-respirant. Juste un mot sur cette membrane . Elle n'est pas la copie conforme du Goretex®. Le Sympatex est une membrane non poreuse. Le transfert de l'humidité vers l'extérieur se fait par un processus chimique. Il y a un avantage à ce type de membrane qui facilite l'entretien : on évite les risques d'obturation des pores avec les poussières et autres résidus de détergents. Mais c'est encore une autre histoire. C'était simplement pour ne pas laisser de coté des produits qui sont aussi performants mais peut être moins soumis à la médiatisation.

UNE MEMBRANE RESPIRANTE QU'EST CE QUE CA SIGNIFIE ?
Le  terme respirant utilisé dans la communication de bien des industriels est à mon avis usurpé, quoique bien choisi commercialement. L'image d'une étoffe chimique qui respire inspire confiance au consommateur. La respiration se passe en deux temps. Inspiration d'oxygène et expiration du gaz carbonique. Lorsque qu'un tissu est dit respirant, il n'y a pas deux actions mais une seule, l'expiration de la sueur de la peau vers l'extérieur du vêtement.
La membrane Goretex permet par sa structure d'obtenir une étoffe imperméable de l'extérieur vers l'intérieur et perméable de l'intérieur vers l'extérieur. Le terme approprié serait "ventilé".

RET c'est le calcul de la résistance évaporative thermique ou la capacité d'un vêtement à évacuer la sueur. Votre choix se fera en fonction de votre activité. 
RET 6 : tissu très respirant. Tissu qui est confortable à porter pour un effort modéré.
RET 12 : tissu moyennement respirant. Tissu qui est inconfortable à porter en plein effort.
RET 20 : tissu peu respirant. Tissu qui est inconfortable à porter pour un effort modéré.

POUR LA PETITE HISTOIRE
Wilbert Lee Gore dit Bill Gore est un ingénieur chimiste employé chez DuPont chez qui il passa 17 années. C'est un peu l'image d'un "géotrouvetout" qui aimait inventer des choses qu'il mettait souvent en pratique dans sa propre famille. Des recherches qui étaient parfois couronnées de succès mais au nombre desquelles il y eu aussi des échecs.  
Monsieur Gore était un amateur de randonnées et de sport en extérieur. Peut-être cette passion fut-elle un atout pour la suite de sa carrière. Durant son passage chez DuPont, il participe aux recherches sur les polymères. Il pense que les possibilités du PTFE ne sont pas exploitées suffisamment mais la direction de l'entreprise ne le suit pas sur ce terrain. Il quitte alors DuPont pour monter sa propre entreprise. Avec peu de moyens et beaucoup de conviction, sa femme, son fils ainé et lui vont se mettre au travail, et la société W.L Gore va prendre forme dans le garage familial.
En 1969,  les Gore père et fils mettent au point une membrane micro-poreuse, presque par hasard. La société tournait grâce aux applications du Téflon qui permettait d'isoler les câbles électriques.  Mais il restait encore à démontrer  que le Tetrafluoéthylène  pouvait avoir des applications dans l'industrie textile. Les recherches n'avançaient pas et on raconte que Bob Gore s'énervant, prit une feuille de PTFE et l'étira, pensant la briser, hors il n'en fut rien, en l'étirant, elle ne se brisa pas mais sa solidité fut accrue. Et voila que le TPFE expansé était né. 

UNE APPLICATION TEXTILE
Ce n'est qu'en 1978 que l'industrie textile exploite de cette découverte. Il arriva ce qui devait arriver. Cette membrane laminée sur un support textile donnait naissance à un tissu imper/respirant. Ce fut la véritable révolution. Plus question de se protéger de la pluie en suant, fini les vêtements étanches. La nouvelle génération de vêtements outdoor est aujourd'hui à la portée de chacun.
Gore Tex ® associe le nom de Gore à la première syllabe de Textile. Cette invention est aujourd'hui commercialisée par la société W L Gore and associate inc.





 






mercredi 24 décembre 2014

LES DESSOUS DU CHANDAIL

Normalement, ce soir il devrait neiger,  au moins faire froid et, normalement, on devrait se couvrir, porter de gros pulls en laine, pour être bien au chaud devant la cheminée en attendant le Père Noel ! Mais voilà, cette année il ne fait pas froid, il ne neige pas ou peu en France! Alors, quitte à ne pas enfiler votre plus chaud tricot, pull ou sweater, je vous donne les clés du chandail.
Si par hasard vous trouvez demain matin un chandail au pied du sapin, ne vous étonnez pas, le Père Noel aura peut être lu mon post ce soir  Et joyeux Noel à tous!
Le mot chandail est un aphérèse ! Une figure de style qui ampute un mot d'une syllabe en général la première. Ainsi le marchand d'ail réduit sa voilure pour devenir le chandail.
Mais quel rapport entre un colporteur d'ail et ce vêtement ? Eh bien voilà. L'histoire commence dans le ventre de Paris au XIXeme siècle, c'est-à-dire  dans les Halles de Baltard.

Cette fois encore plusieurs hypothèses circulent à propos de l'origine du mot.
Je vous en  livre deux, ensuite libre à vous de choisir celle qui vous semblera la plus plausible.
N°1
La vente des produits de bouche débute dès l'aube et l'hiver le froid oblige les marchands à se couvrir. Les maraîchers adoptent de gros pulls en laine, confortables et amples qui n'entravent pas leurs mouvements, le plus souvent tricotés par leurs épouses. Ces vendeurs de légumes sont appelés marchands d'ail, et pour cette raison,
par métonymie, on nommera leur tricot des "marchandail" qui dans le langage populaire deviendra chandail.
N°2
Dès l'aube la foule est là, le bruit résonne sous ces vastes halles, le vacarme est assoudissant et pourtant il faut s'annoncer, se faire entendre pour vendre sa marchandise. Pas encore de micro, de sono, alors il faut hurler. C'est ce que font les vendeurs d'ail. Leur rengaine n'est pas marchand d'ail mais simplement chandail ! La première syllabe se perdant sans doute dans le brouhaha ambiant. Peut être que certains d'entres vous se souviennent des cris des marchands ambulants qui résonnaient encore dans les rues de Paris dans les années 50 :  ainsi le vitrier avec son fardeau de vitres sur le dos criait-il  viiiitrier pour annoncer sa présence. C'est ainsi que par analogie, on nomma chandail le tricot épais porté par les maraichers et spécialement les marchands d'ail.

LE GAMSOU DE GAMARD ?
Mais qu'est-il donc arrivé entre le gros pull sans bouton, à manches longues, à col montant, qu'o enfile par dessus la tête, tricoté en grosses mailles de fabrication artisanale et le chandail fabriqué industriellement ?
Le chandail à suivi à peu près le même chemin que le marcel, maillot de corps des forts des halles qui devint le marcel commercialisé par les établissements Marcel.
Le chandail va, lui aussi, devenir un article incontournable, porté à la campagne ou dans les villes. Vers 1880, monsieur Gamard, industriel amiénois, décida de produire industriellement un modèle de tricot copié sur celui que portaient les maraichers :  un tricot sans bouton, assez ample, que l'on enfile par dessus la tête.

LA RECETTE : UN PEU DE GARMARD, UN SOUPCON DE SWEATER
Si la commercialisation rencontre un vif succès, ce n'est pas le cas du nom donné au produit : Gamsou. L'industriel voulant rester dans la course, utilisa les trois premières lettres de son nom et la première syllabe du mot anglais sweater (souiter en français suer). L'idée était bonne, le sweat-shirt est un vêtement qui devint très populaire. Généralement en coton gratté sur l'envers, la transpiration est ainsi absorbée, procurant un certain confort à celui qui le porte sportif ou non. Ce fut un produit "première génération"  le vêtement pouvait gratter, il séchait lentement. Ces inconvénients sont aujourd'hui oubliés, le marché  propose quantités d'articles  de plus en plus techniques, respirants, légers, anti u.v, imperméables et chauds...etc sans compter les innovations à venir.
L'idée de Monsieur Gamard de mêler son nom à un mot venu d'Amérique, était du point de vue de l'image du produit  très en avance. En effet  l'association du tricot paysan avec le sweat utilisé par la jeunesse sportive d'outre Atlantique donne au  chandail plus de modernité et surtout,  dynamise les ventes en diversifiant  la clientèle.
Mais le gamsou ne restera pas dans l'histoire. Monsieur Gamard  reviendra à une conception moins avant gardiste et plus commerciale  en reprenant le nom de chandail.  Aujourd'hui le mot est désuet,   au point  qu'on  en oublierait  son origine paysanne. Il a fait son entrée officielle dans la langue française en 1894.

LE SPORTWEAR ADOPTE LE CHANDAIL
Au début du XXeme siècle, les activités de plein air, le vélo et les jeux de ballons, réclament un vêtement adapté à ces loisirs. Ce sont les prémices de ce que l'on nomme aujourd'hui le sportswear. La maille est un atout, la laine, le coton sont les principaux matériaux utilisés ; ils sont hygiéniques, confortables et fonctionnels.

Les articles en maille envahissent les rayons des magasins, mais le tricot est pour un grand nombre de femmes, une nécessité. L'hiver les gros pulls sont nécessaires, le chauffage des maisons n'est pas  parfait loin s'en faut. Bien sûr, parfois le tricot est une manière plus économique sinon ludique d'habiller toute une famille. Le tricot loisir viendra plus tard.

LA SOPHISTICATION D'UN PRODUIT POPULAIRE
La nouveauté dans ce domaine c'est l'introduction dans une société aisée d'un article issu du milieu populaire.
Le chandail va ainsi passer du monde paysan au monde citadin, il va être adopté par la haute société, on verra les vestes en maille sur les champs de courses, sur les courts de tennis .

APRES LA GUERRE LE TRICOT ENTRE DANS LES ATELIERS DE LA HAUTE COUTURE
 Avant la première guerre mondiale, Coco Chanel propose une collection osée tout en tricot. Le tout Deauville joue le jeu et c'est le succès. La maille s'aristocratise.

 Suzanne Lenglen porte haut et fort les couleurs de Jean Patou. La maille toujours la maille





mardi 9 décembre 2014

N°5 LE MOHAIR QU'EST CE QUE C'EST? UN BRIN DE LAINE D'EXCEPTION

MOIRE OU MOHAIR ? QUESTION D'EFFET !
Jusqu'au XVII eme siècle, le sens du mot moire ou mouaire demeure ambigu. En effet, il désigne une étoffe chatoyante sans plus de précisions. 

UN MOT ET DES IDENTITES MULTIPLES
Mouaire peut donc s'appliquer à un tissu en poil de chameau, de chèvre cachemire, de chèvre angora ou même aux soieries… 

LE MOUAIRE, UNE ETOFFE QUI SE DISTINGUE
Afin de simplifier leur commercialisation, la distinction était faite entre les mouaires les lisses et les calandrés. 
Quoi qu'il en soit, les étoffes obtenues à partir des poils de la chèvre angora et celles obtenues par l'écrasement des côtes ont en commun un effet de brillance. 
                                         
    Entre moire et mohair : une question d'effet

LES MOIRES ACQUIERENT LEUR AUTONOMIE
A partir du XVIIe siècle, en France, il est d'usage de désigner par moire et non plus mouaire, une catégorie spécifique d'étoffes dont la surface est rythmée par des "ondulations" qui font alterner des zones mates et brillantes. Cet effet est obtenu par l'écrasement des côtes de tissus similaires à l'ottoman. Attention, les ondulations risquent de disparaître au contact de l'eau. Précaution nécessaire : prévoir un nettoyage à sec.
Aujourd'hui, il est plus facile de trouver de fausses moires avec un motif "factice" imprimé sur une surface lisse.
Richelieu dans une robe en moire rouge, immortalisé par 
A LA MODE HIER, DEMODE AUJOURD'HUI
La moire a été des siècles durant une étoffe appréciée par l'aristocratie et les artistes peintres. Un vêtement en moire permettait au peintre de jouer pleinement avec les effets de lumière et de démontrer ainsi son habileté.  
Désormais la moire, comme beaucoup d'autres étoffes "historiques", n'est plus que le reflet d'une époque trop classique, le souvenir d'un luxe qui n'a plus sa place dans notre société. En un mot, la moire n'est plus tendance.

UNE AUTRE VIE POUR LA MOIRE
Mise au rencard par les uns, prisée par les autres, la moire à trouvé une issue de secours dans la reconstitution de costumes historiques pour le cinéma, le théâtre, l'opéra .
 La Haute Couture utilise la moire avec parcimonie certes, mais avec constance.

MOIRE-MOHAIR : UN AIR DE FAMILLE
Bien que jouant dans des équipes différentes, ces deux matières véhiculent une même idée, celle de l'opulence.
Si la clientèle se désintéresse de la moire, on note un regain pour le mohair, tissé ou tricoté.
Collection automne hiver 2014/2015

A LA CROISEE DES CHEMINS : LE MOHAIR DEVIENT UNE FIBRE A PART ENTIERE
A un moment, la séparation eut lieu entre le mohair et la moire et les mots pour le dire entrèrent dans la langue française.
Si le mot mohair est attesté en anglais depuis 1619, il fallut attendre 1860 pour qu'il entre dans la langue française et désigne la laine obtenue à partir de la toison de la chèvre angora.  

LE MOHAIR : UN POIL PROTECTEUR
Il s'agit d'une fibre animale dont l'indice adiathermique est très important. En clair, pour les néophytes, c'est un excellent isolant.
En ce qui concerne la chèvre angora, on peut considérer que sa toison possède toutes les propriétés inhérentes de la laine, avec en prime de petits plus.
- une protection contre le froid, la chaleur et l'humidité : le duvet proche de la peau crée une sorte de matelas rempli d'air isolant. L'animal peut ainsi maintenir sa température corporelle indépendamment du climat. 
- une protection contre l'humidité : la pluie glisse sur les poils soyeux. La laine absorbe l'humidité ambiante.
- une protection mécanique : la densité de sa toison, les ondulations des mèches la protègent contre la nature environnante (les ronces, les branchages).  
- un camouflage : jadis lorsqu'elle vivait à l'état sauvage sur les montagnes himalayennes, la blancheur de sa toison avait pour fonction d'écarter les prédateurs, dissimulant l'animal blanc dans la blancheur du paysage enneigé.

Toutes ces qualités se retrouvent naturellement dans les vêtements  en mohair. Le confort est une qualité que l'on associe volontiers à cette fibre légère et gonflante. Contrairement à une idée reçue, la laine est un matériau isotherme, aussi confortable en été qu'en hiver. Je ne vous incite pas à porter un gros pull en pleine chaleur ni un costume en laine froide par des températures polaires ; il suffit d'adapter le type de laine à la saison.

Chez les mammifères à poils ou à fourrure (moutons, chèvres, chameaux, ours, etc.), le système pileux joue un rôle essentiel pour leur survie. Certains animaux sauvages muent à l'arrivée du printemps, leur toison se modifie en fonction du climat. Chez les animaux domestiques, c'est la tonte qui fait la transition entre la tenue d'hiver et la tenue d'été. Chez l'homme ou plutôt la femme, c'est un tour dans les magasins qui annonce les changements de saison. Oui, nos défenses sont nos habits ; comme nos ancêtres, utilisons notre intelligence pour consommer avec discernement.

LE MOHAIR : UN BRIN DE LAINE TRES  COMPLEXE
Bien que la nature soit formidablement bien faite, l'homme ne cesse de vouloir l'imiter, voire la dépasser.  
- Le mohair est une fibre techniquement bien plus complexe qu'un fil de polyester alors que celui-ci est considéré comme une fibre "high-tech". 
- Le mohair possède un lustre naturel dû à sa constitution. 
- Le mohair emprisonne l'air créant ainsi une barrière entre votre peau et le vêtement, il vous préserve du froid et de la chaleur sainement. 
- Le mohair respire : le fil se gonfle et se rétracte en fonction de l'air ambiant ;
il se gorge de l'humidité dégagée par notre corps et lorsqu'il fait chaud, il rejette cette humidité vers l'extérieur.  
- Le mohair comme la plupart des laines, ne retient pas les odeurs. Ainsi, vous pourrez allez déjeuner dans un fast-food sans pour autant transporter avec vous les odeurs de frites toute la journée.

- Le mohair est facile à entretenir : en machine à laver programme laine ou lavage à la main, avec un shampoing ou une une lessive douce et un séchage à plat. Le risque de feutrage  est faible.

ET LE VETEMENT FUT

Si le corps de nos ancêtres fut "poilu", nous avons perdu, peu ou prou, cette protection. Les conséquences auraient pu être dramatiques car ce corps sans défense se trouva fort démuni face à une nature hostile. L'homme eut recours à son intelligence pour pallier cette lacune. Il inventa le feu, utilisa les peaux de bêtes à fourrure pour se couvrir, puis vint le filage, le tissage et le vêtement fut ! 

BON POUR LE MORAL
Qui n'eut pas un jour d'hiver sombre, humide et froid  envie de s'enrouler dans un plaid en mohair mousseux, léger, écossais de préférence ? Un pur plaisir, un instant de sérénité avec une tasse de thé devant des bûches crépitantes dans la cheminée... Belle journée à vous.

L'hiver arrive et le mohair annonce le bien être. 



La laine mohair permet de tricoter des articles légers, chauds, doux pour toute la famille.   

















CA VOUS CHATOUILLE OU CA VOUS GRATOUILLE ?
Le mohair est déconseillé chez certaines personnes. Le contact de la fibre sur la peau n'est pas en cause, comme cela peut l'être pour la laine cardée. C'est la particularité du fil qui est duveteux, ébouriffé. Ces barbes qui lui donnent ce gonflant si particulier peuvent être incommodantes, surtout lorsqu'il s'agit de tricot. Lorsqu'elles s'échappent du pull, si on le secoue par exemple, ils  viennent chatouiller les narines, provoquant des éternuements ou des démangeaisons oculaires. Pour les peaux les plus fragiles comme celles des enfants, le kid mohair est préférable, il est fin et  doux. Plus l'animal est vieux, plus la laine est épaisse.

DES COSTUMES EN MOHAIR ?



Mais oui, bien sûr ! Et n'imaginez pas une veste et un pantalon en tricot. Non, le fil mohair comme le cachemire ou la laine mérinos est tissé. En général, le fil est mélangé avec de la laine ou de la soie. Il s'agit de tissus de luxe, utilisé pour des costumes d'été. Ces étoffes sont à la fois solides, légères, adiathermiques.
En vente chez De Gilles
Une petite merveille et pourtant entièrement naturelle. Une fois encore, constatons que la nature est formidablement bien faite.


LES ANNEES 80 OU LE MOHAIR DANS TOUS SES ÉTATS.
Le mohair fut consommé sans modération dans les années 80. Des silhouettes pas toujours mises en valeur mais le confort primait.


Le confort avant tout  et le "do it yourself" ensuite
Le mohair en vedette dans les publicités


A la télévision. La surprise du dimanche soir :  de quelle couleur sera le pull en mohair d'Anne Sainclair?



En  couverture de magazine

Dans les pages de travaux manuels
Même les poupées ont droit à des modèles en mohair

La grande époque du cocooning va sonner l'heure de la revanche. Parce que l'on n'abandonne pas aussi aisément les belles choses, il revient le mohair. Il se fait plaid, cape, écharpes, il nous réconcilie presque avec l'écossais.

Maintenant que vous avez fait connaissance avec cette merveilleuse fibre, il ne vous reste plus qu'à profiter pleinement de ses bienfaits. Le mohair vous fera des soirées  chaleureuses et des matins doux et chauds.
 Et puisque l'hiver est là, plus une minute à perdre ! A vos aiguilles !
Un arrivage de pelotes de laine mohair Anny Blatt, Georges Picaud, Tiber, débarque chez De Gilles (3 euros la pelote de 50g). A vos machines, les tissus mohair à prix très très doux sont également dans les rayons chez De gilles.

FIN

dimanche 7 décembre 2014

4 LE MOHAIR QU'EST CE QUE C'EST? LA LIBRE CIRCULATION DES MARCHANDISES


LA LIBERTE DE CIRCULATION
Enfin au XIX eme siècle, les autorités locales autorisent la circulation de la laine en vrac et les animaux. Des élevages de chèvres angora se développent alors en Amérique du nord, en Afrique du Sud, en Australie... Le succès est cette fois au rendez-vous. Curieusement, si la commercialisation du mohair s'en trouve facilité, il conserve cette image de fibre d'exception.

UNE MEPRISE MAIS UN CADEAU DE VALEUR
L'arrivée des chèvres angora sur le sol américain résulte d'une méprise. Au XIXeme siècle, le  Dr J. B. Davis est chargé par le gouvernement américain de mener à bien une expérimentation sur la culture du coton en Turquie. Il revient dans son Texas natal avec un cadeau du gouvernement turc : 10 chèvres qu'il pensait être des chèvres du cachemire mais, vous l'aurez deviné, il s'agissait de chèvres angora. Rassurez-vous, ces animaux s'acclimatèrent très bien dans la région et tout est bien qui finit bien, le Texas est devenu un grand producteur de mohair.

DE LA CHEVRE A L'OURS
Qui sait, à part peut-être les arctophiles que les premiers ours en peluches, articulés ou pas, les célèbres "Teddy bear" furent fabriqués simultanément en 1903 en Allemagne et aux USA. Si je consacre un chapitre à ce jouet c'est parce que  la peluche de ces deux prototypes étaient en mohair. 
Un objet de collection : un ours de la société allemande Stieff. 1903 la peluche est en mohair, l'intérieur est rempli de sciure de bois.
PAS DE LABEL AOC POUR LE MOHAIR
Qu'elles proviennent d'élevages situés au Texas, en Australie ou en Nouvelle Zélande, les chèvres sont toujours des chèvres angora. Le nom est parfaitement identifié commercialement sur tous les continents, il aurait été dommage de gâcher le potentiel. Mais il y a angora et angora. Les professionnels admettent que la qualité de la laine n'est pas homogène, elle varie en fonction de la provenance des bêtes.   
Troupeau de chèvres angora 
QUAND L'ELEVE DEPASSE LE MAITRE
L'introduction de l'animal en Afrique du Sud date de 1830. Le climat et la nourriture convenaient parfaitement et facilitèrent leur acclimatation. Les troupeaux s'agrandissent et les éleveurs prospèrent. Aujourd'hui, l'Afrique du Sud est devenu le premier producteur mondial de mohair.
Le mohair d'Anatolie est toujours une ressource économique pour la région. Cependant, les éleveurs turcs n'ont pas pris conscience de la concurrence. Ils n'ont pas suffisamment protégé l'espèce angora. Les conséquences du croisement des chèvres angora  avec des espèces locales entraine une  baisse de la qualité de la laine.  
Si l'on se réfère au classement officiel des producteurs de laine mohair, c'est la production sud africaine qui est en tête. 

LE MOHAIR EN QUELQUES CHIFFRES
On dénombre plus de six millions de bêtes réparties sur tous les continents. Chaque animal produisant en moyenne deux kilos de fibres textiles par tonte, il n'en demeure pas moins que la production de mohair, tous pays confondus ne dépasse pas 1% de la production mondiale de fibres naturelles. Le luxe c'est aussi le prix de la rareté.

A SUIVRE