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mercredi 8 février 2012


Les dickats de la mode dès le berceau?

Les vêtements pour bébés sont craquants, trognolets, mignons, jolis, drôles, délicieux, ravissants et plus encore. Bref, ils font tourner la tête aux adultes qui auraient envie de tout acheter, surtout au moment des soldes. Mais si l'on prend le temps de réfléchir, nous sommes là face à un achat dicté par le plaisir ou par la nécessité ? Durant les premiers mois de la vie, les préoccupations d'un nourrisson ne sont pas d'ordre esthétique, c'est l'œil de l'adulte qui déforme la réalité, laissant la passion primer sur la raison.

Le trousseau de naissance

Le nécessaire 
D'un côté, il y a le trousseau utile et même nécessaire pour les premiers jours du nourrisson. Coffret de naissance ou liste fournie par les maternités, tout y est. On peut affiner, mais le principe demeure, simple et fonctionnel. C'est le rôle des parents, voire des grands-parents d'être vigilants quant au choix des articles dans le but du bien-être de l'enfant.

Le superflu 
De l'autre côté, il y a le superflu. Il s'agit avant tout de cadeaux de naissance que font les amis, les parents, les copains, enfin les adultes. Il faut avoir vécu ces instants dans les rayons puériculture pour pour comprendre combien nous sommes faibles devant cette abondance d'articles dont nous ne soupçonnions pas l'existence quelques heures auparavant. Tout est tentant, j'avais l'impression de me goinfrer de friandises oubliant un moment mes bonnes résolutions du nouvel an. Quel plaisir de choisir parmi les peluches plus douces les unes que les autres, d'imaginer le bébé dans ces habits si délicieusement imprimés.

Quand l'affectif prime sur la raison 
Dans ces moments, juste ou juste après la naissance c'est avec nos sentiments, nos souvenirs, notre désir de bonheur que nous idéalisons les produits. Notre comportement de client est affecté voir déstabilisé par l'arrivée d'un nouveau membre dans la famille. Pour beaucoup il y a une transformation dans la façon d'acheter, et nous devenons des acheteurs compulsifs. Des adultes lâchés dans le rayon puériculture d'un grand magasin sont comme des enfants dans une boutique de bonbons, la gourmandise les guide. Mais attention à l'indigestion. Le remède? Le temps et  le porte- feuille!   . 

La fonction ou l'esthétique ? Et si nous voulions les deux.
Manipuler de minuscules chaussons, caresser des couvertures mœlleuses et douces, tenter de boutonner un dors bien premier âge, ce sont là des relations étonnantes avec les produits, et on se perd dans les conjectures, on imagine le bambin dans ces sublimes gigoteuses d'un blanc immaculé… Qui dans ces conditions irait chercher la composition du tissu ? Qui s'occuperait de savoir en quelle matière est la doublure, si les coutures ne sont pas trop épaisses ? Le côté pratique est occulté parce que ce n'est pas ce qui est recherché, c'est dommage!

Un consommateur averti en vaut deux 
Dans l'idéal, les boutiques spécialisées dans les articles de la petite enfance devraient être des lieux de calme et de joie parce que la maternité, c'est la plénitude. Lits blancs avec ou sans voile, paniers en osier avec volants de dentelle anglaise, poussettes, portes bébé, tapis d'éveil, peluches et autres jouets, nous sommes dans un cocon où tout est  rêve de douceur et me voilà titillée par les réminiscences de l'enfance, de la mienne et de celle de mes enfants. Un ours par ci, un bavoir brodé par là ; comme j'avais oublié  le monde enchanté des nouveaux nés… Toujours dans un monde idéal, on aimerait que l'on nous propose des produits de qualité, des matières naturelles, des articles simples et fonctionnels. Malheureusement, les fabricants profitent de ces moments où le client est  heureux, influençable. Trop souvent, le consommateur occasionnel est naïf et incompétent en matière de puériculture. Il devient alors une proie facile. Les produits qui lui sont proposés utilisent  des matières peu compatibles avec le bien être du nourrisson, les vêtements ont des formes inadaptées à la petite enfance mais, qu'importe le flacon pourvue qu'on ait l'ivresse… Les fabricants ont bien compris, maintenant c'est à vous,  consommateurs,  de changer les règles du jeu.  

Satisfaire les besoins vestimentaires  du nouveau né 
Les besoins de bébé en matière de garde robe sont élémentaires et simples. Le choix consiste à trouver des articles confortables, qui protègent du froid ou de la chaleur. Ensuite, vient le superflu. C'est à ce moment que tout ce complique, car on confond tout. Si les effets de la mode sont perceptibles, jusque dans les rayons layette, c'est surtout pour le plaisir des adultes.  Si le vêtement devient plus qu'une simple protection et se transforme en parure, s'il devient un objet de séduction, sachez que pour le nourrisson, le confort doit demeurer l'essentiel pour les parents c'est il doit être fonctionnel. La mode, la pudeur, la séduction à trois mois, je n'y crois pas ; et vous ? Je pense que bébé aura bien le temps de suivre la mode et ses diktats, s'il le désire.
À suivre, des conseils d'achats et des petites histoires de layette.

mercredi 1 février 2012

Barbour or not Barbour?

Vous connaissez certainement cette ligne de vêtements sportswear, caractérisée par l'utilisation d'un tissu  épais et luisant, au toucher gras. Vestes, gilets, blousons, cache-poussière, généralement en brun ou vert foncé pour la gamme classique, jaune, rouge ou bleu pour les nouvelles collections. Des modèles avec une multitude de poches, des doublures matelassées en coton gratté quadrillé, un col en velours côtelé plus doux, moins rêche, donc d'un contact plus agréable. Lorsqu'il est relevé le col est en contact avec le cou et le visage. Certains éléments reviennent systématiquement dans les nouveaux modèles, ils sont les traces de l'histoire du Barbour : la patte de boutonnage cache les boutons afin d'éviter que les fils ou les hameçons des lignes ne puissent s'accrocher, les poches intérieures sont destinées à protéger les objets ou les papiers de la pluie ; les pattes de serrage sur le bas des manches empêchent le vent de rentrer. Les poches servent à stocker les cartouches. Ces spécificités font partie du concept de départ et répondent à une utilisation particulière des vêtements : imperméables, chauds et quasiment indestructibles si l'on connaît le mode d'emploi. Les non initiés utilisent le mot barbour, pour désigner des articles en coton huilé.

Mais saviez-vous que Barbour est nom propre, et une marque déposée ?
Derrière ce nom il y a une famille et une société la Barbour Sons and Cie installée à South Shield en Grande Bretagne. Si le procédé de fabrication n'est pas un secret, c'est un homme et une société qui sont  à l'origine du succès mondial de cet article.
Son succès est responsable en partie de la méprise. En effet, tout comme un réfrigérateur devient dans le langage courant un frigidaire, un stylo devient un bic, le polyamide devient du nylon, la veste en coton huilé est devenu un barbour. La concurrence est rude. Des vêtements en coton ou en lin huilé, on en trouve un peu partout dans le monde ; des marques se sont développées avec succès  en Australie, en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis. Elles sont reconnues et recherchées pour leur qualité. Cependant, il convient de faire le tri car beaucoup d'autres marques ne proposent que des imitations, laissant parfois le but premier c'est-à-dire la solidité, la longévité et l'imperméabilité de côté. Attention ! Tout ce qui est huilé n'est pas automatiquement Barbour.

Les vêtements en coton ou en lin huilé ne sont pas une invention récente.  L'industrialisation a permis la production à grande échelle et le développement sur le marché international.

Déjà au 16 e siècle, la ville de Gênes en Italie s'était une spécialité textile : on y fabriquait  un tissu en laine et lin  réputé pour sa solidité. Utilisé pour les voiles des navires, pour les bâches, on y taillait aussi des vestes et des pantalons pour les marins. Cette toile de Gênes va connaître un incroyable succès en traversant l'Atlantique elle deviendra la célèbrissime toile de jeans.
 Les marins  pêcheurs, prirent l'habitude de récupérer des vieilles voiles en lin ou en coton imperméabilisées avec de l'huile de lin ou de la cire pour en faire des chemises, des vestes et des pantalons qui les protégeaient du froid et de l'humidité à moindre frais.
Mais restons en Grande Bretagne à la fin du XIXe siècle, les bateaux à vapeur commencent à remplacer les voiliers et, de fait, dans les villes portuaires, le stock de tissus destinés à la fabrication des voiles augmentait. C'est à cette époque que John Barbour, tailleur à New Castle, port important situé sur la Tyle, imagina une ligne de vêtements  de protection en utilisant la traditionnelle toile enduite. La nouveauté réside bien sûr dans la fabrication industrielle. Comme Lewis utilisa un stock invendu de toile pour tentes pour fabriquer des jeans, Barbour, vivant dans un port, avait la possibilité de trouver ces tissus en quantité et à bon prix puisque la demande pour les voiles de bateaux baissait considérablement. Lorsque les marins ne naviguaient plus, ils  devenaient souvent paysans ou pêcheurs et continuaient à porter ce type de vêtements, pratiques, chauds, imperméables. Ils furent les premiers clients de la société Barbour. Ensuite, dans les années 1930, les aristocrates trouvèrent ces vêtements tout-à-fait adaptés aux activités de plein air qu'ils pratiquaient, c'est- à-dire la chasse, la pêche, l'équitation et, plus tard, les premiers motards devinrent eux aussi des clients assidus pour ces vestes imperméables en coton huilé ou waxé, doublées de coton écossais. La demande ne cessa de s'accroître et le produit est aujourd'hui connu et vendu sur tous les continents. De nos jours, cette connotation artistocrate est oubliée et le Barbour est devenu un vêtement de protection utilisé pour les promenades au grand air, en forêt ou en mer. Il demeure un produit de luxe : il n'est qu'à voir les corner Barbour dans les grands magasins ou les boutiques Barbour pour s'en convaincre ; on pènêtre dans l'univers Barbour. Le prix est aussi une indication.  Sûr de la qualité de son produit, le fabricant garantit 5 ans l'imperméabilité de ses articles à condition de les utiliser à bon escient et de les entretenir comme il convient, à savoir : ne jamais mettre le vêtement en machine à laver mais le nettoyer à sec. Comme tous les tissus huilés, la veste conservera une odeur particulière et un toucher gras. Pour un usage intensif sous des pluies diluviennes, vous pourrez acheter ou commander chez Barbour le produit permettant de le réimperméabiliser vous même, ou bien le renvoyer à l'usine pour que l'opération soit réalisée sur place.
Contrairement au Loden l'usage de ces vêtements ne se justifie pas en ville, mais puisque tout se porte partout, pourquoi mettre une restriction?
Les vêtements sont coupés dans des tissus de différents poids et la gamme de couleurs restreinte des débuts vert, bordeaux, brun, noir s'est largement diversifiée. Concurrence oblige, la firme a du se résoudre à faire quelques concessions. C'est ainsi que la gamme s'est diversifiée  tout en conservant le concept de fonctionalité et une qualité identique pour séduire une clientèle plus jeune et plus féminine. Nécessité faisant loi, le vêtement qui fut un camouflage pour aider l'homme à se fondre dans la nature, s'est transformé en un vêtement multi-usages unisexe.
L'aspect d'un véritable Barbour est très particulier. Généralement, il atteint ses lettres de noblesse lorsqu'il est "usagé". Neuf, il a moins d'intérêt. Il se patine avec le temps. Comme une veste en Harris Tweed, un pull en cachemire 12 fils, un Barbour fait partie de la famille, de la vie quotidienne,  il se fait à votre façon de vivre, il accompagne de mieux en mieux vos mouvements, s'adapte à votre morphologie, se déforme pour mieux vous habiller. Il fera un bon bout de chemin avec vous, c'est le vôtre, il ne pourra pas vêtir une autre personne. C'est ça le bonus de ces merveilleux tissus, ils vieillissent avec nous, en même temps que nous, mais leurs rides sont acceptables.

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mardi 31 janvier 2012

Honest by, joue la transparence.

Aujourd'hui c'est un grand jour, car ce soir à 19 h c'est l'ouverture d'un nouveau site  Honest by. Un site de e commerce de vente de vêtements. Encore un? Oui mais ce concept moi je l'attendais depuis longtemps. Enfin un fabricant qui  lance dans l'innovation commerciale. Le site "Honest by" c'est une expérience, mais aussi un exploit réalisé par le  créateur belge Bruno Pieters  qui va au bout  de son idée et pour cela il mérite votre attention. Si le succès de cette ligne de prêt à porter est au rendez-vous, ce sera certainement parce que Bruno Pieters prend le contre pied des habitudes industrielles , il ouvre une nouvel ère  pour le commerce : il se met au service des  clients, il remet en question son métier, il porte un nouveau regard sur la production. Pour une fois tout sera dit, l'acheteur peut suivre la traçabilité des articles de la collection en vente sur le net. Une "carte d'identité" accompagne chaque produit. Depuis  la composition du tissu, en passant par la qualité des fils,   la matière des boutons, et même le nom du fabricant  tout est écrit. Le client achète  ou pas mais en connaissance de cause. La ligne  de vêtements proposée est essentiellement basée sur des matières naturelles comme le coton, le lin, la laine et la soie, 100% recyclées. Mais cerise sur le gâteau, Bruno Pieters à pensé à ceux qui ne voudraient pas "consommer" de fibres animales, et propose une ligne végétalienne : ni laine, ni soie.
Si nous faisions encore un effort, si de consommateur passif, nous devenions des consommateurs actifs, alors  il est possible d'inverser le processus industriel Ne plus produire pour susciter une demande, mais produire pour répondre à la demande. Le but étant de respecter le client.
Alors longue vie à Honest by.

dimanche 8 janvier 2012

L'hiver: la saison du blanc


L'hiver c'est la saison du blanc : la blanche neige, les pages blanches du nouvel agenda, les nuits blanches des réveillons, le blanc au rayon linge de maison des grands magasins, la fourrure blanche de l'ours polaire. Le blanc n'est pas l'apanage de l'été et des vêtements légers en lin ou en coton,  il ne faut pas oublier les laines blanches, les cachemires blancs, les mohairs blancs.


Les couleurs ont une histoire, les couleurs ont un langage, les couleurs ont une symbolique mais tout cela ,  diffère selon les pays, les époques, les civilisations. En Occcident le blanc représente la pureté,  la douceur.
Le saviez vous : le blanc est le symbole de la fidélité, c'est pourquoi le blanc est traditionnellement la couleur de la robe de mariée en Occident... On pourrait se demander pourquoi le blanc n'est pas la couleur traditionnelle du costume du marié, mais ceci est une toute autre histoire.


Pour moi le blanc représente l'infini mais pas le vide, la lumière,  le silence. Un paysage recouvert par la neige et les bruits sont étouffés,  une étendue blanche et les lunettes de soleil sont de mise. J'aime le blanc qui repousse l'horizon, j'aime le blanc qui me parle de toutes les couleurs, j'aime le blanc parce qu'il est franc, on ne peut pas tricher avec lui,  ni beige ni gris mais il possède des nuances infinies ainsi que le démontre le célèbre tableau de Kasimir Malévitch  intitulé carré blanc sur fond blanc. Il a utilisé deux peintures blanches d'origine différentes un pour le carré de fabrication française et un pour le fond de fabrication russe. Ainsi tout est dans la nuance. De la différence, subtile j'en conviens, entre le ton et la matière de ces deux blancs,  il résulte un carré qui semble flotter dans l'air. Oui le blanc c'est l'espace, oui le blanc c'est le vide, mais un vide plein, plein de tout ce que vous voudrez y mettre. Remplissez à l'envie ces vêtements blancs, de couleurs, de bons sentiments, exprimez vous avec le blanc. Le blanc  peut être insignifiant ou au contraire très signifiant,  muet ou bien très bavard. C'est une couleur qui est la somme de toutes les autres alors porter un vêtement blanc c'est clamer haut et fort que l'on aime la couleur, contrairement à ce que l'on imagine.

L'hiver est la saison du blanc, et, puisque  le soleil nous boude un peu, habillons nous de blanc afin de combler ce manque de luminosité. Posez vous la question : et pourquoi pas de blanc cet hiver, pourquoi évincer de notre vestiaire quotidien les couleurs de saison? L'habitude? Les collections de prêt à porter?La mode?  L'entretien? Il ne faudrait pas que ce soit ce dernier point qui vous empêche de porter du blanc. Aujourd'hui les machines à laver sont présentent dans de nombreux foyers, les tarifs des pressing ne sont plus prohibitifs, et les lessives sont très performantes. Mettre peu de blanc dans une garde robe hivernale c'est repousser la nuit et prolonger le jour.

vendredi 6 janvier 2012

De lait et de sucre. Qui suis je?



Mon premier est une rayure plate, lisse, douce et voilà le lait frais,mon second est une rayure gaufrée, granuleuse, plissée, ridée, reliefée, craquante, c'est le sucre et  mon tout c'est le seersucker.




D'origine indienne, le terme exact est shir o shikar qui signifie littéralement lait et sucre en sanscrit.

Le seersucker est un tissu qui à une histoire. Utilisé depuis des siècles en Indes, ce sont les colons britanniques qui séjournant dans ce pays le firent connaître en Europe. Ils trouvèrent cette étoffe de coton à leur goût et parfaitement adaptée aux tenues vestimentaires imposées par le climat des Indes. Importé en Grande Bretagne, il fut ensuite fabriqué en Europe et  le nom original shir o shikar fut transformé en seersucker, la consonance étant plus anglo-saxonne.

Cette cotonnade connut un joli succès aux USA dans les années 30. Sa facilité d'entretien, 
son confort et son prix modique firent sa renommée.  .
Si dans les années 60, les vêtements "wash and wear" eurent tendance à détrôner cette étoffe aux Etats-Unis,  son succès se maintiendra en Europe jusque dans les années 70.

Vestes ou tailleurs, bermuda ou robes d'été homme ou femme souvent bleu et blanc,  ou rouge et blanc se retrouvaient dans les collections de prêt à porter tous les étés. Le seersucker est bon à tout faire ou presque, il est  bourré de qualités: il se froisse peu, le repassage est pratiquement superflu, il convient aux garçons comme aux filles, aux enfants comme aux adultes. 

Il est confortable lors de fortes chaleurs, grâce à son aspect granuleux. pour cela il  a un secret : le relief de la surface évite le contact direct du tissu sur la peau et laisse l'air circuler librement entre la peau et le tissu. Le vêtement est ventilé naturellement.  Parfois, la technique se cache là où on ne l'attend pas. 

Si je peux  me permettre un conseil : choisissez un vêtement en seeksucker non doublé mais
avec de belles finitions (coutures terminées par un biais de coton), pour bénéficier de toutes ses qualités.

Le seersucker est incontournable, indétrônable, indémodable et quasiment inusable. Tel le phénix, il renait de ses cendres, car chaque décennie on le revoit dans les vitrines, il se couche sur papier glacé, il revient dans les rayons des boutiques de tissus et il remplit vos armoires.


Un jour oublié, le lendemain à la une des journaux de mode. Les produits de notre enfance
ne quittent pas vraiment notre mémoire. C'est avec nostalgie et plaisir que l'on songe au goût du "mistral gagnant". Les baby boomer sont aujourd'hui des grands parents actifs, voilà peut être pourquoi on assiste à un retour en force du seersucker dans le vestiaire des bébés. Le tissu est un élément de notre quotidien qui fleure bon les souvenirs.






mardi 27 décembre 2011

Une dégustation textile pour un repas de fête

J'ai deux passions : la gastronomie et les textiles. Alors pour cette fin d'année, je vous ai mitonné un menu qui mêle les goûts, les matières et les couleurs. Entre cuisine et couture il y a de nombreux points communs, notamment dans le vocabulaire. On parle de Grande Gastronomie et de Haute Couture, de finition d'un plat ou d'un vêtement, on monte une sauce et une veste, etc…
Pour vous, amateurs de bons plats et de beaux tissus, j'ai imaginé un repas d'exception, original autant que loufoque, excentrique et inhabituel, pour tout dire farfelu ; un régal pour les gastronomes textiles. J'ai veillé autant que possible, à joindre les recettes. Certes, à l'énoncé, vous trouverez cette dégustation quelque peu indigeste, mais l'imagination au pouvoir provoque parfois des indigestions.

PREMIERE ETAPE : trouvez un magasin de tissus et des conseillers de vente avec un grand sens de l'humour et de la patience. Sur Paris je vous conseille De Gilles Tissus, bien évidemment.



DEUXIEME ETAPE : les achats.  La quantité dépendra du nombre d'invités prêts à servir de cobayes.
Un  peu de velours de soie, quelques mètres de draperie pure laine, un bouquet de mousseline, une botte de seersucker, une demi douzaine de crêpe de coton,  une bonne dose de seersucker, de la mousse, un granité, du Campbell à consommer avec modération !

TROISIEME ETAPE : les accessoires.
 1 de l'éponge au mètre  la couleur importe peu pour que la cuisine retrouve son bel aspect.
Ce n'est pas une blague,  il y a de l'éponge végétale au métre chez De Gilles tissus

2 un petit métrage d'étamine de laine qui servira de tamis pour les sauces ou les teintures
3 l'indispensable torchon, en lin ou en métis, pour essuyer les verres.
4 une nappe, la matière est à votre convenance
5 un filet pour porter vos achats
un joli filet, tout coton

QUATRIEME  ETAPE : préparation des plats. 

Apéritif 
Du caviar sur  canapés ou canapé  (siège)
c'est le motif grains de caviar qui donne son nom au tissu
Si le caviar gris d'Iran demeure sans doute le meilleur,  j' ai déniché un caviar gris d'Italie, également gage de qualité.
Un verre de Campbell pour commencer la soirée. (Campbell marque de whisky écossais ou tissus avec un dessin spécifique de tartan)

si Campbell ne vous convient pas essayer les autres clans
Entrée : rendez-vous au rayon des Velours de soie (de Lyon de préférence, son velouté est sans égal)
Couleur et parfum au choix, en fonction du marché. Je vous suggère un velouté à la tomate.
Trouvez un velours bien frais, extra fin, avec un poil brillant. Lavez le tout à l'eau tiède, laissez sécher à l'air libre, puis repassez sur l'envers, sur une brosse afin de ne pas abîmer la surface.  Le velours de soie est une merveille de volupté mais son entretien nécessite quelques précautions. Tout est prêt, c'est parfait pour  une soirée très  habillée.

Donner ensuite un tour de mignonette pour relever le goût (mignonnette = poivre concassé ou doublure de manche rayée blanche et noire utilisée autrefois par les tailleurs, toujours en vente chez De Gilles Tissus)


Velours tomate 
Plat principal : Allez directement au rayon draperie homme
Achetez un métrage de pieds de poule en laine peignée, bien souple et léger et une coupe de  pieds de coq dans une laine cardée plus épaisse. Ensuite, assemblez le tout avec un fil bien solide pour que l'ensemble tienne à la cuisson. Tenue chaude à porter en hiver


un bon morceau de pied de coq en laine cardée
pour le plaisir rajoutez un peu de pied de poule

























Pour les convives qui préfèrent un plat plus relevé, un tour de tweed salt and pepper (sel et poivre) Ce tissu doit son surnom au fait qu'il est tissé avec un fil noir et un fil blanc.

tweed salt and pepper à droite

Légumes : au rayon soieries
Des petits pois (imprimés sur taffetas de soie)



Une purée mousseline.
Pour confectionner cette purée de tissu, je vous conseille une mousseline de soie de préférence car son onctuosité n'a d'égal que sa finesse. Ce top ira parfaitement bien avec la tenue laine pied de poule.

un bouquet de mousseline 
Desserts : un chariot de sucreries, aujourd'hui c'est permis.   
Un crêpe de coton de belle facture, chocolat évidemment.
Confectionnez ce plat au dernier moment, réchauffé, il serait caoutchouteux. Le crêpe de coton est plus facile à travailler, il est moins audacieux, mais plus facile d'entretien qu'un crêpe de laine. Le choisir bien charnu, avec un relief visible.

un crêpe de coton chocolat, avec une pointe de pistache
Et pourquoi pas, poursuivre par une crêpe dentelle. Pour cela prenez une dentelle de Calais c'est l'excellence : fine, souple légère, digeste.

la dentelle de Calais framboise
Continuons par un seersucker. Une  cotonnade qui peut  figurer dans ce menu parce que, originaire de Perse, le Shir o Shekar, devenu seersucker signifiait lait et sucre. Sans doute par sa spécificité : une partie de sa surface est granuleuse et rapelle le sucre en poudre ; l'autre partie plus lisse, est onctueuse et blanche comme le lait
le seesucker une étoffe de lait et de sucre
question de goût, certains le  préfère uni d'autre à rayures
Ce mot fut transformé par un passage aux Indes et par la langue anglaise pour devenir ce que nous connaissons : le seersucker. Pas mal trouvé pour finir ce gargantuesque repas !

Terminons sur une touche régionale: le cannelé bordelais

le cannelé est une étoffe dont les cotes transversales sont très relièfées 
Les boissons
Si vous fêtez la saint Sylvestre dans un pays chaud, je vous conseille un granité (citron). C'est aussi un tissu dont la surface est parsemée de grains, comme un crêpe 
Mais on peut aussi accompagner ce "festin" d'une petite mousse dans un godet ? Demandez au vendeur une mousse de polyester bien blanche, légère et de moyenne épaisseur. Elle se découpe plus facilement avec une paire de ciseaux. Vous obtiendrez le godet en coupant la mousse dans le biais.
choisir une belle mousse bien blanche
 Pas frais mon polyester ?  Alors laissez le reposer 24 h dans le congélateur avant de le consommer. Et si vous sortez la vaisselle de fête alors le cristal est tout indiqué pour les verres


Cristal ainsi nommée,  car cette étoffe possède la transparenc, la brillance, la fragilité du cristal 
Si vous avez une terrasse, un balcon, un jardin, proposez à vos invités de sortir prendre un peu de chanvre. Choisissez-le naturel, sans colorant avec une tracabilité : Cannabis Sativa L. Vous en trouverez coupés avec du coton bio, pas mal non plus.
Cannabis Sativa L.  Chanvre qualité textile UNIQUEMENT bien entendu
CINQUIEME ETAPE : dégustation
L'équipe de De Gilles Tissus vous présente ses meilleurs vœux pour une année 2012 très textile.

samedi 17 décembre 2011

Les joies du tissu




Pour vous remercier de l' intérêt que vous portez à ce blog, et puisque nous sommes à quelques jours de Noel, permettez moi de vous offrir un bouquet de joie à ma façon.

C'est avec vos sensibilités olfactive, sensitive, tactile, auditive que vous pourrez découvrir ce qui se cache dans les fibres des étoffes. Chacun pourra y trouver ses propres souvenirs. Faisons ce voyage de concert dans notre imaginaire. C'est un exercice amusant et très instructif, laissez parler les tissus qui vous entourent, ils ont tant de choses à vous raconter.

La vue d'un taffetas de soie couleur gorge de pigeon me transporte dans le monde irréel de la couleur qui n'est qu'imaginaire, qui n'existe que par la présence de la lumière. Tout cela est sensation, une émotion exacerbée par la sensibilité de chacun. Cet aplat coloré se transforme en fonction de l'intensité de la lumière. Savez-vous pourquoi ces tissus, soieries changeantes, eurent tant de succès au XVIIIe siècle et au XIXe siècle ? Parce que les intérieurs éclairés par des bougies, dont les flammes vascillaient au gré des courants d'air, créaient une clarté étrangement instable. Les tissus changeants offraient alors un espace privilégié pour des jeux de lumière.

Le toucher ruisselant d'un velours de soie provoque chez moi une réaction épidermique qui me donne la chair de poule. Manipuler un satin de soie c'est un plaisir tactile incroyable, cette impression de liquide qui vous glisse entre les doigts, cette sensation étonnante d'un monde lisse et brillant, ce tissu est une caresse pour la peau ; un vêtement taillé dans un satin de soie est une promesse de douceur.
Poser la main sur un tweed irlandais c'est sentir une surface rugueuse, aux poils hirsutes, dont la surface est irritante pour les peaux fragiles, mais c'est aussi toute la rudesse d'un climat que l'on touche du doigt.

L'odeur d'une laine mouillée me renvoie à mes souvenirs d'enfance, lorsque ma mère, malgré mes protestations, lavait mon doudou, ma coue, un petit morceau de couverture dont je ne pouvais me passer pour m'endormir, eh oui déjà accro au tissu.
L'odeur de la soie brûlée c'est aussi le souvenir d'un coup de fer malencontreux sur un chemisier auquel je tenais.

Le goût sucré d'un fil de lin me suggère un monde de sucreries et de bonbons, délices des délices. Et ce qui me vient immédiatement à l'esprit c'est le seersucker, ce tissu originaire des Indes et dont le nom signifie lait et sucre. 

Le bruit fait ressurgir bien des sentiments. Il peut être insoutenable lorsqu'il s'agit de déchirer un morceau de chiffon pour faire un pansement de fortune, mais il peut être doux à l'oreille lorsqu'il s'agit d'un taffetas que l'on froisse et là, le bruit devient bruissement sourd. Il résonne alors à mes oreilles comme l'instant magique de l'apparition de l'héroïne d'une pièce de Molière qui, dans le silence le plus absolu, effectue un tour de scène faisant chanter sa robe avant de prononcer une parole.
Le froissement des draps de lin  une nuit d'été est un délice à peine audible, mais si frais.

Voilà! Maintenant vous êtes le héros qui allez refaire l'histoire à votre façon. Avec un peu d'imagination vous pourrez, à votre tour, faire un petit cadeau original à un passionné de tissus.
 Joyeux Noel