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lundi 9 avril 2012

UN TISSU DE LEGENDE  : LE BYSSUS  

D'abord bissum puis busse et  enfin byssus mot emprunté au latin byssus qui désignait un  lin très fin, lui même emprunté à l'hébreu (byssus= bout) et à l'araméen bus.
Mais il y a une autre hypothèse plus concrète peut être qui serait la  corruption d'un mot grec signifiant barbe et qui désigne l'ensemble des filaments soyeux sécrétés par testacés des bivalves (animaux à coquilles) Tissu de soie marine ou tissu de lin, l'un ou l'autre ou l'un et l'autre? "sorte de lin jaunâtre dont ils fabriquaient les plus riches étoffes" Littré

Le byssus un lin incroyablement fin.
S'il est une étoffe historique c'est bien le byssus, déjà présente dans la bible : "ton costume était de byssus, de soie et de broderies…" (Ezechiel chapitre 16- verset 13).
En Egypte ce tissu obtenu à partir de fil de lin très fin était utilisé pour envelopper la tête des momies. Le lin de la vallée du Nil,  donna le byssus alexandrin.   La spécificité de ce tissu était sa finesse, sa quasi transparence, qui en faisait un tissu d'exception même  3 000 ans avant Jésus Christ. 

Aujourd'hui il n'existe plus de véritable byssus, c'est à dire un tissu réalisé en fils de lin extrêmement fins, car plus personne n'est capable de filer de la sorte aujourd'hui, et les machines si promptes habituellement à remplacer l'homme,  ne sont pas encore capable de produire un fil aussi fin.
Le pourront elles un jour ? La question ne se pose pas en ces termes , mais plutôt est il nécessaire de fabriquer une machine capable de produire un fil de lin si fin? Si le marché potentiel existe pourquoi pas, sinon  imaginons ce que fut cette Xe merveille du monde. 
Ce fil de lin fin  était autrefois filé  artisanalement, dans les pièces humides et sombres afin  justement obtenir plus de finesse. Ce produit  était la fierté de la région de Valenciennes, et sa richesse aussi puisqu'il était utilisé par les dentellières de la région, mais les conditions de travail des ouvrières étaient extrêmement pénibles. Mais aujourd'hui si la fabrication des dentelles du nord est entrée dans les musées c'est que la tradition ne se perpétue plus faute de fil et de main d'oeuvre.


Le byssus une soie marine
Au XIX e siècle, le terme byssus est employé en botanique par l'intermédiaire du latin scientifique byssus, utilisé par Linné en raison de l'analogie entre les fils de lin fin et les filament de certains cryptogrammes formant des moisissures. Ce même terme fut repris en zoologie vers 1810 pour désigner les filaments soyeux sécrétés par une glande située dans le pied de certains lamellibranches (mollusques  bivalves) telle "pinna" marine et qui leur sert à se fixer sur un rocher c'est 'origine de la soie marine  


Le byssus a donc une double identité : végétale /animale.
Au XIX e siècle,  une industrie locale sicilienne prospéra autour du byssus. La pinna sorte de coquillage que l'on trouvait encore en grand nombre en Méditerranée au siècle dernier possède la faculté de filer une soie solide . Cet animal ne file pas vraiment comme la chenille du bombyx du mûrier, mais elle retire une sorte de pâte d'une fente située dans sa langue. Le byssus est en fait une   touffe composée d'une très grand nombre de fils extrêmement fins. Cette substance sert d'amarres à l'animal qui se fixe sur un corps étranger. Malgré et à cause de sa finesse, le byssus de la pinna devint une matière première  très recherchée pour la filature. Une industrie naquit  en Sicile et devint un important commerce.
Cet artisanat réclamait savoir faire et patience. Les opérations telles qu'elles sont décrites dans un manuel de filature  de 1914 résument à elles seules la difficulté de récolte et surtout la difficulté du filage.
La pinna se retirait de la Méditerranée à une profondeur variant entre 6 et 9 mètres  Les fils constituant la touffe étaient parfois si résistants que de grands efforts étaient nécessaires pour détacher l'animal de son lieu d'attache. On se servait d'une sorte de grande fourche à dents ou crampon. Cette masse fibreuse ou "lana pinnae" était séparée du coquillage et lavée à l'eau savonneuse. Ensuite elle était séchée à l'ombre et l'on coupait les radicelles endommagées ou inutiles. Le  triage et peignage étaient les opérations suivantes. D'abord un premier démêlage s'effectuait avec un peigne à larges dents, suivit d'un peignage avec un peigne plus fin. Pour 500g de fils bruts on obtient  environ 150 g de fils fins filables. La filature réalisée au fuseau était une opération délicate étant donné la finesse de la fibre .
Le fil obtenu était lavé dans une eau citronnée, frotté à la main avant d'être lustré au fer chaud. La couleur  se situe entre le jaune, le brun et le doré.
Le byssus permettait de fabriquer des accessoires de luxe : des gants, des châles, des chaussettes dont l'aspect très brillant et le toucher soyeux surent séduire une  certaine clientèle ?.
 On comprend aisément pourquoi le commerce de ce produit à périclité : micro production, et prix de revient excessif puisque tout devait se faire manuellement. 

La nature offre une quantité de matières qui selon les capacités humaines peuvent être filées et tissées
Ainsi  retira t on   un fil soyeux de la coquille des oeufs de la raie blanche (raja batis) et de la raie bouclée,  la soie de  l'araignée Nephila, de Madagascar produit un fil soyeux et solide plus difficile à travailler que celui du vers à soie car bien plus fin. 
Comparer à tout ceci  les innovations des hommes semblent parfois bien ternes, et de ce que nos ancêtres avaient entrevus et parfois exploités avec leurs faibles moyens nous ne savons pas tout, heureusement il nous reste les légendes .

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